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26.07.2014

Les bonnes blagues de l'été

marianne.jpgLes Députés de la république de France ont le sens très aigu de la famille et, comme leur mandat suinte l’argent frais, ils invitent à l‘envi qui sa femme, qui sa maîtresse, qui sa belle-sœur, qui son frère à venir s’asseoir à la table de ce couillon de contribuable.
Mais ils ne sont pas pour autant de vils profiteurs. Non, non… Vous en voulez la preuve ? La voici :
« Impossible pour un député de rémunérer son conjoint plus de 4 752 euros par mois… »
(Ceci dit avec tout le sérieux propre au ridicule qui ne tue pas…)
Ah, vous voyez ? Ça vous en bouche un coin, ça !
Près de 5000 euros par mois, qu’est-ce que c’est, hein ? Une broutille ! Vous en connaissez, vous, beaucoup de couillons capables de se lever tous les matins et d’aller au charbon pour 4 700 euros ? Hein ?

Et puis, il y a de la philosophie là-dedans. Une bonne vieille  philosophie de l’amour alliée au sens des responsabilités.
Tenez, écoutez ça. C'est un parlementaire qui a embauché sa bonne  femme :

"Travailler ensemble, ça permet de comprendre, de partager, de s'épauler."
Le parlementaire estime donc que collaborer avec sa conjointe est bon pour son "équilibre de vie" et donc, in fine, pour ses électeurs : "Quand on est bien dans sa peau, on fait mieux son boulot.»
Tu vois, citoyen emmerdant, vil pointilleux ! C’est pour ton bien que ton député embauche sa femme et, outre ses indemnités, ses remboursements de frais, ses ceci, ses cela, glisse subrepticement  5000 euros par mois dans la tirelire familiale.
Tu ne vas tout de même pas reprocher à ton député de se créer une situation familiale paisible pour qu’il ait toute sa tête à défendre tes intérêts ?
Non mais ! Ingrat !

 Et puis, il y a les gros dialecticiens. Par exemple, celui qui préside cette assemblée de malfaiteurs de députés dit :
« Moi j’ai pas embauché ma femme, j’ai épousé ma collaboratrice.»
Et  vlan ! Dans les dents du manant!

Il y a aussi les intellectuels, les poètes, qui, penchés sur leurs brouillons se sortent les tripes du ventre pour laisser au monde, à l’histoire, un témoignage, une vision. Et tout ça pour quoi, hein ?
Pour des queues de cerises ! La preuve encore :
« Bruno Le Maire affirme avoir touché 80 000 euros pour la publication de Jours de pouvoir, en 2013. Patrick Balkany annonce, lui, un total de 14 250 euros pour Une autre vérité, la mienne. »
Putain ! Moi qui sais ce que c’est que d’écrire et qui pourtant aime ça, hé ben, ça ne m’emballerait pas d’avoir des sommes pareilles à toucher pour mes droits ! Non !
Ces deux-là ont dû tomber sur un éditeur escroc.

Les pauvres ! De vrais curés, de vrais missionnaires !
Et ils ont tous raison, ces gars-là. Tous. Pas un n’est dans l’erreur.
Et tu sais pourquoi, citoyen ?
Non ? Tu ne sais pas ?
Parce que tu es un abruti !
Une sous-merde !

11:01 Publié dans Critique et contestation | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : écriture, politique |  Facebook | Bertrand REDONNET

Commentaires

Et quand on pense que certains des grands poètes vénérés par la France, hommage, commémoration et tout le saint bataclan de la bienpensance littéro-visqueuse, sont morts misérables comme Verlaine, dans un bordel à quatre sous entouré de sa maquerelle de compagne, Rimbaud qui se fait bouffer par la gangrène à Marseille ou ce voleur de Villon (et bien d'autres)...Maintenant ce sont des boites com qui écrivent leurs torchons à l'humour branché ou à la tragédie convenue...Heureusement que des écrivains il en reste encore, dans les sous-bois, à l'ombre de la solitude et de l'écart.
Misère des hommes sans lettres...Plutôt être analphabète que de lire dans ces vomissures...

Écrit par : Cléanthe | 26.07.2014

Euh... pour Verlaine, y'avait un peu plus de monde près de lui et le 39 de la rue Descartes n'était pas plus un bousbir qu'une demeure de bourgeois. Mis à part cela, nous sommes de toute façon d'accord...

Écrit par : Le Tenancier | 27.07.2014

Vous avez raison, la maison de la rue Descartes n'est pas un bordel -)). C'était juste un logis misérable et sa dernière compagne, Eugénie, une vraie tigresse mais pas une maquerelle (je crois néanmoins qu'il en a fréquenté quelques-unes). J'avais ça dans l'idée, vu qu'il fréquentait le monde des "infâme" et c'est vrai qu'il était reconnu par le petit cénacle des poètes comme Rimbaud d'ailleurs. Merci de me l'avoir signalé. Il n'est pas nécessaire de dire toujours des choses fausses. Tiens une anecdote citée par Rémy de Gourmont, mais peut-être la connaissez-vous. Alors je cite :

"Dans la nuit qui suivit ses funérailles, le bras de la statue de la Poésie qui décore le faîte de l'Opéra, se détacha en même temps que la lyre qu'il soutenait, et vint tomber sur le sol, à l'endroit même où avait passé, dans une apothéose, la dépouille mortelle de Paul Verlaine. Les journaux relatèrent cet accident dans la colonne des faits-divers, mais les dévots du poète virent là comme un symbole."

Écrit par : Cléanthe | 27.07.2014

Je connaissais l'anecdote mas contée par F.A. Cazals et Gustave Le Rouge dans Les derniers jours de Paul Verlaine (1923) et je ne serais pas étonné que Gourmont se réfère à ce livre qui constitue encore un témoignage essentiel sur les derniers jours du poète.
Du coup, tenez, je suis en train de recopier un bout du livre pour bientôt le mettre dans mon blogue, dans quelques temps...

Écrit par : Le Tenancier | 27.07.2014

Mais où etes-vous donc passé, cher Bertrand ? L'Europe s'enflamme, Israel rugit, l'ogre russe gronde, et on ne vous entend plus ?

Écrit par : solko | 31.07.2014

Et le bistrotier chez lequel avait coutume de venir boire Verlaine de s'exclamer en voyant accourir derrière le cercueil ministres et autres personnalités : "Tout ce beau monde pour un poivrot !"

C'est gentil, cher Solko, de vous inquiéter de mon silence...Cependant, quoi dire de votre éloquent interlude ?
Peut-être en sommes-nous au même degré de consternation !

Écrit par : Bertrand | 01.08.2014

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