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  <title>L'EXIL DES MOTS</title>
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  <subtitle>Le sage sait trop que l'opprimé qui se plaint aspire à devenir oppresseur. - Han Ryner -</subtitle>
  <updated>2012-05-17T18:29:24+02:00</updated>
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
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      <title>J'ai eu l'temps</title>
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      <updated>2012-05-17T13:04:14+02:00</updated>
      <published>2012-05-17T13:04:14+02:00</published>
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              <summary>   Le temps. Celui qui coule sur notre temps, sous nos pieds, sur nos...</summary>
      <content type="html" xml:base="http://lexildesmots.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: medium; font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3585336&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/01/00/2096754203.JPG&quot; alt=&quot;4765812_low.JPG&quot; width=&quot;238&quot; height=&quot;191&quot; /&gt;Le temps.&lt;br /&gt;Celui qui coule sur notre temps, sous nos pieds, sur nos sentiments, sur nos pages, sur nos blogs.&lt;br /&gt;Autant dire sur nos soliloques.&lt;br /&gt;De quelle nature faut-il l’habiller, ce temps&amp;nbsp;? Matérielle&amp;nbsp;? Immatérielle&amp;nbsp;? Réelle ? Fictive ? Est-il à nous ou n’est-il qu’une parallèle qui nous accompagne&amp;nbsp;? Une parallèle douée d’un mouvement&amp;nbsp; autonome.&lt;br /&gt;Il est les deux sans doute. Il y a le tic tac de la pendule, les levers et les couchers du soleil et chacun d’eux est un grain de sable qui chute dans le sablier. Il s’écoule, tel s’écoule l’eau de la rivière, de la roche première à l’Océan béant. Il est notre cheval de randonnée et l’ennui consiste souvent à descendre du cheval pour le regarder trottiner seul. Qui va au but. Sans vous mais quand même &lt;em&gt;en même temps&lt;/em&gt; que vous.&lt;br /&gt;Il faut enfourcher le temps. Tirer sur les rênes selon notre choix, aller à hue ou à dia, marcher, trotter ou galoper, choisir les paysages traversés.&lt;br /&gt;C’est simple et le temps, le sablier, ne seront vaincus qu’à ce rythme. C’est simple mais très difficile à réaliser cependant.&lt;br /&gt;Combien sommes-nous qui chevauchons direction l’horizon sans maîtriser la course du cheval&amp;nbsp;? Une haridelle qui n’en fait qu’à sa tête ! Qui va plus vite qu’on aimerait ou qui lambine. C’est ce qu’il nous semble. L’haridelle marche pourtant d’un pas absolument régulier.&lt;br /&gt;On devrait apprendre aux hommes, d’abord, à chevaucher le temps. A ne pas jouer la montre.&lt;br /&gt;A ne jouer dans leur tête que la fatalité d’un voyage.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: medium; font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;Je lisais - on me traduisait plus exactement - il y a quelque temps, un texte des plus sérieux qui disait que les vieillards, ceux pour qui le cheval a déjà longuement marché et qui, à l’approche de l’écurie promise, presse soudain le pas, ne vivaient pas tous le temps de la même façon, selon qu’ils soient des vieillards maussades, apathiques, recroquevillés au coin des feux ou selon qu’ils soient des vieillards débordant d’activités, débridés, amoureux, entreprenants, ces derniers conduisant leur monture et les autres la regardant s’enfuir toute seule. Vers la fin du temps.&lt;br /&gt;Contrairement à ce qui vient directement à l’esprit et à ce que je pensais jusqu’alors, ce sont pour ceux qui sont actifs, les randonneurs émérites, les fougueux, que passe plus lentement le temps. Parce que ce temps est habité, truffé de points de repère et fourmillant de souvenirs, chaque jour un nouveau préparé pour le lendemain, alors que les contemplatifs, les assis, les cacochymes, trouvent que le temps défile devant leurs yeux à une vitesse folle, parce que leur temps est toujours le même, sans pic ni chute, qu’il est uniforme, qu'il n'a pas de mémoire qui vaille la peine d’être utilisée, de le personnifier, semblable d’un bout à l’autre d’une année et que, finalement, son inutilité est ressentie comme un vide vertigineux, qui roule à une vitesse également vertigineuse, à cause du vide, justement. Comme une pierre jetée dans un trou profond et qui, par le poids contrarié de son inertie naturelle, prend de la vitesse sans jamais dévier d'un but qu'elle ne poursuit même pas, mais qui s'impose à elle.&lt;br /&gt;Pour ceux-là, le temps est en distorsion : les journées sont affreusement longues et les années désespérément courtes.&lt;br /&gt;Etonnant. Remise en cause fondamentale des poncifs tels que &lt;em&gt;tuer le temps&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;s’occuper pour ne pas voir le temps passer&lt;/em&gt;. Dérision. Il passera de toute façon. Il est sablier et tout sablier contient en lui un dernier grain de sable.&lt;br /&gt;Vivre pleinement, donc, c’est ralentir la course du temps. Le faire s'éterniser dans la multiplicité des expériences. Pour qu’il perde son latin à s'y retrouver.&lt;br /&gt;Le vivre en temps morts, c’est, au contraire, l'accélérer. Ce que personne ne voudrait, à commencer par les amoureux de la vie et leur horreur de ces temps morts. Ne pas s'ennuyer devient un oxymore : &lt;em&gt;c'est trouver le temps long&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;Mais la parallèle autonome avec ses tics tacs et ses levers et ses couchers de soleil ne se souciera pas de vos façons de faire, alertes ou passives.&lt;br /&gt;Il s’agit donc de créer une illusion.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;Vaincue par l'éphémère frappé au front de sa naissance, la vie serait donc la sagesse de vivre en trompe-l’œil&amp;nbsp;: car plus on navigue vite et plus tard il semble qu'on atteigne aux derniers rivages.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
        <uri>http://lexildesmots.hautetfort.com/about.html</uri>
      </author>
      <title>Politique et idéologie</title>
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      <updated>2012-05-16T10:49:11+02:00</updated>
      <published>2012-05-16T10:49:11+02:00</published>
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              <summary>  - Quand la fantaisie m'en prend, je ne cherche pas à démonter les...</summary>
      <content type="html" xml:base="http://lexildesmots.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;- Quand la fantaisie m'en prend, je ne cherche pas à démonter les mécanismes et buts d'un système pour le plaisir intellectuel de démonter ou parce que j'aurais une certaine idée morale de ce qui est bien et de ce qui ne l'est pas. C’est beaucoup plus simple, moins méritoire et plus ambitieux.&lt;br /&gt;Je cherche à dénoncer, pour ma gouverne seule,&amp;nbsp; et en tant qu'acteur-témoin de cette époque, en quoi les multiples ramifications de ces mécanismes et de ces buts, sont des obstacles à vivre pleinement ma vie, telle de plaisir que j'estime qu'elle vaille la peine d'être vécue.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;- Je ne me plais pas &lt;em&gt;pleinement&lt;/em&gt; dans un monde construit sur le modèle économique. Cette seule raison suffit à me prouver qu'il est mauvais.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;- Il ne s'agit pas pour nous-autres d'énoncer des choses nouvelles, d'annoncer une nouvelle théorie qui éclairerait la vie d'une lumière jusque là inconnue.&lt;br /&gt;Il s'agit d'administrer un rappel obstiné contre l'aliénation, de faire savoir, ne serait-ce qu'en murmure, que nous sommes encore quelques-uns à ne pas être dupes et à ne pas vouloir mourir de notre défaite.&lt;br /&gt;Il s'agit de dire encore et encore, après des milliers d'autres hommes, que la fumisterie ambiante est essentiellement caduque et non, comme voudraient le laisser bêtement croire tous les tenants du pouvoir et tous ses aspirants, &lt;em&gt;l'histoire achevée&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;A ce titre, nous n'avons ni adversaires ni amis préconçus. Nous n'avons que faire des soi-disant classes sociales. Car nous savons pertinemment qu'il y a partout des charognes et partout des hommes et des femmes préoccupés de l'intégralité de l'existence.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;- L'Europe est une idée qui s'est imposée au capital financier de même que l'abolition des anciennes provinces de la royauté s'était imposée aux intérêts de plus en plus exigeants de la bourgeoisie révolutionnaire.&lt;br /&gt;Je ne perçois donc dans tout ça aucune grandeur de vue dont puissent se targuer les hommes : est-ce que le berger conduit son troupeau dans un pacage plus dru et plus vaste pour faire plaisir aux brebis ou pour qu'elles lui soient d'un meilleur rapport ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;- L'idéologie est ce prisme déformant qui appréhende le réel de telle sorte qu'il puisse apparaître comme la preuve &lt;em&gt;a priori&lt;/em&gt; du bien fondé de sa propre existence. Pour ce faire, le prisme s'évertue à remplacer la vie par l'abstraction de la vie, à inverser tour à tour les causes et les conséquences, à maquiller les postulats en conclusions, bref à changer le magma en fumée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;- Le fondement de toute idéologie est la poursuite d'objectifs, clairement énoncés ou non-dits.&lt;br /&gt;Ces objectifs une fois atteints, l'idéologie continue de bénéficier pour un temps de l'élan qui l'a portée jusque là. Elle atteint ainsi le point extrême de surbrillance au-delà duquel elle ne peut plus faire illusion.&lt;br /&gt;Ce après quoi elle s'écroule d'elle-même sous les effets dévastateurs de son propre triomphe.&lt;br /&gt;Si elle n'est auparavant clairement dénoncée et combattue, l'idéologie n'avoue donc son caractère fallacieux que dans sa réalisation.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;- Le mot &lt;em&gt;peuple&lt;/em&gt; est un mot en mouvement, un concept de l'irruption.&lt;br /&gt;Il désigne des gens lassés des conditions faites à leur existence, de quelque horizon social qu'ils viennent et à quelque strate de la hiérarchie qu’ils appartiennent. Des gens qui prennent d'assaut les palais du mensonge, par les armes et par la voix, renversent les statues, brisent les interdits, voire coupent des têtes, parce qu'ils exigent que leur soit restituée &lt;em&gt;la&lt;/em&gt; &lt;em&gt;poétique&lt;/em&gt; initiale de leur vie.&lt;br /&gt;En période de révolte, le mot &lt;em&gt;peuple&lt;/em&gt; désigne l'instigateur et l'acteur de la mutinerie sociale.&lt;br /&gt;En période de &lt;em&gt;modus vivendi&lt;/em&gt;, il ne signifie qu'un terreau vague, un tas de fumier sur lequel guignent les politiques pour y ensemencer à bon compte et dans l'endormissement général les graines de leurs prétentions au pouvoir.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;- Au stade où nous en sommes du brouillage des cartes dans la conduite de nos vies, l'inversion est quasiment consumée entre le superflu et le nécessaire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;- &lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;Les grands bouleversements sociaux sont &lt;em&gt;intuitifs.&lt;/em&gt; Leur pérennité, tout comme leur caducité, est &lt;em&gt;discursive&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;- Mai 68 : la honte d'exister soudain transformée en fierté de vivre.&lt;br /&gt;Le reste est verre d'eau dans lequel se noie l'affrontement discursif d'idéologies diverses.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;- Le mensonge est bien sûr la vérité falsifiée, mais pas seulement.&lt;br /&gt;L'évolution du pouvoir spectaculaire l'a conduit du subtil non-dit au mensonge délibéré, puis du mensonge délibéré à l'affabulation pure et simple.&lt;br /&gt;Le spectacle est aujourd’hui ce mensonge parvenu à son point de non-retour, difficilement identifiable d'un seul regard, et qui ne peut plus évoluer que par la fuite en avant, jusqu'à ressembler à de la vérité.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;- L'image, telle que critiquée par Debord et les situationnistes, atteint les dimensions de sa plénitude dans le discours officiel du pouvoir comme dans celui de tous ses complices, aspirants ou contemplatifs intéressés. On peut dorénavant assener des contre-vérités accablantes, des aberrations grotesques, des contresens ridicules à la barbe du monde entier et ne risquer pour autant qu'un petit murmure éphémère et indigné des chaumières.&lt;br /&gt;Le spectacle à ce très haut degré d'insolence suppose que le mensonge soit &lt;em&gt;tacitement&lt;/em&gt; admis de tous, nécessaires à tous, dirigeants et dirigés, comme règle du vaste jeu de l'inversion du réel et comme projet commun d'une disparition de la vie au profit de sa représentation.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;- Je ne compte pas assez de doigts aux mains, quand bien même les affublerais-je de mes orteils, pour dire le nombre de courtisans, d'imbéciles, de staliniens repentis, voire d’idéologues de la vieille droite, que j'ai pu croiser et qui, sans vergogne, faisaient l'éloge de la &lt;em&gt;Société du spectacle&lt;/em&gt; ou du &lt;em&gt;Traité de savoir-vivre&lt;/em&gt;, allant même jusqu'à se réclamer de la justesse de leur analyse.&lt;br /&gt;Comme quoi la grenade situationniste est bel et bien et définitivement dégoupillée.&lt;br /&gt;Comme quoi aussi la justesse d’une théorie devrait toujours être tue, tant elle éclaire le chemin de ses adversaires.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;- Un politique qui serait pris de la fantaisie soudaine de ne pas mentir se retrouverait exactement dans la situation du coureur du Tour de France qui refuserait les intraveineuses. Peinant dans l'ascension, relégué en queue de peloton, zigzaguant lamentablement puis finalement contraint à l'abandon en dépit des encouragements &lt;em&gt;pour la forme&lt;/em&gt; de deux ou trois excités Kronenbourg.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;- Depuis Nietzsche et dieu, Les surréalistes et l'art, les situationnistes et le vieux monde, les numéristes et le livre traditionnel, je me méfie comme de la peste de ceux qui dissèquent prématurément les cadavres !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;- La coexistence pacifique entre la planète, comme lieu de résidence des hommes, et l'idéologie du bonheur économique est absolument incompatible.&lt;br /&gt;La lutte est permanente et ne peut s'achever que par la mise à mort de l'une des deux combattantes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- &lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;&lt;em&gt;Le développement durable&lt;/em&gt; est un lapin exhibé de leur chapeau par les escamoteurs du capital en guise de &lt;em&gt;modus vivendi&lt;/em&gt; capable de distraire l'attention et pour tâcher de camoufler un temps les douleurs de plus en plus stridentes de la contradiction.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le développement du râble&lt;/em&gt; est un langage qui devrait être réservé aux éleveurs de lapins.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;- Ce qu'on appelle écologie n'est que - mais c'est énorme - le reflet idéologico-politique, récupéré et réducteur, d'une exigence première : l'occupation humaine de la planète.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;- La mondialisation, concept savamment flou pour le contribuable et pratique quotidienne du banquier, désigne en fait dans ses dernières extrémités, le jardin indispensable à l'âge triomphal du capital.&lt;br /&gt;Cette ultime mainmise sur la planète pourrait s'avérer être le point de basculement, tout comme chez Clausewitz l'effort consenti par le conquérant lors de l'offensive à son point culminant, conduit à l'épuisement de ses forces-ressources, bientôt à son effondrement.&lt;br /&gt;La survie d'un conquérant est cependant toujours fonction de ses nouvelles conquêtes, comme la sauvegarde d'un mensonge est toujours au prix d'un nouveau mensonge.&lt;br /&gt;Les diverses tentatives de conquête de l'espace peuvent être lues comme la recherche de nouvelles richesses à extorquer au cosmos, de nouvelles poubelles à exploiter, voire d'intelligences à asservir.&lt;br /&gt;En un mot comme en cent, comme le projet d'un recul encore plus lointain des clôtures de l’idéologie d'un bonheur tributaire du seul économique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
        <uri>http://lexildesmots.hautetfort.com/about.html</uri>
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      <title>Portrait peu reluisant d'un blogueur qui voulait reluire</title>
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            <id>tag:lexildesmots.hautetfort.com,2012-05-15:4716917</id>
      <updated>2012-05-15T14:53:09+02:00</updated>
      <published>2012-05-15T14:49:00+02:00</published>
                            <category term="littérature" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />
              <summary>   Longtemps camouflé derrière le prisme déformant&amp;nbsp; de la littérature -...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: medium; font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3583193&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/01/02/2688305680.jpg&quot; alt=&quot;1267166271.jpg&quot; width=&quot;315&quot; height=&quot;211&quot; /&gt;Longtemps camouflé derrière le prisme déformant&amp;nbsp; de la littérature - celle d’avant guerre de préférence - ce nostalgique d'années qu'il n'a jamais vécues, a laissé la bile envahir ses entrailles douloureuses.&lt;br /&gt;Sa plume, pour laquelle on avait quelque respect parce qu’elle était habile et qu'on ne la croyait tout de même pas trempée dans le curare jusqu’à ce point là, ne se nourrit plus qu’aux égouts des instincts les plus veules. Depuis près de six mois, le pauvre bougre agonise, il a la fièvre, il s’agite, il se retourne sur sa couche, il délire, il éructe, il hallucine, et le fiel, trop longtemps retenu par la bienséance, dégouline désormais sur son blog, lequel a pris l’odeur d’une poubelle, où s’entassent pêle-mêle tous les déchets de la pensée falsifiée.&lt;br /&gt;Au début, on se prenait au jeu.&lt;br /&gt; Il avait été un de nos amis du net. Il avait été un de nos amis parce que sa différence, sa mélancolie, son savoir-écrire aussi, apparaissaient appartenir à un révolté de l'intérieur, authentique, contre toutes les formes de mascarade du pouvoir, à gauche, au centre, à droite et à l’écart… Puis, la foule de ses thuriféraires dociles venant vomir ses commentaires nauséabonds, puérils, malsains - avec son aval patelin - on a préféré laisser tout ce joli monde à ses fantasmes et à ses haines.&lt;br /&gt;Les fantasmes et les haines, finalement, de la droite la plus stéréotypée, en dépit, bien évidemment, des dénégations sans queue ni tête du pauvre blogueur&amp;nbsp;; pauvre au point de ne même pas reconnaître l’idéologie qui lui empoisonne la cervelle.&lt;br /&gt;Ce petit professeur atrabilaire, qui jusqu’alors citait la &lt;em&gt;Société du spectacle&lt;/em&gt; à tour de bras (livre auquel, à l’évidence, il n’a pas compris la moindre phrase), société du spectacle dont il affirmait qu’il était bien &lt;em&gt;en dehors&lt;/em&gt;, a perdu tous ses moyens et, du même coup, son masque d’histrion s’est fissuré jusqu’à lui tomber sur les pieds. &lt;br /&gt;Et tout ça simplement parce que le social-démocrate Hollande s’est fait élire Président&amp;nbsp;de la République !&lt;br /&gt;En voilà bien une affaire&amp;nbsp;! Et en voilà une déconvenue pour un soi-disant misanthrope, un &lt;em&gt;en dehors,&lt;/em&gt; un engagé de la solitude &lt;em&gt;ex cathedra&amp;nbsp;&lt;/em&gt; !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: medium; font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;Tout ce qu’il a pu écrire, du moins ce que j'ai pu lire sur son blog depuis 4 ans, est tombé en une misérable poussière. En pluie de merde, plutôt. A la faveur du non-évènement d’une élection présidentielle, le pauvre type aux abois s’est avéré n’être qu’un vulgaire réactionnaire, sans doute pas heureux en amour, un paumé, une espèce de séducteur en bras de chemise, désespéré de voir se dessiner à l’horizon l’aube de la soixantaine, la queue pendante, le regard morne de n’avoir jamais rien réussi de tangible au cours de son douloureux voyage, sinon, peut-être, une intégration besogneuse dans l’éducation nationale&amp;nbsp;!&lt;br /&gt; Sa dernière trouvaille, me dit-on : Hollande n’est pas marié&amp;nbsp;! Et sa compagne, la salope, a divorcé plusieurs fois !&lt;br /&gt;La calotte pointe le bout de son nez, le catholique chafouin reprend le dessus, ne se contrôle plus, devient pitoyable d’agitation mesquine. Si on y attachait quelque importance et qu’on aurait encore un peu de sympathie pour cette âme en perdition, on aurait envie d’appeler un vétérinaire. Vite&amp;nbsp;! Une saignée&amp;nbsp;salvatrice&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: medium; font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;Ça vole haut et clair dans la sphère des idées, du côté des malades mentaux&amp;nbsp;de l’acrimonie ! Son copain, sur un&amp;nbsp; autre blog, un prof aussi bien sûr, s’en prend au fils du social-démocrate et à sa barbe de trois jours… A la télévision. Mais qu'est-ce qu'il foutait devant la télé celui-là, à une heure où ils étaient déjà des millions devant la susdite télé ? On dirait un muscadin qui, sous l'empire d'une incontrôlable pulsion, n'a pu s'empêcher de soulever le couvercle d'un pot de chambre et s'est offusqué d'y apercevoir un étron !&lt;br /&gt;On a envie d’éclater de rire.&lt;br /&gt;Quelle honte&amp;nbsp;! Et quel aveu encore flagrant du virtuel mensonger, trompeur, abusif, sans teneur humaine aucune, avec lequel se tissent les affinités internet&amp;nbsp;! C’est vraiment de la merde en barres, de celle qui pue. Du pur spectacle, sudation de la misère&amp;nbsp;!&lt;br /&gt;Et comme je suis un homme heureux de ne pas ressembler, au fond de mon cœur, dans ce que j’aime, dans ce qui me révolte, dans ce que j’espère de la vie, à toute cette fripouille maquillée en fins intellectuels !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: medium; font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;L’aube ce matin était bien sereine au-dessus du Bug&amp;nbsp;! Quatre heures, et l'étoile incandescente qui déjà effleurait le toit de ma voisine, la mémé. Comme tout cela m'a semblé beau, avec ou sans Hollande trottinant sur le tapis rouge des institutions de mon pays !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;L'image est de Philip Seelen&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
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      <title>L'éternel politique</title>
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      <updated>2012-05-14T10:55:18+02:00</updated>
      <published>2012-05-14T10:33:00+02:00</published>
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              <summary>  C'en est presque amusant. On peut depuis belle lurette interchanger...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;C'en est presque amusant.&lt;br /&gt;On peut depuis belle lurette interchanger n'importe quel discours, de n'importe quel homme, de n'importe quelle époque, dans n'importe quelle situation, et n'en pas moins demeurer&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; d'une désarmante actualité.&lt;br /&gt;Comme quoi les misérables blogueurs-onanistes-plumitifs, vautrés sur leur canapé du dimanche soir, abreuvés d'une télévision qu'ils font mine d'exécrer pour faire les intelligents qui ne s'en laissent pas compter - au lieu de, comme moi, ne pas&amp;nbsp; avoir de télévision du tout - ont dans le cerveau un cadavre. Toujours le même.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3581481&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/00/00/3858619172.jpeg&quot; alt=&quot;littérature&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;396&quot; /&gt;&quot; C’est un discours édifiant que prononce sur les ondes, le 21 août 1938, Edouard Daladier, notre bon président du Conseil&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;En face d’Etats autoritaires qui s’équipent et qui s’arment sans aucune considération de la durée du travail, à côté d’Etats démocratiques qui s’efforcent de retrouver leur prospérité et d’assurer leur sécurité et qui ont adopté la semaine des 48 heures, la France, plus appauvrie en même temps que plus menacée, s’attardera-t-elle à des controverses qui risquent de compromette son avenir&amp;nbsp;? Tant que la situation internationale demeurera aussi délicate, il faut qu’on puisse travailler plus &amp;nbsp;de 40 heures, et jusqu’à 48 heures dans les entreprises qui intéressent la défense nationale.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;En lisant la retranscription de son discours, je me suis dit que, décidément, remettre la France au travail était un fantasme éternel de la droite française. J’étais scandalisé que les élites réactionnaires, prenant si peu la mesure de la situation, ne songent qu’à utiliser la crise des Sudètes pour régler leurs comptes avec le Front populaire. Il faut dire qu’en 1938, dans la presse bourgeoise, les éditorialistes stigmatisaient sans vergogne les travailleurs qui ne pensaient qu’à profiter de leurs petits congés payés.&lt;br /&gt;Mais mon père m’a opportunément rappelé que Daladier était un radical-socialiste, en conséquence de quoi il vait dû participer au Front populaire. Je viens de vérifier et en effet, c’est stupéfiant&amp;nbsp;: Daladier était ministre de la Défense nationale dans le gouvernement de Léon Blum&amp;nbsp;! J’en ai le souffle coupé. C’est à peine si je parviens à récapituler&amp;nbsp;: Daladier, ancien ministre de la défense nationale du Front populaire, invoque des questions de défense nationale, non pas pour empêcher Hitler de démembrer la Tchécoslovaquie, mais pour revenir sur la semaine de 40 heures, c’est-à-dire justement l’un des acquis du Front populaire. A ce degré de bêtise politique, la trahison devient presque une œuvre d’art.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot; align=&quot;right&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: small; color: #000000;&quot;&gt;&lt;em&gt;Laurent Binet -&amp;nbsp; HHhH - Le livre de poche - Octobre 2011 - Pages 101 et 102.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
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      <title>Controverse autour d'un livre putatif</title>
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      <updated>2012-05-14T12:58:28+02:00</updated>
      <published>2012-05-13T08:00:00+02:00</published>
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              <summary>        Un hiver, peut-être celui de mes quatorze ou quinze ans, je ne sais...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3577622&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/02/02/2591835390.jpg&quot; alt=&quot;littérature&quot; width=&quot;353&quot; height=&quot;252&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;Un hiver, peut-être celui de mes quatorze ou quinze ans, je ne sais plus, je m'étais attelé à la rédaction d'un vrai roman.&lt;br /&gt; J'avais d'abord et longtemps guerroyé avant obtenir le privilège, sous couvert de travaux scolaires énormes à rendre pour la rentrée de Noël, de m'enfermer dans la chambre, zone absolument interdite autrement que pour y aller dormir.&lt;br /&gt; Personne ne viendrait vérifier mes productions cérébrales même si ma mère s'assurait parfois, en entrebâillant légèrement la porte, s'il n'y avait pas là-dessous quelque sournoise et inavouable occupation. Elle me trouvait complètement absorbé par mon cahier d'écriture et cela suffisait amplement à la convaincre que je me consacrais bien à des élucubrations intellectuelles qui réclamaient réflexion solitaire.&lt;br /&gt; Je n'apparaissais que pour les repas.&lt;br /&gt; Réquisitionnés au dehors sur divers travaux, réparation du toit aux poules, sciage et fendage des bûches, jardinage ou rafistolage de clôtures, mes frères maugréaient de désobligeantes observations, du style pas besoin de te laver les mains pour te mettre à table, tu ne les salis pas beaucoup. Des conciliabules et des disputes sur le fondement et l'origine des inégalités parmi nous s'ensuivaient, que je concluais en me dédouanant, bêtement, de toute responsabilité quant à leur peu de goût pour la lecture et&amp;nbsp; l'écriture. La querelle tournait alors au vinaigre et sans l'entremise du corps diplomatique, serait allée jusqu'au conflit ouvert. Ma mère calmait donc les esprits en louant le travail manuel, la noblesse de l'ouvrier bâtisseur face à la médiocrité des fainéants de la politique et des bureaux, ce dernier amalgame allant de pair avec des études, des livres et des écrits. Bref, du papier.&lt;br /&gt; Entre deux pommes de terre chaudes, les ouvriers retroussaient alors leurs manches, pavoisaient comme des pigeons juste après l'accouplement et se mettaient en devoir de décrire minutieusement l'avancée de leur chantier respectif.&lt;br /&gt; Cette partie là étant pacifiée, la diplomatie concédait à l'autre qu'il fallait aussi des &lt;em&gt;gens honnêtes,&lt;/em&gt; en appuyant bien sur le mot et en me fusillant du regard, &lt;em&gt;des gens honnêtes&lt;/em&gt; du peuple qui étudient convenablement et qui aident bien les ouvriers à lire toutes les choses qu'on leur donnait à signer sans qu'ils les comprissent et aussi qu'ils les épaulent pour calculer les sous que les employeurs leur volaient.&lt;br /&gt; Si j'ai bien retenu la leçon, les intellectuels honnêtes devaient aider les ouvriers à compter les sous qu'ils n'avaient pas. Ma mère était vraiment une visionnaire. À la lumière de ce précepte maternel, je n'ai rencontré dans ma vie que des intellectuels honnêtes, certains s'affligeant de l'ampleur de ce que le peuple n'aurait jamais et les autres s'en réjouissant, mais tous avec un petit ventre ventre replet.&lt;br /&gt; Les ouvriers en herbe se tournaient vers moi, affables. Il régnait soudain autour du repas l'harmonie d'un monde solidaire et réconcilié. Ma mère concluait quand même qu'il fallait que je donne un coup de main à l'empilage&amp;nbsp; du bois scié, quand j'en aurai fini avec ma paperasserie, peut-être histoire que je ne perde pas trop de vue le monde du vrai travail ; une sorte de stage, quoi.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Installé juste devant la fenêtre de la chambre, j'avais sous les yeux la cour humide et des oiseaux silencieux, les arbres nus et la lisière des premiers bois, loin devant moi, sur l'horizon d'une prairie. Mon plaisir, plus grand peut-être que celui même d'écrire, c'était que j'avais le confort et le statut d'un écrivain retiré du monde, solitaire, uniquement préoccupé de son travail d'écrivain. Je ciselais des phrases et m'aventurais à taquiner le passé conditionnel deuxième forme. Mon cahier se remplissait. Chaque fois que je tournais une page, j'exultais comme un architecte qui voit son monument, pierre après pierre, prendre de l'élégance et de la hauteur, sinon de l'équilibre. J'en étais bien à la vingtième feuille, dont au moins sept ou huit de nulles et non avenues parce que barbouillées, rayées, maculées, toutes marges surchargées de corrections elles-mêmes raturées, quand une&amp;nbsp; grande croix dépitée ne gommait pas le tout.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Au dîner cependant, les ouvriers, encore plus las après une nouvelle demi-journée maussade passée à enfoncer des pointes ou à manier une bêche, se faisaient oublieux des accords de paix conclus au déjeuner et étaient tout disposés au dîner à rouvrir les hostilités, cette fois-ci non seulement à l'encontre de mon oisiveté mais aussi entre eux.&lt;br /&gt; Ce soir-là, les revendications portaient sur une redistribution des rôles. On exigeait des charges qu'elles fussent interchangeables, on se bagarrait dans une cacophonie invraisemblable pour obtenir des mutations. Les haricots blancs et les boudins grillés fumaient dans les assiettes et ma mère écoutait sourdre&amp;nbsp; a rébellion des troupes, n'accordant à personne ni un regard, ni un mot, uniquement préoccupée de la dégustation de son plat.&lt;br /&gt; Les deux forçats affectés aux bûches étaient les plus virulents, se plaignant de tout, du poids, de la poussière, du manque de lumière au bûcher, des outils, une scie qui ne coupait pas bien et une hache dont le manche était dix fois trop long.&lt;br /&gt; Celui qui rénovait la clôture de la cour, faite de minces lames de bois pointues assemblées entre elles par de petits bouts de fils de fer à fagots, affirma que ses mains étaient blessées par ces petits bouts de fer agressifs et rouillés et à force de manier la pince. Il montrait ses paumes et faisait une grimace douloureuse. Il lui fallait une fonction où il n'aurait pas besoin de ses mains, autant dire un congé-maladie.&lt;br /&gt; Le raccommodeur du&amp;nbsp; toit aux poules se plaignait d'une seule voix avec celui affecté au toit à cochon de l'odeur et de la saleté. Ces deux là regroupés en un puissant syndicat ne demandaient pas. Ils exigeaient. Il n'y avait pas à négocier. Ils ne céderaient pas. Demain, ils feraient&amp;nbsp; autre chose ou alors rien, un point c'est tout. Le préavis de grève était clair. Ma mère leva la tête un instant et, tout en continuant de savourer un bout de boudin, les fixa un moment, prête à engager le bras de fer. Ils voulaient faire quoi ? Ils ne savaient pas mais il ne feraient pas cela. Chacun son tour d'être dans la merde, conclurent-ils, fort élégamment.&lt;br /&gt; Il n'y avait que l'aîné, préposé au jardin, qui ne se plaignait pas tout à fait comme les autres. Il montrait l'exemple de la résignation au devoir. Il soupirait bien que nom d'un chien, la terre était basse et qu'il faisait un froid de canard en plein vent d'ouest,&amp;nbsp; mais il acceptait. Il fallait que ça se fasse. Il en avait encore pour un bon petit bout de temps à tout mettre en ordre et personne, bien sûr, ne le ferait aussi bien que lui. Connaissant l'oiseau, je subodorai qu'il n'y avait là strictement rien à faire, en plein mois de décembre.&lt;br /&gt; Je lui proposai de l'aider et la véhémence avec laquelle il s'y opposa fut pour moi un aveu. Il ne voulait personne avec lui à tout esquinter et à patauger sur le guéret détrempé ! Il prit ma mère à témoin qui confirma : marcher sur le labour l'hiver compromettait les semailles de printemps, de grosses mottes dures et impraticables s'y formant. L'aîné replongea dans son assiette en hochant la tête, trempant de gros bouts de pain dans ses haricots, comme quelqu'un qui n'est plus concerné par le débat.&amp;nbsp; Il avait son poste et obtenu de le garder. Que les autres s'arrangent entre eux !&lt;br /&gt; Le jardin était à l'ouest, derrière la maison, bien à l'abri des regards. J'avais bien supputé : je sus que le fourbe enjambait la clôture et descendait sournoisement patauger dans la rivière, magnifique à cette saison, majestueuse comme un grand lac, étalée sur les champs et entre les arbres des bosquets.&lt;br /&gt; Le fromage et les pommes sonnèrent le glas des jérémiades.&amp;nbsp; Poules, clôture, cochon, bois, jardin, chacun finirait sa tâche avant dimanche, sinon gare. Gare à quoi ? Mieux valait prudemment ne pas s'en enquérir et abandonner la lutte. Les vaincus alors se retournèrent vers moi, grimaçants de mal vécu. On n'avait pas discuté de mon cas. Je n'avais pas bientôt fini ? Que faisais-je donc de si important que je restais bien au chaud, et dans la chambre, en plus ? Hein ? Je pouvais le dire au moins ? Du latin ? Du chinois ?&lt;br /&gt; J'ignore encore pourquoi, peut-être du fait de cet alphabet abscons ou alors pour les yeux toujours rieurs des asiatiques, mais dire qu'on parle ou qu'on écrit du chinois, fait toujours bien rire. On peut dire aussi de l'Hébreu. C'est tout aussi évocateur, mais ç'est sérieux, ça ne fait pas rire, c'est même empreint d'un occulte sévère.&lt;br /&gt; On rigolait donc à gorges chaudes, on ne se disputait plus, on avait trouvé un terrain de cohésion sociale. L'infortune n'unit les hommes que s'ils se découvrent un adversaire commun qu'on puisse vilipender sans trop de risques. Ma mère laissa faire. Mieux encore, son silence et les regards narquois qu'elle me jeta, signifiaient qu'elle m'invitait à me justifier très vite si je ne voulais&amp;nbsp; pas être mobilisé sur le front des diverses corvées du dehors. Alors... Alors...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;img id=&quot;media-3577629&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/01/00/3846523905.jpg&quot; alt=&quot;littérature&quot; width=&quot;325&quot; height=&quot;433&quot; /&gt;J'écrivais un livre, un vrai livre.&lt;br /&gt; Je les aimais trop pour les connaître vraiment, en fait. Obnubilé par la conviction intime que j'avais de la noblesse de mon entreprise et par l'avancée de mes travaux que je jugeais satisfaisante, j'eus la naïvete de penser que ça leur ferait plaisir et même, qu'ils pourraient en éprouver quelque fierté.&lt;br /&gt; Un livre, s'exclama t-on ? Et pour quoi faire un livre ? Alors là, c'était la meilleure de l'année qui pourtant touchait à sa fin ! Eux, ils s'échinaient à l'entretien de la maison, ils se blessaient les mains, ils pataugeaient dans les fientes de poules et le fumier du cochon, ils attrapaient des tours de reins à brasser du bois, ils avaient froid, ils s'enrhumaient et Monsieur restait le cul sur une chaise à écrire un livre ! C'en était trop, le scandale dépassait la mesure ! Ma mère fut appelée au secours. Elle ne pouvait cautionner ça, un châtiment exemplaire s'imposait. Des devoirs d'école, d'accord, quoique l'argument ne passât qu'avec peine, mais là, s'amuser à faire un livre, c'était mille fois non ! La révolte des mutations tantôt éteinte se&amp;nbsp; faisait maintenant rébellion et la rébellion était sur le point d'éclater en révolution, à tel point que l'aîné, qui pourtant aurait dû sagement se faire tout petit dans son jardin secret, demanda à ma mère d'intervenir tout de suite.&lt;br /&gt; Quoique encore vierge de cette expérience, j'eus vraiment l'impression d'être devant un tribunal passionné et vindicatif, dont elle était la Présidente, calme et sereine, professionnelle mais implacable. Je fus invité froidement à m'expliquer dans le détail, non sans qu'elle ne m'ait signifié un premier chef d'inculpation pour le prétexte fallacieux des compositions scolaires.&lt;br /&gt; Chacun me dévisageait en épluchant sa pomme et on attendait des aveux complets. N'eussions-nous été en décembre qu'on aurait entendu une mouche voler.&lt;br /&gt; J'écrivais un livre sur nous tous, voila.&lt;br /&gt; J'avais dit ce qui m'était immédiatement venu à l'esprit et j'ignore aujourd'hui encore pourquoi cela s'imposa à moi, mystère peut-être des impressions fugaces et des désirs non identifiés mais qui s'imposent à la parole.&lt;br /&gt; Car il y avait chez nous un vagabond en haillons, couvert de saleté, une barbe en broussailles telle qu'on n'y voyait jamais ni la bouche, ni les yeux qu'à moitié, en bandoulière toujours une musette d'où toujours dépassait le goulot d'une bouteille de vin et qui parcourait inlassablement les chemins, les champs et les bois, de village en village, de commune en commune, disait-on même. &lt;em&gt;Boulitte&lt;/em&gt;, c'était son quolibet, apparaissait régulièrement et les gamins épouvantés couraient annoncer la nouvelle, comme pour les bohémiens, &lt;em&gt;voila Boulitte ! voilà Boulitte !&lt;/em&gt; Des paysans lui offraient à boire et le taquinaient de grossières plaisanteries. Il racontait entre ses dents barbues des histoires effrayantes, des crimes et des bêtes sauvages en roulant les&amp;nbsp; « r » comme des cascades et ses yeux, je les revois ses yeux, étaient bleus, d'un bleu livide, presque transparent, presque mort. &lt;em&gt;Boulitte&lt;/em&gt; avait son rôle. Il servait de père Fouettard dans toutes les maisons, sauf la nôtre, parce que nous, nous en avions un, enfin une. Menacer d'aller chercher &lt;em&gt;Boulitte,&lt;/em&gt; ramenait en effet immédiatement à de plus raisonnables sentiments tout garnement rétif. On disait qu'il habitait dans les bois, à la belle étoile et en toutes saisons. Cet étrange vagabond me faisait peur en même temps que me fascinaient son errance et son total dénuement, comme s'il eût été un être entre l'animal et l'humain. Ma mère le saluait, le tutoyait et causait même deux ou trois mots avec lui. Je l'admirais pour cela, comme si elle était capable de rentrer en communication avec l'ésotérique.&lt;br /&gt; C'est sur cet homme des bois&amp;nbsp; et des chemins que besognait ma première tentative littéraire. Je m'échinais à vouloir en faire une allégorie de la liberté.&lt;br /&gt; Mais quand je mentis spontanément et déclarai que notre famille était le sujet de mon livre, la consternation fut telle que les cous se tendirent démesurément, que les yeux s'écarquillèrent dangereusement, que les bouches s'ouvrirent sans qu'aucun son n'en put sortir et que les couteaux qui épluchaient les pommes retombèrent un à un dans les assiettes. Comme prise en photo, ma mère se figea littéralement, un quartier de son fruit planté au bout de sa lame, en suspens, à mi-chemin entre la bouche restée bée et la table.&lt;br /&gt; Je me lancai dans une improvisation étrangement inspirée. Je m'entendais parler aussi, de très loin mais distinctement, comme si ce fût un autre qui avait pris la parole.&lt;br /&gt; Au regard d'un monde qui changeait et qui partait à la dérive, notre vie pouvait paraître pauvre. Elle était pourtant d'une richesse qu'on ne reverrait bientôt plus. Nos préoccupations étaient rudimentaires et nous ne savions encore lire les mutations de ce monde qu'à la lumière de nos ancestrales erreurs. Nous savions le chant du coq qui claironnait la fin toute proche de la nuit, nous savions la position exacte de la grande ourse au quinze août, nous savions le refrain&amp;nbsp; des saisons, nous savions distinguer l'empreinte du lièvre de celle du lapin sur la boue rougeâtre d'un chemin forestier, nous savions semer, nous savions planter et nous savions manger. Nous savions beaucoup de choses mais c´étaient là des choses dont le monde naissant n'avait que faire et qui même entravait son essor. Nous n'étions pas préparés à l'exil, nous allions être sacrifiés à une aube nouvelle, laissés pour compte dans cette levée de rideau qui ne voulait plus d'insignifiants de notre espèce.&lt;br /&gt; Je me tournai vers ma mère. Ses Pères Noëls travailleurs et justes ne viendraient jamais. Il n'existait pas plus de Pères Noëls&amp;nbsp; qu'il n'existait de dieu ou de « beurre au cul », comme elle se plaisait à dire. Il n'existait, il n'avait toujours existé que des hommes et ces hommes aujourd'hui proposaient un univers qui n'était pas pour nous.&lt;br /&gt; L'heure allait bientôt sonner de devoir nous séparer. Il faudrait alors que chacun, avec les pauvres armes que lui avaient données le vent, la pluie, l'odeur de nos champs et le vol des oiseaux, trace la piste de son exode et tâche de se frayer un chemin dans une jungle inextricable. Personne d'entre nous ne s'y retrouverait cependant et nous n'aurions pas de cailloux à semer pour jalonner la route. Nous errerions, toujours plus loin. Nous nous éloignerions de plus en plus et jamais ne reviendrions à la douceur de cette table, à cette odeur chaude des haricots de nos sillons, à ce fumet sucré de nos oignons dans les boudins.&lt;br /&gt; Je leur disais tout ça et j'écrivais tout ça pour qu'ils s'en souviennent à jamais et parce que je les aimais.&lt;br /&gt; Alors, oui, je savais le latin et je prétendais savoir écrire et j'aimais les livres, l´histoire et la poésie. Mais cela ne servait strictement à rien. Je voulais bien tâcher de donner un coup de main,&amp;nbsp; pour&amp;nbsp; empiler des bûches, rapiècer une clôture ou curer un poulailler. C´étaient là les derniers gestes d´un monde en perdition, des gestes qui, comme les miens, n'étaient plus qu'inutilités. Qu´ils me donnent seulement le temps d´écrire, pour eux et pour empêher que le chemin qu´ils imprimeraient bientôt derrière eux ne se perde à jamais dans l´éternité cruelle du nul et non avenu.&lt;br /&gt; Je leur faisais là une promesse solennelle.&lt;br /&gt; En saisirent-ils tout le sens ?&lt;br /&gt; En tout cas, leur bouche s'était refermée, leurs lèvres étaient parcourues d'un petit tremblement convulsif , leur visage était doux et une lumière humide avait allumé la couleur de leurs yeux silencieux.&lt;br /&gt; Quarante ans m'auront été nécessaires pour tenir cette parole étrangement spontanée.&lt;br /&gt; Le sauront-ils jamais ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le silence des chrysanthèmes&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
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      <title>La Gana</title>
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      <updated>2012-05-11T10:42:22+02:00</updated>
      <published>2012-05-11T10:42:22+02:00</published>
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              <summary>   Pour la première fois - comme quoi tout arrive - je m’apprête à abandonner...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: medium; font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3577392&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/02/02/2604636154.jpg&quot; alt=&quot;La-Gana.jpg&quot; width=&quot;307&quot; height=&quot;457&quot; /&gt;Pour la première fois - comme quoi tout arrive - je m’apprête à abandonner la lecture d’un excellent livre, un livre culte et qui frise le chef-d’œuvre&amp;nbsp;: &lt;em&gt;La Gana&lt;/em&gt; de Fred Deux, alias Jean Douassot.&lt;br /&gt;C’est un livre où le sordide tient lieu de grand art, un livre où le vulgaire partout présent ne l’est jamais, un livre au regard duquel &lt;em&gt;L’Assommoir&lt;/em&gt;, par exemple, ferait figure de roman de hall de gare, dilué à l’eau de rose pour midinette écervelée.&lt;br /&gt;Pourtant, Fred Deux est tout, sauf un naturaliste. Il serait même à l’opposé, si on peut simplifier, son texte étant, à bien des égards, d’inspiration plutôt surréaliste, tant l’irruption du rêve dans le réel est fréquente, allant jusqu’à ce que le lecteur ne puisse dissocier l’un de l’autre qu’après coup. La frontière entre l’onirique et le vécu est donc très ténue. Une vraie passoire. On navigue de l’un à l’autre en deux lignes, sans s’en apercevoir vraiment. Car la vie est un rêve. &lt;br /&gt;Souvent un cauchemar.&lt;br /&gt;Mais ce livre me ramène trop à mes propres peurs et angoisses refoulées.&lt;br /&gt;Et certaines pages sont d’une crudité insoutenable, très difficiles à distancier.&lt;br /&gt;Illustration&amp;nbsp;: le narrateur est un môme qui vit dans une cave qui tient lieu de domicile à sa famille, son père et sa mère étant gardiens de l’immeuble, même s’ils &lt;em&gt;grattent &lt;/em&gt;à l’extérieur, le père d’usine en usine tandis que la mère vend des patates sur les marchés. L’oncle, lui, personnage central de l’évocation, personnage superbe dans l'esprit et le cœur du narrateur, ne fait rien. Il dort, il fume, il vole, il baise à la sauvette, réfléchis beaucoup et parle à son neveu du désespoir de vivre… Il en est l’initiateur. Il se suicidera.&lt;br /&gt;Une cave, donc, et une bouche d’égout au milieu, planquée sous la table. Quand &amp;nbsp;la Seine monte, l’hiver, la cave est inondée par ce trou qui fascine véritablement l’enfant. Les rats débarquent et nagent dans la piaule, se faufilent sous les meubles, couinent. La mère, alitée, tuberculeuse, expédie ses glaviots répugnants et sanguinolents qui dérivent au fil de cette eau malsaine et sur lesquels se précipitent avec délectation les bestioles. Et etc. …&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: medium; font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;Il y a beaucoup d’autre chose dans ce livre, &amp;nbsp;pourtant superbe. L’oncle, le père - dit &lt;em&gt;le vieux&lt;/em&gt; alors qu’il n’a qu’une trentaine d’années - sont des prolos -presque du &lt;em&gt;lumpen&lt;/em&gt; - qui &lt;em&gt;fauchent,&lt;/em&gt; qui boivent, qui s’emmerdent, et qui jettent sur leur vie un regard acerbe, désabusé, mais toujours gourmand. Ils font, dans leur désarroi, une critique radicale du social, critique en actes quotidiens, non théorisée, non intellectualisée. Pleine d'une vérité spontanée.&lt;br /&gt;C'est ce que j'avais retenu de ce livre, croisé il y a quelque vingt-deux ans.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: medium; font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;Mais je n’ai aujourd'hui plus envie de toute cette misère qui dégouline de pages en pages. Je n’ai pas envie de toutes ces pentes à remonter et de toutes ces descentes aux enfers, même si, dans toute cette ignominie, étincellent en filigrane &amp;nbsp;les étoiles de la joie et de la volonté de vivre. Je n’ai pas envie d’un monde sale, même beau dans sa saleté. Les descriptions du cul, de la &amp;nbsp;merde qui sort du trou de balle, de la pisse, &lt;em&gt;des crapauds&lt;/em&gt; dans le nez qu’on déguste du bout des doigts, des odeurs, des règles des femmes, de la pine, des poils, de la baise, de la branlette, envahissent les pages sans jamais être importunes. Presque avec un tact délicat, malgré la brutalité réaliste des mots.&lt;br /&gt;Mais je n’ai pas envie. J’ai lu 500 pages sur les 800 dont est constitué le livre. J’ai besoin de prendre l’air. Peut-être reprendrai-je plus tard ma lecture.&amp;nbsp; Je n'en sais trop rien. J’ai besoin de rêver à autre chose qu’à nos fonctions purement organiques. Car c’est cela qu’on ressent à la lecture de &lt;em&gt;La Gana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: nous ne sommes qu’un amas répugnant d’organes englués de réactions chimiques, qui pataugent au milieu d’un corps social en putréfaction. Nous chions, nous pétons, nous rotons, bref, nous ne sommes qu’un tabou dont la littérature s’empare comme d’un péché originel, à mettre en évidence, en marge en même temps que dans l’essence même de notre existence.&lt;br /&gt;J’abandonne. Ce livre me met mal à l’aise, trop face à mon corps et à ses hypocrisies séductrices et sociales. Une plongée trop brusque dans ce qui sera pourtant notre seul destin, à l'heure blême : la pourriture.&lt;br /&gt;Ce que j’aimerais beaucoup, c’est qu’on me donne la réplique. Ici ou en privé. Que quelqu’un qui a lu ce livre jusqu’au bout et qui a tenu le coup, m’en donne son sentiment. Etre confronté à une autre lecture. Et qu’il dise dans quel état il en est ressorti.&lt;br /&gt;Oui, j’aimerais beaucoup en parler.&lt;br /&gt;Car je ne sais trop quoi penser en définitif de mon ressenti et c’est bien la première fois que j’abandonne la lecture d’un livre qui, par-delà les scènes insupportables, est profondément à mon goût à beaucoup de points de vue.&lt;br /&gt;Un livre publié par Maurice Nadeau en 1958, puis par Georges Monti en 2011, ces deux faits conjugués étant de nature à plaider en faveur d'une qualité profondément &lt;em&gt;littéraire &lt;/em&gt;de l’œuvre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
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      <title>Chasse aux étymons</title>
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      <updated>2012-05-10T13:50:30+02:00</updated>
      <published>2012-05-09T12:53:00+02:00</published>
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              <summary>   Le gibier est, par définition, l’animal qu’on&amp;nbsp; recherche, qu’on...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3574820&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/02/01/1105514568.jpg&quot; alt=&quot;Gibet Montfaucaon.jpg&quot; width=&quot;332&quot; height=&quot;235&quot; /&gt;Le gibier est, par définition, l’animal qu’on&amp;nbsp; recherche, qu’on débusque, qu’on traque, dans le seul but de le tuer.&lt;br /&gt;Pour la nécessité de manger et, donc, pour la conservation de l’espèce s’agissant de nos ancêtres les plus lointains, nomades, non encore fédérés par un état et des liens culturels, sinon à l’intérieur d’un même clan.&lt;br /&gt;Pour le plaisir sans nécessité autre que lui-même à partir des royaumes établis. Plaisir de traquer d’abord, avec les chasses royales, à courre, les chasses forestières. Plaisir exclusif de tuer ensuite avec la chasse prolétarienne. Celle qui parcourt les chaumes sous les feux de septembre, en France.&lt;br /&gt;En tout cas plaisir d’éliminer un être vivant : un animal réduit à sa condition de gibier.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Du gibier&lt;/em&gt;. C’est étrange. C’est donc comme une cible. D’autant qu’initialement le mot &lt;em&gt;gibiez &lt;/em&gt;ne désignait que les oiseaux car le verbe &lt;em&gt;gibeler &lt;/em&gt;disait, en ancien français, &lt;em&gt;remuer des ailes&lt;/em&gt;. Tout comme la gibelotte, cette fricassée au vin blanc - le plus souvent de lapin - nous viendrait selon P. Guiraud, de &lt;em&gt;gibelet&lt;/em&gt;, soit &lt;em&gt;plat de petits oiseaux...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;L’histoire du mot, car un mot n’évolue qu’en fonction de la nécessité qu’en ont les hommes, a donc considéré un beau jour qu’un lapin de garenne, un lièvre, un cerf, un sanglier ou un chevreuil, ça battait des ailes. Que ça volait.&lt;br /&gt;Tous ces étymons ne me satisfont donc pas car ils ne suffisent pas à expliquer, pour mézigue tout du moins, la notion de &lt;em&gt;gibier.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il faut en effet que celui soit consommable. Le mot renferme l’exigence d’une nourriture, même si le but n’est plus cette nourriture. Et le mot tait cette exigence. J’en veux pour preuve que les chasseurs de loups, ou de renards, ne qualifient jamais ces renards ou ces loups comme appartenant au &lt;em&gt;gibier.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Pas plus que le taupier ne dira que la taupe est un &lt;em&gt;gibier&lt;/em&gt;. A moins qu'il ne s'en fasse en douce de succulentes poêlées !&lt;br /&gt;Le gibier est donc une cible comestible et, à ce titre essentiel, il y a un trou de mémoire dans l’histoire du vocable qui le désigne.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;C’est un mot que j’ai entendu dès mon plus jeune âge. Et pas seulement prononcé par des chasseurs ! Ma mère, à chaque nouvelle connerie que je pouvais faire, très souvent donc et de plus en plus gravement quant à la hiérarchie communément établie des délits, me traitait de &lt;em&gt;gibier de potence.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Tiens, tiens… Reprenant sans le savoir une expression lexicalisée, considérait-elle tout d’un coup que j’étais comestible et se proposait-elle de me bouffer ? Non point. Elle était, elle aussi, victime du trou de mémoire du mot car, tout comme la locution, elle considérait - par extrapolation de la colère bien sûr -&amp;nbsp; que je méritais la potence. &lt;em&gt;De la graine de voyou,&lt;/em&gt; disait-on aussi. Ce qui était quand même moins violent et comportait un certain charme. Surtout pour quelqu’un qui n’avait jamais croisé son géniteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais en voilà bien d’une autre paire de manches&amp;nbsp;! Le gibier serait alors celui qui mérite son sort, qui s’est rendu fautif au point de risquer d’être traqué ? Qui serait voué à…&lt;br /&gt;Pauvres pigeons ramiers, ortolans et autres joyeuses perdrix, qu’avez-vous donc fait au monde pour qu’il en soit ainsi&amp;nbsp;? Vos ailes peut-être&amp;nbsp;? Ce sont peut-être vos battements d’ailes que le chasseur vous envie, dans un obscur complexe refoulé d’Icare&amp;nbsp;! Vous seriez coupables du fait de&lt;em&gt; gibeler&lt;/em&gt; ! Et si, en plus, votre chair, à l’égal de celle du lapin ou du lièvre, est délicate, alors quelle lourde malédiction&amp;nbsp;pèse sur vos vies ! De la venaison. Voilà à quoi vous en êtes réduits.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;Mais le voyou, lui, en admettant qu’il ait mérité sa condamnation du point de vue d’une morale vulgaire, pourquoi le comparer à vous&amp;nbsp;? &amp;nbsp;Il a volé, d’accord, mais sans vos ailes, que je sache.&lt;br /&gt;Du gibier au gibet, on le voit avec cette maudite potence, il n’y a que deux petites lettres de différence. Un saut de puce. &lt;em&gt;Gibier de gibet&lt;/em&gt; eût d’ailleurs été plus éloquent car les fourches patibulaires, en plus, exposait au public le corps des suppliciés.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;Pies, corbeaulx nous ont les yeuls cavez&lt;br /&gt;Et arraché la barbe et les soucilz.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;Deux fois condamné, vivant et mort, pour cause d'allitération, le &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;supplicié du &lt;em&gt;gibier de gibet !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
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      <title>D'une langue l'autre</title>
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      <updated>2012-05-08T11:52:09+02:00</updated>
      <published>2012-05-08T11:01:00+02:00</published>
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              <summary>       La route accompagne la forêt. D’un côté seulement. De l’autre,...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img id=&quot;media-3572693&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/02/00/2067695558.jpg&quot; alt=&quot;200908261615_zoom.jpg&quot; width=&quot;327&quot; height=&quot;238&quot; /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;La route accompagne la forêt. D’un côté seulement. De l’autre, s’étirent des prairies et des blés en herbe, que le vent bouscule jusqu’aux lisières d’une autre forêt. La même, en fait.&lt;br /&gt;Nous ne savons même plus quand nous traversons des clairières. Nous ne savons même plus donner leur juste nom aux paysages. C'est que nous sommes trop grands pour ça ! Nous avons d’autres soucis. Nous sommes des gens sérieux !&lt;br /&gt;C’est un bel endroit pourtant et le soleil, entrecoupé de gros nuages blancs, se balade au-dessus.&lt;/span&gt;..&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;Il déboule sur ma droite, surgi de la profondeur des pins. Il est impressionnant. Avec une couronne royale, superbe, large, qui s'étale sur sa tête. Et il court très vite, l’autre limite de la forêt en point de mire. La clairière, à lui, doit bien sembler immense ! Comme si l'horizon reculait sans cesse. Comme dans les mauvais rêves. &lt;br /&gt;C’est un cerf. Puissant, roux, les naseaux au vent.&lt;br /&gt;Je m’arrête. Nous le suivons des yeux. Il s’évanouit bientôt dans l’ombre des sous-bois lointains. Chez lui.&lt;br /&gt;La lumière arrosait sa robe.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Jeleń&lt;/em&gt;. Le cerf. Un faux ami. Pas l’animal, mais le mot qui le désigne aux hommes. Sa prononciation, &lt;em&gt;yélègne,&lt;/em&gt; me l’a souvent fait confondre avec l’élan, autre grand cervidé parcourant ces forêts humides de la proche vallée du Bug. L’élan, c’est &lt;em&gt;łoś&lt;/em&gt;. Rien à voir.&lt;br /&gt;Et ce &lt;em&gt;jeleń&lt;/em&gt;, ce cerf, est un mot qui n’est pas très gentil pour les Polonais. Car il désigne aussi, appliqué aux humains, celui qu’on peut rouler facilement, ou qu’on se propose de rouler. Dans la farine.&amp;nbsp; L’ingénu. La proie facile des malfaisants.&lt;br /&gt;Je cherche pourquoi. Sans résultat. Un équivalent peut-être en français&amp;nbsp;? Oui. Il faut, dans ce cas-là, traduire le &lt;em&gt;cerf &lt;/em&gt;en &lt;em&gt;pigeon&lt;/em&gt;.&amp;nbsp; Oui, chez nous on dit &lt;em&gt;un pigeon&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;J'illustre. Il y a quelques décennies, en virée quelque part dans le Lot avec trois copains de mon joyeux acabit, nous cherchons un bistro, une auberge, et nous la trouvons bientôt, douillettement ombragée par de vénérables arbres… Avec un ruisseau qui &amp;nbsp;gambade en son jardin. Charmant, tout ça. Exactement ce qu’il nous faut. Oui, mais l’’enseigne, qui se balance sous la brise d’été, grince&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Aux quatre pigeons&lt;/em&gt;… Moues dubitatives. Ça tombe mal&amp;nbsp;: nous sommes quatre et l’un de mes compagnons de marmonner, &lt;em&gt;au moins, ils annoncent la couleur&amp;nbsp;!&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Ici, c’eût donc été &lt;em&gt;Aux quatre cerfs&lt;/em&gt;. Aucun sens détourné, aucune évasion allégorique possible. Ou alors une auberge pour des cocus. Quatre cocus en vadrouille cherchant à noyer leur chagrin dans le fond des verres. C’est élégant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&quot;Et oui, je suis cocu, j’ai du cerf sur la tête&quot; chantait Brassens…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel écart, donc, entre les images-raccourcis d’une langue à l’autre&amp;nbsp;! Une vision différente du monde. Une imagerie de l’imaginaire sans rapport l’une avec l’autre.&lt;br /&gt;Mais j’insiste. Pourquoi un cerf&amp;nbsp;? Et pourquoi donc un pigeon&amp;nbsp;? me rétorque-t-on avec juste raison. Je n’en sais ma foi rien. Je consulterai les dictionnaires.&lt;br /&gt;Et je n’apprendrai alors que d’insipides évidences. &lt;em&gt;Plumer un pigeon&lt;/em&gt;, vieille expression du XVIe, pour dire &lt;em&gt;duper&lt;/em&gt;. Rideau. Ces dictionnaires ne semblent pas en savoir plus long que moi. Sinon qu’il y a aussi &lt;em&gt;le dindon.&lt;/em&gt; &lt;em&gt;De la farce&lt;/em&gt; le plus souvent. On peut aussi plumer un dindon, c'est bien vrai ; surtout si on se propose de le bouffer. C’est d'ailleurs conseillé.&lt;br /&gt;Tout cela ne me construit aucune passerelle entre le cerf polonais et le pigeon français. Chaque langue a-t-elle ses propres transpositions anthropomorphistes&amp;nbsp;? Sans doute.&lt;br /&gt;Et j’en concluerai plaisamment que dans un couple polonais-français, si on laisse se répandre l’ennui, par exemple, alors, le pigeon serait celui auquel on planterait du cerf sur la tête.&lt;br /&gt;Mariant ainsi, si j’ose, les deux langues dans l’infortune.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
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      <title>L'imposteur au placard</title>
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      <updated>2012-05-07T11:50:43+02:00</updated>
      <published>2012-05-07T08:07:00+02:00</published>
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              <summary>   Entre la peste brune, insidieuse, rampante et masquée, qui fait mourir à...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3570556&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/01/02/601577762.jpg&quot; alt=&quot;b6.jpg&quot; width=&quot;239&quot; height=&quot;359&quot; /&gt;Entre la peste brune, insidieuse, rampante et masquée, qui fait mourir à petit feu toute dignité, accable le modeste pour élever &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; le grand &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;au pinacle, et la grippe qui ne fait que faire tousser, les Français, ceux qui votent tout du moins, ont choisi la grippe.&lt;br /&gt;Depuis mon lointain exil, je leur en sais, quelque part, gré.&lt;br /&gt;J’ai dit, parfois explicitement, toujours implicitement, ici, dans les quelque mille textes qui composent &lt;em&gt;l’Exil des mots&lt;/em&gt;, mon sentiment à l’égard du politique, sentiment en totale adéquation avec la vie que je mène. Il n'est donc pas besoin&amp;nbsp; que je précise que je ne vais pas changer quelque chose de cette vie, faire sauter le bouchon ou regarder d’un œil nouveau le soleil se lever sur l’horizon du Bug.&lt;br /&gt;Mais je ne vais pas non plus mentir - d'autres font ça mieux que moi - en faisant le dédaigneux que le choix du moindre mal complètement indiffère.&lt;br /&gt;Car j’ai grand, très grand plaisir, à savoir que le pire des imposteurs que mon pays ait eu à supporter comme président depuis la fin de la guerre, soit aujourd’hui contraint de remballer ses misérables et clinquants effets, de prendre son mannequin à la noix sous le bras et de déguerpir, comme le Duc de Bordeaux, tête basse.&lt;br /&gt;François Hollande a déjà accompli, dans ma seule tête, cette mission historique d’importance : chasser du paysage l’abominable réplique de l’abominable monsieur Thiers.&lt;br /&gt;Une bonne chose de faite.&lt;br /&gt;Nous pouvons revenir à nos moutons.&lt;br /&gt;Et à propos de moutons, &amp;nbsp;je ris sous cape en pensant à ces dernières semaines où, sur leurs blogs qui n’avaient jusqu’alors que bredouiller leur sympathie pour la vermine réactionnaire et pour les traditions les plus aliénantes de notre culture, certains chafouins, emportés par leur passion, ont été obligés de jeter bas le masque, dévoilant le fond peu ragoutant de leur cœur et de leur pensée, évidemment suivis par la horde toujours caquetante et bêlante de leurs commentateurs.&lt;br /&gt;Ces blogs, à prétentions littéraires, peuvent bien désormais faire les beaux &lt;em&gt;sur&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;avec&lt;/em&gt; tel ou tel texte. Pour moi, leurs mots en filigrane pueront toujours les mauvaises intentions et ceux qui, en connaissance de cause, continueront de les lire, pueront forcément de la gueule.&lt;br /&gt;Car la littérature c’est aussi, et même avant tout, une vision du monde. Une vision généreuse. Et la leur est tout ce qu'on voudra, sauf généreuse.&lt;br /&gt;Qu’ils fassent aujourd’hui un nez long de six pieds, atrabilaires, n’est pas non plus pour me déplaire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Image : Philip Seelen&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
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      <title>Łomazy : la mémoire</title>
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      <updated>2012-05-04T07:49:21+02:00</updated>
      <published>2012-05-04T07:49:21+02:00</published>
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              <summary>   Le 20 mai 2009, je publiai ici un extrait de ce qui allait devenir sur...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;Le 20 mai 2009, je publiai ici un extrait de ce qui allait devenir sur Publie.net&amp;nbsp; &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814502789/polska-b-dzisiaj&quot;&gt;Polska B Dzisiaj.&amp;nbsp;&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;Cet extrait suscita un échange édifiant, riche de précisions historiques, attentif et fort courtois entre Philip Seelen et Barbara Miechowka, échange&amp;nbsp; que j'avais repris avec leur amicale autorisation, tant le &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;souci permanent qui les anime de rétablir ou d'établir dans le détail ce qu'il peut y avoir encore d'occulte dans une des périodes les plus noires de l'histoire de l'humanité, principalement en Pologne, méritait beaucoup plus que de figurer comme des annexes à un texte.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;Je remets en ligne aujourd'hui parce que, occupé à la rédaction d'un recueil de nouvelles et l'une d'entre elles faisant allusion à la tragédie de &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;Ł&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;omazy, ici commentée, j'ai relu avec attention et beaucoup d'émotion tout ce qu'en avaient dit Philip et Barbara.&lt;br /&gt;Je les salue fraternellement au passage et, n'en ayant plus de nouvelles, espère du fond du coeur que tout va bien pour eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;Ł&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;omazy est une petite commune sur le territoire de laquelle j'ai jeté l'ancre. Je connais donc les lieux du drame. Les photos que je publie ici sont celles de ce lieu d'épouvante et de tristesse éternelle, que j'ai moi-même prises.&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Les&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt; photos 2 et 3 sont celles du cimetière juif où ont été inhumés en 1988 les corps des suppliciés, à deux kilomètres environ de la forêt sanglante.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;Cette première partie, consacrée aux crimes nazis et à l'antisémitisme avant l'établissement proprement dit des camps de la mort, avait été suivie d'une autre, plus spécialement axée sur l'extermination&lt;/em&gt; &lt;em&gt;systématique des juifs par ces mêmes nazis, la shoah, et, par-delà, sur&amp;nbsp; le film de Lanzmann.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img id=&quot;media-1780457&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/02/00/1302815745.JPG&quot; alt=&quot;P5070049.JPG&quot; /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Photo 1&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;À Bertrand, de la part de Philip Seelen,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; 17 AOUT 1942 A ŁOMAZY, 1700 JUIFS MASSACRES PAR DES ALLEMANDS ORDINAIRES …&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Sujet bien grave que tu nous as donné à lire, cher Bertrand, pour ce week-end parisien de la mi-mai froid, venteux et pluvieux. C'est au petit déjeuner que je prends connaissance avec Krzysztof Pruszkowski de ton dernier récit édité sur ton &quot;Polska B dzisiaj&quot;,&lt;a href=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/archive/2009/05/15/polska-b-disiaaj.html&quot;&gt; &quot;Le billot des bourreaux&quot;&lt;/a&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Krzysztof a beau fouiller dans sa mémoire, rien ne lui rappelle le nom de ce village, Łomazy, rien ne lui rappelle le massacre dont tu fais référence. La date elle-même lui pose problème, août 1944. Le camp allemand d'extermination de Sobibor fut détruit en octobre 1943. Le 18 juillet 1944, l'Armée rouge et les Polonais du général Berling passèrent le Bug, et un ''Comité polonais de libération nationale'' (P.KW.N.), s'installait à Lublin le 24 juillet 1944, aussitôt reconnu par Staline comme unique représentant du peuple polonais.&lt;br /&gt; Donc, qui a pu massacrer plus de 2000 juifs dans une forêt du district de Lublin en août 1944 ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Surpris par la surprise de mon ami qui m'a toujours semblé bien connaître l'histoire troublée de la Pologne, de l'occupation nazie et de l'invasion de l'Armée Rouge, je lui suggère que peut-être il s'agit d'une erreur de date et que &lt;em&gt;Le billot des bourreaux &lt;/em&gt;fait référence au massacre en 1942 de 1700 juifs par les hommes du fameux bataillon 101 de la gendarmerie allemande chargée de l'extermination des juifs dans les territoires occupés de l'est de la Pologne.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;C'est en 1994, que j'ai commencé à suivre les nouvelles parutions des chercheurs juifs américains sur le génocide des juifs d'Europe par les Allemands. J'ai relu Raul Hilberg, connu mondialement pour son ouvrage de référence&amp;nbsp;&lt;em&gt; La destruction des Juifs d’Europe.&lt;/em&gt; Puis mes lectures m'ont amené à&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;em&gt;Des hommes ordinaires&lt;/em&gt;, le troisième livre de Christopher Browning, élève de Raul Hilberg.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; L'auteur suit dans cet ouvrage le parcours des 500 hommes du 101e bataillon de réserve de l’Ordnungspolizei, entre juillet 1942 et novembre 1943. Cette étude s’appuie sur les témoignages recueillis lors de l’enquête judiciaire faite sur le bataillon en Allemagne fédérale au cours des années 1960. Christopher Browning a également utilisé des documents sur l’activité d’autres unités de police et des Einsatzgruppen, quelques témoignages de survivants juifs ainsi que des photos fournies par la bibliothèque Yad Vashem à Jérusalem et l’Institut historique juif de Varsovie.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; L’intérêt de l’analyse de Christopher Browning réside dans le fait qu’elle suit des exécutants, sans qui les ordres de Hitler, Himmler, Goebbels n’auraient pu être appliqués. Dans le 101e bataillon les hommes ne sont pas fanatisés par les théories hitlériennes, ils sont issus du prolétariat et n’ont reçu de formation idéologique que tardivement. Ils ont même eu le choix avant leur premier massacre. Il s’agit ici de comprendre comment ces hommes ordinaires sont devenus des acteurs du génocide.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; &lt;strong&gt;Initiation au massacre en masse : la tuerie de Jòzefòw&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Aux alentours du 11 juillet 1942, le commandant Trapp est informé de la nouvelle mission du 101e bataillon : rafler les 1 800 Juifs de Jozef&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: medium;&quot;&gt;ò&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;w. Les hommes en âge de travailler seront séparés des autres, pour être envoyés dans un des camps du district. Ceux qui resteront, femmes, enfants, vieillards, devront être abattus sur place.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Le commandant Trapp en informe les officiers du bataillon le 12 juillet, et fait rassembler les différentes unités. Le lieutenant Buchmann, qui commande la 1e section de la 1e compagnie, refuse de participer à l’opération. Il demande une autre affectation et est chargé de l’escorte des « Juifs de labeur » envoyés à Lublin. Les hommes du rang ne savent rien.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Arrivés sur place le commandant Trapp expose la mission, et fait sa surprenante proposition aux hommes parmi les plus âgés : s’ils ne s’en sentent pas capables, ils peuvent être dispensés. Deux témoins seulement mentionnent cette proposition du commandant, tout en soulignant que des hommes plus jeunes ont aussi quitté les rangs. En recoupant leurs témoignages avec le comportement, plus tard, des officiers qui exemptaient des tueries les hommes qui le demandaient, Christopher Browning a accordé foi à leurs propos.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Après avoir donné ses ordres, le commandant Trapp installe son quartier général en ville et y reste la plupart du temps. En tout cas, il ne s’est pas rendu sur les lieux de la tuerie. Il est évident alors pour tous les hommes qu’il est désespéré par la situation et qu’il regrette d’avoir eu à donner ces ordres. Plusieurs témoins racontent l’avoir trouvé en pleurs.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Mais les hommes exécutent les ordres. Il semble que la plupart évitent encore, pour cette première action, de tirer sur les enfants et les nourrissons, laissant les mères les emmener avec elles sur la place du marché. La rafle terminée, le médecin du bataillon et le sergent-major de la 1e compagnie expliquent aux hommes comment tuer leurs victimes.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Les Juifs sont amenés dans la forêt par groupes, un nombre égal de policiers les rejoint : un tireur par victime. Le massacre n’est interrompu qu’en milieu de journée pour une pause où l’on fournit de l’alcool aux tireurs. La 2e compagnie est affectée en renfort des tireurs. Cependant ses hommes n’ont reçu aucune « formation ». Ils se retrouvent couverts de sang, d’éclats d’os et de cervelle. Plusieurs racontent qu’après avoir tiré une fois ainsi, cela les a rendus malades et ils ont arrêté.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Vers neuf heures du soir, le massacre est finalement terminé. Rien n’a été prévu pour enterrer les cadavres. De retour à la caserne, on fournit de l’alcool en grande quantité aux policiers, qui sont sous le choc. Un consensus tacite s’établit au sein du bataillon, plus personne ne reparle du massacre de Jozef&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: medium;&quot;&gt;ò&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;w.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Si seulement une douzaine d’hommes a réagi à la proposition du commandant Trapp le matin, d’autres se sont manifestés au cours de la journée, au fur et à mesure qu’ils étaient confrontés à la réalité de la tâche qui les attendait. Certains ont demandé à être relevés, ce qui leur fut accordé, d’autres se sont cachés d’une manière ou d’une autre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: medium; font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Photo 2&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; &lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-1780462&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/00/02/1285437837.JPG&quot; alt=&quot;Lomazy.JPG&quot; width=&quot;364&quot; height=&quot;242&quot; /&gt;Tuerie de Łomazy : Un massacre de la 2e compagnie du 101ème.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Le 101e bataillon est envoyé fin juillet 1942 dans le secteur nord du district de Lublin.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Le 17 août, les hommes de la 2e compagnie se rendent à Łomazy. Le quartier juif doit être évacué. Dès son arrivée, un contingent de Hiwis (Volontaires recrutés par les Allemands dans les pays occupés pour faire les sales besognes) , dirigé par un officier SS allemand, fait une pause pour boire de la vodka.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Une fosse est creusée en forêt puis les policiers amènent les Juifs. Ceux qui tombent en route sont abattus sur-le-champ. Arrivés sur le site, les Juifs doivent se déshabiller. Ils déposent leurs vêtements et leurs objets de valeur, avant de s’allonger face à terre pour attendre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; C’est à cette occasion que se manifeste le caractère sadique du lieutenant Gnade, commandant la 2e compagnie. Il humilie, frappe les victimes avant leur exécution, ou demande à ses hommes de le faire.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Les Hiwis étant de plus en plus soûls, les policiers doivent former des pelotons de tir. Au bout de deux heures, les Hiwis ont repris leurs esprits et remplacent les Allemands. La tuerie s’achève vers 19 heures. Les hommes qui ont creusé la fosse sont ramenés pour la recouvrir, puis abattus.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Cette opération diffère de celle de Jòzefòw. Il y a eu davantage de tentatives d’évasion. Les tueurs ont été beaucoup plus efficaces : le nombre de victimes est plus important avec trois fois moins d’hommes et en moitié moins de temps. Les vêtements et les biens des Juifs ont été récupérés et une fosse commune a été prévue. Enfin, ce sont surtout les Hiwis qui ont tiré, ce qui allège le fardeau psychologique des policiers. Personne n’a offert le choix aux policiers, ils ont dû prendre leur poste à tour de rôle. Quelques-uns se sont apparemment éclipsés mais la plupart ont obéi aux ordres.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Ces deux massacres sont aujourd'hui emblématiques de la politique d'extermination menée par les allemands dans les territoires de l'Est européen entre 1941 et 1944. Il est par contre plus compliqué pour moi d'expliquer ici, en quelques mots, pourquoi ces massacres sont si peu connus de mes amis polonais.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Cher Bertrand, cette question sera un des sujets d'une de mes prochaines lettres dans le cadre de nos échanges sur la Pologne.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Depuis 1945, les forêts, grâce aux historiens, aux chercheurs acharnés, ont livré déjà une bonne partie de leurs secrets. La lutte pour la vérité et contre l'oubli continue à ce jour. &lt;br /&gt;C'est une contribution essentielle à une vie plus harmonieuse en société.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Bien à toi. Il se fait tard. Bonne nuit.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Philip Seelen.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;*****&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;A l'attention de&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Philip Seelen&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;de la part de Barbara,&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Tout comme Krzysztof Pruszkowski, je ne connaissais pas l'histoire de ces massacres qui se sont pourtant déroulés sur l'actuel territoire polonais. A mon avis, cela s'explique par la façon dont ont circulé les travaux des chercheurs sur le plan international.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Les historiens polonais de l'après 1989 se sont d’abord intéressés aux affaires dans lesquelles le problème du degré de responsabilité des Polonais était en cause&amp;nbsp; et qu'ils&amp;nbsp; n'avaient&amp;nbsp; jamais pu élucider du temps du communisme, en raison de la censure sur le sujet de l'extermination des Juifs sous ce régime. Censure qui a commencé vers 1950, dès que Moscou a fait le choix politique de soutenir les pays arabes dans une politique hostile à l'état d'Israël. La raison de cette censure était que les recherches faites par des Polonais risquaient d'éveiller en Pologne des sentiments de compassion à l'égard des Juifs en général et en particulier envers ceux d'entre eux qui ont survécu et ont quitté la Pologne après 1947, notamment pour s'installer en Israël.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Donc les chercheurs polonais se sont d'abord intéressés à tous les événements polonais qui conduisaient vers Israël, d’où venaient beaucoup de critiques du comportement des Polonais, afin d’évaluer leur degré de bien-fondé: explication de la participation chaotique des Juifs de Pologne à l'armée d'Anders quand elle se constituait sur le territoire de l'URSS à partir de la seconde moitié de 1'année 1941, explication des dessous du pogrom de Kielce en 1946&amp;nbsp; qui a eu pour effet que les survivants ont quitté massivement la Pologne. &lt;br /&gt;Puis il y a eu de plus en plus de livres sur le déroulement de la Shoah en Pologne.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Le dernier problème qui a été élucidé à partir de 2000 est celui de massacres qui se sont déroulés en juillet 1941,&amp;nbsp; c’est-à-dire dès le début de l'attaque nazie contre l'URSS, sur l'actuel territoire polonais, avec la participation d'habitants polonais de la campagne environnant les bourgades de ces tous premiers massacres&amp;nbsp; connus. Emblématiquement, ces massacres sont connus sous le nom de JEDWABNE. Là, les nazis ont utilisé l'hostilité envers les Juifs des habitants d'une petite bande de territoire située&amp;nbsp; à l’Ouest du Bug qui, de septembre 1939 à juin 1941, a été occupée par l'URSS et où les Juifs avaient accueilli l'Armée Rouge en 1939 avec des acclamations enthousiastes.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Or , cher Philip, ce que montre le texte&amp;nbsp; que vous résumez sur ces massacres datant de 1942 est que les nazis ont eu alors recours à des Ukrainiens ou des Lettons, ou d’ autres peuples vivant encore plus à l'Est, les ressources que l'on pouvait tirer de la participation de Polonais ayant été très rapidement épuisées. Là, les nazis ont embarqué sous leur bannière de pauvres types qui s'imaginaient que Hitler allait débarrasser leur pays de l'occupation russe et communiste, ont attisé les antagonismes nationaux avec les Polonais sur les territoires qui appartenaient à la Pologne jusqu’en 1939 pour recruter des collaborateurs, et enfin&amp;nbsp; ont recruté des prisonniers de l’Armée&amp;nbsp; rouge qui se sentaient menacés de mourir rapidement, tant ils étaient maltraités dans les camps allemands.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Ravie de l’innovation du texte à&amp;nbsp; plusieurs voix et bien à vous,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Barbara Miechowka&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;*****&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;A l'attention de Barbara de la part de Philip Seelen,&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Merci pour toutes vos précisions sur la question du génocide et des massacres de juifs polonais ayant impliqué des&amp;nbsp; Polonais. Ajoutons que le gouvernement et l’état polonais ont érigé un monument sur les lieux du massacre de Jedwabne et présenté leurs excuses à la communauté juive au nom de tout le peuple polonais pour ce massacre fou de juifs polonais par des citoyens polonais en plein génocide allemand des juifs d'Europe.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Mais les plaies sont encore en partie ouvertes. Je reviendrai sur cette question, notamment sur l'image que donne de la population des campagnes polonaises le très long film célèbre, incontournable et si prenant de Claude Lanzmann &quot;Shoah&quot; sur l’extermination des juifs d'Europe par les Allemands.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;Philip&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;*****&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Photo 3&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; &lt;img id=&quot;media-1780473&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/02/01/387268995.JPG&quot; alt=&quot;P5280098.JPG&quot; width=&quot;334&quot; height=&quot;221&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Cher&amp;nbsp; Philip,&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;Jedwabne n'a pas eu lieu &quot;en plein génocide allemand&quot;. Car ces exterminations du début de juillet 1941 ont suivi de quelques jours l'arrivée de l'armée allemande sur un territoire occupé par l'Armée Rouge depuis la fin de septembre 1939.&lt;br /&gt;La méthode était incroyablement artisanale, car on y enfermait les Juifs dans des granges en bois à la toiture de chaume , qui ensuite étaient incendiées. La Shoah par balles a commencé après ces premières expériences.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; A la date de juillet 1941, personne en Pologne ne pouvait deviner qu'il y avait un projet génocidaire: la seule chose connue de la résistance était la fermeture des ghettos de quelques grandes villes et la misère matérielle à l'intérieur de ces grands ghettos fermés. La résistance polonaise ne connaissait que les premières manifestations de l'épuisement par les maladies dues à la malnutrition.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; En revanche, dans les campagnes occupées par les Allemands depuis septembre 1939, à la date de juillet 1941, les Juifs n'étaient pas encore enfermés. Ainsi, j'ai sous les yeux un texte sur la petite bourgade de Miechow, qui se trouve à mi-chemin entre Cracovie et Kielce: on y écrit que la création du ghetto date de février 1942. Il en était de même plus à l’Est, comme à Łomazy par exemple.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Il y a effectivement beaucoup de choses à dire sur l'image des campagnes polonaises créée par Shoah de Lanzman. La première fois que j'avais vu le film dès sa sortie en France, je suis sortie sans attendre la fin de la première séance de 4 heures, tant j'étais excédée par la façon perverse de conduire les interviews et le subtil décalage entre image/traduction et le sens réel des propos des personnes interviewées, tel qu'il sonne réellement en Polonais. Je serais donc heureuse&amp;nbsp; que nous puissions crever cet abcès qui, en France, est une source de savoir tronqué et de certitudes sous forme de clichés d’autant plus vigoureux qu’ils s’appuient sur l’impact&amp;nbsp; de l’image sur les consciences.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Votre dévouée&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Barbara&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;*****&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;A Barbara, de Philip Seelen&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Vos dernières remarques sont importantes et je vous sais gré de corriger mon imprécision langagière. En effet, l'extermination par balles des juifs par les Allemands, prémices puis mode courant et implacable de la mise en oeuvre de &quot;la solution finale&quot; par les troupes de la Wehrmacht, des bataillons de gendarmerie et les SS ne pouvait pas en juillet et août 1941 laisser présager de la folie sanguinaire de la politique raciale allemande.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; La manipulation allemande de l'antisémitisme historique existant parmi des couches de la population des campagnes polonaises, s’ajoutant à l'exploitation par l'occupant de l'émotion suscitée dans la population polonaise par l'accueil chaleureux d'une partie de la population juive polonaise à l'invasion de la moitié est de la Pologne en 1939 par l'Armée rouge, ont favorisé et développé ce climat de haine favorable au déclenchement de pogroms sanglants dont fut victime le peuple juif.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Il est donc important de préciser qu'aucune autorité polonaise constituée et souveraine ne porte une quelconque responsabilité dans ces pogroms. Nous pouvons bien mesurer ici que sur cette question la vérité des faits et l'analyse que l'on fait de cette vérité influencent immédiatement notre perception contemporaine de ces événements tragiques de notre histoire européenne qui nous est aujourd'hui commune à tous.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; *****&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;A Philip Seelen, pour compléter l’information sur Jedwabne&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Le travail des chercheurs polonais actuels a été facilité par le fait que les témoignages écrits étaient nombreux et qu'il suffisait de les soumettre à une analyse:&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; - témoignages de Juifs qui ont réussi à se cacher et à échapper à la mort,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; - témoignages polonais, car tout de suite après la guerre , il y a eu des procès et des peines prononcées contre les acteurs polonais qui avaient fait preuve de zèle à l'égard des volontés allemandes.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; La première chose qui sort de ces témoignages est que les Polonais acteurs qui ont mis le feu aux granges étaient connus dans les environs pour être des délinquants potentiels. Ils ont été incités à passer à l'acte par la promesse allemande qu'ils auraient le droit d'aller piller les maisons vidées de leurs habitants juifs.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; La deuxième chose qui apparaît est que l'Einsatzgruppe nazi qui est arrivée dans la bourgade tout de suite après le passage de l'armée allemande a utilisé des techniques de mise en scène qui manifestement ont été mises au point bien avant juillet 1941, et dont le but était d'anesthésier les sentiments de la population polonaise locale et de déshumaniser la population juive de la bourgade. Les Juifs ont été obligés par les Allemands de mettre leurs habits rituels de cérémonies religieuses et de tourner en rond sur la place centrale en psalmodiant des prières, d'abattre la statue de Lénine qui était au centre de la place depuis la fin de 1939, de nettoyer la place en brossant les pavés. Bref, un spectacle a été organisé par les Allemands pour amuser les spectateurs polonais, au préalable rassemblés par des appels à une réunion publique.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Manipulation de la population polonaise locale est donc bien le mot juste.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Je suis sortie profondément affectée par la découverte de ce qu'on peut faire faire à des humains , après la lecture des deux gros volumes d'articles et de documents publiés par l'IPN vers 2002 sous le titre &quot;W okol Jedwabnego&quot;. Etude de la psychologie des foules et des techniques de manipulation n'avaient manifestement pas de secrets pour les artisans de la construction du pouvoir nazi.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Cordialement,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Barbara&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;*****&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;A Barbara de la part de Philip Seelen,&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; &lt;strong&gt;A PROPOS DES TECHNIQUES DE MANIPULATION DE FOULES ET D'OPINION ...&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Je me suis très tôt intéressé aux techniques de manipulation des esprits et des foules développées par les offices de propagande qu'ils aient été communistes ou fascistes, colonialistes ou impériaux, démocrates ou autoritaires. Après la seconde guerre mondiale les techniques issues de ces officines ont été retravaillées et adaptées pour servir les buts lucratifs de la publicité de masse et de ce qu'on appelle aujourd'hui la publicité ciblée.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Un des exemples récent sur lequel j'ai travaillé, dans le cadre de la production de sens, pour un film témoignant du génocide du peuple tutsi par le peuple hutu au Rwanda, m'a laissé pendant longtemps des sentiments intensément pénibles et a provoqué chez moi une véritable dépression pénible à vivre, surtout après avoir rencontré une&amp;nbsp; victime rescapée et un bourreau ne manifestant aucun esprit de repentir : &quot;C'était eux ou nous et si c'était à refaire&amp;nbsp; je n'hésiterais pas !&quot;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Mon étude, mes lectures ont été psychiquement éprouvantes. La manipulation de l'opinion hutu par les dirigeants racistes de ce peuple&amp;nbsp; a provoqué un des génocide les plus fou du 20ème siècle. Ce génocide a été exécuté principalement à coups de machettes, machettes que les organisateurs du génocide avaient fournies gratuitement par centaine de millier à la population hutue après les avoir massivement importées de Chine Populaire, la production locale de machettes ne suffisant pas à répondre à une telle commande.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Les techniques de manipulation de l’opinion ont été ici effectuées grâce aux tristement fameuses radios-libres hutues, dont la plus connue était &quot;Radio Libre des Mille Collines&quot;. S'appuyer sur les délinquants et les éléments culturellement et intellectuellement les plus faibles de la population hutue pour faire basculer des pans entiers de l'opinion publique du stade d'observateur consentant au stade d'acteur agissant a été une technique que les dirigeants du génocide visant le peuple tutsi ont naturellement reprise de ses célèbres prédécesseurs nazis, staliniens ou de la clique du sinistre Pol-Pot.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Comment nier le caractère humain des futures victimes en ne cessant de les comparer à des porcs ou à des cloportes pour abattre les barrières morales qui peuvent encore retenir le passage à l'acte des populations manipulées par les « génocideurs » ? Une telle question n'avait plus rien de secret pour les speakers des radios-libres hutues.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; *****&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Photo 4&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1782059&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/00/02/1841462537.JPG&quot; alt=&quot;P5070038.JPG&quot; width=&quot;410&quot; height=&quot;307&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;A Barbara et philip de la part de Bertrand&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;Je lis, quoi qu'il en paraisse, avec beaucoup d'attention et de bonheur vos échanges et, ma foi, je trouve que lesdits échanges, sont plus riches que le texte initial, ce qui me remplit aussi d’une certaine fierté.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Le fleuve est toujours plus large que sa source, n'est-ce pas ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Je crois qu'il y a eu un malentendu avec une internaute, laquelle internaute, je pense, ne voulait nullement se montrer désobligeante. Ce malentendu est hélas monnaie courante dès qu'on parle de la Pologne en profondeur. On ne peut rester insensible, même quand c'est la désinformation et les &quot;idées reçues » qui s'expriment. Ce pays ne se comprend que si on l'aime d’instinct, si on a partagé et compris sa terrible histoire et même, si on vit avec et dedans.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Cette attitude dépréciative, je l'ai, hélas, retrouvée chez des polonais eux-mêmes. J’en ai été profondément peiné. &quot; &lt;em&gt;Qu'est-ce que tu fous là, il n'y a rien à faire ici. Quand repars-tu en France&lt;/em&gt; ?&quot;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Ça n'était nullement agressif. Bien au contraire. Profondément amical. Presque protecteur.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Ça n'est pas, pour un Polonais, du moins celui des campagnes que je fréquente, le sens dans lequel s'effectuent d’ordinaire les exils. Ça lui semble contre-nature.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Le poids de la culpabilisation est énorme et, là encore, il faut en tenir pour responsable l’image facile qu’a pu donner la France, l’amie de toujours pourtant, de ce pays.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; L’antisémitisme supposé ou réel des campagnes. J’ai entendu en France, de la part de gens pouvant se targuer pourtant d’une certaine ouverture d'esprit,&amp;nbsp; ce vieux cliché ressorti comme une vérité définitive, et, quoique m’y évertuant, ce fut peine perdue que d’essayer de le démonter comme désobligeant poncif. L’image facile, toujours.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; A ce titre, le film de Lanzmann m'était apparu, dès le début, comme entaché d'une certaine intention. Et il a frappé fort dans les consciences.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; J’ai découvert, au jour le jour en vivant ici, encore plus l’affreuse inexactitude de certains émoignages distribués en pâture facile et sous l'étiquette bien sérieuse de &quot;document historique&quot;. La fameuse image du conducteur de locomotive polonais manœuvrant son train à l’entrée de Treblinka, la tête démesurément extirpée de son engin, a participé, sciemment ou non, à une immonde confusion.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Tout ça pour dire combien ce peuple, en plus d’être martyrisé, a été calomnié, comme si l’ouest voulait se déculpabiliser d’une certaine et coupable défaillance à son égard.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; L’horreur consiste, parfois et en filigrane, à vouloir amalgamer le bourreau et le billot, d’où le titre de mon texte.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Un copain polonais me faisait remarquer hier, que je n’aurais pas dû utiliser dans ce texte le terme &quot;pogrom&quot;. Que pour lui, ce mot désignait les exactions commises par les seuls Polonais.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Je me suis inscrit en faux.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Ce mot est russe et est passé dans la langue polonaise, comme dans la langue française et dans bien d'autres langues encore, pour désigner une action violente contre les ghettos. Comme il a été utilisé pour Kielce ou Radom, il en est donc réduit à ce seul usage. Ce que je peux comprendre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Le sujet est grave et la peine de mon copain était bien réelle.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; J’aimerais avoir votre sentiment, Philip et Barbara, là-dessus et, le cas échéant, rectifier.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Amicalement&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Bertrand&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; *****&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Cher Bertrand,&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Le mot &quot;pogrom&quot; est bien un mot russe. Il contient la racine &quot;grom&quot; qui signifie &quot;tonnerre&quot; et que l'on retrouve dans quelques mots polonais de langue soutenue. Il désigne des actions de violence collective, quand la foule se jetait sur un groupe de juifs désignés comme coupables de quelque vilenie réelle ou imaginaire. Le mot est ensuite passé au Polonais et dans toutes les langues d’Europe. En somme, « pogrom » est un équivalent&amp;nbsp; du mot anglais « lynchage »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Les Polonais en ont quelques-uns à leur actif.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Il y en a eu à la fin de la guerre 1914-1918, à Lviv (Lwow) lors des conflits liés à la reconquête du territoire national polonais. L'écho qu'ils ont eu dans la presse américaine (car beaucoup de Juifs de l'empire russe ont émigré aux USA au 19ème siècle) a été suivi d'une campagne politique qui a eu pour effet que le Traité de Versailles a été accompagné d'un second traité (dit petit traité)sur les droits des minorités nationales dans les états qui sont nés de la décomposition de l'Empire d'Autriche-Hongrie. Ce traité, qui obligeait notamment les nouveaux états à financer des écoles propres aux minorités nationales, a eu malheureusement pour effet de politiser un problème social réel dans le nouvel état polonais, car le parti nationaliste, qui était une force politique assez importante mais insuffisante pour gouverner à elle seule, l'a ressenti comme une insulte à son programme de polonisation de toutes les populations non-polonaises, calqué sur les traditions politiques de la France à partir de la Révolution de 1789.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Lors de l'assassinat de&amp;nbsp; Gabriel Narutowicz, premier président de la République de Pologne élu en raison des voix des députés représentant les minorités nationales qui se sont portées sur lui, il y a eu des tentatives de provocation de pogrom à Varsovie.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Puis dans la période 1935-1939, alors que dans les campagnes la grogne montait en raison d’une misère accrue par les effets&amp;nbsp; de la crise économique de 1929, le parti nationaliste a intensifié sa propagande anti-juive,&amp;nbsp; au motif qu'il s'imaginait que l'émigration des Juifs résoudrait tous les problèmes sociaux en Pologne. Il y a eu des bagarres&amp;nbsp; avec les Juifs dans une dizaine de bourgades, où se tenaient les marchés où les paysans venaient vendre leurs produits ou acheter des outils, de la vaisselle, des vêtements, etc... Il faut dire que dans ces bourgades, en général, la population juive constituait la moitié ou parfois plus de&amp;nbsp; la&amp;nbsp; population, qu’elle entretenait pieusement son altérité culturelle et tenait presque tous les commerces. Ces bagarres&amp;nbsp; surgissaient en général à la fin de la journée de marché qui se déroulait dans une atmosphère tendue de boycott&amp;nbsp; organisé des échoppes juives. Notons que le parti paysan utilisait des moyens fort différents pour exprimer sa colère : il organisait des grèves et des blocages de routes et il n’y a jamais eu de pogrom dans les localités où l’influence politique du parti paysan l’emportait sur celle des nationalistes.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Barbara&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; *****&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Photo 5&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-1782415&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/00/01/224929184.JPG&quot; alt=&quot;P5070047.JPG&quot; width=&quot;414&quot; height=&quot;310&quot; /&gt;A BERTRAND ET A BARBARA, de la part de Philip Seelen&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; L'extermination des juifs d'Europe par les Allemands, organisée par les nazis et exécutée par les SS et par des soldats allemands ordinaires, qu'on appelle communément la &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;Shoah&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; ne peut être assimilée à un pogrom ou être nommément désignée comme telle.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; L'utilisation de « pogrom » pour désigner le massacre de &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;Ł&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;omazy partie intégrante de ce que l'on appelle aujourd’hui &quot;La Shoah par balles&quot; est inappropriée. L'exécution massive de juifs de l'Est européen qui débuta juste après le déclenchement de l'invasion de la Russie par la Wehrmacht et avant la construction des camps d'extermination, c'est à dire de juillet 1941 à l'automne 1942, ne peut être assimilée à un pogrom. Il s’agit des opérations du début du génocide.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Les pogroms liés à la tragique histoire de l'antisémitisme russe et européen, dont le mot fini par entrer dans le langage courant, ne peuvent être confondus avec le génocide planifié commis par les allemands. Les pogroms n’ont jamais eu pour but l’annihilation d’une population entière.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Je peux donc comprendre, Bertrand, la réaction de ton interlocuteur polonais. Les pogroms impliquant des Juifs et des Polonais, ou des Juifs et des Russes par exemple, même s'ils font plusieurs centaines de victimes, ne sont pas&amp;nbsp; assimilables au génocide planifié par les allemands. Ceci est d'autant plus valable pour le massacre de &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;Ł&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;omazy où les allemands et leurs auxiliaires Hiwis jouent les rôles déclencheurs et exécuteurs du massacre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Dans le cas de Jedwabne soulevé par Barbara, là non plus on se saurait parler de pogrom dans la mesure où les Agents allemands organisent, et financent les massacres en assurant d'avance les protagonistes de pouvoir impunément se payer sur les biens des victimes, argent, or, objets, et maisons.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; &lt;strong&gt;MASSACRE PAR BALLES DE BABI YAR&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; C'est le 28 septembre 1941 qu'eut lieu le plus &quot;célèbre&quot; des massacres de &quot;la Shoha par balles&quot;. Des soldats allemands, membres de l’Einsatzgruppe C (groupe mobile d'extermination), assistés par d’autres unités des SS et de la police allemande et par des auxiliaires ukrainiens, exécutèrent par petits groupes plus de la moitié de la population juive de Kiev au lieu-dit Babi Yar, nom d’un ravin situé au nord-ouest de la ville. Il s’agit de l’un des plus importants meurtres de masse perpétrés au cours de la Seconde Guerre mondiale.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; D’après les rapports de l’Einsatzgruppe C à l’état-major, 33 771&amp;nbsp; Juifs furent massacrés en deux jours. Au cours des mois qui suivirent, les autorités de allemandes stationnées à Kiev organisèrent au même endroit l’assassinat de milliers d’autres Juifs et non-Juifs, parmi lesquels des Tsiganes, des communistes et des prisonniers de guerre soviétiques. Au total, on estime que 100 000 personnes environ ont été assassinées à Babi Yar.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Le massacre de Łomazy est donc de la même nature que celui de Babi Yar. Tout ceci n’a donc rien d’un pogrom.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Bien à vous,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Philip Seelen&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;*****&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Cher Philip,&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;J'entends bien à propos du terme &quot;pogrom&quot;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Cependant - et je viens à l'instant d'en rediscuter avec lui - l'ami polonais faisait quand même l'erreur de lire &quot;&lt;em&gt;pogrom&quot;&lt;/em&gt; comme un mot exclusivement polonais, réservé aux violences de Polonais contre des Polonais.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Je comprends bien, et sa réaction, en tant que Polonais, l'honore.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Il craignait donc que, par ce mot utilisé dans mon texte, le massacre de Łomazy soit lu par d'autres avec sa lecture, à lui, du mot. Me connaissant bien, il ne doutait nullement de ma pensée et de mes intentions, mais d'une utilisation fautive du terme.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; On ne sera jamais assez précis sur le sujet et il a, finalement, bien fait de m'interpeller sur la question, à laquelle Barbara et toi avez répondu avec la clarté qui vous caractérise.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Amitié et fraternité&amp;nbsp; à vous deux.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt; Bertrand&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <name>Bertrand REDONNET</name>
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      <updated>2012-05-02T09:06:31+02:00</updated>
      <published>2012-05-02T09:06:31+02:00</published>
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              <summary>   Les oiseaux migrateurs, ces grands bohémiens des ciels d'équinoxes, ont...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3563963&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/00/00/897597271.JPG&quot; alt=&quot;1.JPG&quot; width=&quot;356&quot; height=&quot;237&quot; /&gt;Les oiseaux migrateurs, ces grands bohémiens des ciels d'équinoxes, ont cela de plus - ou peut-être de moins, - sur les hommes en exil, qu’ils savent que leur errance&amp;nbsp; est un éternel retour.&lt;br /&gt;Même si plus d’un, &lt;em&gt;l’’aile rompue et du sang plein les yeux, mourra,&lt;/em&gt; ils savent que le leitmotiv des saisons qui chavirent les ramènera au point d’un éternel départ.&lt;br /&gt;Ils naviguent entre les nuages et sur un&amp;nbsp; demi-cercle du temps et de l’espace.&lt;br /&gt;Perchés sur les bosquets de la Pologne orientale, à quelques coups d’ailes des&amp;nbsp; steppes de la Russie, se souviennent-ils des rivages ocre jaune de l’océan ou de la luxuriance d’une forêt tropicale&amp;nbsp;? Se rappellent-ils ces climats comme des ports d’attache ou comme les points de chute d’un exode pour la survie ?&lt;br /&gt;Je peux les regarder et les écouter des heures et ne puis alors éviter de leur prêter mes songes, à des siècles de la critique facile de l’anthropomorphisme, dont je me fous, dans ces instants-là, vraiment. Et mon esprit navigue alors d’eux à moi et aux autres. Aux gens que j’ai croisés et qui de leur vie avaient fait un vagabondage perpétuel, de l’espoir à l’angoisse, du bonheur à la détresse. Comme à ceux, beaucoup plus nombreux, dont le seul horizon, réduit à un point vide d’émotions, tenait lieu de vérité définitive. Ceux qui savent tout et mieux que quiconque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a entre la vie et la vie des passerelles inconnues. Poétiques encore.&lt;br /&gt;J’ai beaucoup de respect pour ces voyageurs ailés, par-delà tous les froids arguments de l’ennuyeuse&amp;nbsp; raison.&lt;br /&gt;J’ai repéré le rouge-queue. Chaque année, il revient en avril et se glisse dans le même tout petit trou de mon vieux bâtiment. Chaque année, il se perche là, sautille là-bas, pérore ici, gazouille plus loin, picore un bourgeon du même sorbier. D’où vient-il et quelle mémoire l’anime&amp;nbsp;? Sa mémoire s’appelle-t-elle paysages ou conservation de l'espèce ?&lt;br /&gt;Mon pays à moi, ce sont d’abord des paysages et un chant. Une langue. Des mots. Douceur et tendre mélancolie. Du vent sur les marais, des peupliers qui frémissent le long de lourds canaux, des livres lus, emportés avec moi ou reçus depuis.&lt;br /&gt;Quand ce sont des hommes, ce n’est déjà plus un pays.&lt;br /&gt;C’est un lieu. &lt;br /&gt;Commun,&amp;nbsp; jusqu’à la «dépoétisation» de l’éternel retour des petits voyageurs posés sur mon jardin.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
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      <title>Domicile fixe</title>
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      <updated>2012-04-30T12:19:22+02:00</updated>
      <published>2012-05-01T09:00:00+02:00</published>
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              <summary>          J'habite en Pologne. Et toi, mon camarade, où&amp;nbsp;habites-tu donc...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2512556&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/00/01/479473598.JPG&quot; alt=&quot;P6030015.JPG&quot; width=&quot;366&quot; height=&quot;243&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;J'habite en Pologne. Et toi, mon camarade, où&amp;nbsp;habites-tu donc ?&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Moi ? Je suis à. Je reste à. Je passe ma vie à.&lt;br /&gt; Passer sa vie.&lt;br /&gt; Voilà donc le verbe&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;qui laisse enfin voir ce qu'il a vraiment dans les tripes, pour peu qu'&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;on tire dessus comme un forcené, qu'on l'allonge au point d'en faire une périphrase translucide.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Passer sa vie.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;C'est depuis ce coin de ciel-là, que j'appréhende le monde. C'est ce micro-mouchoir de poche de la machine ronde que j'occupe de ma présence assidue. C'est là que je passe ma vie.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Non. C'est là que se passe ma vie, plutôt. Moi, j'habite et la vie, elle, elle se joue, jour après jour. Elle va son plus ou moins petit bonhomme de chemin.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; &lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;J'habite là. &amp;nbsp;C'est à dire que j'y dors, j'y mange, j'y pense, j'y aime, j'y ris, j'y pleure, j'y baise, j'y lis, j'y écris, j'y tonds une pelouse, j'y allume le feu, j'y regarde des arbres, &amp;nbsp;j'y reçois quelques amis, je m'y promène... bref, j'y demeure.&lt;br /&gt; Ah, j'y demeure&amp;nbsp;! Verbe statique s'il en est, celui-là, verbe de l'anti-mouvement à l'intérieur d'une foule de mouvements.&lt;br /&gt; Verbe périlleux.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Il y &lt;em&gt;a péril en la demeure&lt;/em&gt; à ce que ce monde de cinoques et de faux-monnayeurs demeure en l'état, par exemple. Il y a grand danger à prendre du retard à bousculer l'ordre des choses...L'expression est bien mal comprise aujourd'hui, la demeure n'y signifiant pas l'habitat, le logis, mais &lt;em&gt;le retard&lt;/em&gt;, selon le premier sens latin.&amp;nbsp; Demeurer, c'est bien prendre du retard, qu'on le veuille ou non. &lt;em&gt;C'est reculer que d'être stationnaire,&lt;/em&gt; disait une vieux cantique anar. Tant et si bien que si, intellectuellement, on prend trop de retard, on finit, voire on demeure, demeuré.&lt;br /&gt; Rien à voir avec habiter, cette demeure-là...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;J'habite un pays froid comme le ventre du glacier l'hiver et chaud comme les entrailles de l'enfer l'été. Il n'y a cependant pas péril en la demeure à ce que j'y reste.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt; C'est là que je suis. Et quand je dis ça, je ne réponds pas à la question &lt;em&gt;tu es où&amp;nbsp;?&lt;/em&gt; mais à la question&amp;nbsp; &lt;em&gt;tu es comment&amp;nbsp;?&lt;/em&gt;. Il y a de l'habit étymologique là-dessous, même si la racine fondamentale de l'habit et d'habiter diverge... C'est quand même cousu de fil blanc. L'habit, au sens premier, c'est bien la manière d'être, avant de muer en vêtement d'ecclésiastique, un vêtement qui ne faisait pas le moine pour autant, à ce qu'il paraît.&lt;br /&gt; L'habitat. Une façon d'être.&amp;nbsp; Si on voulait vraiment &amp;nbsp;se faire bien épouser le monde et ses mots - qui lui sont ce que la note est à la mélodie - on devrait faire de ce verbe un verbe d'état, un verbe de &lt;em&gt;l'essence.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Il habite à Lyon, il habite à Bruxelles, il habite à Nantes... Lyon, Bruxelles et Nantes, &amp;nbsp;attributs du sujet «il». Car il n'y a pas d'action là-dedans, messieurs de la grammaire&amp;nbsp;! Le complément de lieu est passé, il était dans la décision, le déménagement, le trajet, la mutation, que sais-je encore ? D'ailleurs, quand&amp;nbsp; on habite vraiment, on&amp;nbsp; n'habite jamais un complément, voyons. Ou alors un complément de soi.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;J'habite&lt;/em&gt;... C'est une de mes définitions. Ça me qualifie. &amp;nbsp;Je suis habitant, pas habité... Ah, là, ce serait tout autre chose&amp;nbsp;!&lt;br /&gt; Et voyez que dès qu'on veut faire d'un verbe d'état un verbe d'état, il y a redondance fâcheuse. Il ne supporte pas la forme passive,&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;alors il se rebelle&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;et de son sujet&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;fait&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;un soumis, un aliéné, un irresponsable.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Je suis habité par l'angoisse, par le remords, par la honte, par le désir. Je suis aux prises avec ma névrose, je suis hanté par... &lt;br /&gt; Dans les cas extrêmes hallucinés, &amp;nbsp;par le Diable.&amp;nbsp; Satan m'habite&amp;nbsp;!&lt;br /&gt;Y'a vraiment pas d'quoi.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
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      <title>Pauvres</title>
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      <updated>2012-04-30T12:02:27+02:00</updated>
      <published>2012-04-30T12:00:00+02:00</published>
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              <summary>    Les pauvres ont perdu toutes leurs guerres et toutes leurs révolutions du...</summary>
      <content type="html" xml:base="http://lexildesmots.hautetfort.com/">
          &lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3525054&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/02/02/3850970483.jpg&quot; alt=&quot;littérature&quot; width=&quot;266&quot; height=&quot;199&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; color: #000000; font-size: medium;&quot;&gt;Les pauvres ont perdu toutes leurs guerres et toutes leurs révolutions du simple fait qu’ils ne se sont battus jusqu'alors que pour ne plus être des pauvres.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; color: #000000; font-size: medium;&quot;&gt; Misère morale, fille légitime de la misère économique : ils projetaient tout &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;bonnement de se rayer de la carte.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt; Et leurs vainqueurs l'ont toujours su. Qui, sans la brutalité des fusils, les ont gentiment collés au mur de l‘accession à&amp;nbsp; la propriété et derrière le rideau noir d'un isoloir. Des pauvres un peu riches. Ou des riches un peu pauvres.&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Des serfs un peu affranchis ou des affranchis un peu serfs... &lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; Un pauvre qui ne se rebelle que par sa pauvreté est déjà un riche dans sa tête. Un&amp;nbsp; salopard social en puissance. Un salaud qui souffre de n'avoir pas les moyens d'en être un. &lt;em&gt;&lt;/em&gt; La moindre augmentation de son pouvoir d'achat se confondra vite dans sa tête avec l'achat d'un peu de pouvoir.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;Une éponge.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; color: #000000; font-size: medium;&quot;&gt; Oh ! Ne lui confiez jamais, à celui-là, la tourmente désespérée de vos rêves les plus humains ! Il la vendrait au premier offrant qui passerait.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; color: #000000; font-size: medium;&quot;&gt; C'est d'ailleurs ce qu’il advint - en grande partie - aux poètes de toutes les mutineries, pas assez poètes et pas assez mutins, jusqu'à enrubanner leurs rimes dans les plis d’un drapeau. Passeport pour toutes les trahisons&amp;nbsp;: un drapeau dans ses plis a toujours en réserve une salve pour ceux qui ne veulent pas saluer&amp;nbsp;! &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;Quand on ne se bat que pour la richesse de sa survie, on ne se bat que pour la pérennité d'une pauvre vie.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;La mutinerie sociale, la révolte par-delà la pauvreté, n’a ni cause ni drapeau.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt; Elle est pauvre et le luxe de son toit, avec ses trous béants, laisse passer la froideur des étoiles jusqu’à sa table de chevet&lt;/span&gt;. Pour le reste, &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;C'est-à-dire pour le directement visible et l'impossible à toucher, il y a les syndicats.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; color: #000000; font-size: medium;&quot;&gt; Un rebelle pauvre et qui s’en fout de cette condition-là, qui n'envie pas la soie où pètent ses ennemis, leur fait peur. &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: medium;&quot;&gt;Parce qu'il &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;se bat pour quelque chose qu'eux-mêmes&amp;nbsp; ne possèdent pas.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;Il ne sera donc jamais vaincu.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: medium; font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; Ou alors que par lui-même.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; color: #000000; font-size: medium;&quot;&gt; Un jour de trop lourde mélancolie, peut-être.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
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      <title>Aimer faire ce que l'on fait</title>
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      <updated>2012-04-30T12:04:43+02:00</updated>
      <published>2012-04-28T08:17:00+02:00</published>
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                              <summary>   Une fois n’est pas coutume, j’ai envie de vous parler de ce que je vais...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium; color: #000000;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3557148&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/00/02/2054315190.jpg&quot; alt=&quot;Deux.jpg&quot; /&gt;Une fois n’est pas coutume, j’ai envie de vous parler de ce que je vais faire, à peu près, de ma vie ce week-end. Ceci dit, je ne suis pas certain que le sujet soit de nature à vous follement intéresser, mais bon… Ecrire, n’est-ce pas&amp;nbsp; surtout satisfaire - partiellement du moins - &amp;nbsp;une envie&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;Tout d’abord,&amp;nbsp; je ne suis absolument pour rien dans ce qui se prépare : il va faire très beau et même très chaud, aux alentours de 30 degrés. &amp;nbsp;Il y a deux mois, il faisait également 30 degrés, mais dans la partie &lt;em&gt;congélateur&lt;/em&gt; du thermomètre.&lt;br /&gt;Le ciel sera donc vide et bleu au-dessus des verdures premières, et il y aura certainement un léger vent, du sud, qui aura pris naissance sur les rivages de la mer noire. Je regarderai ces paysages à angle plat entrecoupés par la forêt. Il y aura du silence, du beau silence&amp;nbsp;; je serai à des années-lumière des préoccupations tapageuses du monde, notamment de celles de mon pays, qui est en train de se mordre la queue et qui, &lt;em&gt;in fine&lt;/em&gt;, d’une colline mille fois fouillée ne sortira qu’à peine une souris.&lt;br /&gt;Dans les grands bouleaux que la sève fait frémir, je guetterai le loriot. Je ne l’ai pas encore entendu. Il me tarde. J’aime cet oiseau, son chant, son habilité à se camoufler, son jaune et noir, une plume pour l’anarchie, une autre pour l’opprobre.&lt;br /&gt;Je ferai tout ça en finissant de fendre mon bois. Du pin qui sent bon la résine, le jus de la forêt. Car il ne faut jamais perdre de vue le soleil&amp;nbsp;: s’il monte en ce moment, pris d’une mégalomanie de lumière, je sais bien qu’il déchoira, emporté par son élan, fusillé par le grand basculement des choses et qu’un jour, les arbres se remettront à geindre sous des griffes gelées. Il faudra alors suppléer son absence par de grands feux. J’aime cette idée de travailler sous le soleil pour un temps où il ne sera plus qu’un sourire falot des &amp;nbsp;horizons en déclin. J’ai toujours aimé savoir comment je n’ai pas froid. Je n’ai jamais supporté ces maisons et ces appartements dans lesquels on ne voit pas la source de chaleur, sinon par un immonde tuyau ou un radiateur vissé au mur, laid comme le cul des chiens. La chaleur, ça a, ça doit avoir, quelque chose d’esthétique. D'humain. Sinon, c’est froid. Ça ne chauffe que la peau.&lt;br /&gt;Je travaillerai donc pour construire de la chaleur à venir.&lt;br /&gt;Et quand je serai fatigué ou quand descendront les ombres, je lirai. Je continuerai ma lecture d’une écriture colossale, qui m’emporte et me fait frémir. C’est un livre impromptu, tombé dans ma boîte aux lettres cette semaine. Un livre que j’avais lu dans ma jeunesse, enfin, non, vers quarante balais je crois, un livre qu’on m’avait offert à Paris. &lt;em&gt;La Gana&lt;/em&gt;, Fred Deux, alias Jean Douassot. C’est sous pseudonyme que Maurice Nadeau avait publié le livre en 1958. La réédition de George Monti, 2011, est établie, elle, sous&amp;nbsp; le nom véritable de l’écrivain.&lt;br /&gt;Je lirai et je fendrai du bois.&lt;br /&gt;Je suis sûr que le loriot viendra.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;Illustration : Fred Deux, photo empruntée à &lt;a href=&quot;http://www.letempsquilfait.com/Pages/Pages%20livres/Page%20nouv.555.html&quot;&gt;Georges Monti&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; color: #000000;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
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      <title>Quand le ciel nous tombait sur la tête</title>
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      <updated>2012-04-26T16:16:49+02:00</updated>
      <published>2012-04-27T08:00:00+02:00</published>
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              <summary>      Enfant, je n'aimais pas l'été.    Je n'ai jamais aimé l'été. Je n'ai...</summary>
      <content type="html" xml:base="http://lexildesmots.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2284475&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/02/00/1322187415.jpg&quot; alt=&quot;arbre.jpg&quot; width=&quot;372&quot; height=&quot;274&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;Enfant, je n'aimais pas l'été.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; Je n'ai jamais aimé l'été.&lt;br /&gt;Je n'ai jamais aimé ces jours qui s'essoufflent, sans une ombre, qui sont inondés de sueur et qui n'en finissent pas de rattraper les pénombres rafraîchissantes du crépuscule.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; Avec des insectes et des midis éblouissants,&amp;nbsp; des couleurs fatiguées et des longs mois d'oisiveté.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; J'avais bien des livres mais, passés les flonflons du quatorze juillet, ils étaient déjà tous engloutis, sans que j'en apprécie peut-être tous les charmes littéraires à leur juste valeur, du moins ceux que les auteurs voulaient&amp;nbsp; y faire goûter, mais un livre a bien des niveaux de lecture, presque autant qu'il y a de saisons dans la vie d'un lecteur.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; Notre Dame de Paris et Les Misérables, Les Trois Mousquetaires et La Tulipe Noire, les Jules Verne et autres Loti sont passés à la trappe de mes appétits de lecture au milieu des champs, à surveiller un chétif troupeau. Plus tard, Julien Sorel et Fabrice Del Dongo &lt;em&gt;ont gardé les vaches&lt;/em&gt; avec moi. Le Grand Meaulnes aussi, bien sûr, et François le Champi,&amp;nbsp; mais ils y étaient plus à leur place que les deux autres.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; Ça relevait plus de leur condition.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; D'ailleurs, je n'aimais pas le quatorze juillet. Je n'aimais pas ses drapeaux qui pavoisaient, ses roulements de tambour et ses trompettes qui sonnaient, ses feux d'artifice que je voyais de loin colorier le ciel de la nuit et ses sourdes détonations qui ressemblaient plus aux explosions d'une guerre qu'aux pétarades d'une joyeuse commémoration. Tout ça m'évoquait aussi la montée d'un orage.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; Ma mère disait qu'avec leurs âneries patriotiques, ces cons-là détraquaient le temps, énervaient les nuages et faisaient venir le tonnerre. C'était presque vrai : peu après la prise de la Bastille, le ciel était souvent pris de folie incendiaire.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; L'orage m'épouvantait. Le ciel me tombait dessus.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; L'orage vrai ou putatif. Car mon angoisse naissait dès que l'air devenait un peu plus lourd, que les nuages noircissaient sur l'horizon des prairies, que les hirondelles à toute vitesse rasaient les chemins poussiéreux, que les vaches d'ordinaire si placides humaient l'air tiède de leurs naseaux inquiets et se mettaient soudain à courir et à sauter avec force ruades, la queue ridiculement levée, éperdues, piquées jusqu'au sang par des mouches et des taons vampirisés.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; Par une bourrasque tiède, sèche et très brève, il arrivait que la menace tournât en vent, arrachant des bouquets de feuilles toutes vertes qui montaient en tourbillons, très haut dans le ciel. Puis tout redevenait calme. On disait, en tordant la bouche et en reniflant un grand coup pour faire le gars qui s'y connaît, qu'il avait dû éclater là-bas ou bien là-bas, sur tel ou tel autre village. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; J'en étais quitte pour une frayeur... jusqu'aux prochains nuages, chauds et noirs.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; Et quand la tourmente éclatait vraiment, je sombrais dans l'horreur. Ma mère fermait les volets, se cachait sous la table ou plongeait au fond de son lit, sous les draps et les couvertures, poussant des gémissements d'effroi à chaque déflagration.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; Les éclairs nous faisaient tressaillir et en claquant des dents nous comptions les secondes qui menaient jusqu'au fracas des cieux. Un kilomètre pour une seconde. Si nous n'avions pas le temps de compter jusqu'à un, l'épouvante nous arrachait des cris de suppliciés. Le monstre était là, accroupi sur notre toit et allait tout passer par les flammes.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; La cheminée si chérie, autel adulé des soirs d'hiver autour duquel nous disposions les chaises en demi-rond, n'était plus qu'une gueule béante et noire d'où allait surgir l'enfer. Forcément, la foudre et son magma allaient s'engouffrer par là.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; Nous allions tous griller comme des gorets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;Je n'aimais vraiment pas l'été.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le silence des chrysanthèmes (2006)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: small;&quot;&gt;Image : Philip Seelen&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
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      <title>Texte vain</title>
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      <updated>2012-04-26T10:25:37+02:00</updated>
      <published>2012-04-26T10:22:00+02:00</published>
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              <summary>  Ce texte avait déjà été mis en ligne en janvier 2011. Je le remets...</summary>
      <content type="html" xml:base="http://lexildesmots.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;Ce texte avait déjà été mis en ligne en janvier 2011. Je le remets aujourd'hui parce qu'il me semble en avoir lu l'idée principale, en d'autres termes exprimée, sur un blog ce matin. Un blog ex-ami et qui, en catimini, besogne pourtant à faire allusion critique à certaines de mes prises de position récentes. Comme quoi la surbrillance originale de certaines convictions affichées n'a parfois d'original que cette surbrillance.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3555379&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/00/00/820471613.JPG&quot; alt=&quot;littérature&quot; width=&quot;333&quot; height=&quot;249&quot; /&gt;La seule chose qui vaille la peine d’être vécue, constitue une tautologie&amp;nbsp;: la vie.&lt;br /&gt;Hé ben, me direz-vous, en voilà une vérité définitive et ingénue&amp;nbsp;! Faut vraiment ne plus savoir trop quoi mettre sur son blog pour en arriver à y afficher de telles banalités !&lt;br /&gt;Vous vous dites cela&amp;nbsp;? Passez votre chemin, je vous prie, ne perdez pas un temps qui vous est sans doute précieux et que vous ne maîtrisez sans doute plus depuis longtemps déjà.&lt;br /&gt;Vous vous dites, oui, je suis d’accord avec vous, et après&amp;nbsp;? Restez un moment, je vais vous dire quelques poncifs qui n’en sont plus. Pas des leçons, non, je ne connais pas de leçons pour n'en avoir jamais apprises par coeur. Mes tripes, c’est tout. Ce sont elles qui commandent à ma tête. Une tête, ça triche, ça a une stratégie, séductrice ou destructrice. Les tripes, beaucoup moins. C’est pour cela que depuis longtemps, longtemps, on n’écrit plus qu’avec sa tête. A de rares exceptions près. &lt;br /&gt;Mais d’abord, écoutez une seconde les bribes indécentes du brouhaha du monde&amp;nbsp;: on s’interpelle, on s’invective, on déclare, on jure, on s’énerve, on propose, on dit, on écrit, on s’indigne, on critique, on se branle l’esprit, on pleurniche, on montre des dents de lait qu’on voudrait bien faire passer pour des dents de loup, on ment, on fait semblant, on répète des phrases, on plagie des discours éculés, on… &lt;br /&gt;Mais laissons là cette bouillie pour chats&amp;nbsp;! Revenons bien vite à la vie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;La vie humaine a commencé son véritable déclin vers les tombeaux de la momification - disons que son déclin s’est dramatiquement accéléré à cette époque- après la véritable fin du néolithique, dans les années soixante du XXe siècle. Depuis, nous n’avons fait que nous éloigner de nous, nous nous sommes dit &lt;em&gt;au revoir&lt;/em&gt; en quelque sorte, nous avons pris congé de notre &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;humaine &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;condition, nous avons brisé le cou à ce qu’il nous restait d’authenticité, pour épouser le destin grandiose des sociétés.&lt;br /&gt;Dans de véritables groupements humains, l’individu vivrait en indompté, ce qui, à part pour les imbéciles et les thuriféraires de la politique - de tous bords et même des apparences extrêmes - n’exclut ni l’amour libre et fraternel, ni la solidarité, ni l’affection, ni le désir et le plaisir d’être ensemble, ni la joie de jouir de tout.&lt;br /&gt;C’est la recherche de cette sauvagerie fraternelle et primaire qu'il faut mener. Tout homme qui critique la société des hommes et ses maux sans mettre au centre de sa préoccupation sa solitude sauvage, individuelle, initiale, ce magma de désirs et d’émotions qu'il porte &lt;em&gt;constitutivement&lt;/em&gt; en lui, est un dangereux félon qui participe, tout comme les adversaires qu’il semble combattre, à l’enterrement pur et simple de la vie.&lt;br /&gt;Regardez et écoutez autour de vous&amp;nbsp;: quel courage voyez-vous poindre qui ramènerait l’individu sur le devant de la scène humaine, sous les feux de la rampe, sous la poésie du ciel et de la terre, vers le bonheur d’exister&amp;nbsp;? On ne vous parle que d’épiphénomènes grossiers, d’injustices,&amp;nbsp; de pauvres et de riches, que de travailleurs et de chômeurs, que de lois qu’il faudrait faire pour... On ne vous propose que des solutions sociétales, parmi lesquelles, horreur&amp;nbsp;! honte abominable ! dégoût ! la pire des aliénations, la pire des insultes jamais faite à la vie et présentée comme un bonheur&amp;nbsp;: le travail&amp;nbsp;! &lt;em&gt;&lt;br /&gt;On va taper sur les riches&lt;/em&gt;&amp;nbsp; ! qu'on s'égosille, pour que les pauvres soient un peu moins pauvres, &lt;em&gt;on va faire ça,&lt;/em&gt; &lt;em&gt;on va faire ci&lt;/em&gt;…&amp;nbsp; Entendez-vous une fois seulement les mots &lt;em&gt;vie&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;individu&lt;/em&gt;, dans tout ça&amp;nbsp;? Entendez-vous &lt;em&gt;poésie de vivre&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;désir de respirer for&lt;/em&gt;t, &lt;em&gt;envie d’aimer&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;jouissance&lt;/em&gt; ? Non&amp;nbsp;? Alors, laissez dire…Ne rajoutez pas au brouhaha stupide une once de brouhaha, aux caquètements de la basse-cour claudicante un énième caquètement boiteux… Quand la Camarde viendra vous chuchoter à l'oreille, avec sa bouche glacée et la puanteur de ses haleines&lt;em&gt;, hé, c’est l’heure, faut plier bagages, les ténèbres t’attendent&lt;/em&gt;, qu’en aurez-vous à faire du devenir et du passé des sociétés ? Votre peur sera alors individuelle, féroce. Vous n’aurez connu que ça de votre individu&amp;nbsp;: la dernière peur, atroce, solitaire, désespérée, impuissante, sans jamais n’avoir eu accès à la moindre jouissance de votre personne.&lt;br /&gt;N’est-ce pas là l’injustice suprême, résultante de la bêtise la plus crasse&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;Alors, quand vous entendez critiquer le monde, si vous ne voyez poindre dans cette critique aucune exigence de la grandeur individuelle, foutez le camp en crachant par terre&amp;nbsp;: l’opinion dénuée de courage ne parle que de la société, ne parle que des autres, &lt;em&gt;c’est de la faute à&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;ce sont de méchants voyous&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;qui&lt;/em&gt;…. jamais des exigences enfouies dans l’individu et chaque seconde bafouées!&lt;br /&gt;Ce sont ces exigences de vivre en homme, en individu, qui sont pourtant les seules exigences de nature à détruire l'absurdité des sociétés où l’humain s’est dilué.&lt;br /&gt;C’est la raison pour laquelle on ne vous en parle jamais, de ces exigences si simples. Parce qu’on a des intérêts sournois à la pérennité de ces sociétés qu'on fait mine de vilipender ! Et parmi ces intérêts sournois, le pire est sans doute celui, jamais avoué concrètement, du désir cadavérique d’être pris en charge par un Etat, des lois, une famille de l'ennui, des amours sans passion, un travail, trois ou quatre sous, et toutes les formes du bonheur tributaire, pareil à celui du mouton respirant la chaleur épaisse du troupeau.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Georgia','serif';&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Tout ça, hélas, n’est peut-être que du pipeau, de la profession de foi, du cantique, de l’écriture encore&amp;nbsp;: la crasse qui recouvre le monde est d’une telle vieillesse, qu’elle en est une croûte épaisse, solide, difficile à briser, impossible peut-être, eu égard au stade de déliquescence où en est parvenue la volonté de vivre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Georgia','serif';&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt; La pensée dite révolutionnaire est tellement malade de ses propres défaites et fantasmes que les véritables mutins seront forcément des mutants.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Georgia','serif';&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Et ce ne sont pas tant les pouvoirs et les apologistes de ces pouvoirs qui ont brisé la volonté et consolidé notre linceul, que la fausse et pleutre critique du monde. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Comme le disait, en substance, Lissagaray dans la préface de son &lt;em&gt;Histoire de la Commune : &lt;/em&gt;la fausse critique est criminelle parce que semblable aux fausses cartes qu'un géographe assassin fournirait à des navigateurs.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
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      <title>L'extrême-droite en France : une pantomine au service de tous</title>
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      <updated>2012-04-25T15:56:36+02:00</updated>
      <published>2012-04-25T12:46:00+02:00</published>
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              <summary>   A mon sens, il faut d’abord comprendre l’histoire de l’extrême-droite en...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3554007&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/00/02/972670289.jpg&quot; alt=&quot;le_pen_sarkozy.jpg&quot; width=&quot;379&quot; height=&quot;268&quot; /&gt;A mon sens, il faut d’abord comprendre l’histoire de l’extrême-droite en France depuis les années 60, savoir d’où elle vient et les objectifs qu’elle poursuit, avant de se lancer dans tout commentaire qualitatif sur ses succès électoraux depuis 1986, dont le dernier aurait eu lieu dimanche 22 avril, sous les yeux effarouchés des démocrates frileux et ceux triomphants des nostalgiques atrabilaires des &lt;em&gt;Camelots du roi&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;Le Front national est né d’un mouvement que nous connaissions bien lors de nos affrontements de jeunesse sur les campus des années 70, &lt;em&gt;Ordre Nouveau&lt;/em&gt;. Ce groupuscule violent, - mais pas plus que nous autres situés à l’autre bout de la galaxie de l'idéologie révolutionnaire, bien au-delà du PCF, du PS et même des lénifiants trotskystes- souvent armé de barres de fer et autres frondes, se distinguait d’abord par le courage convaincu dont faisaient montre ses membres, n’hésitant pas à trois ou quatre seulement - je m’en souviens très bien - pour venir provoquer de leurs saluts nazis des assemblées entières où grouillaient des centaines et des centaines de gauchistes de tout bord, certains brandissant le drapeau rouge du stalinisme à la Mao ou du trotskysme emberlificoté, d’autres le drapeau noir du romantisme anarchiste, d’autres le drapeau noir et rouge de l’anarcho-syndicalisme espagnol, et d’autres encore, sans drapeau mais le verbe acerbe de la théorie situationniste aux lèvres ; ma sympathie, sinon mon appartenance, allant à ces derniers.&lt;br /&gt;Disons que c’est dans leurs maigres mais fort joyeux rangs, que je comptais quelques valeureux amis, que j'ai gardés pendant des décennies.&lt;br /&gt;Plus tard, la frénésie des A.G s’étant apaisée et le souffle de la révolte perdant de son enthousiasme, chacun est devenu apparemment ce qu’il était essentiellement. La plupart laissèrent en route leurs fougues pour finir au PCF ou, dans le pire des cas, au parti socialiste, d’autres, au contraire, continuèrent la bataille en apaches isolés, avec coups reçus, défaites cuisantes, enfermements psychiatriques ou cellulaires à la clef, marginalisations et, &lt;em&gt;aussi&lt;/em&gt;, quelques victoires non spectaculaires engrangées.&lt;br /&gt;De ces victoires de l’ombre qui permettent de rester propre et debout. Même avec soixante printemps au compteur. Victoire essentielle, également, pour n’avoir jamais cédé un pouce de soi-même à l’organisation de la non-vie. Victoire et, forcément, défaite totale sur le plan de la réussite sociale, cela irait sans dire si certains phraseurs-bloggueurs d’aujourd’hui, peinardement installés dans le coton du salariat systémique et dont, peut-être, les seules luttes vaillantes ont été menées en vue de l'obtention de promotions internes, n’avaient pas la prétention de venir nous donner la leçon.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;Mais revenons aux assemblées post-soixante-huitardes&amp;nbsp;: quand tout ce beau monde s’est dissous, le combat d’&lt;em&gt;Ordre Nouveau&lt;/em&gt;, lui, semblait devoir finir faute de combattants. Dans la pensée de ses quelques dirigeants, le moment était donc venu de sortir des caves de la subversion pour venir affronter le monde sur son propre terrain, celui de la politique.&lt;br /&gt;Ainsi ces dirigeants partirent-ils à la pêche au notable fascisant, capable de leur assurer une aura et une sorte de légitimité sur la scène politique.&lt;br /&gt;Alain Robert et François &lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Brigneau&lt;/span&gt;, chefs d’&lt;em&gt;Ordre Nouveau&lt;/em&gt;, repèrent alors un certain Jean-Marie Le Pen. Un poujadiste, un ancien député de la IVe république qui a abandonné son mandat pour partir combattre en Algérie. Un para qui est revenu de ce combat honteux avec une réputation de tortionnaire et de brutalité. Tout cela fait bien leur affaire. Leur intention est d’en faire un homme de paille, une potiche, un drapeau, et d’accéder ainsi à la voix publique sous son couvert.&lt;br /&gt;C’était mal connaître le bonhomme. De son propre aveu&amp;nbsp;: &lt;em&gt;cela ne m’intéressait pas de parader à la tête d’un groupe de jeunes gens énervés.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Son ambition est de fonder un grand parti à la droite de la droite. L'homme est un pragmatique et il phagocytera tout le monde, après que le gouvernement eut interdit en même temps &lt;em&gt;la Ligue communiste&lt;/em&gt; &lt;em&gt;révolutionnaire&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Ordre Nouveau&lt;/em&gt; pour leurs affrontements, bénis par le stratège Le Pen,&amp;nbsp; à la Mutualité en 1973.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;L’auteur du premier programme du Front National est alors un jeune loup, aujourd’hui ministre de Sarkozy, ministre de la défense, excusez-moi du peu&amp;nbsp;: Gérard Longuet, plus tard compromis dans des affaires de haute corruption… Dans cette mouvance de jeunes fascistes, venue d’&lt;em&gt;Ordre Nouveau&lt;/em&gt; et du mouvement &lt;em&gt;Occident&lt;/em&gt;, on trouve aussi un certain…Patrick Devedjian. Que du beau monde, donc, autour du Président républicain !&lt;br /&gt;D’autres cadres sont recrutés au FN et je vous laisse apprécier leur honorable&amp;nbsp; pedigree&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;- Victor Barthélémy, engagé volontaire chez les SS,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; - François Gauchet, collaborateur qui reprochait à&amp;nbsp; Pétain d’être trop mou quant aux directives données par Hitler,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; - Léon Gautier, ancien milicien, grand chasseur de résistants&lt;/span&gt;,&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; - François Duprat, &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;néo-nazi activiste,&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; assassiné par on ne sait toujours pas qui et dont le FN fera un martyr…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;La suite, on la connaît. L’ascension du Front National, Le Pen médiatisé éructant ses fantasmes sur la place publique. Ça, il le doit essentiellement à Mitterrand qui, encore plus fin que lui dans l’art de la perversion politique, répond favorablement à sa demande écrite d’être admis sur les plateaux de télévision au même titre que les autres leaders politiques. Le Président dit socialiste compte sur la montée de l’extrême droite (dont il connaît tous les mécanismes, et pour cause) pour faire exploser son opposition officielle, la droite parlementaire. La machine est enclenchée. Le Pen fait de l’audience, les médias le considèrent donc comme un excellent client, bien juteux pour leur tirelire et lui offrent régulièrement leurs plateaux.&lt;br /&gt;L’ogre est sorti de sa caverne et crache sur le soleil pâlot de la démocratie désastreuse.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;Le même Mitterrand ouvre au Front National les portes du Palais Bourbon avec son bricolage de proportionnelle en 1986 et c’est là que la machine fasciste commence à s’enrayer. Elle ne s’enraye pas dans la défaite, mais bien dans le succès. Vitrolles, Orange, des mairies sont conquises. Maigret, enthousiaste, s’écrie alors devant le chef&amp;nbsp;: &quot;Nous sommes prêts&amp;nbsp;! Nous sommes à deux doigts de prendre le pouvoir&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&quot;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; Ce à quoi, flegmatique, Le Pen répondra&amp;nbsp;: &quot;Dieu nous en garde&amp;nbsp;!&quot;&lt;br /&gt;Le rideau tombe douloureusement sur l'ambition chauffée à blanc des jeunes cadres du FN&amp;nbsp;: Le Pen ne désire pas le pouvoir, ne l’a jamais désiré. Il s’y perdrait. Ce qu’il veut, c’est conduire son parti, le gérer comme on gère une PME, en chef incontestable, et qu'il&amp;nbsp; pèse dans le paysage, qu'il soit incontournable, qu'il fasse et défasse des rois, pollue tout le débat républicain, le pervertisse et l’accable, que chacun de ces saltimbanques démocrates soit contraint et forcé de se positionner par rapport à lui.&lt;br /&gt;Sa victoire est alors totale quand Chirac, piteux, lui demande une entrevue entre les deux tours de l’élection présidentielle de 1988. Mitterrand est aux anges&amp;nbsp;: les loups se prennent à la gorge et, lui, d’un œil plus apaisé que jamais, fait mine de veiller à la tranquillité républicaine d’un troupeau d’imbéciles.&lt;br /&gt;Mais le grand victorieux est &lt;em&gt;in fine&lt;/em&gt; Le Pen. D’une intelligence redoutable et d’un talent politique remarquable, il a tout compris du spectacle et s’est attribué, à l'intérieur de ce spectacle, le rôle qu’il a toujours voulu y jouer. Etant certain que ses outrances ne seraient jamais applicables dans un programme de pouvoir, il en est d'autant plus fort pour les défendre avec la conviction que l'on sait, maniant en même temps la contradiction et la provocation verbale. Chaque scrutin est donc pour lui une victoire en ce qu'il frôle de très près la ligne entre opposition battue et élection réussie, en prenant toujours grand soin de ne pas franchir cette ligne qui l'enverrait tout nu devant la nation et l'obligerait à mettre en pratique l'impraticable. Qui le priverait, donc, de la parole.&lt;br /&gt;Sur cette lisière subtile de l'échec réussi est l'avenir, la survie, de son personnage politique. Et là seulement.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;Alors la question qui se pose aujourd’hui&amp;nbsp;: Marine Le Pen est-elle dans la stratégie de son père ou dans celle de Maigret&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;Je serais tenté de dire qu’elle est dans la stratégie de son père. Celui-ci ne lui a pas donné les clefs d’une boutique construite de si haute lutte sans promesses résolues faites sur l’avenir. Il lui a donné les clefs de la pérennité, et, dans ce cas, la France entière est manipulée, 18 pour cent de ses électeurs votent pour l’ambition d’une dynastie de bouffons qui ne veut surtout pas les représenter, la France est pervertie dans son fonctionnement, elle assiste à un ballet répugnant dont les citoyens sont les instruments décoratifs, ballet auquel se prêtent avec complaisance et profit tous les acteurs de la vie politique.&lt;br /&gt;Au premier rang desquels sont les deux rescapés du premier round de la farce tragique, mi-élus, mi-nommés par les tout-puissants sondages.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <name>Bertrand REDONNET</name>
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      <title>L'automobile et le steak frites : deux signes ostentatoires de la richesse des pauvres</title>
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      <updated>2012-04-24T11:05:38+02:00</updated>
      <published>2012-04-24T11:05:38+02:00</published>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2006900&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/02/01/1409519244.jpg&quot; alt=&quot;53QG0006.jpg&quot; width=&quot;327&quot; height=&quot;244&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Pour les pauvres gens, le monde des riches est toujours fait de symboles. C’est peut-être ce qui en explique, pour une part,&amp;nbsp; la pérennité. Guignant sur ses allégories, le pauvre ne voit pas trop bien la richesse exactement où elle se trouve.&lt;br /&gt; S’il lorgne avec envie, il se fait nécessiteux, atrabilaire. S’il regarde avec mépris, il se fait impécunieux, mais en même temps philosophe ou combattant. Il trouve même à son indigence une certaine noblesse, une estimable morale.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Le critère le plus manifeste de la richesse était, d&lt;em&gt;u temps de ma jeunesse folle&lt;/em&gt;, évidemment l’automobile, alors que le vélo, pour le commun des gens, la motocyclette, pour ceux qui étaient favorables au progrès mais n’avaient pas les moyens de pousser jusqu’au bout leur raisonnement, ou le cheval attelé, pour ceux qui s’étaient toujours déplacés ainsi et qui ne voyaient pas de raison évidente à changer leur habitude, tenaient lieu de moyens de locomotion justes et raisonnables.&lt;br /&gt; Avant qu'elle n'eût l'heur de s’installer au volant de sa Simca, ma mère dépréciait et vilipendait ouvertement ces orgueilleux possesseurs d’autos.&lt;br /&gt;Mais pas tous.&lt;br /&gt;Elle reconnaissait que certains en avaient besoin. Le médecin par exemple, même s’il arrivait toujours en retard. Les gendarmes aussi, même si c’était pour emmerder les gens plus rapidement. Elle les avait connus en vélo, les pandores ! Ils faisaient moins les fiers à bras, ils ne furetaient pas dans les bourgs et les villages et ils étaient faciles à éviter. À&amp;nbsp; semer même, le cas échéant.&lt;br /&gt; Mais que le notaire ait une voiture, la révulsait et la renforçait dans sa conviction du caractère grotesque de cette invention. Il était un salopard, ce notaire qui voulait tenir son rang de bourgeois avec les sous extorqués aux gens, en échange d’une signature illisible apposée au bas des parchemins, pour un champ, pour un jardin, pour une maison, pour tout ce qui, en fait, ne le regardait pas.&lt;br /&gt; Qu’avait-il besoin d’une auto, ce gros pourceau parfumé, toujours renfermé qu’il était entre ses armoires croulant sous les actes et sous la poussière ? C’était vraiment pour montrer qu’il était le notaire et sa femme, une grande et belle bécasse, une cocotte ramassée au hasard d’une soirée de luxure, jouait maintenant les grandes dames et au bridge avec ses jupes, ses talons hauts, ses chignons parfumés et surtout son automobile ! Ma mère prétendait qu’elle était bête à payer patente et qu’elle ne savait même pas écrire son nom.&lt;br /&gt; Je ne sais pas pourquoi elle haïssait tant le notaire et &lt;em&gt;sa poule&lt;/em&gt;. Une affaire, peut-être la maigre maison que nous habitions, ou bien les quelques bois de châtaigniers dont elle avait hérité du grand-père large d’esprit et de la grand’ mère rigoriste, avait dû mal tourner. Quand elle prononçait le mot &lt;em&gt;actes&lt;/em&gt;, il résonnait toujours comme un mot redoutable, savant et dangereux, un mot de bandit, à manier avec précautions, capable de tout et dont il était bon de se méfier.&lt;br /&gt; Ses railleries &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;les plus saumâtres &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;sur l'automobile étaient cependant réservées aux quelques petits propriétaires terriens qui s’étaient affublés d’un véhicule à moteur. Ceux-là étaient franchement saugrenus, avec leur deux-cent-trois ou leur quatre - chevaux. Ils n’avaient pas le sou, ne mangeaient que des pommes de terre et des gros haricots qui les faisaient péter plus haut qu’ils n’auraient jamais le cul, et ils avaient une auto ! &lt;br /&gt; Ils se rendaient aux champs à pied, une binette ou une fourche à l’épaule, au marché à cheval ou en vélo, et n’exhibaient la voiture que le dimanche, pour aller le matin à la messe et l’après-midi nulle part, sinon à la barbe des jaloux. C’était bien la preuve de leur immoralité et de leur vanité ridicule ! Pour sûr qu’elle ne les enviait pas. Elle les plaignait plutôt et elle n’aurait jamais de voiture, elle. &lt;br /&gt;A moins qu’on ne la lui donnât, et cette fantasque invraisemblance lui arrachait des éclats de rire.&lt;br /&gt; Je crois qu’elle était sincère. Avec dix estomacs à faire taire trois fois par jour, elle en était tellement à la recherche&amp;nbsp; du nécessaire que le moindre superflu la révoltait. Elle était sincère mais faisait tout de même sienne la philosophie du renard sous les raisins.&lt;br /&gt; Car si ses arguments pour l’automobile tenaient à peu près la route, ceux avancés pour une autre fantaisie de rupins, la viande de bœuf, ne me semblaient pas tout à fait exempts de mauvaise foi.&lt;br /&gt; L’unique boucher de la commune était honni à peu près au même titre que le notaire. Ėvidemment, il avait une auto. Il pouvait se permettre cette fantaisie avec tout ce qu’il volait aux paysans en leur achetant trois francs six sous un veau qu’il revendait ensuite à prix d’or.&lt;br /&gt; Seuls les riches passaient le pas de sa boutique et mangeaient du bœuf. Le beefsteak sur une table était alors la marque indiscutable d’une vie confortable, acheter de la viande était un luxe, une excentricité de Monsieur, un snobisme de muscadin.&lt;br /&gt; Je n’ai jamais vu un beefsteak sur notre table. Mes papilles n’en ont goûté les premières saveurs, très approximatives, que dans la cohue d’un réfectoire de collège.&lt;br /&gt; Ma mère affirmait qu’il ne lui viendrait pas à l’idée de manger de la vache ! D’ailleurs, elle en avait mangé. Oui,&amp;nbsp; pendant la guerre.&lt;br /&gt; Décidément, il s’en était passé, des choses pendant cette guerre ! J’entendais tellement de braves gens se vanter de leur débrouillardise, de leurs sacrifices, de leur courage, de leurs tricheries à la barbe de l’ennemi, de leur haine du Boche, de leur révolte et de leur désobéissance, que je me demandais comment les occupants, avec de tels voyous à tenir en respect, avaient pu rester si longtemps.&lt;br /&gt; Tout ce qui me parlait de la guerre me paraissait alors suspect, ennuyeux, égarements de gâteux tant la peinture que chaque diseur faisait de lui-même différait du portrait en chair et en os que j’avais sous les yeux. Je mettais cela sur le compte des mémoires altérées, trop de temps s’étant écoulé depuis ces lugubres évènements.&lt;br /&gt; Je me suis aperçu bien plus tard, à l’âge où l’on prend réellement conscience du peu de temps, justement, qui nous est imparti, que c’était hier, la guerre, que j’étais arrivé dans les draps d’un berceau juste après que le fracas des armes se fut tu et que j’avais grandi sur une terre encore fumante des incendies du cataclysme, avec des hommes et des femmes aux reins toujours meurtris par la peur et l’humiliation.&lt;br /&gt; Pour ma mère, la guerre se résumait à deux choses : les bals étaient interdits et son frère aîné avait pris la clef des bois du &lt;em&gt;Fouilloux&lt;/em&gt; pour rejoindre les maquisards.&amp;nbsp; Car à la lisière de ces bois touffus s’étirait la grande route nationale, la N.10, celle qui relie Paris à la frontière espagnole, construite par Napoléon portant ses armes jusqu’en terre ibérique. Normal alors que les ogres nazis marchassent sur les pas du grand conquérant et empruntassent régulièrement, avec leurs chars, leurs tanks, leurs voitures, leurs cohortes et leurs légions de fantassins une voie tracée par le grand stratège. Les bois du &lt;em&gt;Fouilloux&lt;/em&gt; constituaient subséquemment un excellent abri, propice aux guets-apens les plus meurtriers.&lt;br /&gt; Quand j’ai arpenté en long, en large et en travers lesdits bois, la tête pleine d’admiration pour mon tonton partisan, j‘ai pensé qu’il était malin ou que les autres, pour envahisseurs victorieux qu’ils aient été, n’étaient pas très futés, ou qu’ils n’avaient pas eu le temps de s’occuper de lui. Parce que ces bois n’étaient pas capables de couvrir la course d’un lapin plus de cinq minutes, sans que celle-ci ne débouchât sur le découvert des champs ou sur le chemin d’un hameau.&lt;br /&gt; Prise au dépourvu par ces impertinentes suspicions, ma mère confessa qu’il s’y était enfui un après-midi pour enterrer son fusil de chasse, que des soldats gutturaux étaient justement passés à ce moment-là pour réclamer des œufs, que la grand-mère avait failli en succomber de peur et que l’acte de franche bravoure du tonton aurait pu coûter le poteau d’exécution à toute la famille. Et que je me taise enfin, moi qui n’avais pas vécu cette sombre période !&lt;br /&gt; C’est à ce moment-là qu’elle enchaîna avec son dégoût de la viande de cet aigrefin de boucher. D’ailleurs, le père du boucher n’avait pas enterré son fusil de chasse, lui. Il recevait les grandes casquettes, il leur réservait le peu qu’il avait dans son magasin et même, comble de l’ignominie, plaisantait avec eux. Quand les bonnets phrygiens en tractions étaient enfin venus remplacer les grandes casquettes en voitures blindées, il avait été à deux doigts de se retrouver accroché par la gorge derrière son étalage, en lieu et place de ses quartiers de sale viande.&lt;br /&gt; Brassard tricolore au bras et son fusil de chasse récupéré en bandoulière, le tonton devenu flingueur en était. Mais quelqu’un qui n’aura jamais de nom s’était interposé et avait sauvé le boucher pendard d’une horrible pendaison.&lt;br /&gt; Le grand-père, donc, racontait ma mère après toutes ces vindicatives digressions, avait frauduleusement sacrifié une bête de son maigre cheptel, une nuit, à la bougie, par un froid neigeux comme jamais on n’en avait vu par chez nous. On avait englouti la vache en morceaux, en pots au feu, en saucisses, en saucissons, en ragoût, en grillades, et le tonton était allé enterrer peau, tripes et boyaux dans les bois du &lt;em&gt;Fouilloux&lt;/em&gt;. Ça devenait vraiment une manie avunculaire ces enfouissements dans les bois du&lt;em&gt; Fouilloux&lt;/em&gt; !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Eh ben, ça n’était pas bon du tout, la viande de vache, nous pouvions la croire sur parole ! Ça empestait une forte odeur de charogne. Alors, les nantis et les faux bourgeois et les péteurs plus haut que leur gros cul, pouvaient bien s’en goinfrer à leur guise. Ça n’était pas elle qui irait s’inviter à leur table ! Si elle avait des sous, elle, elle achèterait des huîtres autrement qu’à Noël, et des langoustines aussi.&lt;br /&gt;Les langoustines étaient un régal, un fricot trop fin pour tous ces imbéciles qui n’entendaient rien aux bonnes choses et qui ne savaient même pas se servir correctement de leur argent ! Elle en avait goûté une fois, avec de la mayonnaise et des fines herbes, à une noce lointaine, la noce à... Elle ne se souvenait plus exactement. En tout cas,&amp;nbsp; avant la guerre.&lt;br /&gt; Autant dire chez des gallo-romains.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;Extrait d'un manuscrit déjà vieux &quot; Le silence des chrysanthèmes&quot;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
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      <title>La France, triste émule de la Hongrie</title>
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      <updated>2012-04-23T12:17:27+02:00</updated>
      <published>2012-04-23T12:17:27+02:00</published>
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              <summary>   La cinquième impuissance mondiale a  roté  voté. Faut-il en prendre note...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3550920&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/02/01/180628358.2.jpg&quot; alt=&quot;1588722327.jpg&quot; width=&quot;319&quot; height=&quot;239&quot; /&gt;La cinquième impuissance mondiale a &lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;roté&lt;/span&gt; voté.&lt;br /&gt;Faut-il en prendre note autrement qu’en baissant la tête parce qu’un sur cinq de ces «voteurs» est un abruti d’extrême droite ?&lt;br /&gt;Que dis-je&amp;nbsp;? Bien plus que ça, en fait… Car dans ce que le petit pervers de l’Elysée a pu engranger, se cache au moins une bonne moitié qui n’en pense pas plus trivialement.&lt;br /&gt;Le ventre de la bête immonde, banalisée depuis plus de trente ans par les médias, dans les têtes, dans les cœurs, dans les propagandes, régulièrement remis à la Une par des drames spectaculaires (au sens premier du terme) dont on se demande comment ils peuvent survenir, s’étale désormais sans vergogne et sans tabou sur la place publique.&lt;br /&gt; Triste pays, que j’aime pourtant, triste époque, que je vis pourtant, triste Europe, qu’on m’impose pourtant, tristes hommes, dont je suis pourtant&amp;nbsp;!&lt;br /&gt;Et tristes imbéciles du confusionnisme intéressé qui, dans leur rejet épidermique du socialiste - oh, que je peux comprendre&amp;nbsp;! - marchent dans la merde jusqu’aux genoux en se disant incommodés par une autre odeur, délétère, mais pas encore à la portée de leurs narines, celle-là. Des &lt;em&gt;fascistillons &lt;/em&gt;par anticipation intellectuelle.&lt;br /&gt;Mon sentiment ce matin s’apparente à de la honte. Rien de ce qui a été vécu, enseigné, dit, pensé sur les dangers de la haine en histoire n’a été retenu par les esprits reptiliens des urnes dominicales. Qu’y faire ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;La Pologne qu’on glose, en faisant le laïc éclairé, pour être catholique - certes, elle l’est à m’en faire &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;parfois &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;frémir - n’oserait jamais donner vingt pour cent de ses voix à un discours systématique de rejet de l’autre, un discours de détestation, d’orgueil national et de visées barbares. Je le sais bien. Je le vis. Je suis un étranger, un athée assumé, et ne vois autour de moi pour m’accueillir que gentillesse et urbanité.&lt;br /&gt;La Pologne sait trop, elle, que la haine finit toujours par tremper son drapeau dans le sang. Ce que semblent&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; encore &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; ignorer - à moins qu'ils ne le désirent - vingt pour cent de citoyens de chez Rousseau et Montaigne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;Je n’ai jamais rien attendu des hommes de la politique pour tenter d’être heureux. Pour changer le monde de la marchandise pure en monde humain.&lt;br /&gt;Mais, pour l’étiquette, pour un sursaut de dignité, je souhaiterais vivement que le socialiste déclare sans ambages préférer perdre cette élection plutôt que d’avoir à se compromettre avec toute la racaille d’extrême droite. Qu’il laisse aux valets de la grande finance le soin de se tremper les doigts dans l’infecte mélasse de la perversion des esprits.&lt;br /&gt;Ils en ont déjà le discours. Leur manque plus que l’audace de ce discours ; audace que leur légitimeront bientôt les isoloirs et les intellectuels à la ramasse.&lt;br /&gt;Mais je ne rêve pas trop. Du moins pas à un sursaut de dignité de la politique. Une élection se gagne par queues de poisson exécutées par des ambitieux devant d'autres ambitieux en même temps qu'une forêt de pieds-de-nez en direction des électeurs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Image : Philip Seelen&lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
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      <title>Ciel, un ciel !</title>
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      <updated>2012-04-20T10:17:21+02:00</updated>
      <published>2012-04-21T08:00:00+02:00</published>
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              <summary>   Depuis le temps qu’il y a des hommes et qui ont au-dessus de leur tête un...</summary>
      <content type="html" xml:base="http://lexildesmots.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3545381&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/02/02/3329023095.jpg&quot; alt=&quot;littérature&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;192&quot; /&gt;Depuis le temps qu’il y a des hommes et qui ont au-dessus de leur tête un firmament, peu sont venus pour le contempler d’un juste regard.&lt;br /&gt;Ou du moins sont-ils dramatiquement de moins en moins nombreux, si je m'en réfère à ce que j'ai lu récemment.&lt;br /&gt;C’est pourtant beau, un ciel, la nuit quand la nuit est sans nuage. Merveilleuse mise en scène d’un univers chaotique, fait de gaz et de roches, de trous noirs, de feu, de déluges vindicatifs et d’explosions titanesques, mais qui, vu de si loin, vu de la prairie qu’enveloppent les ténèbres, ne semble dispenser ses paisibles et innocents clins d’œil que pour l’émerveillement du poète ou les considérations pascaliennes des esprits en mal de philosophie.&lt;br /&gt;Le ciel est une illusion d’optique, mais quelle illusion&amp;nbsp;! Tellement prégnante que l’art, et en particulier la littérature, s’en est emparé au point de reléguer &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;au rang d'un affligeant poncif &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;toute considération esthétique sur le sujet .&lt;br /&gt;N’est-ce pas&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;Sans doute. Mais il y a cette surpopulation de la planète, fortement concentrée dans les grandes métropoles, et qui, force lui fut faite, opta pour les éclairages publics, sortes de forêts de lumière qui cachent l’arbre des lueurs.&lt;br /&gt;Ainsi, lors du tremblement de terre de Los Angeles en 1994, l’immense cité s’était-elle &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;soudain &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;retrouvée plongée dans l’obscurité totale et les services de secours avaient alors été inondés d’appels - bien sûr, c’est normal - mais beaucoup d’entre eux pour signaler dans le ciel la présence de phénomènes inquiétants et qui faisaient mention absolument paniquée d’une attaque d’extra-terrestres&amp;nbsp;: il s’agissait en fait de la voie lactée, pour la première fois aperçue par de nombreux habitants&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
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      <title>Même les plus grands...</title>
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      <updated>2012-04-20T13:48:15+02:00</updated>
      <published>2012-04-20T12:20:00+02:00</published>
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                                    <category term="littérature" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />
              <summary>      Ècrire un livre qu'on se  propose de proposer  à l'édition demande des...</summary>
      <content type="html" xml:base="http://lexildesmots.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2349259&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/02/02/1302236319.jpg&quot; alt=&quot;200px-Gustave-Flaubert2.jpg&quot; width=&quot;265&quot; height=&quot;359&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;Ècrire un livre qu'on se &lt;em&gt;propose de proposer&lt;/em&gt; à l'édition demande des soins exigeants, minutieux, moult relectures dans l'ombre... Précisions qui s'ajoutent, passages qu'on biffe, mots superflus qu'on raye, traits de caractère qu'on peaufine, dates qu'on vérifie, inepties qu'on s'empresse de mettre à la poubelle, allusions historiques dont on prend soin qu'elles soient effleurées à bon escient...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; Forcément, quand on pense en avoir fini, qu'on ne trouve plus rien à retoucher, on se dit que, cette fois-ci, le manuscrit est paré pour la grande aventure.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; La correction des épreuves vient alors apporter la démonstration du contraire. Les échanges avec l'éditeur sont, à ce niveau-là, d'une importance capitale et d'un&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; &lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;indéniable&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;enrichissement. On est même fort surpris de n'avoir pas vu certaines&amp;nbsp; choses, d'avoir laissé passer quelques incohérences.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Et puis, le livre est sous presse. &lt;em&gt;Alea jacta est&lt;/em&gt;, le Rubicon en moins. Et on se dit que, sans doute...&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Nous savons, à ce titre, que Flaubert plancha cinq ans sur Madame Bovary, refit dix fois les mêmes phrases et livra au bout de son travail acharné un immortel monument&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;à la littérature&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;Style d'une perfection quasi absolue, mots aiguisés comme des rasoirs, scènes décrites à la loupe, les âmes fouillées comme au scalpel. Ses contemporains, hélas, n'y verront que l'exposé d'une dépravation des bonnes mœurs et un procès. C'est vraiment con, des contemporains !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; Seuls, peut-être, Baudelaire et Hugo salueront un chef-d’œuvre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; Et bien malgré tout ça,&amp;nbsp; je relève, assez perplexe :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; Emma a rendez-vous avec son amant Rodolphe sous la tonnelle du jardin. Leur départ - du moins le croit-elle - est enfin décidé après une kyrielle d'atermoiements mensongers.&amp;nbsp; Il est soi-disant prévu pour le lundi 4 septembre et nous sommes le samedi 2 septembre.....&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; La lune monte&amp;nbsp; au-dessus de la prairie, les ombres des grands peupliers s'étirent, les deux amants sont enlacés, quoique, dans leur âme, ils soient à des années-lumière l'un de l'autre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; La nuit embaume des odeurs du...seringa !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; Jamais vu, et ne verrai sans doute jamais, de seringa fleurir en septembre, pas plus que d'orangers sur le sol irlandais.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; Comme quoi...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt; Modestie, modestie...Outre les soins apportés à la rédaction, c'est bien ce qui doit animer, en tout premier lieu, l'homme qui se met en devoir d'écrire.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
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      <title>Présidentielles élections</title>
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      <updated>2012-04-19T10:29:15+02:00</updated>
      <published>2012-04-19T10:17:00+02:00</published>
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              <summary>   LE SIEUR   HOLLANDE   :       &amp;nbsp;LE SIEUR SARKOZY :    ...</summary>
      <content type="html" xml:base="http://lexildesmots.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: large;&quot;&gt;LE SIEUR &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: large;&quot;&gt;HOLLANDE&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: large;&quot;&gt; :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: large; color: #000000;&quot;&gt;&amp;nbsp;LE SIEUR SARKOZY :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: large; color: #000000;&quot;&gt;&amp;nbsp;LE RESTE DE LA CLIQUE :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: large; color: #000000;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: large; color: #000000;&quot;&gt;Le Roi boiteux&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;Un roi d'Espagne, ou bien de France,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; Avait un cor, un cor au pied;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; C'était au pied gauche, je pense;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; Il boitait à faire pitié.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; Les courtisans, espèce adroite,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; S'appliquèrent à l'imiter,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; Et qui de gauche, qui de droite,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; Ils apprirent tous à boiter.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; On vit bientôt le bénéfice&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; Que cette mode rapportait;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; Et de l'antichambre à l'office,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; Tout le monde boitait,boitait.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; Un jour, un seigneur de province,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; Oubliant son nouveau métier,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; Vint à passer devant le prince,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; Ferme et droit comme un peuplier.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; Tout le monde se mit à rire,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; Excepté le roi qui, tout bas,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; Murmura: &quot;Monsieur, qu'est-ce à dire ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; Je vois que vous ne boitez pas.&quot;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; &quot;Sire, quelle erreur est la vôtre!&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; Je suis criblé de cors, voyez :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; Si je marche plus droit qu'un autre,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt; C'est que je boite des deux pieds.&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Gustave Nadaud - Musique G. Brassens&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
      </content>
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      <author>
        <name>Bertrand REDONNET</name>
        <uri>http://lexildesmots.hautetfort.com/about.html</uri>
      </author>
      <title>Le calcul et la vie</title>
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            <id>tag:lexildesmots.hautetfort.com,2012-04-18:4683506</id>
      <updated>2012-04-18T12:41:53+02:00</updated>
      <published>2012-04-18T10:27:00+02:00</published>
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              <summary>   Assez dramatiquement amusé de m'être récemment livré à quelque...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3543752&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lexildesmots.hautetfort.com/media/00/01/1550970459.JPG&quot; alt=&quot;P1150150.JPG&quot; width=&quot;385&quot; height=&quot;254&quot; /&gt;Assez dramatiquement amusé de m'être récemment livré à quelque mathématique distributive sur ma vie, alors que je fendais du bois, au soleil de printemps et aux lisières de la forêt. Car quand on fend du bois, on pense à tout, sauf à fendre du bois, bien sûr.&lt;br /&gt;A soixante balais, donc, et selon les normes qui établissent que l’homme dort en moyenne huit heures par jour, j’ai dormi pendant 20 ans !&lt;br /&gt;Ça me fait froid dans le dos et ça me donne soudain envie de bâiller. Pas vous ?&lt;br /&gt;Sur les 40 restants - et bien que j’aie toujours fui comme la peste le travail salarié - j’ai quand même travaillé pendant 22 ans&amp;nbsp;!&lt;br /&gt;Vous pensez bien que je n'archive pas ces 22 années au rayon de ce qui constitue l’art de vivre... Je les en retranche même d’une soustraction rageuse.&lt;br /&gt;M’en reste donc plus que 18. Ça ne fait pas lourd, tout ça ! Et encore, bon an mal an, je considère que si je mets bout à bout, dans ses dix-huit ans, les moments où je me suis profondément ennuyé, il faut que je retranche encore, disons... Allez, deux ans.&lt;br /&gt;La portion congrue laissée à la jouissance de vivre s’élève donc - s’abaisse plus exactement - à 16 ans&amp;nbsp; !&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;Du coup, je me suis assis sur un vieux tronc d’arbre, ma lourde hache posée entre mes cuisses. J’ai allumé une clope et j’ai écouté le vent dans les pins et les oiseaux de si loin revenus qui se chamaillaient dans les sous-bois. Et je me suis dit que là, j’étais en train de vivre… Mais quelle misère, tous ces gens qui sont allés, vont, ou iront jusqu’à quatre-vingt printemps, qui auront porté le joug du salariat pendant quarante quatre ans et dormi&amp;nbsp; pendant vingt six&amp;nbsp;!&lt;br /&gt;Faites le calcul&amp;nbsp;: ils auront passé 10 ans sur terre&amp;nbsp;! Pour peu qu'ils se soient fait chier pendant deux ou trois ans, de-ci, de-là, ces respectables vieillards ne seront plus, quant au plaisir de vivre, que des têtes blondes en culottes courtes.&lt;br /&gt;Les pauvres&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;Un des graffiti de Mai 68, laconique, aigu, précis, lapidaire telle l’arme de précision, un des plus beaux, le plus beau même, prévenait pourtant : VITE&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Illustration :&lt;/strong&gt; pour ceux d'entre vous qui ont lu &lt;em&gt;Polska B Dzisiaj&lt;/em&gt; et, surtout, &lt;em&gt;Le Théâtre des choses&lt;/em&gt;, voici &lt;em&gt;Cigogneau sur nid&lt;/em&gt; venant de me &quot;taper&quot; une cigarette, lequel Cigogneau, depuis 5 ans, me dit qu'il a 80 ans !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Il a tout compris des sournois calculs de la vie, lui, Cigogneau !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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