mardi, 24 juin 2008
Les loups sont entrés dans laville
Lever le poing ne suffit pas. N'a pas suffi.
Nous l'avons tant levé sous des forêts de drapeaux noirs, l'espoir et le chant à nos lèvres suspendus.
Les loups sont entrés dans la ville.
Nos poings sont baissés, la gorge est serrée, toute honte bue et colère renfrognée.
De repos n'aurons que soient maudits du monde des humains tous les valets des valeurs les plus crades, tous les Hortefeux de la peste brune, les chiens galeux de la morale financière.
Merci à Francois et à tous les autres pour ça.
Divulguez, passez, donnez.
Faisons du net la voix citoyenne qui sort de terre, la partition à mille mains qui fasse trembler et douter les complots.
Tant qu'il y aura des hommes debout, d'autres, peut-être, ne tomberont pas tout à fait.
Grand roi, s'il advient qu'à vous faille,
(A tous ai-je failli sans faille)
Vivre me faut et suis failli.
Nul ne me tend, nul ne me baille,
Je tousse de froid, de faim bâille,
Dont je suis mort et assailli.
Je suis sans couverte et sans lit,
N'a Si pauvre jusqu'à Senlis;
Sire, ne sais quelle part j'aille.
Mon côté connaît le paillis,
Et lit de paille n'est pas lit,
Et en mon lit n'y a que paille.
Rutebeuf
15:08 Publié dans Critique et contestation | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature
mercredi, 11 juin 2008
Ministère de la rééducation nationale : Réformes de la grammaire et du vocabulaire
1 –VERBES
- Les verbes d’Etat sont : Surveiller, mentir, voler, camoufler, falsifier.
- Tous les verbes d’action sont intransitifs.
2 – SUJETS
- Les attributs du sujet sont exclusivement réservés à la conservation de l’espèce.
- Les sujets sont tous des relatifs.
- Leurs antécédents sont sérieusement examinés avant introduction de toute proposition.
- L’inversion du sujet est fortement encouragée.
3 – PROPOSITIONS
- Les propositions sont toutes des subordonnées.
- Les propositions principales sont prohibées.
- L’analyse logique est supprimée.
4 – LES COMPLEMENTS
- Le complément d’objet direct est soumis à tergiversation préalable.
- Les compléments circonstanciels doivent être pleinement circonstanciés.
5 – LES PARTICIPES
- Le participe passé ne s’accorde avec son complément d’objet direct placé avant, qu’à la condition expresse de ne pas contredire le présent.
- Il est déconseillé de participer au présent.
6 - LES AUXILIAIRES
- Les auxiliaires de conjugaison deviennent : Se taire, acquiescer, gagner, travailler, paraître.
- L’auxiliaire avoir ne s’emploie plus qu’accolé aux substantifs « travail et argent » et se conjugue le plus souvent au futur compliqué.
- L’auxiliaire être est remplacé par « avoir l’air de », beaucoup plus précis.
7 – LES MODES ET LES TEMPS
- L’impératif est le mode du législateur.
- Le conditionnel est le mode des pauvres.
-Le lâche subjonctif du doute et de la probabilité est incorrect.
- L’indicatif ne conjugue plus rien.
- Le présent est décomposé.
- Le futur est réservé aux professions qui ont de l’avenir.
8 - GENRE ET NOMBRE
- Tout ce qui est singulier est à employer avec précaution.
- Le masculin l’emporte toujours sur le féminin, même et surtout en cas de désaccord.
- Certains mots avaient mauvais genre. Il passe carrément au neutre : critique, pensée, enthousiasme, désir, vie etc. …
09:43 Publié dans Critique et contestation | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : littérature
mardi, 10 juin 2008
Rancoeurs intestines
14:22 Publié dans Critique et contestation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature
mercredi, 04 juin 2008
Considérations non intempestives - 4 -
1 - Une étude sérieuse - je ne dis pas qu'elle fut utile - en est arrivée à conclure que quatre-vingt-dix pour cent des gens, dans l'intimité et par un réflexe encore inexpliqué, contemplaient les souillures laissées sur le papier après défécation.
Difficile de trouver art plus primitif et plus unanime.
2 - On ne nourrit pas de noirs desseins sur un écran blanc.
3 - Mes amis me comprennent mieux quand j'abonde dans leur sens.
Mes ennemis aussi.
4 - Un homme méchant ne l'est jamais assez pour plaire à lui-même.
5 - Beaucoup d'écrivains, ou (et) d'artistes d'autres disciplines, ont un rapport baudelairien à l'environnement urbain. Interprétation distanciée de sa laideur et lecture poétique du désordre névrotique de la ruche.
Je ne conçois rien de la ville qui puisse m'émouvoir.
Mes sentiments sont essentiellement champêtres.
Néolithiques, presque.
6 - La laideur c'est quand l'éphémère dure.
7 - La blogosphère est un microcosme bien nommé. Elle tourne en rond sur elle-même, on y lit de belles choses et d'autres grotesques, on y prend du plaisir, on s'y ennuie, on y noue de fragiles amitiés et on s'y attire de solides inimitiés.
8 - Les gens qui continuent d'écrire sans passer par le blog ou le site risquent fort de ressembler bientôt à des bûcherons dont un seul arbre cacherait la forêt. Forcément, ça finit par cogner dans le vide.
9 - Un copain m'a écrit un mail qui disait que jamais il n'écrirait sur Internet. Fort inquiet, j'ai par retour et parce que je l'aime bien, pris des nouvelles de sa santé.
10 - Chaque fois que j'ai voulu être cohérent, je me suis contredis. Comment pourrait-il en être autrement ?
11 - Un copain-voisin et petit paysan polonais éleveur de cochons parle de se payer une connection Internet alors qu'il n'a ni l'eau chaude au robinet de sa douche ni l'eau courante dans sa porcherie.
Je lui ai dit que c'était quand même plus cohérent que s'il installait Internet aux gorets et mettait l'eau chaude à son lavabo.
On s'est bien marré.
14:10 Publié dans Critique et contestation | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature
considérations non intempestives - 3 -
Ira t-elle jusqu'à qualifier quelqu'un de beau clavier ?
Je verrais bien aussi un écrivain déclarer qu'il a tapé son livre en un an.
- Combien de livres a tapé Machin ? Qui a tapé tel roman paru chez un tel ? C’est un beau clavier, ce tapeur-là !
Une écriture tapée. Sans doute ne croit-elle pas si bien dire, la modernité.
2 - Il ne me déplait pas d'être considéré comme béotien.
Je n'ai jamais su vraiment ce qu'était un chef-d'oeuvre.
Certains monuments jugés incontournables de la littérature m'ennuient profondément tandis que des hors-d'oeuvre ont su me transporter.
En peinture, une croûte peut m'inspirer alors que je trouve la Joconde carrément moche.
En musique, je n'ai jamais pu écouter jusqu'au bout un grand classique, sinon peut-être Vivaldi.
En archi, sorti du gothique flamboyant, et encore, je ne connais rien.
En cinéma, c'est la catastrophe. Outre que je déteste la promiscuité des salles, ma prédilection irait aux westerns série B, avec des fourbes et des justes qui se canardent à qui mieux mieux.
3 - Je ne hais personne, ça rend trop malheureux.
Je n'aime pas grand monde non plus, ça rend pas assez heureux.
4 - Je ne cherche pas à démonter les mécanismes et buts d'un système pour le plaisir intellectuel de démonter ou parce que j'aurais une certaine idée morale de ce qui est bien et de ce qui ne l'est pas. C’est beaucoup plus simple, moins méritoire et plus ambitieux.
Je cherche à dénoncer, pour ma gouverne et en tant qu'acteur-témoin de ce monde, en quoi les multiples ramifications de ces mécanismes et de ces buts, sont des obstacles à vivre pleinement ma vie, telle de plaisir que j'estime qu'elle vaille la peine d'être vécue.
5 - Sarkozy, en tant que personnage réifié de la décadence politique de l'intelligence, est un espoir historique incomparable : Après lui - et quelle que soit la suite des non-évènements - ça ne pourra pas être pire.
6 - La coexistence pacifique entre la planète, comme lieu de résidence des hommes, et l'idéologie de la croissance est absolument incompatible.
La lutte est permanente et ne peut s'achever que par la mise à mort de l'une des deux combattantes.
Le développement durable est un lapin exhibé de leur chapeau par les escamoteurs du capital en guise de modus vivendi capable de distraire l'attention et pour tâcher de camoufler un temps les douleurs de plus en plus stridentes de la contradiction.
Le développement du râble est un langage réservé aux éleveurs de lapins.
7 - Ce qu'on appelle écologie n'est que - mais c'est énorme - le reflet idéologico-politique, récupéré et réducteur, d'une exigence première : l'occupation humaine de la planète.
8 - La mondialisation, concept savamment flou, désigne en fait dans ses dernières extrémités, le jardin indispensable à l'âge triomphal du capital.
Cette ultime mainmise sur la planète pourrait s'avérer être le point de basculement, tout comme chez Clausewitz l'effort consenti par le conquérant lors de l'offensive à son point culminant, conduit à l'épuisement de ses forces-ressources, bientôt à son effondrement.
La survie d'un conquérant est cependant toujours fonction de ses nouvelles conquêtes, comme la sauvegarde d'un mensonge est toujours au prix d'un nouveau mensonge.
Les diverses tentatives de conquête de l'espace peuvent être lues comme la recherche de nouvelles richesses à extorquer au cosmos, de nouvelles poubelles à exploiter, voire d'intelligences à asservir.
En un mot comme en cent, comme le projet d'un recul encore plus lointain des clôtures de la croissance.
9 - Si les refrains religieux me dégoûtent, les couplets tout aussi péremptoires des matérialistes athées ne me satisfont pas.
La chanson est sans doute d'une écriture plus complexe.
10 - Le rat est un commensal de l'homme, l'homme un commensal du capital.
Des richesses, des miettes et des poubelles.
Equilibre alimentaire trompeur : Supprimer le capital ne supprimera ni l'homme, ni le rat. Supprimer le rat, tout le monde s'y attache. Supprimer l'homme, c'est en bonne voie.
11 - Lorsque je fais mon archéologie, les bribes et les tessons mis au jour finissent par faire un tout chaotique mais cohérent.
C'est une satisfaction, je le dis tout net.
12 - Quand on séduit tout le monde, c'est qu'on ne plaît à personne.
A moins que les deux ne soient fausses.
14 - Aucune valeur au monde ne peut exiger que nous nous endormions dans l'ennui.
Vient un moment où il faut, avec joie, larguer les amarres.
Même celles, et peut-être surtout celles, que nous pensions être ancrées le plus profondément en nous et par nous.
15 - Je vis dans une organisation humaine qui ne me convient pas. Cela suffit pour que je puisse affirmer sans erreur qu'elle est mauvaise.
Mon bonheur est alors forcément subversif.
Un parti pris.
16 - Je ne compte pas assez de doigts aux mains, quand bien même les affublerais-je de mes orteils, pour dire le nombre de bas courtisans, d'imbéciles, de staliniens repentis, voire d’idéologues de la vieille droite, que j'ai pu croiser et qui, sans vergogne, faisaient l'éloge de la société du spectacle ou du traité de savoir-vivre, allant même jusqu'à se réclamer de la justesse de leur analyse.
Comme quoi la grenade situationniste est bel et bien et définitivement dégoupillée.
17 - L'état actuel de la pratique numérique a poussé plus loin encore, au point de les contredire, les affirmations de la théorie situationniste selon laquelle " le directement vécu s'est éloigné en images."
Il n'y a en effet pas eu de conflit d'intérêt entre l'image et le vécu où la destruction de l'un eût été la condition sine qua non de la pérennité de l'autre.
Le directement vécu ne s'est pas éloigné au sens de mal-vécu et d'anéantissement de la présence humaine dans les activités humaines. Il s'est fait image à part entière et inversement.
L'image et le vécu, au lieu de s'engager dans une lutte à mort, ont pactisé dans la synthèse.
L'erreur consistait encore, même chez les situationnistes, à préjuger d'une certaine qualité de la vie, prédéfinie, posée comme postulat et point de ralliement de la critique.
Que la synthèse s'engage à son tour ou non dans un autre conflit qui la dépasserait ou la vérifierait, n'est pas mon propos.
Parce que j'en sais bougrement rien.
18 - Pris d'une douloureuse crise existentielle, le site Internet d'une collectivité départementale titre enfin : A quoi servons-nous ?
Les vraies questions sont souvent posées par inadvertance.
19 - La fidélité en amour ?
Toutes les grandes passions amoureuses naissent pourtant d'une infidélité.
Non ?
Alors cessez de nommer gauche-caviar ce qui n'est que bouillie pour les chats.
21 - Les Français sont versatiles :
Giscard avait une tête de noeud,
Mitterand la tête de Machiavel,
Chirac n'avait pas d'tête.
Ce après quoi ils ont élu une tête de con.
22 - Aucun homme au monde ne peut acquérir l'habitude de la misère, alors qu'à peu près tous composent dans la misère de l'habitude.
23 - Dialectiquement, le faux est un moment du vrai.
En politique aussi mais avec cette nuance que le faux est un cabotin qui tarde à passer le micro.
24 - Faire l'âne n'est pas sans risque : on ne sait jamais à quel moment précis le renversement dialectique s'opère.
Quand c'est l'âne qui vous fait.
25 - Un voyageur qui sait dans quel lit il mourra est déjà mort.
26 - Mathématique de notre modernité éclairée : L'espérance de vie qui n'en finit pas de s'allonger est inversement proportionnelle à l'espoir de vivre.
27 - Toute ma vie, j'ai eu peur de la mort....
Me reste plus qu'à espérer n'avoir pas peur de la vie toute ma mort…
28 - Tous les catholiques que j'ai pu rencontrer étaient de mauvaise foi.
Normal en même temps qu'un comble.
29 - Même peu reluisante, la crise de foie d'un alcoolique est toujours moins grotesque que la crise de foi d'un catholique.
30 - Nietszche est mort.
Signé Dieu
31 - Si nous vivons le triomphe des idéologies libérales capitalistes, le regain de vigueur de la calotte et le répugnant retour de toutes les valeurs les plus mensongères et les plus aliénantes pour l'intelligence et la liberté humaines, ce n'est pas au génie des pouvoirs en place que nous le devons mais bien aux systèmes - aujourd'hui déchus - qu'on avait installés un peu partout, principalement en Europe, sous le nom usurpé de "communisme".
C'est en mettant en avant ces faux exemples, en taisant leur sédiment historique et en les introduisant ainsi dans la tête de leurs moutons comme ayant été la réalité du communisme, que le capital et la finance font perdurer leur domination et continuent d'étrangler la vie des hommes par amalgame.
Et pour très longtemps encore...
Tant qu'il restera un seul de ces communistes-là et un seul de ces prétendus adversaires de ce communisme-là, amusant la galerie chacun avec son usurpation d'identité.
Après, c'est inéluctable, les générations réécriront le mot tout neuf.
Mais pour tout dire, je m'en fiche.
Longtemps que je serai ailleurs.
De l'autre côté de l'horizon.
32 - L'homme est un loup pour ses frères.
Sauf en religion où c'est exactement le contraire.
33 - Quand on tombe amoureux, on perd l'équilibre... ça tombe sous le sens.
14:05 Publié dans Critique et contestation | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature
samedi, 12 avril 2008
Considérations non intempestives - 1 -
Pour le peu qui reste, il est on ne peut plus transparent.
Ce qui est en revanche beaucoup plus difficile à discerner, ce sont les alliés réels de l'ennemi.
Certains sont très habilement travestis.
On naît poète comme le chiendent pousse sur certains sols et pas sur d'autres.
Après seulement intervient le devenir : On laisse chanter ce poète ou on lui tord le cou.
"J'ai parcouru votre manuscrit avec beaucoup d'attention..."
Y'a quand même des lapsus-oxymores qui mériteraient véhémentes corrections.
Il s'agit d'administrer un rappel obstiné contre l'aliénation ambiante, de faire savoir, ne serait-ce qu'en murmure, que nous sommes encore quelques-uns à ne pas être dupes et à ne pas nous avouer totalement vaincus dans nos vies.
Il s'agit de dire encore et encore, après des milliers d'autres honnêtes hommes, que la fumisterie ambiante est essentiellement caduque et non, comme voudraient le laisser bêtement croire tous les tenants du pouvoir et ses aspirants, l'histoire achevée.
A ce titre, nous n'avons ni adversaires ni amis préconçus. Nous n'avons que faire des soi-disant classes sociales. Car nous savons pertinemment qu'il y a partout des charognes et partout des hommes et des femmes préoccupés de l'intégralité de l'existence.
Il désigne des gens lassés des conditions faites à leur existence, de quelque horizon social qu'ils viennent. Des gens qui prennent d'assaut les palais du mensonge, par les armes et par la voix, renversent les statues, brisent les interdits, voire coupent des têtes, parce qu'ils exigent que leur soit restituée la poétique initiale de leur vie.
Le mot peuple désigne l'instigateur et l'acteur de la mutinerie sociale.
En période de modus vivendi, il ne signifie qu'un terreau vague, un tas de fumier sur lequel guignent les politiques pour y ensemencer à bon compte et dans l'endormissement général les graines de leurs misérables ambitions.
Le reste est verre d'eau dans lequel se noie l'affrontement discursif d'idéologies diverses.
Et il n'y a là-dedans aucune dialectique de la poule et de l'oeuf, tant il arrive souvent qu'on ne lise pas exactement ce qui est écrit.
Dans vos situations - que vous ayez à les affronter ou à en jouir - avez-vous une musique derrière vous pour les faire plus authentiques et plus fortes encore ?
Que diriez-vous d'une musique qui aurait forcément besoin d'images pour transmettre son émotion ?
- C'est l'absence de tourments, avais-je assuré.
Tout un programme. Mais ça ne l'avait pas beaucoup aidé.
Mais un homme qui ne boit que du pinard dit tellement de conneries que c'est lui-même et tout entier qui se fait énorme secret, une sorte d'énigme parfois déroutante, parfois plate comme une limande.
Pour avoir longtemps et alternativement pratiqué les deux extrêmes, je sais de quoi je cause.
Elle se situe par-delà le style.
L'évolution du pouvoir spectaculaire l'a conduit du subtil non-dit au mensonge délibéré, puis du mensonge délibéré à l'affabulation pure et simple.
Sous les applaudissements nourris, l'ignorance, la complicité ou la résignation intéressées.
L'affabulation allant crescendo, bientôt sera le délire.
Le spectacle à ce très haut degré d'insolence suppose que le mensonge soit tacitement admis de tous, dirigeants et dirigés, comme règle du vaste jeu de l'inversion du réel et comme projet commun d'une disparition de la vie au profit de sa représentation.
C'est la lecture d'un parcours personnel. Conception réductrice ?
L'histoire inclinerait en effet à ne me donner que très partiellement raison .
Qu'il en souffre ou non est du domaine de l'intime et, en dernier ressort, de l'éthique intime.
Ce qui ne signifie pas que toute vie chaotique soit celle d'un poète. Sans quoi les conditions pitoyables d'existence imposées par le capital n'auraient produit que des poètes.
Ce qui depuis longtemps l'aurait conduit à sa perte.
27 - Je pense la poésie comme étant très accessoirement une écriture et essentiellement un art de vivre. Encore une évidence qu'on se refuse à brasser. Bien évidemment.
Pour avoir fréquenté les uns et les autres, je peux prédire cependant que c'est pas demain la veille !
14:07 Publié dans Critique et contestation | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature
Considérations non intempestives - 2 -
Mais un homme qui écrit et qui se dispenserait de lire serait comme un muet qui tenterait de s'égosiller.
Mais il arrive que les rôles soient inversés.
Procès d’imbéciles qui n’ont jamais écrit ou (et) qui n’ont jamais été. L’écriture de l'écrivain exprime, pour une bonne part, la réalité de sa pensée tandis que sa vie, comme celle de pas mal de monde et pour une bonne part aussi, traduirait plutôt sa façon de penser la réalité.
L'éternité, au regard de l'univers, n'admet pas d'être régentée. Admettre Dieu, c'est admettre une fin arbitraire, entendue comme objectif et limite, à l'éternité poétique, au même titre que d'admettre comme souveraine la seule matière connue des hommes comme principe fondamental de l'éphémère.
Le matérialisme et le déisme sont deux garde-fous complices d'une même tentative de conjuration de l'angoisse de l'impensable.
Au mieux, il vaut un gourmet sans papilles, au pire un libertin sans orgasme.
L'émoi est d'autant plus fort que la contrariété est insurmontable.
Quoiqu'il arrive souvent qu'il lise dans le noir.
Je ne perçois donc dans tout ça aucune grandeur de vue dont puissent se targuer les hommes : Est-ce que le berger conduit son troupeau dans un pacage plus dru et plus vaste pour faire plaisir aux brebis ou pour qu'elles lui soient d'un meilleur rapport ?
Ces objectifs une fois atteints, l'idéologie continue de bénéficier pour un temps de l'élan qui l'a portée jusque là. Elle atteint ainsi le point extrême de surbrillance au-delà duquel elle ne peut plus faire illusion.
Ce après quoi elle s'écroule d'elle-même sous les effets dévastateurs de son propre triomphe.
Si elle n'est auparavant clairement dénoncée et combattue, l'idéologie n'avoue donc son caractère fallacieux que dans sa réalisation.
Trop dangereux.
14:06 Publié dans Critique et contestation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature
vendredi, 28 mars 2008
Quelques évidences savamment occultées
1- La coexistence pacifique entre la planète, comme lieu de résidence des hommes, et l'idéologie de la croissance est absolument incompatible.
La lutte est permanente et ne ne peut s'achever que par la mise à mort de l'une des deux antagonistes.
Le développement durable n'est donc qu'une sorte de lapin exhibé de leur chapeau par les escamoteurs du capital en guise de modus vivendi capable de distraire l'attention et pour tâcher de camoufler un temps les douleurs de plus en plus stridentes de la contradiction.
Le développement du râble est un langage qui devrait être réservé aux éleveurs de lapins.
2 - Des hommes nouveaux et de bonne volonté devront un jour établir clairement que la croissance n'est nullement source de bonheur des hommes. Bien au contraire. Elle n'est qu'une condition sine qua non à la satisfaction des appétits de plus en plus voraces, exponentiels, du capital*. Ce que l'on veut nous faire avaler comme apparences de bonheur ne sont que les miettes parcimonieusement distribuées aux plus nantis et une assistance secourable consentie aux plus démunis.
3 - Ce qu'on appelle écologie n'est que - mais c'est beaucoup - le reflet idéologico-politique, récupéré et réducteur, d'une exigence première, atavique et fondamentale : l'occupation humaine de la planète.
C'est la seule préoccupation qui ait un sens. C'est une préoccupation de poète et d'artiste, au sens le plus fort, le plus subversif et le plus élargi de ces termes.
Cette ultime mainmise sur la planète pourrait s'avérer être le point de basculement, tout comme chez Clausewitz l'effort consenti par le conquérant dans la guerre positive, lors de l'offensive à son point culminant, conduit à l'épuisement de ses forces-ressources, à la complexité grandissante de son organisation, bientôt à son effondrement.
5 - La survie d'un conquérant est cependant toujours fonction de ses nouvelles conquêtes, comme la sauvegarde d'un mensonge est toujours au prix d'un nouveau mensonge.
Les diverses tentatives de conquête de l'espace peuvent être lues comme la recherche de nouvelles richesses à extorquer au cosmos, de nouvelles poubelles à exploiter, voire d'intelligences à asservir.
En un mot comme en cent, comme le projet d'un recul encore plus lointain des clôtures de la croissance.
15:25 Publié dans Critique et contestation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature
jeudi, 27 mars 2008
Amen
En Pologne, désespérés par l'irresponsabilité meurtrière des automobilistes, les pouvoirs publics eurent cette idée lumineuse d'opérer de vastes contrôles où le policier en embuscade était accompagné..d'un prêtre !
Point d'amende pour le délinquant pris la main dans le sac, du moins le pied au plancher, mais un sermon onctueux de la soutane.
J'ignore si les résultats en furent probants.
J'ose en douter seulement.
Dans le même ordre d'idée fumeuse, le maire d'une ville de soixante mille habitants organise une conférence sur un projet de gestion des déchets où sont conviés tous les maires des communes rurales environnantes.
Sans doute pour convaincre encore plus de la justesse et de la gravité de son propos, il s'affuble d'un prélat grassouillet à souhait et ostensiblement assis (avachi) à la tribune, bien à sa droite.
Mais là, il y avait peut-être un message subliminal. Une sorte de preuve par l'exemple.
15:44 Publié dans Critique et contestation | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature
mardi, 11 mars 2008
L'imagination au pouvoir
Voilà un slogan des années 70 devenu un poncif, plein d'une belle et généreuse révolte...
Hélas, c'était bête et con comme chou, ce slogan : Tous les grands de ce monde, dans leur incommensurable cruauté et leur soif de puissance, ont fait preuve d'une imagination débordante à nous couper le souffle.
Tenez, Pierre le grand, Tsar de toutes les Russies, celui qui, de passage à Paris alors que Louis XV n'avait que huit ans, avait pris l'enfant souverain dans ses bras en hurlant : "Je tiens toute la France à bout de bras !", ce Pierre le grand, donc, fut un grand poète imaginatif.
Le supplice des milliers de gens qu'il a condamnés à mort était des plus délicats : On les coupait en quatre, dans le sens de la largeur bien sûr, et en commençant par les genoux pour que le supplicié ait bien le temps d'apprécier pleinement ce qui lui arrivait.
Mais quand le condamné avait reçu du Tsar des circonstances atténuantes, bref qu'il s'était montré digne de sa clémence, on commençait par la tête !
C'était pas grand, ça, de la part de Pierre le grand ? Hein?
Quand je pense que les Russes ont béatifié les Romanof comme victimes de la barbarie bolchevique ! Bref...
Une autre preuve de la fécondité spirituelle de ce grand Tsar - Il mesurait 2,15 mètres - c'est que sous prétexte de se rapprocher des moeurs européennes et comme en même temps il manquait des sous dans ses tiroirs pour mener ses différentes guerres, il eut l'idée lumineuse que soit levé un impôt sur....les barbes !
Et comme en Russie tous les hommes arboraient une barbe pas possible, c'était vraiment bien joué !
Allez, les nabots aujourd'hui au pouvoir, en matière de fiscalité, se montrent tout aussi créateurs.
On s'en rend pas compte. Des sots, qu'on est.
Tenez, demandez à Johnny, lui, I sait tout ça... Paraît qu'il a même été imposé sur la connerie. Des mauvaises langues prétendent que ça faisait une fortune !
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