lundi, 02 juin 2008
Murs
portes de fer
qui s’ouvrent et puis qui claquent
promesses
longtemps déjouées
inscrites aux primes étoiles
des voies
lactées
pas de surprise
c’est bien là
comme si j’étais
venu déjà
là
les chiens vont toujours au chenil
des odeurs rances
libertés égorgées
pas de crabes
sournois sur les coursives
et pas peureux sur les non-dits
carrés
Infects camemberts où s’agacent
les mouches d’air putrifié
qui dansent aux
bruits des voix qui
elles
hurlent
la douleur et les ordres
bourdons de radio et de silences vaincus
d’autobus au dehors
sur le faubourg ancien
coule le Clain
à des siècles de là
à trois nuages bleus
dans la lumière
striée d'ombres parallèles
et enfin post coma
des gestes de survie
l’autre enfermement là-bas
celui des autres
tout droit
il tourne en rond
l’espoir derrière les murs
cicatrices cousues
cicatrices quand même
et les rues qui défilent
les passants qui s’faufilent
entre la peur d’crever
et l'angoisse de vivre
les gardiens sont dehors
les gardiens sont dehors
ils sont dehors
et
gueulent
gueulent
ils gueulent
de plus en plus fort
et de plus en plus loin
rouges
comme le sang qu'on pissait
sur des tinettes immondes
ils gueulent
dans le vide sans fond
d'un océan où baigne
à perdre pied
l'absurdité des solitudes
et j'ai ma tête de soixante ans
bientôt
inscrite au firmament
enfin je te connais
homme sans loi ni foi
mon frère
08:30 Publié dans Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature
mardi, 20 mai 2008
Sans la musique, la vie serait une erreur - Nietzsche
J'aime vraiment le jeu de Gary Moore.
Sa façon un peu inquiète de se retourner vers les musiciens, de lever le doigt juste avant d'entamer le solo et aussi, époustouflant, la dextérité du phrasé quand il revient au micro. Les doigts à la vitesse de la lumière.
Et puis, écoutez vraiment jusqu'au bout : L'impro, abandon du thème principal, du moins son prolongement en sauts de gammes...L'artiste emporté par son art. Osmose . La guitare comme organe et protubérance visible de l'émotion du langage.
Un grand.
J'aime vraiment et je mets ça en littérature, n'en déplaise aux puristes, (la pureté étant souvent l'arbre cache-sexe d'une forêt de médiocrité) parce que cette sensation d'une totalité, d'un bonheur fugace, elle submerge aussi et parfois l'écrivain.
Quand ça veut rire.
10:31 Publié dans Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : littérature
mercredi, 16 avril 2008
Le roi boiteux (*)
C'était au pied gauche , je pense, il boitait à faire pitié.
Les courtisans, espèce adroite, s'appliquèrent à l'imiter,
Et qui de gauche, qui de droite, ils apprirent tous à boiter.
On vit bientôt le bénéfice que cette mode rapportait,
Et, de l'antichambre à l'office, tout le monde, boitait, boitait.
Un jour, un seigneur de province, oubliant son nouveau métier,
Vint à passer devant le prince, ferme et droit comme un peuplier.
Tout le monde se mit à rire, excepté le roi, qui tout bas,
Murmura:«Monsieur, qu'est-ce à dire ? je vois que vous ne boitez pas.»
«Sir, quelle erreur est la vôtre ! je suis criblé de cors, voyez:
Si je marche plus droit qu'un autre, c'est que je boite des deux pieds.
10:59 Publié dans Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature


