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04.01.2017

Ça devait être une chanson

Du temps où je chantais encore...

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 C’est si loin ce que j’entends de Toi
C’est si loin de toi  si loin  de moi
Alors…
Je te chante ça m’enchante tu me hantes
Sous le vent
Je te chante  ça m’enchante  tu me hantes
Bien souvent

 

Qui es-tu maintenant ? Un là-bas
Une plage  une brume un ciel bas
Alors…
Je te chante  ça m’enchante tu me hantes
Dans le froid
Je te chante ça m’enchante  tu me hantes
Bien des fois

 

Se quitter  c’est nous deux qui le fîmes
Pas de pleurs ni de chagrins intimes
Même si...
Je te chante ça m’enchante  tu me hantes
En silence
Je te chante ça m’enchante  tu me hantes
Ô ma France !

10:35 Publié dans Musique et poésie | Lien permanent |  Facebook | Bertrand REDONNET

02.09.2016

L'estaca

Si vous ne la connaissez pas, je vous invite à lire l'histoire - l'historique plus exactement - de cette chanson.
Quant à Marc Robine... C'est ICI. Un grand monsieur qui avait su échapper au bordel médiatique.



13:11 Publié dans Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique |  Facebook | Bertrand REDONNET

12.04.2016

Un poème de Monsieur Brassens

RETOUCHES À UN ROMAN D’AMOUR DE QUATRE SOUS

(Que je chante ICI,  si toutefois le cœur vous en dit....)

 

 Madame, même à quatre sous
Notre vieux roman d'amour sou-
-Ffrirait certes quelque mévente.
Il fut minable, permettez
Que je farde la vérité,
La réinvente.
La réinvente.

 On se rencontra dans un car
Nous menant en triomphe au quart,
Une nuit de rafle à Pigalle.
Je préfère affirmer, sang bleu !
Que l'on nous présenta chez le
Prince de Galles.
Le Prince de Galles.

 Oublions l'hôtel mal famé,
L'hôtel borgne où l'on s'est aimé.
Taisons-le, j'aurais bonne mine.
Il me paraît plus transcendant
De situer nos ébats dans
Une chaumine.
Dans une chaumine.

 Les anges volèrent bien bas,
Leurs soupirs ne passèrent pas
L'entresol, le rez-de-chaussée.
Forçons la note et rehaussons
Très au-delà du mur du son
Leur odyssée.
Leur odyssée

 Ne laissons pas, quelle pitié !
Notre lune de miel quartier
De la zone. Je préconise
Qu'on l'ait vécue en Italie,
Sous le beau ciel de Napoli
Ou de Venise.
Ou de Venise.

 Un jour votre cœur se lassa
Et vous partîtes - passons ça
Sous silence - en claquant la porte.
Marguerite, soyons décents,
Racontons plutôt qu'en toussant
Vous êtes morte.
Vous êtes morte.

Deux années après, montre en main,
Je me consolais, c'est humain,
Avec une de vos semblables.
Je joue, ça fait un effet bœuf,
Le veuf toujours en deuil, le veuf
Inconsolable.

C'est la revanche du vaincu,
C'est la revanche du cocu,
D'agir ainsi dès qu'il évoque
Son histoire : autant qu'il le peut,
Il tâche de la rendre un peu
Moins équivoque.
Moins équivoque.

15:38 Publié dans Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : musique, poésie, litétrature, écriture |  Facebook | Bertrand REDONNET

08.01.2016

Chansonnette

Destin contraire



 Un soir d’intempérie
Les rues de La Rochelle
Étaient noires de pluie
Et pas une donzelle
Ne battait le pavé
De son talon usé.
Le vent rasait les murs
De la rue Réaumur...

 Devant un p’tit bistrot
Dégueulasse, mal famé
Chantait un vieux poivrot
Sur l’mode improvisé
Une espèce de romance
Qui parlait d’son enfance.
Le vent rasait les murs
De la rue Réaumur.

 Son soulier défoncé
Trainait dans le ruisseau :
« Même que j‘ai voyagé
Jadis j’étais mat’lot
Mon père a fait de moi
Le pauvre hère que voilà,
Pour m’avoir trop nourri
De sa philosophie.

 Les roses de mon berceau
Étaient bardées d’épines
Il disait qu’cétait beau
De vivre de rapines,
Que de violer les lois
Écrites par les bourgeois,
C’était faire le bien
Pour les pauvres et les chiens !

 J’ai suivi son chemin
De Damas en prison
Et c’est pas pour demain
Qu’jaurai plus mes haillons.
Que c’est triste de vivre
J’crois qu’jai lu tous les livres
Déférence gardée
Pour Stéphane Mallarmé. »

 Mais bientôt il hurlait
Les mots de sa chanson
Plus qu’il ne les chantait,
C’était vraie déraison.
Attirés par le bruit
Du barde de l’ennui,
Surgirent des pandores
Pour le prendre à bras l'corps.

 Ils furent accueillis
Par une volée d’injures.
Soudain le vieux débris
Perdant toute mesure
Planta un grand couteau
Dans le ventre du plus gros
Qui mourut aussitôt
La gueule dans l’caniveau.

 Quelques années passées
J‘appris dans les journaux
Qu’on avait condamné
Sa tête à l’échafaud.
On y disait à tort
Qu’il n’eut jamais d’remords
D’avoir donné la mort
A ce pauvre pandore.

 Car moi qui l’ai connu,
Je n’vous dirai pas où,
Lui qui avait tout lu
Il n’était pas voyou.
Terminant sa chanson,
Même de piètre façon,
Jamais n’aurait commis
C‘pourquoi il fut occis !

Paroles et musique mézigue

12:32 Publié dans Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : musique, littérature, écriture, chanson |  Facebook | Bertrand REDONNET

29.10.2015

Le Progrès - D'après Georges Brassens -

Ce poème de Brassens, que je me suis permis d'amputer d'une strophe, a été publié à titre posthume et mis en musique par Jean Bertola.
Cette musique ne me plaisant pas outre mesure, je l'ai refaite à mon goût, qui n'a évidemment pas la prétention d'être celui de tout le monde...


Que le progrès soit salutaire,
C'est entendu, c'est entendu.
Mais ils feraient mieux de se taire,
Ceux qui dis'nt que le presbytère
De son charme du temps passé n'a rien perdu,
N'a rien perdu.

Entre les tours monumentales
Toujours croissant, toujours croissant,
Qui cherche sa maison natale
Se perd comme dans un dédale.
Au mal du pays, plus d’remède à présent,
Remède à présent.

 C'est de la malice certaine,
C'est inhumain ! c'est inhumain !
Ils ont asséché la fontaine
Où les belles samaritaines
Nous faisaient boire, l’été, l'eau fraîche dans leurs mains,
Fraîche dans leurs mains.

Ils ont abattu, les vandales,
Et sans remords, et sans remords,
L'arbre couvert en capitales
De noms d'amants : c'est un scandale !
Les amours mort's n'ont plus de monuments aux morts,
Monuments aux morts.

 L'a fait des affaires prospères,
Le ferrailleur, le ferrailleur,
En fauchant tous les réverbères.
Maintenant quand on désespère,
On est contraint, forcé d'aller se pendre ailleurs,
Se pendre ailleurs.


Et c'est ce que je fais sur l'heure,
Et sans délai, et sans délai.
Le coq du clocher est un leurre,
Une girouette de malheur(e).
Ingrate patrie, tu n'auras pas mes feux follets,
Mes feux follets !

10.09.2015

Détournement

C'est à fredonner - ou, mieux, à jouer - sur la musique de Celui qui a mal tourné, Georges Brassens, titre lui-même inspiré par La Chanson du gâs qui a mal tourné, de Gaston Couté.


CELUI QUI A MAL PENSÉ

 Il y‘avait au fond d’mon village,
Un p’tit gars qu’était pas très sage,
Qui trainait les bois, les prairies,
Galopant derrière ses rêveries.
Les gens du crû, d’un même tonneau,
Des taiseux et de rudes péqu’nots,
Clouèrent tantôt au pilori
Cette graine de malappris !

 Il avait dans le ciboulot
Des idées contr’ tous les boulots
Des champs, des bureaux, des usines
Qui font aux hommes courber l’échine.
Ainsi doté pour faire sa vie,
Il trouva tous les ponts-levis
Devant lui toujours haut levés,
Dans quelque place qu’il veuille entrer.

 Il connut l’ombre des cachots,
S’embarqua vers les pays chauds,
Traversa des contrées sauvages
Atteignit à bien des rivages.
Mais jamais sur ce long chemin
Ne vit vers lui se tendr’ une main…
Alors, aux abords d’l’heure fatale,
Il revint au pays natal.

 Les gens du crû, d’un même tonneau,
Dormaient tous au fond d’leur caveau
Leurs maisons croulaient sous les lierres,
La vermine en rongeait la pierre.
Lors, écroulant son cul par terre,
Le vieil homme contestataire
Déversa sur leur triste sort
Toutes les larmes de son corps !

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11:00 Publié dans Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : écriture, chanson française |  Facebook | Bertrand REDONNET

24.06.2014

Samedi 21 juin, Hélène Cadou nous a quittés


"Après la sortie de la Revue 303 – Cadou, Bérimont et l’école de Rochefort ( avec le Conseil régional des pays de Loire), la réalisation du film René Guy Cadou ou les visages de solitude avec Emilien Awada ( Cinergie Production & TéléNantes), Une émission sur France Culture consacrée à Cadou ( émission de Sophie Nauleau, ça rime à quoi ? et dernièrement le cahier d’étude des poètes de l’Ecole de Rochefort-sur-Loire n°4 : René Guy & Hélène Cadou poésie et éternité (Université permanente de Nantes avec Georges Fargeas et  le Petit véhicule), nous continuerons à travailler pour les œuvres croisées de René Guy et Hélène Cadou, deux grands de la poésie française.
LE PAYS  BLEU DE RENÉ GUY OUVRE SA FRONTIÈRE AU PAYS BLANC D’HÉLÈNE ( lisez ce pays chez Rougerie éditeur et Brémont pour l’essentiel). Les deux poèmes vivent  l’amble désormais au-delà des lisières.

Voici une lettre de Benin avec qui nous avons réalisé trois Compact disc sur Cadou. Nous reviendrons sur l’ensemble de nos travaux.
Pour Hélène, infiniment et orphiquement....

                                                                            Luc Vidal - Editions du Petit Véhicule -

 Hélène…

Première rencontre en 1984 (trente ans presque pile), grâce au passeur Luc (Vidal), mon guide dans la découverte de la poésie de Cadou, quelques mois en amont. Cela s’est passé sous les auspices bienveillants de Roger Toulouse, ami peintre des Cadou…
Fulgurance du regard. Radieux, pénétrant, timide, et ce sourire perpétuel aux coins des lèvres, comme une invitation…
Pour tout prologue, je chante « Hélène » et « Je t’attendais ».
Le silence qui suit est perceptible, comme un doux refuge à l’émotion qui plane dans la petite pièce. Quelques larmes coulent sur le visage d’Hélène. Le temps est suspendu. Son regard demeure aussi vif et pénétrant, et le seul mot qui émane d’elle est : « Merci… ». Je le reçois comme un doux assentiment protecteur, moi qui ai osé ce jour là faire chanter les mots de Cadou, en présence même de sa muse inspiratrice !
Voila pour cette première fois

Ensuite, la bienveillance d’Hélène, pudique, ébouriffée parfois de reconnaissance, ne s’est jamais tarie. Elle aimait la vie, le puits profonds de la poésie, le genre humain et son René, d’une même gerbe, d’un même élan. Lumineuse malgré elle dans sa parure de veuve éternelle, ou plutôt d’éternelle fiancée avec son beau prince en poésie parti trop tôt…
Je lui dois cette fidélité à ce qui nous fonde chacun : Cette face de lumière en nous.
Hors du temps, des modes, des sirènes nonchalantes de nos démesures contemporaines.
Hélène demeurait courtoise, distante, dans ses allures de dame du siècle dernier.
Elle devait bien sentir voleter au-dessus d’elle une nuée d’anges malicieux (son regard pétillait si souvent !)…
J’en arrivais plus tard, dans les années 90, à poser mon chant sur les mots d’Hélène aussi, conscient de leur valeur limpide.
A présent, Hélène et René se sont rejoints. Ce doit être la douce fête au paradis…
A moins qu’ils n’en aient profité pour poser l’acte d’une escapade, lui qui lui « avait donné rendez-vous dans le ciel pour des promenades éternelles » (17 juin 1943).
 Je suis ému de leurs retrouvailles, mais aussi, un peu plus responsable d’appartenir au petit carré de passeurs, désormais…

 Morice Benin, le 23 juin 2014.

16:42 Publié dans Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, écriture |  Facebook | Bertrand REDONNET

26.06.2013

Réclame et CD

Le_Micro.jpgMon projet d’inscrire sur CD des poèmes que j’’ai mis en musique - un Baudelaire, un Villon, un Apollinaire -, trois fables de La Fontaine, deux chansons posthumes de Brassens dont j’ai eu l'immodestie de réécrire la musique parce que celle proposée par Jean Bertola n’était pas à mon goût, plus deux compositions de mon cru, est toujours à l’ordre du jour.
Je me rends donc régulièrement au studio d’enregistrement et voilà bien qui est tout à fait nouveau pour moi !
Insouciant et trop sûr de moi, pour tout dire ne doutant pas de ma dextérité, je pensais en effet que cela serait beaucoup  plus facile, que j’allais me ramener avec ma guitare, salut les gars, m’asseoir devant un micro, accorder, gratter, entonner, et hop, dix morceaux, dix heures, et l’affaire était dans le sac !
Las, las ! Chanter et jouer en public ou pour soi-même n’a rien à voir avec le studio. Je le découvre à mon grand dam. Parce que là, en séance d’enregistrement, on est en situation de laboratoire où il n’y a pas d’autre écoute statique et muette que celle de l’exigence de la technologie qui entend tout et qui ne laisse rien passer. Un doigt qui s’accroche un tout petit peu sur un accord, une corde qui vibre un millième de seconde de trop, la voix qui faiblit ou qui commet une fin de phrase un peu douteuse du point de vue de la tonalité, une mesure en trop ou bien en moins et basta, tout est à refaire…
On en sue sang et eau. Du moins mézigue. Parce que le technicien et propriétaire des lieux, lui, au demeurant fort sympathique, est d’un calme olympien, perfectionniste jusqu’à m’en hérisser le poil, sérieux comme un pape, si tant est qu’un pape soit sérieux.
Il affirme à chaque fois qu’il aime mes mélodies, mes arpèges et mes accords, que le son de ma guitare est très doux, que ma voix éraillée est particulière et qu’il faut que tout cela soit absolument parfait. Il enregistre des groupes de renommée nationale, il a fait ses preuves, alors il veut un CD sans une entorse. Pour moi et pour sa réputation. Comme je suis un parano indécrottable, je me suis dit au début qu'il me chantait la messe pour faire durer et gagner du fric. Jai  cependant appris par la suite qu’il était effectivement professionnel au point de refuser de continuer d’enregistrer des musiciens qu’il ne trouvait pas bons.
J’en ai un peu bombé le torse. Jusqu’à ce qu’il me foute moi-même dehors, peut-être….
Tout ça est bien. Parce que moi, un peu laxiste, beaucoup même, je laisserais volontiers filer quelques défectuosités … Comme sur scène, comme en live.
Ce qui est gravé est gravé, dit-il. Ben oui. Rien, en revanche, n’est plus éphémère que la scène, c’est là tout le contraire.
Le gros problème, c’est que, m’appliquant trop, je ne puis y mettre le cœur que je veux. Trop concentré sur la réalisation technique et la justesse de la mesure, j’en oublierais presque la force du texte et comment il doit être chanté selon moi. Or, reprenant en cela le mot de Brassens, j’aimerais bien que la musique soit accessoire, tout en étant indispensable, comme elle l’est au cinéma : qu’elle souligne mais ne relègue pas le texte au second plan.
Toute la difficulté est là ; chanter et jouer autant avec sa tête, son savoir, qu’avec ses tripes. La synthèse n’est pas toujours facile.
Alors, je me suis donné beaucoup plus de temps qu'initialement prévu. Sur dix morceaux, seule la musique de sept d'entre eux est sauvegardée, car nous avons  décidé d’enregistrer sur deux pistes, d’abord la mélodie, ensuite les paroles. Ce qui oblige à être encore plus rigoureux et à travailler avec le métronome.
On verra bien. Je n’en vois, optimiste quand même, le bout qu’à l’horizon de l’automne prochain. En tout cas, expérience intéressante et qui remet fondamentalement en cause le peu de talent dont on croyait être pourvu.
Comme en écriture. Rien de tel qu’une bonne critique négative pour remettre les pendules à l’heure et la vanité de soi au diapason. C’est le cas de le dire.
Au cas, donc, où vous seriez intéressé pour écouter un jour mes sueurs artistiques, il faudrait  me le dire gentiment par mail, que je sache un peu où je vais.
Le prix ? Ah, le prix !? Hé bien, je n’en sais pour l’heure foutrement rien, ne sachant pas encore combien d’heures il va me falloir travailler et de combien d'écus sonnants et trébuchants sera donc la facture.
Mais ça ne devrait pas dépasser, frais de port compris, 17 ou 18 euros. Et puis, si ça les dépassait et que ce serait trop cher, alors je n’en tirerais qu’un ou deux exemplaires, que je mettrais dans un tiroir, histoire de me dire que j’ai fait un jour un disque.
On s’amuse comme on peut, n’est-il pas ?

14:12 Publié dans Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : littérature, écriture |  Facebook | Bertrand REDONNET

09.05.2013

René Guy Cadou

Bouleversant. Je n'ai pas d'autres mots pour dire ce poème de Cadou à sa femme.


Je t'atteindrai Hélène
À travers les prairies
À travers les matins de gel et de lumière
Sous la peau des vergers
Dans la cage de pierre
Où ton épaule a fait son nid

Tu es de tous les jours
L'inquiète la dormante
Sur mes yeux
Tes deux mains sont des barques errantes
À ce front transparent
On reconnaît l'été
Et lorsqu'il me suffit de savoir ton passé
Les herbes les gibiers les fleuves me répondent

Sans t'avoir jamais vue
Je t'appelais déjà
Chaque feuille en tombant
Me rappelait ton pas
La vague qui s'ouvrait
Recréait ton visage
Et tu étais l'auberge
Aux portes du village


René Guy Cadou, La vie rêvée, 1944

09:19 Publié dans Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

23.03.2013

Marc Robine : Les aventuriers

Dans un monde qui a tué l'aventure et qui tente de réduire la vie à une mésaventure économique, l'aventurier est forcément une figure de style, une allégorie, un être mythique.
C'est en ce sens que je lis les paroles de Marc Robine et je vous invite à écouter sa chanson parce qu'elle est fort bien écrite, à mon goût tout du moins.
En plus, la ligne de basse est très belle...


12:00 Publié dans Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

06.01.2013

Marc Robine : Lucienne

J'aime beaucoup cette chanson parce que j'aime beaucoup ce que faisait Marc Robine, parce qu'elle est très bien écrite, très sensible, authentique, et parce que l'arpège y est joliment empreint de cette tristesse particulière qui rend parfois joyeux le sentiment de vivre.



08:00 Publié dans Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | Bertrand REDONNET

30.11.2012

René-Guy Cadou

Il y a des mots qui ne sont pas faits pour se dire, mais pour s'écouter.


12:19 Publié dans Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

13.11.2012

Murs

Portes de fer
qui s’ouvrent
qui claquent

veules promesses
longtemps déjouées
inscrites aux primes étoiles
des voies lactées
pas de surprise
comme venu
déjà

dormir
les chiens toujours vont au chenil
des odeurs rances
libertés égorgées
marches de crabes
sournois sur les coursives
et rêves peureux sur les non-dits
étroitesse malsaine
infects camemberts où s’agacent
les mouches d’un air putride
qui dansent aux
bruits des voix qui
hurlent
la douleur et les ordres
silences de vaincus

bourdons de radio
d’autobus au dehors
sous le Pont-Neuf
coule le Clain
à des siècles d'ici
à trois nuages bleus
  par-delà la lumière
déchirée  de
  six ombres verticales
tranxène pour
tes chaînes

valium pour delirium

et post-coma enfin
des gestes de survie
l’autre enfermement
celui des autres
au trottoir

tout droit de béton
il tourne en rond
l’espoir derrière les murs
cicatrices cousues
cicatrices quand même
et les rues qui défilent
les passants qui s’faufilent
entre la peur d’crever
et l'angoisse de vivre
les gardiens sont dehors
les gardiens sont dehors
ils sont dehors
et
gueulent
gueulent
ils gueulent
de plus en plus fort
et de plus en plus loin
rouges
comme le sang qu'on pissait
sur des tinettes immondes
où musardaient des rats
au museau de dément
ils gueulent

dans le vide sans fond
d'un océan où baigne
à perdre pied bientôt
la froide absurdité
des solitudes
humaines

12:05 Publié dans Acompte d'auteur, Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

28.09.2012

Marc Robine, La mémoire et la mer

... cette voix éraillée, légèrement cassée, au service d'un poème magnifique


13:46 Publié dans Acompte d'auteur, Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | Bertrand REDONNET

27.09.2012

René-Guy Cadou, Marc Robine

littératureJe fais une petite pause dans l’enracinement de l’exil - sans jeu de mots facile -, car je voudrais vous faire partager mon émotion à l'écoute de ce texte de René-Guy Cadou mis en musique, simplement mais magistralement à mon goût,  par Marc Robine.
Marc Robine, René-Guy Cadou, Gaston Couté et bien d’autres… Si un jour je ne suis plus feignant, si un jour j’en ai la force et le talent, j'aimerais bien écrire une anthologie de tous ces poètes de cœur, ces poètes disparates, ces poètes du partage du monde, oubliés le plus souvent de notre mercantile saison, ces étoiles filantes comme j’aime à les appeler, qui ont traversé la vie avec la gourmandise du cœur, avec passion et très vite, trop vite, trop injustement foudroyés à la fleur de l’âge.
Marc Robine, grand passeur de mots, si vous ne le connaissez pas, je vous invite à lire ici, l’excellent hommage que lui rendit son copain Fred Hidalgo.
Quant à René-Guy Cadou, 1920-1951, le hussard en blouse, compagnon de Pierre Reverdy et de Max Jacob, vous le connaissez sans doute, poète sensible, très proche. On peut lire ici.
Ce texte-là me touche particulièrement, me donne des frissons aux cheveux, écrit par un jeune homme que la Faucheuse s'apprête à moissonner à l’âge de 31 ans, et qui le sait. Tout comme Couté, exactement quarante années auparavant :

 Que voulez-vous de moi,
Maintenant que je n’ai
Pas même pour saluer,
La grâce des poneys?


Peu d’années ont suffi

Pour voiler mon regard.

Et qu’on ne me cherche chicanes de droits d’auteurs pour cette mise en ligne, car je lancerai  alors le mot magnifique, généreux, de Marc Robine, inscrit sur un de ses albums :
Celui qui sera pris en flagrant délit de chanter l’une de ces chansons sans ma permission a toutes les chances de devenir l’un de mes bons copains.


Il faudra, hélas, faire fi, si possible, des fautes commises dans cette vidéo à peu d’années ont suffi, ainsi qu'à  graffiti


09:47 Publié dans Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

19.04.2012

Présidentielles élections

LE SIEUR HOLLANDE :

 LE SIEUR SARKOZY :

 LE RESTE DE LA CLIQUE :

Le Roi boiteux

Un roi d'Espagne, ou bien de France,
Avait un cor, un cor au pied;
C'était au pied gauche, je pense;
Il boitait à faire pitié.

Les courtisans, espèce adroite,
S'appliquèrent à l'imiter,
Et qui de gauche, qui de droite,
Ils apprirent tous à boiter.

On vit bientôt le bénéfice
Que cette mode rapportait;
Et de l'antichambre à l'office,
Tout le monde boitait,boitait.

Un jour, un seigneur de province,
Oubliant son nouveau métier,
Vint à passer devant le prince,
Ferme et droit comme un peuplier.

Tout le monde se mit à rire,
Excepté le roi qui, tout bas,
Murmura: "Monsieur, qu'est-ce à dire ?
Je vois que vous ne boitez pas."

"Sire, quelle erreur est la vôtre!
Je suis criblé de cors, voyez :
Si je marche plus droit qu'un autre,
C'est que je boite des deux pieds."

Gustave Nadaud - Musique G. Brassens

10:17 Publié dans Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : littérature, politique |  Facebook | Bertrand REDONNET

30.08.2011

Est-ce qu'on appelle ça un poème ?

 NON CREDO

 

Je ne crois ni à dieu ni à diable ni à hue ni à dia
Ni en haut ni en bas
Ni aux oiseaux ni aux demains
Qui chanteraient
Je ne crois plus aux nuits d’ivresse
Aux mots du philosophe aux phrases de l’écrivain
Au verbe du poète

Je ne crois pas n’ai jamais cru aux gens publics
Je ne crois ni aux hommes ni aux femmes ni même aux enfants
Je ne crois ni à la langue ni aux systèmes
De quelque côté des océans qu’ils se trouvent
Fussent-ils même de la lune des espaces intersidéraux
Je ne crois pas aux épaules des amis où appuyer ses doutes
Je ne crois pas aux larmes d’un frère
Mêlées aux miennes
Aux petits matins
Des grandes douleurs

 Je ne crois pas à l’univers
Que des yeux éberlués dans la nuit voudraient
  Infini
A la symbiose des esprits
A la vérité aux mots d’amour
Aux serments par le vent dilapidés
Je ne crois pas à la puissance des armes
Aux mémoires affligées des vaincus
Aux cris des vainqueurs
Aux guerres justes aux croisades
Aux idées
Aux démocrates

Je ne crois ni à l’argent ni à l’or
Je ne crois pas aux voleurs aux pilleurs aux vandales
A la bonté à la morale à l’éthique
Aux chiens perdus aux gens heureux aux repentants aux honnêtes gens

Je ne crois en Rien
Sinon en Toi
Alors je crois en Tout

Puisque je crois en Nous
Ton cul est une étoile

Janvier 2009

10:37 Publié dans Acompte d'auteur, Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

26.08.2011

Gaston Couté - 1880.1911

littératureGaston Couté fait partie de ces étoiles filantes, incompréhensibles au cœur du bourgeois, qui traversent à toute vitesse le ciel des poésies mutines, mais ne meurent cependant jamais complètement, laissant derrière eux, comme une blessure, comme un désespoir,  une traînée de lumière sur le ciel de la nuit, dont on ne cesse d’être ébloui.
Il avait chanté : J’ai vingt ans et j’peux en vivre cent. Il est mort à  31 ans, terrassé par la sous-alimentation et l’alcool.
Fils d’un meunier de Meung-sur-Loire, la cité où plane toujours le souvenir de François Villon, ce libertaire au grand cœur - à qui Brassens et Ferré doivent beaucoup - prit le travers des champs et voulut s’essayer dans les cabarets parisiens où, parfois, comme à l’Ane rouge, son cachet n’était constitué que d’un café crème.
Devant son  cercueil, juste après avoir jeté la poignée de terre symbolique sur le cercueil,  le père Couté, incapable de pardonner et de comprendre les errances de son fils, prononça : "T'as voulu y venir à Paris, eh ben, t'y v'là maint'nant !"

Beaucoup de respect, et plus encore, pour ce lointain et fraternel En-dehors.

L'Amour qui s'fout d'tout

Le gars était un tâcheron
N’ayant que ses bras pour fortune ;
La fille : celle du patron,
Un gros fermier de la commune.
Ils s’aimaient tous deux tant et plus. (bis)
Ecoutez ça, les bonnes gens
Petits de cœur et gros d’argent !
Ecoutez ça ils s’aimaient tant et plus
L’Amour, ça se fout des écus !

 Lorsqu’ils s’en revenaient du bal
Par les minuits clairs d’assemblée,
Au risque d’un procès-verbal,
Ils faisaient de larges roulées
Au plein des blés profonds et droits, (bis)
Ecoutez ça, les bonnes gens
Qu’un bicorne rend grelottants !
Ecoutez ça des blés profonds et droits
L’Amour, ça se fout de la Loi !

 Un jour, s’en furent tous deux prier
Elle : son père ! Et lui : son maître !
De les laisser se marier.
Mais le vieux les envoya paître ;
Alors, ils prirent la clé des champs. (bis)
Ecoutez ça, les bonnes gens
Qui respectez les cheveux blancs !
Ecoutez ça ils prirent la clé des champs
L’Amour, ça se fout des parents !

 S’en furent dans quelque cité,
Loin des labours et des jachères ;
Passèrent ensemble un été,
Puis, tout d’un coup, ils se fâchèrent
Et se quittèrent bêtement. (bis)
Ecoutez ça, les bonnes gens
Mariés, cocus et
puis contents !
Ecoutez ça ils s’quittèrent bêtement
L’Amour, ça se fout des amants !

 

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03.03.2011

La musique ça se conjugue au présent

A l'époque de la publication de mon bouquin sur Brassens, je recevais beaucoup de courrier. Par la poste.
Un monsieur québecois et médecin de son état m'avait ainsi fait parvenir une longue missive pour me dire tout le bien qu'il pensait de mon livre et aussi qu'il s'était acheté à Paris la même guitare que Brassens, chez le fameux luthier Jacques Favino, et qu'il s'évertuait à jouer exactement, au centième de mesure près, comme le bon Maître.
J'avais répondu - gentiment - que je n'en voyais ni l'utilité, ni le plaisir qu'on pouvait en tirer. Que l'éternité d'une oeuvre résidait précisément dans sa relecture subjective, affective, sensible, adaptée à soi.

Plus tard, beaucoup plus tard, comme pour faire écho à ma réponse, j'avais découvert ça.  C'est simple et c'est beau et c'est juste.
Contacté, l'artiste m'avait  donné l'autorisation de publier ici sa vidéo.
La musique, ça se conjugue vraiment  au présent.

Quand on prend sa guitare, il n'y a pas de concordances des tons au passé, sinon décomposé.


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02.10.2010

Cadeau pour Hortefeux et sa clique


"Preuve peut-être bien de votre inexistence...."

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23.06.2010

Le plaisir des mots entrelacés

09:03 Publié dans Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

24.04.2010

Quand les mots servent le rire et l'absurde...

...ils sont aussi littérature .

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17.12.2008

Franche répartie

Le colonel Bigeard à Brassens :

- Et vous, Brassens, vous aimez votre patrie ?

Brassens :

- Je n'aime pas ma patrie. En revanche, j'aime beaucoup la France.

 

 

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05.12.2008

Quand le désespoir est beauté par force de poésie

 

11:56 Publié dans Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

12.11.2008

Rue Réaumur

Chanson écrite vers 2001, retrouvée par hasard en tentant de ranger divers papiers jetés pêle-mêle dans un carton -  Musique : Lam, Mi 7, Lam, Rém, Sol 7, Do.....Mim....Lam..etc.
Y'a guère plus simple.

 

DSCF2282.JPG

 

Un soir d’intempérie
Les rues de La Rochelle
Etaient noires de pluie
Et pas une donzelle
Ne battait le pavé
De son talon usé.
Le vent rasait les murs
De la rue Réaumur

Devant un p’tit bistrot
Délabré, mal famé
Chantait un vieux poivrot
Sur l’mode improvisé
Une espèce de romance
Qui parlait de l‘enfance.
Le vent rasait les murs
De la rue Réaumur.

Son soulier défoncé
Titubait au ruisseau :
« Même que j‘ai voyagé
Jadis j’étais mat’lot
Mon père a fait de moi
Le pauvre hère que voilà,
Pour m’avoir trop nourri
De sa philosophie.

Les roses de mon berceau
Etaient bardées d’épines
Il disait qu’cétait beau
De vivre de rapines,
Que de violer les lois
Ecrites pour le bourgeois,
C’était faire le bien
Pour les pauvres et les chiens !

J’ai suivi son chemin
De Damas en prison
Et c’est pas pour demain
Qu’jaurai plus mes haillons.
Que c’est triste de vivre
J’crois qu’jai lu tous les livres
Déférence gardée
Pour  Stéphane  Mallarmé. »

Mais bientôt il hurlait
Les mots de sa chanson
Plus qu’il ne les chantait,
C’était vraie déraison.
Alertés par le bruit
De ces cris  dans la  nuit
Surgirent des pandores
Pour le prendre à bras l’corps.

Ils furent accueillis
Par une volée d’injures.
Soudain le vieux débris
Perdant toute mesure
Planta son grand couteau
Dans le ventre du plus gros
Qui mourut aussitôt
Le nez au caniveau.


Quelques années passées
J‘appris dans les journaux
Qu’on avait condamné
Sa tête  à l’échafaud.
On y disait à tort
Qu’il n’avait point d’remords
D’avoir donné la mort
A ce bougre d’ pandore.

Car moi qui l’ai connu,
Je n’vous dirai pas où,
Lui qui avait tant lu
Il n’était pas voyou
Terminant sa chanson
Même de piètre  façon
Jamais n’aurait commis
C‘pourquoi on l'a occis !

hi.JPG

 

 

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20.05.2008

Sans la musique, la vie serait une erreur - Nietzsche

J'aime vraiment le jeu de Gary Moore.
Sa façon un peu inquiète de se retourner vers les musiciens, de lever le doigt juste avant d'entamer le solo et aussi, époustouflant, la dextérité du phrasé quand il revient au micro.  Les doigts à la vitesse de la lumière.
Et puis, écoutez vraiment jusqu'au bout : L'impro, abandon du thème principal, du moins son prolongement en sauts de gammes...L'artiste emporté par son art. Osmose . La guitare comme  organe et  protubérance visible de l'émotion du langage.
Un grand.
J'aime vraiment et je mets ça en littérature, n'en déplaise aux puristes, (la pureté étant souvent l'arbre cache-sexe d'une forêt de médiocrité) parce que cette sensation d'une totalité, d'un bonheur fugace, elle submerge aussi et parfois l'écrivain.
Quand ça veut rire. 

 

 

 

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