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08.06.2015

Considération générale sur le mensonge - 2 -

url.jpgLa falsification pure et simple de l’information est le moyen  le plus efficace de gouverner, non seulement les pays en particulier mais la planète toute entière.
Et ce moyen de gouverner est d’autant plus opérant que lorsque le mensonge est découvert par tous, il est trop tard pour revenir en arrière et, de toute façon, il n’y a plus personne pour s’en offusquer vraiment : l’information spectaculaire à haut débit a déjà noyé tout cela sous des torrents nouveaux d’inventions, toutes plus préoccupantes les unes que les autres.
Le citoyen passe outre, apeuré par des peurs nouvelles, au regard desquelles les anciennes passent pour dérisoires.
C’est là la grande astuce du spectacle médiatico-politique : savoir réinventer la peur en fonction des besoins du moment.
Il se passe donc à l’échelle planétaire ce qui se passe simplement au niveau individuel pour le petit menteur du dimanche, toujours contraint d’inventer un second mensonge pour en dissimuler un premier, et ainsi de suite, de plus en plus effrontément et d’un modèle de plus en plus invraisemblable, par une sorte de réaction atomique en chaine de la mystification.
L’exemple le plus probant et de tous connu, à l’échelle mondiale dans la dernière décennie, est évidemment l’intervention de 2003 en Irak, dont on sait hélas aujourd’hui qu’elles en sont les dramatiques et chaotiques conséquences.
Fausses photos satellites à l’appui, la planète entière a été convaincue de ce que le régime de Saddam Hussein possédait des armements de destruction massive et de ce que ce régime s’était doté d’une armée des plus redoutables. La troisième puissance militaire du monde, disait-on…
L’objectif une fois atteint, les preuves ont été apportées  sans vergogne et même les Britanniques – c’est dire ! - l’ont admis : ces informations déroutantes justifiant tous les coups étaient inventées de toutes pièces.
L’Irak a été balayé en quelques semaines et le citoyen est passé à autre chose de plus pressant pour lui. Peu importe qu’il ait été pris pour le dernier des imbéciles ! Il faut consommer l’instant dans l'émotion et le propre de l'émotion est de ne se conjuguer, justement, qu'au présent.
Cet état d’esprit aliéné, futile, inconséquent, est bien connu des grands stratèges de l'anéantissement du sens critique. Ils savent ainsi que tout mensonge d’importance, mensonge institutionnel bien emballé, produira ses effets bien mieux qu’une vérité sottement énoncée et, de plus, ne restera dans la mémoire qu’à l’état d'une vague broutille, la montée d'adrénaline étant résorbée.
D’autres exemples, la Syrie, la Libye et tutti quanti pourrait être ici cités, mais il me faut abréger.
Il va sans dire, mais je le dis quand même, que tous ces régimes détruits pas les forces occidentales étaient des régimes peu fréquentables. Mais là n’est pas mon propos car l’eussent-ils été, fréquentables, que cela n’eût rien changé au cours des évènements et qu’on m’épargne ainsi de faire la preuve de ce que les puissants n’agissent jamais par humanisme et par souci de propreté morale. Qu’on regarde simplement derrière soi, les grands stigmates de l’Histoire.
Mon propos, c’est le mensonge comme arme de destruction des consciences et comme redoutable outil de domination politique.

On assiste aujourd’hui à une dramatique confrontation entre les vues et desseins des États dominateurs  et la vérité des faits.
Rien de nouveau, c’est là une constante de l’histoire, depuis l’Antiquité.
Mais ce qu’il y a de nouveau dans l’histoire moderne, c’est que les vues et les desseins entrent toujours de plus en plus violemment et de plus en plus souvent en contradiction avec les faits, car la population mondiale compte maintenant sept milliards d’individus. L’appauvrissement logique des ressources traditionnelles et les nouvelles exigences de coexistence  géopolitique qui en découlent, pose le problème énorme aux dirigeants les plus puissants de l’harmonisation des populations de plus en plus nombreuses, d’idéologies de plus en plus multiples et d’intérêts de plus en plus divergents avec un espace qui, lui, est toujours le même, c’est-à-dire de plus en plus réduit.
Il faut donc à tout prix faire correspondre les besoins politiques avec les faits, et ce, aussi bien dans le domaine des politiques intérieures que dans celui des politiques internationales.
Quand les faits contredisent les vues, on  modifie les faits.
Nous en arriverons ainsi à l’Ukraine qui, dans la misère et par le sang versé, vit cette dramatique confrontation depuis février 2013.
Ce faisant, nous ne perdrons jamais de vue que tout cela n’est rendu possible que parce que les dirigeants – principalement occidentaux - de la planète ont l’aval des peuples par le truchement d’élections régulières, où le plus beau et le plus présentable des mensonges a toujours force de persuasion pour un électorat que le désespoir plus ou moins conscient d'une vie ressentie plus ou moins consciemment comme minable à tout point de vue, rend imbécile.

15:00 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, écriture |  Facebook | Bertrand REDONNET

07.06.2015

Considération générale sur le mensonge - 1 -

urlu.jpgIl n’y a guère plus niais – et il m’arrive souvent de l’être à cet effet - que de reprocher à un homme politique de mentir, surtout en période de publicité électorale.
C’est comme si on reprochait à un coureur du tour de France de monter sur un vélo ou à un footballeur de taper du pied dans un ballon.
On peut donc légitimement reprocher à un politique de faire de la politique ou, mieux, de pousser le vice jusqu’à être un candidat, mais on ne peut en aucun cas lui tenir grief de ses mensonges.
Car le mensonge est une institution. La clef de voûte de tout l'édifice politique ; clef de voûte  admise en l'état par tous ceux qui y nourrissent quelque ambition.

Ce couillon de Redonnet ne sait plus quoi raconter, alors il enfonce des portes ouvertes, ricanez-vous peut-être. Si tel est le cas, messieurs et mesdames du jugement lapidaire, expliquez-moi pourquoi – avec une explication qui tienne bien la route et non avec une sauce trempée dans l’idéologie  bon marché - des millions  et des millions de gens s’en vont partout dans le monde, à tout instant scrupuleusement voter.
Car on ne peut sérieusement supposer qu’ils s’en vont courir, leur bulletin à la main  et leur conscience dans la poche, pour élire un affligeant menteur en toute connaissance de cause.
S'il en était ainsi, après tout, ce serait quelque peu désespérant mais, au moins, ça aurait un sens. Un sens peu glorieux, certes, mais un sens quand même. Celui d'une volonté exprimée.
Ce postulat étant posé, on peut donc dire que, partout où il se manifeste, l’électeur est un fieffé imbécile et, vu l’état du monde et vu les insignifiants qui sont portés au pinacle, ça me plait bien, à moi, de voir en chaque électeur un imbécile.
Car il est, in fine, le géniteur  de tous ces braillards qu’on appelle les élus.
Le géniteur fuyant. Car on entend très souvent, oui mais, moué, j’ai pas voté pour celui qu’a été élu. Quand un Président s’assoit sur le trône et que, forcément, son comportement immédiat contredit fondamentalement ses paroles publicitaires, on ne trouve plus quasiment personne pour avouer qu’il a voté pour ce connard. Du fait, je me suis souvent demandé, en riant, si le résultat des urnes n’était pas tout simplement falsifié de fond en comble.
Mais c’est bien normal. Question d’amour propre. Difficile d’avouer qu’on peut être con à ce point-là, surtout quand ça dure depuis des siècles et qu’à la prochaine convocation électorale, on remettra le couvert et qu’on ira poser vitement son p’tit papier dans la p’tite boîboîte !

L’inversion de toute perspective étant achevée dans le sens de la déconfiture, il faut donc dire et redire que la politique, c’est d’abord l’art de mentir avec le plus d’aplomb possible et, surtout, en se rapprochant toujours le plus près possible de la vérité, comme d’un fil ténu, sans la jamais toucher, au risque d’être éliminé sur-le-champ, sans espoir de refaire surface un jour. Et c'est bien cette expérience des limites du discours fallacieux qui fait d’un mec ou d’une bonne femme un grand politique : dire des choses tellement fausses qu’elles apparaissent comme vraies tant le servum pecus ne  peut concevoir qu’un menteur puisse ne pas se dissimuler à ce point là !
L’attraction sémantique des pôles.
Quand tout cela sera entré une fois pour toutes dans toutes les têtes - et ailleurs qu’au café du commerce - la conviction descendra lentement dans les tripes et le temps de l’action sanitaire sera venu.
En attendant – car il y a longtemps que je serai clamsé quand adviendront ces jours lumineux d’un retour de l’intelligence - l’abstentionnisme est une question d’honnêteté morale et une façon de se sentir à peu près propre sur soi.
Une manière de bonheur facile et tranquille, en quelque sorte.

08:50 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : écriture, histoire, politique |  Facebook | Bertrand REDONNET

31.03.2015

Le ridicule qui tue

D’ordinaire, la langue des politiciens, rPS.jpgelayée par celle des journalistes, me fout en pétard. Mais pas toujours.
Il arrive parfois qu’elle déclenche chez moi un grand éclat de rire, ce dont je leur sais gré, parce que je ne suis pas un ingrat.
Ainsi, ce matin…
Un escogriffe socialiste, qui eut tout de même le bon goût de garder l’anonymat,  se gargarisait la glotte en disant que «finalement la déroute électorale n’était pas si catastrophique que prévue car la gauche conservait malgré tout 34 départements, si on compte Paris et Lyon où l’on ne votait pas.»
Ça tombe sous le sens ! Il n’y a plus guère que là où l’on ne vote pas qu’ils ne sont pas battus !
Des fous ! Ce n‘est pas possible autrement.

15:34 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique, écriture |  Facebook | Bertrand REDONNET

20.01.2015

Ne sachant pas trop quoi en penser, j'en ai parlé à mon cheval...

Hollande veut une loi sur "la transparence économique", les députés veulent aussi une loi, mais une qui "protègerait le secret des affaires...."

Hodowla_koni_zagrozona_6541902.jpg

 

15:53 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : écriture, politique |  Facebook | Bertrand REDONNET

18.01.2015

Cum prehendere

esprit_embrouille.jpgLe brouillage des cerveaux a-t-il déjà atteint une telle densité au cours de l’histoire ? Je n’en sais évidemment rien. Je sais surtout qu’il a toujours été l’instrument de prédilection de tous les pouvoirs et de toutes les idéologies, à différents niveaux de saturation et d’efficacité.
Aujourd’hui, la multiplicité des messages n’a d’autre fin que celle de détruire l’utilité même du message, ce qu’elle fait avec beaucoup de réussite.
Pour cette seule raison, rester à l’écoute est une erreur fondamentale. Presque un suicide cérébral. C’est s’exposer à des interprétations qui s’appuient sur l’idée qu’on a encore d’une certaine vérité humaine, idée farfelue, partout démentie et partout surannée, et, par là-même, s’exposer à dire ou à écrire des conneries.
Ayant bien intégré que le monde, depuis une bonne trentaine d’années, est entré lentement mais sûrement dans une de ses contradictions fondamentales qui ne se résoudra que par un changement  brutal - dont absolument personne ne peut dire aujourd’hui quelles en seront les formes et la nature et s’il débouchera sur des époques redoutables ou lumineuses - le sage devrait se taire et refuser d’écouter le chant des moribonds.
Ainsi, pour détail,  quand Le Pen dit qu’il y a derrière les sanglants attentats de Paris, la patte des services secrets, ma première réaction est de penser, avec mon cerveau brouillé, que le vieillard d’extrême-droite lance une de ces boules puantes dont il est coutumier, histoire d’appauvrir encore la qualité de l’atmosphère, pourtant déjà bien délétère.
Je suis gêné. Parce que, dès le début, j’ai trouvé moi-même très étrange que les assassins aient été assez cons pour laisser trainer leur carte d’identité. Même les voleurs de poules ont plus d’intelligence pour protéger leur fuite.
Après Le Pen, refusant viscéralement toute complicité de vue avec cet homme, je me dis donc, toujours avec mon système nerveux parasité, que  ces fauves ont justement voulu qu’on arrive jusqu’à eux afin que ne leur soit pas volée une infamie, qu’ils revendiquaient, en bons et grands martyrs…
Forcément. Il ne peut en être autrement.
Mais voilà que, dans la tranchée d’en face, la violence de la réaction du chef socialiste, Cambadélis, jette un nouveau doute…Ce grand prêtre du mensonge républicain s’insurgeant contre cette thèse avec une telle rudesse, ce n’est pas très sain… D’ordinaire, un menteur ne s’indigne avec cette force-là du mensonge de l’autre que pour cacher l’énormité du sien.
Bref, entre un provocateur sénile et un chafouin qui vise haut dans le ciel de son avenir politique, je ne sais plus trop comment me débrouiller les neurones.
Le mieux est donc de les envoyer tous les deux se faire…
Parce qu’après tout, de tout ça, je m’en bats l’œil, au fond…Qui ? Pourquoi ? Comment ? Tout cela ne change rien à la pourriture du monde et à la monstruosité du crime commis.

Et puis, avec tout ça, il y a cette expression qui me pue désormais aux yeux : la liberté d’expression… Un dogme intouchable, cuisiné à toutes les sauces, revendiqué par tous ceux qui, pourtant, n’ont de cesse que de museler qui s’avise de penser autrement qu’eux.
C’est très étrange… Où est donc le traquenard ?
Certainement là : telle qu’entendue par les grands seigneurs de l’époque, la liberté d’expression n’est pas l’expression de la liberté, mais la liberté de dire ce qui alimente peu ou prou, même contradictoirement, la machine à brouiller les cerveaux.
Ainsi, toute la population bien pensante se réjouit de la réponse du journal Charlie qui,  le sang des siens ayant été versé, refuse de se plier aux exigences des assassins, persiste et signe dans la caricature blasphématoire d’une religion… Certes, certes. Je comprends et, spontanément, je suis bien d’accord. C’est là un acte de courage et un refus en actes de la terreur sanglante.
Mais… du même coup, cette liberté d’expression, hautement revendiquée, conduit partout dans le monde musulman aux émeutes, aux incendies et à d’autres morts…
Il faudrait peut-être alors que les démocraties occidentales, qui, - faut-il le rappeler ? - ont fondé leurs richesses et leur hégémonie en spoliant cruellement les trois quarts de la planète, commencent à comprendre qu’elles ne sont pas un modèle unique, figé par la raison éternelle, qu’elles ne sont pas le nombril de la civilisation du monde et, sans céder un pouce à la terreur, réfléchissent une seconde à leur droit d’insulter des sensibilités, fussent-elles fanatiques et obscurantistes, qui ne sont pas les leurs.
La couverture du journal, donc, n’est pas un acte de courage, mais un bisness redoutable qui, contre le sang versé, verse à nouveau le sang.
On peut appeler ça comme on veut, on peut même saluer -  je serais tenté de le faire – mais on ne peut absolument pas dire que ce soit là la manifestation d'une intelligence remarquable.

 Autre message brouillé de Hollande, en balade sur le terroir corrézien : je ne connais qu’une communauté, la France. Ou la nation, je ne sais plus…
«C’est beau, c’est grand, c’est généreux, c’est magnifique» mais… Quelle communauté, Monsieur ?  Avez-vous bien pesé le sens du mot ? Une communauté où certains roulent carrosse avec des milliers d’euros mensuels, des avantages, des patrimoines, et les autres qui mordent du pain dur avec à peine mille euros ? C’est cela que vous appelez une communauté ?
Quelle communauté ? Gardez-là pour vous : c’est votre communauté, ce ne sera jamais celle des millions de gens, aux rêves brisés, qui souffrent de son iniquité ! Ceux-là, il leur faudra bien plus qu'une grand'messe unitaire pour vous signer un chèque en blanc !
Le brouillage des cerveaux ne permet donc plus à un homme, à moins qu’il ne se retire complètement,  de pouvoir en son âme et conscience énoncer clairement le fond de sa pensée. Tout simplement parce qu’il est impossible de bien concevoir.
C’est-à-dire qu’on assiste à la glorification gratuite de la liberté d’expression à un stade où il n’y a plus aucune liberté à exprimer - la première étant de comprendre, cum prehendere, prendre ensemble - sinon en littérature, dans l’imaginaire ou le récit fantasmé.
Et c’est sans doute dans ce seul domaine que nous devrions exercer notre parole, pour tenter d’y faire vivre avec bonheur le sens non usurpé de la langue et de ses mots.

Plus que jamais nous appelle l'en dehors.

17:45 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : écriture, histoite, littérature, politique |  Facebook | Bertrand REDONNET

18.11.2014

Des bas démocratiques

renard.jpgDimanche dernier, la Pologne votait. Enfin... Des Polonais votaient. Ils votaient en tir groupé :  maires, conseils municipaux, conseils du Powiat (équivalant des cantonales en France) et conseils régionaux.
Ils font tout ça d’un coup, les Polonais, comme pressés d’expédier les affaires courantes. Pas besoin d’y revenir. V’là une bonne chose de faite ! Pas comme dans l’Hexagone où il y a toujours un p’tit chouia d'un scrutin mesquin qui se balade en filigrane dans les diverses péroraisons des saltimbanques.
Bref…Ah oui, j’allais oublier ! En Pologne, le maire est élu au scrutin uninominal, indépendamment des conseillers municipaux. Après, il est fonctionnaire, interdiction de cumul et émoluments bien dodus pour prévenir des tentations de la corruption…
Il arrive ainsi qu’il n’y ait qu’un seul candidat à ce poste de maire. Peinard, le gars… Mais il joue quand même le jeu : il pose ses affiches, fait sa p’tite campagne pépère, serre des paluches à droite à gauche. Un peu comme Don Quichotte et ses moulins à vent, donc, puisque personne ne veut en découdre avec lui.
C’est ce que je croyais et je rigolais… A tort.
Car dans une commune proche de celle où j’ai élu domicile, voilà t-y pas qu’un gars, un maire sortant, se retrouve seul candidat. Il sourit assez niaisement derrière une petite moustache qu’il a taillée très fine ; il est assuré d’en reprendre pour 4 ans… A l’aise dans ses souliers vernis.
Elle est pas belle, la vie ?
Coquin de sort ! Il a dû en faire une binette quand il s’est aperçu, dimanche soir, qu’il n’était pas élu ! Il a dû croire que les étoiles lui tombaient sur sa tête ! En effet, plus de 55 pour cent des votants avaient glissé dans l'urne un bulletin : Non !
Le pauvre bougre s’est retrouvé Gros Jean comme devant et les moulins à vent lui ont foutu une raclée…
Cocasse, non ? Le gars qui se bat tout seul et qui n’est même pas foutu de gagner !

Il m’a fait penser, du coup,  à un vieux et bon copain que j’avais en France, boxeur et plein d’humour, qui me disait : bon, d’accord, je n’ai jamais gagné un combat, mais j’ai quand même toujours fini deuxième !

09:42 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : écriture, politique |  Facebook | Bertrand REDONNET

15.09.2014

Fuir ? Chanter ? Se taire ?

On m’a gentiment fait la critique, légèrement voilée, selon laquelle l’Exil des mots consacrait depuis quelque temps beaucoup de pages à la chose politique, au détriment sans doute de textes plus personnels et (ou) littéraires.
C’est vrai ; critique pleinement justifiée.  J’en ai parfaitement conscience.
Mais Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle, S'il n'a l'âme et la lyre et les yeux de Néron ? Comme l’écrivait Lamartine.
Lamartine auquel Brassens,
s’inscrivant en faux avec sa verve coutumière, avait répondu, le feu de la Ville éternelle est éternel, alors, quand donc chanterons-nous ?
Je ne sais dès lors que dire sinon qu’en ce moment une bonne part de mes préoccupations est liée à la situation du monde et à l’immonde fourberie des gouvernants,  notamment ceux de la république de France, puisque, si mes pieds ne sont plus là-bas depuis bientôt dix ans, une partie de mon cœur y est restée, comme un adieu sans adieu.
D’ordinaire plus enclin à épouser le point de vue de Brassens plutôt que celui du poète bourguignon, je me vois donc aujourd’hui pris dans cette contradiction qui me fait délaisser l’écriture romanesque à prétention littéraire pour la critique désabusée du monde.
Je sais bien où réside la vanité d’une telle attitude ! Mes quelques textes ne changeront rien à rien au désordre inhumain qui s’est installé parmi les hommes et ne feront pas tomber les têtes qui devraient tomber. Des coups d’épée dans l’eau…
D’ailleurs, à l’ami qui me visitait cet été, je confiais justement que de parler avec lui de la France, ici, dans cette campagne étrangère encore paisible et solitaire, me faisait pleinement prendre conscience de mon éloignement, tant tout ce qui se passe là-bas (ou qui ne se passe pas, d’ailleurs) ne touche pas de près ma vie de tous les jours, mon isolement, ma tranquillité, mon bonheur d’être en famille, mon Ailleurs.
Pourtant, mon «rapprochement négatif» est venu avec ma détestation de Hollande, elle-même survenue lors des prises de position serviles - prises de position de seigneur inféodé au roi américain - de ce dernier vis-à-vis de Maïdan, de l’Ukraine et de la Russie. Auparavant, Hollande m’était indifférent comme me le sont tous les saltimbanques à deux fesses et une chasse-d’eau qui sur la terre s’amusent à faire les puissants !
Je le pressens d’ici très fort : l’Europe et les États-Unis veulent la ruine de la Russie pour une foule de raisons établies de longue date, raisons géopolitiques, de contrôle de la planète en matière énergétique, d’anéantissement de la Syrie et de l’Iran, de mise en place de l’ignoble traité de commerce transatlantique pour lequel la Russie sera un voisin plus que gênant. L’Ukraine n’est qu’un prétexte provoqué et Hollande, dans son impéritie, sa duplicité et sa bêtise d’occidentaliste primaire, mène notre pays tout droit au chaos, pour le plus grand profit de ses amis américains.
Un homme de talent et de courage, comme la classe politique n’en compte hélas plus, aurait dit non aux desseins étasuniens et bruxelloises et aurait mené son pays non pas à l’affrontement avec la Russie mais vers une entente cordiale et de bon voisinage continental, sans pour autant faire allégeance à son désir expansionniste, à supposer que ce désir existe et ne soit pas tout simplement un réflexe d’auto-défense rebaptisé « désir de grandeur» par les occidentaux pour les besoins de leur fourbe cause.
Je rappelle pour mémoire qu’en octobre 1990, pour rassurer la Russie quant à l’entrée de l'ex-Allemagne de l'est dans l’Otan, il fut décidé qu’aucune troupe étrangère, qu'aucune arme nucléaire ne seraient stationnées à l’Est et, enfin, que l'Otan ne s’étendrait jamais plus à l’Est. Et voilà cet OTAN aujourd’hui quasiment arrivé aux portes de Moscou avec la Pologne et les Pays baltes et qui, en plus, après avoir échoué en Géorgie, guigne avec plus de gourmandise encore sur l’Ukraine !
Qui dès lors bafoue les traités ? La Russie ou l’Europe américanisée ?
Et voilà quelle politique mensongère et agressive soutient ce Hollande, le débonnaire, l'insupportable, l’innommable, le ridicule Hollande, certes, mais aussi et surtout, le très dangereux Hollande.
On ne le dit pas assez :
Hai, détesté, repoussé, dénié, vilipendé, honni, acculé, méprisé, contredit, hué, mis à nu, cloué au pilori dans son pays, cet homme qui ne sait même pas mener une vie privée décente et mêle sans arrêt ses misérables histoires de cul aux histoires de la chose publique, n’aura aucun scrupule à tenter de se refaire une santé historique en engageant des guerres, en multipliant les interventions militaires, en menant une politique dont il sait pertinemment qu’elle conduit au cataclysme, bref, en faisant s’entretuer des milliers et des milliers de gens !
Et quand je pense que ce tartuffe fait mine d’honorer la mémoire de Jaurès assassiné pour son pacifisme, c’est à pleurer de dégoût !

Ça, c’est sur "la scène internationale", selon le mot des journaleux comme si les drames et les misères étaient ceux ou celles d'un théâtre.
Intra muros, le tableau est tout aussi dégueulasse et me révolte autant.
Les p’tits vieux, fatigués, la joue ridée, qui voient déjà, là-bas, scintiller le bout tant redouté de la piste, qui n’ont en leurs poches trouées que quelques menues monnaies à se mettre sous la dent, quand ils en ont, des dents, n’ont qu’à bien se tenir et se serrer encore la ceinture.
Et s’ils n’ont pas de ceinture, ils n’ont qu’à remonter leurs bretelles !
C’est d’ailleurs ce que le gouvernement socialiste vient de leur gracieusement offrir : une remontée de bretelles en les privant, eux qui n’ont que mille euros et parfois moins à bouffer par mois, de 5 euros promis en avril dernier, repoussés en octobre et finalement, sans autre forme de procès,  renvoyés aux calendes grecques.
On a envie de vomir en écoutant le gros Sapin, repu, rotant, suant le cholestérol d’une chaire trop riche et trop abondante, expliquer que l’inflation ayant été plus faible que prévue, ces 5 euros dans la poche des vieux n’étaient plus nécessaires. Superflus, pour tout dire.
Qu’en auraient-ils fait, hein, de ces 5 euros de plus, ces vieux chiens ?
C’est-à dire qu’on dit, sans honte et sans bégayer, que les vieux n’ont pas le droit de s’acheter une tablette de chocolat en plus, de s’offrir le caprice d’une petite friandise ; n’ont pas le droit d’améliorer ne serait-ce que d’une once leur misérable vie. Quand on leur balance un quignon  de pain supplémentaire, ce n’est pas qu’on les augmente pour leur confort. Que non ! On  les  réajuste ! On les maintient au même niveau, comme on maintient les bêtes dans leur enclos sur le fumier de la survie !
Pire encore,  je ne sais plus quel salaud ou quelle salope a dit que, même, on aurait pu leur baisser leur retraite aux vieux débiles, tant l’inflation a été insignifiante. Et de rajouter, en remuant de fatuité un cou flasque et gras comme celui des dindons : mais notre gouvernement, dans son infini sentiment socialiste,  ne fera pas ça.
Je suppose qu’il fallait applaudir !

D’aucuns cependant, ayant bien conscience de tout ce bourbier, disent, en se frottant les mains : oh, mais tout cela se paiera dans les urnes ! Ils seront battus à plate couture.
Et moi je dis : NON ! Des défaites électorales pour sanctionner tant de turpitudes, de bassesses, de mépris immonde, c’est peu, très peu. Les gars passent, font du dégât, gouvernent en véritables bandits et s’en retournent tranquillement dans leur jardin cultiver la fraise et le poireau, les poches bourrées d’une grasse retraite de ministre ! Le tour est joué ! Au suivant de ces messieurs  !
De telles exactions méritent un châtiment bien plus équitable et beaucoup plus sévère ! Je ne suis pas certain que Louis XVI monté sur l’échafaud se soit rendu plus coupable envers le peuple de France que ne se le rendent impunément aujourd’hui tous ces voyous de haut vol !

Alors ? Je  pourrais, après tout ça, chanter le bonheur de vivre et louer la beauté des choses de la terre ?
Difficile. Très difficile… En tout cas, il me faut d’abord respirer un grand coup et tâcher de me résigner à plus de solitude encore.
Pour l’heure, que ceux que cela ne dérange pas ou qui, même, peut-être, en profitent, chantent à s’en faire péter la glotte !
Et que grand bien leur fasse !

14:56 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : littératute, écriture, politique, histoire |  Facebook | Bertrand REDONNET

09.09.2014

Socialisme glamour

Nous-Deux.jpgLes affreux politiques d’un monde déboussolé me rappellent - en bien pire hélas ! - ma vieille mère et ses romans-photos à quatre sous.
De leurs mots éteints, usés, aveugles, sans signifiant ni signifié, ne suintent plus qu’amour, amour, amour et propos sulfureux du faux discours amoureux.
Un pouvoir à bout d’arguments, à bout de légitimité, à bout de représentation - ce qui est tout de même un comble d’être à bout de sa propre raison d'être - sombre ainsi dans le discours de la séduction la plus veule et d’ordinaire réservé aux maquereaux .
Celui-ci fait une déclaration d’amour aux patrons et à l’entreprise, Je vous aime ; deux jours plus tard il en fait une autre, exactement la même, à la kermesse rochelaise, J’aime les socialistes, et l’autre, l’inconséquent, l’innommable, bredouille son amour pour les pauvres.
J’aime les pauvres.
Au sommet armé jusqu'aux dents des guerriers de l'OTAN, en plus ! Vraiment, il devient urgent de se poser la question de savoir si cet homme ne serait pas tout simplement un fou, en cela digne de toute notre indulgence.
Car se rend-on compte vraiment, outre l'incongruité du lieu et du moment, de l’insulte contenue dans cette déclaration ?  Se rend-on compte de l’infamie, du crachat envoyé dans la gueule du populo ? J’aime les pauvres, les démunis, les déshérités…
Pire, le sycophante avoue : Ils sont ma raison d’être.
C’est-à-dire que j’aime que vous soyez pauvres, démunis, en haillons, sans l’sou, dans les rues, déchirés par la meute dévorante des huissiers et des créanciers, endettés, anéantis. Sans quoi, je ne vous aimerais pas, sans quoi je n’aurais nul objet sublime où fixer mon besoin d’amour, ma soif de tendresse.
Sans vous, je n’existerais pas.
Mais il est vrai aussi - entre nous - que l’aventurier qui veut baiser sa rencontre de fortune commence toujours par lui dire je t’aime.
Cela me rappelle aussi – toujours en pire – un monsieur bien mis sur lui, ongles manucurés, un directeur avec un grand D d'un service d'Aide sociale, un homme aux appointements fort avantageux, qui me disait, sans mesurer l’énormité de son propos, que la misère était source d’emplois. Rendez-vous compte, nous employons plus de deux cent travailleurs sociaux !
Est-ce à dire, monsieur, que le malheur, source de richesses, est nécessaire à la croissance, avais-je tenté, sans succès, de lui faire préciser ?

Je serais donc président de la république de France - que le destin m’en garde et je lui fais à ce sujet entière confiance  ! -  que, voulant malgré tout rester digne, je dirais plutôt : je ne vous aime pas, les pauvres, les gueux, les misérables ! Je vous hais, même ! Je vous déteste !
Et je vais faire tout mon possible pour vous détruire, pour vous tirer de ce lamentable état ! Après seulement, je vous aimerai. Peut-être. Tout dépendra de ce que vous ferez de votre pauvreté vaincue.
Mais je ne dirais même pas ça, en fait.
Parce que lorsqu’on mélange le discours des sentiments, du cœur, de l’intime privé, du beau réservé, avec celui de la responsabilité des affaires publiques, c’est qu’on est tout simplement une ordure populiste.
Ou un triple idiot sans cervelle.
Ce qui revient souvent au même.

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01.09.2014

Pologne et présent

litélittérature,histoire,politique,écritureUne réponse exhaustive à trois fidèles lecteurs, amis de l’Exil des mots -  Feuilly, Solko et Michèle - commentant sous le texte précédent, «Pologne et Histoire», la nomination du premier ministre polonais à la présidence du conseil européen, eût été trop à l’étroit dans le cadre réservé aux commentaires.
C’est du moins ce qu’il m’a semblé car ces trois commentaires me montrent combien la conscience occidentale est encore très éloignée de l’esprit de l’Europe centrale en général  et de celui de la Pologne en particulier.
Je m’en réjouis, à tort ou à raison,  peu importe. Je m’en réjouis car je me réjouirai tant que le territoire où je passe le bout de voyage qui me reste sera autre chose qu’une simple notion météorologique, pour reprendre le mot d’Andrzej Stasiuk.
Même si, j’en conviens bien volontiers, parler de sa politique, au sens où s’entend la politique du marché électoraliste, n’est pas ce qu’il y a de plus passionnant pour aller à la rencontre d’un pays et lui donner une originalité qui vaille le coup qu’on s’y arrête.

Commençons donc par une description de l’échiquier politique de la Pologne, échiquier né, il y a vingt-cinq ans, de l’effondrement du communisme et ne perdons surtout pas de vue que cet effondrement, qui bouleversa la donne géopolitique au niveau planétaire, fut l’œuvre des Polonais portant les coups décisifs sur le mastodonte chancelant… Ce ne fut pas l’œuvre des Hongrois, des Tchèques, des Roumains ou des Bulgares, même si ceux-ci, dans des moments historiques moins propices, avaient aussi tenté de faire tomber le «Grand frère» étrangleur, en 56 pour la Hongrie, en 68 pour l’ex-Tchécoslovaquie.
Les Polonais, pour beaucoup, ont payé cher le retour à l’ère démocratique. Ça laisse des traces.

Quatre partis se partagent donc les faveurs des électeurs, au demeurant peu nombreux, toutes les élections se soldant par une abstention avoisinant les 50 pour cent.
Je mentionne d’abord deux petits  partis :
 - le PSL, vieux parti paysan, déjà présent à l’époque communiste et qui louvoie aujourd’hui pour être de toutes les coalitions, gouvernementales, régionales, départementales et communales, aucune majorité ne se dégageant nulle part lors des différents scrutins. Le plus vieux parti polonais. Genre les radicaux en France.
- La gauche,  peu nombreuse, on n’a pas beaucoup de mal à imaginer pourquoi dans un pays qui s’est appelé « République populaire » pendant 50 ans.

Passons aux deux grands partis. P.O, Platforma Obywatelsk, Plateforme civique, au pouvoir depuis 2007. Le parti de Donald Tusk. C’est un parti dit du centre-droit. Si on veut faire des analogies avec l’échiquier français – ce qui est toujours hasardeux - on pense au MODEM, le talent politique en plus. Je dis le « talent » parce que pour moi tout cela se situe au niveau de la représentation spectaculaire du réellement vécu des populations.
En second lieu, le parti de l’opposition, dit PIS, Prawo i Sprawiedliwość, Droit et justice, le parti fondé par les frères Lech et Jarosław Kaczyński, au pouvoir de 2005à 2007.
On s’en souvient trop bien. Les frères jumeaux se partageant le gâteau républicain, l’un premier ministre et l’autre président de la république1, coalition gouvernementale avec l’extrême-droite, Ligue des Familles et auto-défense, discours violemment anti-européen, russophobie poussée à l’extrême, éloge du général Franco à Bruxelles lors d’une célébration de l’abolition de la peine de mort, interdiction dans les écoles d’enseigner Gombrowicz et Dostoïevski, chasse aux sorcières par le biais de l’Institut de la mémoire nationale  pour débusquer les anciens communistes et leur interdire tout droit de se présenter à une élection… J’en passe et des meilleurs. Il me faut aussi dire que le PIS accuse toujours Moscou d’être l’auteur du crash de Smolensk qui couta la vie à Lech Kaczyński, alors président de la république, le 10 avril 2010, date anniversaire du massacre de Katyń. Le PIS, mené par Jarosław Kaczyński, flatte ainsi l’éternelle russophobie, surtout à l’est occupé pendant 120 ans par les tsars avec une russification à outrance, et y gagne en popularité.
Pour l’heure, sachez donc que ce charmant parti sera certainement au pouvoir fin 2015 et que là, ça risque de faire effectivement des flammes : anti Bruxelles, haine farouche des Allemands, haine non moins farouche des Russes, sentiment national exalté, homophobie caractérielle appuyée par l’Eglise, bref la Pologne isolée dans un étau, comme aux bons vieux temps dramatiques…
La Pologne décriée, mauvaise coucheuse et qui retourne droit dans le mur…
Pourquoi, me direz-vous,  ce parti revient-il au pouvoir ? Parce que Tusk, en dépit du boulot gigantesque qu’il a fait pour sortir son pays du marasme économique, subit l’inéluctable usure du pouvoir.
C’est  donc vous dire si la nomination de Tusk au conseil européen est ressentie ici avec une grande fierté. Je ne connais pas beaucoup de peuples qui ne seraient pas fiers – en tout cas pas celui des coqs gaulois - de partir d’un dénuement complet, avec des infrastructures complètement désuètes, pour arriver à ce statut en 25 ans seulement !
Notez bien - c’est absolument primordial - que je me situe là dans « l’esprit des peuples » et non dans le mien.
La France et les Français ne savent pas ce que c’est que le dénuement. Ceux qui l’ont connu sont de moins en moins nombreux puisqu’il remonte aux années 40 du siècle dernier. Ce dénuement a une réalité historique en France, un fantasme des temps anciens et des grands-pères chevrotants, alors qu’il est ici une réalité vécue. Les choses ne sont donc pas du tout vues de la même manière ici que là-bas.
Par ailleurs, la France et les Français sont gavés d’Europe et n’en peuvent plus de tous ses idéaux qu’on leur rabâche depuis 40 ans et qui devaient leur amener bonheur, paix et prospérité. Amen…
La France et les Français ont fait leurs comptes. Ils sont perdants. Ils sont  perdants parce que les autoroutes, les ponts, les grandes routes, les centre-bourgs, les ronds-points, le réaménagement moderne du territoire, ils ne les voient plus, ils s’en foutent.
On monte dans sa voiture à Niort, on enfourche l’autoroute et basta !  4 heures après on est aux portes de Paris. 450 Km.
Ici, on monte dans sa voiture à Kopytnik, on n’enfourche pas l‘autoroute parce qu’il n’y en a pas, on prend simplement la route et on file à Varsovie où on arrive trois heures après, voire trois heures et demi. 192 km seulement…
Moi, ça me plaît bien, beaucoup même, mais je ne suis pas Polonais. Je suis un zigoto romantique qui a vécu 50 ans à l’Ouest !

Tout ça, ce sont des insignifiances pour un Français. Ça ne fait même pas partie du confort de vie. Parce qu’on en a jusqu’à la gueule du progrès et de ses aisances, même si on s’en sert tous les jours avec avidité, comme on se sert de l’eau chaude et des micro-ondes. Les repères ne sont pas les mêmes qu’ici.
Ça viendra, ça viendra, on y court, mais pour l’heure…
Re-notez bien - c’est absolument primordial - que je me situe toujours dans « l’esprit des peuples » et non dans le mien.

Tusk, homme du centre-droit modéré, ne conduit donc pas l’Europe -  si tant est qu’on lui donne un peu de pouvoir de décision - vers  la guerre.
Pour la seule et très mauvaise raison que l’Europe, cette idiote utile, est déjà entrée dans une logique de guerre, sans même que les Européens de l’ouest, pourtant si orgueilleux de leur conscience globale - ne s’en soient rendus compte. C’est du propre !
Ecoutez donc la présidente lituanienne Dalia Grybauskaité : "la Russie est en état de guerre avec l'Ukraine, c'est-à-dire pratiquement en guerre contre l'Europe".
Quant à L’OTAN, grand protecteur des pays baltes, il rêve d’en découdre et multiplie, on le sait, les appels du pied dans cette direction.

Dans ce contexte, Donald Tusk est le seul Européen qui critique ouvertement l’Otan, qu’il dit n’être qu'aux ordres des USA.
De plus, il fut, en 2010, l’artisan d’un rapprochement historique avec la Russie de Poutine, auquel il donna l’accolade, près d’un lieu écrasé par une mémoire de haine et de ressentiment, Katyń.
Ce qui lui valut les foudres du PIS, l’accusant d’être un traitre au service de la Russie.
Une fois ce PIS revenu aux commandes, avec la Russie, ce sera donc la guerre totale.
C’est couru d’avance : ce sont des idiots passionnés, amoureux-fous de l’oncle Sam, en plus. Comment, sinon en isolant complètement leur pays, allieront-ils leurs discours anti-européens avec leur haine viscérale de la Russie ?
Les jours qui viennent seront donc sombres, de l’Atlantique à l’Oural. Et puisque les politiques européens ont choisi un Polonais pour présider leur conseil, ils ont sans doute choisi le meilleur.

A mon sens et en insistant une troisième fois sur le fait que je me situe dans «l’esprit des peuples» et non dans le mien.

 1 - La Pologne n’est pas dans un régime présidentiel mais parlementaire. Le premier ministre gouverne et le Président inaugure les chrysanthèmes

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26.08.2014

Parapluie

672159.jpgLa presse internationale fait ses choux gras de l’affligeant spectacle auquel se donnent une nouvelle fois les hommes et les femmes censés représentés représenter la république de France.
Je me servirai, pour dire à ma manière ce spectacle, d’une image d’Épinal usée jusqu'à la corde : alors que le peuple de Paris s’apprêtait à prendre d’assaut la Bastille, le roi Louis XVI, lui, bonhomme, s’amusait à démonter et remonter des pendules.
Aujourd’hui, il n’y a plus de Bastille, plus de roi, plus de pendule, sinon numérique, et plus de peuple. Mais il y a partout, aux quatre horizons, le canon qui gronde, le feu qui détruit, des pans entiers d’immeubles qui s’effondrent sur de pauvres gens et la mitraille qui fauche.
L’Ukraine, la Syrie, la Lybie, l’Irak, Gaza, le Mali, le Centrafrique, et même l’Iran qui parle désormais d’armer ouvertement les Palestiniens, partout sont le sang et la mort.
Longtemps que le monde n’avait senti aussi intensément la poudre. Nous sommes bien à deux doigts du chaos et il n’y a guère que les intéressés à ce chaos pour ne pas le dire ou que les imbéciles pour ne pas le voir.
Et pendant ce temps-là, les socialistes de la république de France exposent sous les feux de la rampe un de ces nouveaux numéros de bouffonnerie dont ils ont le secret. Ils font tranquillement leur lessive dans une maison où la cave est en flammes.
Et il y en a de la lessive à faire ! Hélas, alors qu’il s’agirait de décrotter le costume entier, les lavandières s’attachent à brosser quelques chaussettes !
Pendant ce temps-là, celui qui fait désormais figure d’imposteur, voire d’usurpateur si on compare sa politique à son discours d’avant-sacre, continue à asphyxier le scénario.

Mais j’aime ce pays. Un pays qui m’a tout donné. La culture, la langue, l'éducation, les chants, la connaissance de l’histoire, la vie, le sens d’un voyage, l’écriture et les souvenirs, les compagnons, les amis…
C'est bien pourquoi je ne dis jamais - du moins essayé-je d'éviter de le dire - mon pays. Ce n'est pas le mien ; il ne m'appartient pas. C'est moi qui lui appartiendrais plutôt, comme ressortissant.
Après, on vit sa vie où l’on veut. On n'est pas tenu de rester en France pour être Français, et ce, fort heureusement, depuis la nuit des temps. Mais, où que l'on soit et de quelque origine que l'on soit, on n'a pas pu laisser son identité, son bagage constitutif, dans une quelconque consigne. Un loup qui s’écarte de la meute et vagabonde en solitaire n’en reste pas moins un loup.
Conséquemment - sans qu'il y ait dans mon esprit la moindre réflexion- en dépit de l’aversion que je peux éprouver pour les aventuriers politiques qui gouvernent ce pays, ceux d’aujourd’hui comme ceux d’hier, je ne serai jamais de ceux qui se réjouissent de ses clowneries à répétitions.
Car je ne suis pas de ceux qui croient que de la couleur du parapluie dépendent l'intensité et la durée de l'orage.

12:08 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : littérature, écriture, politique |  Facebook | Bertrand REDONNET

16.08.2014

Les charognards du désastre

VautoursK.jpgChaque fois que je me mets en devoir d’exprimer mon dégoût des goûts pervertis des hommes de ce système, j’ai deux sensations désagréables : celle de rabâcher et celle de perdre mon temps.
Les deux impressions, une fois portées au niveau de la réflexion, ne font dès lors plus qu’une certitude, à savoir celle de noyer mon plaisir d’écrire dans un vain ressentiment.
Tout le contraire de ce que j’attends de l’écriture.
Je préfère, et de très loin, vous parler des bancs silencieux installés le long des routes dans les villages polonais, je préfère vous parler des saisons autour de la terre, je préfère vous dire le temps qui fuit, je préfère vous décrire mes paysages et ma façon de les vivre, je préfère, ne serait-ce qu’en filigrane, vous confier les sentiments que m’inspire au quotidien ma solitude choisie.
Mais la réalité est là, despotiquement présente. Et - certainement à tort puisque complètement inutilement - je reviens sur l’immonde misère des temps modernes.

L’Ukraine est un drame créé de toutes pièces par les USA et l’Otan qui manipulent l’Europe, laquelle Europe ne sachant pas quoi faire de l’enchevêtrement de ses vingt-huit membres, y trouve le plaisir de faire semblant d’exister. Le milliardaire chocolatier porté au pouvoir à Kiev par tout ce beau monde est en train de se transformer en boucher dans les faubourgs et le centre de Donetz et d’accomplir ainsi méticuleusement la tâche pour laquelle il a été porté au pinacle.
Personne ne pose la question suivante : mais que fait donc F.Rasmussen, chef guerrier de l’Otan, à toujours fourrer son grand nez de fouine dans les affaires ukrainiennes alors que ce pays n’est même pas membre de sa belliqueuse organisation ?
Le fait que personne, ou si peu de monde,  ne se pose la question vous offre la clef du drame qui se joue à l’est de l’Ukraine dans l’endormissement général des peuples occidentaux…
Allez, écoutez bien vos télés et vos radios et dévorez vos journaux ! Vous dormirez tranquilles après vous être acheté à pas cher la certitude que c’est bien le grand méchant Russe qui veut se toujours mêler de ce qui ne le regarde pas.
Si vous tenez cependant à conserver une bonne haleine, ne lisez surtout pas la presse à haute voix ! Le simple fait de répéter ses mots infecte la bouche et la rend nauséabonde.
Marche Romane consacre d’ailleurs un texte à tous ces mensonges qui nous préparent, avec le sourire du gros Hollande et du gominé Fabius par-dessus le marché, le cataclysme qui effondrera l’Europe et une partie du monde mais qui aura le mérite de sortir les Etats-Unis de leur banqueroute !
Mais un monde de lâches mérite-t-il autre chose, in fine ?
Je pèse mes tristes mots : un monde de lâches. Car j’en arrive, en fait, au détail scabreux où je voulais en venir dans tout ce macabre tableau.

De nouvelles agences de voyage sont nées au milieu de cette pétaudière. Des agences qui offrent à leurs clients de faire du tourisme de guerre.
Elles sont le plus souvent tenues par d’anciens barbouzes, d’anciens militaires, d’anciens agents des services secrets et autres ex-grands conseillers militaires.
Ainsi, muni de vos appareils photos ou vidéos, vous serez accompagné, moyennant une somme rondelette,  sur les terrains où les hommes s’entretuent. A Gaza, dans l’est de l’Ukraine, en Syrie, en Irak, en Afghanistan... Vous pourrez ainsi, bien à l’abri des bombes et de la mitraille, protégé par une milice de professionnels du tourisme de guerre, voir en direct le sang dégouliner, les ventres éjecter au dehors leurs tripes encore fumantes et les maisons et les immeubles en flammes s’écrouler sur leurs habitants.
Avec un peu de chance,  vous ramènerez peut-être de vos chères vacances le cliché d’un enfant tombé dans la poussière, tendant vers vous sa main désemparée, les yeux exorbités par l’épouvante.
D’après le magazine d’information polonais Polityka, ce genre de tourisme se développe de plus en plus.
Vertiges de l’horreur.
Les hommes sont des hyènes.
Non ! Car ces fauves-là ont l’intelligence de la vie.
Les hommes sont les épiphénomènes d’une post-humanité.
Des mutants.

Et je me demande : Quelle littérature, quel art, serait en mesure de toucher l'esprit liquéfié, cramoisi, de ces horribles mutants ?

13:38 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : écriture, histoire, littérature, politique |  Facebook | Bertrand REDONNET

26.07.2014

Les bonnes blagues de l'été

marianne.jpgLes Députés de la république de France ont le sens très aigu de la famille et, comme leur mandat suinte l’argent frais, ils invitent à l‘envi qui sa femme, qui sa maîtresse, qui sa belle-sœur, qui son frère à venir s’asseoir à la table de ce couillon de contribuable.
Mais ils ne sont pas pour autant de vils profiteurs. Non, non… Vous en voulez la preuve ? La voici :
« Impossible pour un député de rémunérer son conjoint plus de 4 752 euros par mois… »
(Ceci dit avec tout le sérieux propre au ridicule qui ne tue pas…)
Ah, vous voyez ? Ça vous en bouche un coin, ça !
Près de 5000 euros par mois, qu’est-ce que c’est, hein ? Une broutille ! Vous en connaissez, vous, beaucoup de couillons capables de se lever tous les matins et d’aller au charbon pour 4 700 euros ? Hein ?

Et puis, il y a de la philosophie là-dedans. Une bonne vieille  philosophie de l’amour alliée au sens des responsabilités.
Tenez, écoutez ça. C'est un parlementaire qui a embauché sa bonne  femme :

"Travailler ensemble, ça permet de comprendre, de partager, de s'épauler."
Le parlementaire estime donc que collaborer avec sa conjointe est bon pour son "équilibre de vie" et donc, in fine, pour ses électeurs : "Quand on est bien dans sa peau, on fait mieux son boulot.»
Tu vois, citoyen emmerdant, vil pointilleux ! C’est pour ton bien que ton député embauche sa femme et, outre ses indemnités, ses remboursements de frais, ses ceci, ses cela, glisse subrepticement  5000 euros par mois dans la tirelire familiale.
Tu ne vas tout de même pas reprocher à ton député de se créer une situation familiale paisible pour qu’il ait toute sa tête à défendre tes intérêts ?
Non mais ! Ingrat !

 Et puis, il y a les gros dialecticiens. Par exemple, celui qui préside cette assemblée de malfaiteurs de députés dit :
« Moi j’ai pas embauché ma femme, j’ai épousé ma collaboratrice.»
Et  vlan ! Dans les dents du manant!

Il y a aussi les intellectuels, les poètes, qui, penchés sur leurs brouillons se sortent les tripes du ventre pour laisser au monde, à l’histoire, un témoignage, une vision. Et tout ça pour quoi, hein ?
Pour des queues de cerises ! La preuve encore :
« Bruno Le Maire affirme avoir touché 80 000 euros pour la publication de Jours de pouvoir, en 2013. Patrick Balkany annonce, lui, un total de 14 250 euros pour Une autre vérité, la mienne. »
Putain ! Moi qui sais ce que c’est que d’écrire et qui pourtant aime ça, hé ben, ça ne m’emballerait pas d’avoir des sommes pareilles à toucher pour mes droits ! Non !
Ces deux-là ont dû tomber sur un éditeur escroc.

Les pauvres ! De vrais curés, de vrais missionnaires !
Et ils ont tous raison, ces gars-là. Tous. Pas un n’est dans l’erreur.
Et tu sais pourquoi, citoyen ?
Non ? Tu ne sais pas ?
Parce que tu es un abruti !
Une sous-merde !

11:01 Publié dans Critique et contestation | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : écriture, politique |  Facebook | Bertrand REDONNET

21.07.2014

La couleur du sang

francois-hollande-president_.jpgUne calamité.
Un vrai désastre.
Un discours ruiné.
Je parle du président de la république de France.
Je l’avais préféré, quoique du bout des lèvres et sans avoir participé à son élection de fortune, à Sarkozy le soir de mai 2012.
Hélas, je ne pense pas aujourd’hui que Sarkozy, en dépit de ses mufleries honteuses, aurait fait pire car faire pire est impossible.
En tout cas je suis presque certain que sur la scène explosive des affaires du monde, Juppé aurait mieux fait que Fabius.
Quelle clique !
Ça m’apprendra, depuis le temps pourtant que je sais les cartes biseautées des débats publics, à me mêler, même de très loin, de leur affligeant spectacle.

En Ukraine, on s’en souvient trop bien, le socialiste président s’était empressé d’applaudir aux magouilles de l’Otan, de l’Europe et des USA.
Il avait été le premier, avec cet autre désastre de l’esprit qu’est Henri-Lévy, à recevoir tout sourire sur le perron de l’Elysée les vainqueurs de l’insurrection armée de Kiev, alors que le sang de Maïdan n’était pas séché encore et que certains de ces vaillants vainqueurs n’avaient jamais fait mystère de leur nostalgie du IIIème Reich.
Quel beau démocrate, que cet homme ! Et quel grand penseur, que ce philosophe à la ramasse !
Hollande est, depuis six mois maintenant, toujours le premier après Obama, comme un petit chien dans l’ombre poussiéreuse de son maître, à menacer Poutine de sanctions.
On se demande bien avec quoi : cet homme a les bras aussi vides que le dernier de nos manants et une vision stratégique du monde aussi pointue que celle que pourrait avoir un blaireau des halliers.

Derrière ses lunettes, il pleure aujourd’hui de grosses larmes de crocodile sur les morts du crash de Donetz.
Nous aussi, nous pleurons et sommes en colère. Mais nos pleurs et notre colère viennent du tréfonds de notre être, de notre affection pour la vie, de notre dégoût des armes, de la guerre, des conflits, de la politique et de la mort…
Hollande pleure politiquement. Parce que les trois cent pauvres humains déchiquetés en Ukraine vont dans le bon sens en ce qu’ils sont une condamnation sans appel de l’ennemi, les pro-russes, si toutefois il s’avère que ce sont bien eux qui on tiré le missile assassin...
Nul homme sensé ne saurait effectivement les soutenir après ce crime alors que leur cause pouvait être juste. Nous sommes d’accord…
La monstrueuse erreur – s’il s’agit d’une erreur des séparatistes – sert à point nommé les desseins de l’Europe impérialiste, des USA et, bien sûr, accessoirement, de Hollande.

Mais, dans le même temps, ce président catastrophe interdit une manifestation de soutien au peuple palestinien massacré sous les bombes israéliennes !
Comme aux bons vieux temps de l’Algérie française, quand on interdisait les manifestations pro-FLN !
Ce triste visionnaire veut-il rejouer Charonne ?
Son désastreux premier ministre, mélange atone de Robespierre et de Fouché, se vante que les heurts qui ont eu lieu lors de ces manifestations organisées en dépit de son veto,  sont les preuves qu’il était sage de les interdire.
Je vous demande de réfléchir une seconde sur la perversité de ce raisonnement de propagande a posteriori : s’il n’y avait pas eu d’affrontements, Valls aurait-il fait son mea culpa ? Depuis quand un chef de l'exécutif se félicite-t-il ouvertement des violences qui justifieraient la justesse de sa politique ?
Curieuse dialectique. Dialectique de marchand de tapis. Dialectique d’apprenti Bonaparte. Dialectique de menteur partisan.

La France, par la voix de son dangereux Président,  soutient Israël… Elle donne son aval aux meurtres, à la destruction de la bande de Gaza, à la mort des enfants,  aux bombes larguées sur la population civile.
Ces socialistes, qui soutiennent le crime à Gaza et font mine de le condamner à Donetz, nous enseignent ainsi que le sang, avant d’être rouge, a d’abord une couleur politique.
Ils resteront une page lamentable de l’Histoire écrite par la débâcle de leurs consciences !

19:19 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique, histoire, écriture |  Facebook | Bertrand REDONNET

06.07.2014

Réquisitoire - 2 -

Requisitoire.jpgFlorent m’eût-il consulté avant de prendre la décision d’ester en justice que j’eusse plaisamment paraphrasé Frédéric Dard en le prévenant qu’un plaignant est cuit d’avance si son avocat n’est pas cru.
Ça n’aurait, j’en conviens, pas beaucoup fait avancer ses affaires. Plus sérieusement, j’aurais quand même tâché de l’en dissuader.
Car, comme je le subodorais fortement, après avoir mis les pieds dans ce bourbier, mon pauvre ami n’a pas cessé de s’embourber, alors que tout avait pourtant commencé sous d'agréables auspices. Mais il est vrai aussi que c’est le propre de tout bourbier que de dissimuler son côté sale. Sans quoi il ne piégerait que les suicidaires !
Ainsi, consulté par mail, un avocat répondant au doux et prometteur qualificatif de Maître Fortuna, se montra catégorique après que Florent lui eut exposé les tenants et les aboutissants de ses déboires. Selon lui, c’était simple et, juridiquement parlant, ça coulait de source (de revenus pour lui sans doute) : il y avait eu début d’exécution par ce premier versement effectué en juillet 2010 et ce début d’exécution valait devant une juridiction « reconnaissance de dette ».
Florent exultait. Ah, il allait se le payer, cet enc… d’escroc de voleur de toiles ! Il allait le trainer devant les tribunaux ; il allait jeter sur lui l’opprobre social et lui faire rendre avec force de loi ce qu’il lui devait !
Comme tous les rêveurs de la terre qui n’y connaissent absolument rien aux turpitudes d’un système, qui, même, s’imagine ce système comme tout empreint d’une équitable sagesse, Florent faisait déjà allègrement cuire l’œuf dans le cul de la poule. D’autant qu’il existait, selon l’avisé homme de loi, une juridiction dite de proximité, créée en 2002 par le gouvernement Jospin au dessein de désengorger les tribunaux d’instance embouteillés sous des tonnes de dossiers, tous plus urgents et primordiaux les uns que les autres : un coq qui chante trop tôt le matin, une borne de jardin mal placée, un droit de passage contesté par un voisin sur une parcelle protégée par la loi trentenaire, tapage nocturne après beuverie, chien errant et galeux qui a piétiné trois plants de salades et ainsi de suite…
Cette juridiction de proximité, mon cher Monsieur, vous conclura votre affaire en deux temps trois mouvements et nous allons demander que nous soient comptés, en plus, les intérêts légaux courant depuis le manquement à notre deuxième échéance.
Mon ami Florent n’en était déjà plus à cuire l’œuf dans le cul de la poule : il en était à l’omelette aux fines herbes et aux cèpes!

La première déconvenue, à laquelle, quand même, il aurait dû s’attendre, fut, quarante huit heures à peine après qu’il eut donné son enthousiaste feu vert à son chevalier servant pour entamer la procédure, la réception par mail d’une facture d’honoraires en bonne et due forme et d’un montant de plus de six cent euros, hors taxes bien sûr, à honorer dans les délais les plus brefs et avec des salutations on ne peut plus distinguées.
A ce stade de ma narration, cher lecteur, il te faut empoigner une calculette. Car l’avocat vit en France et en euros alors que Florent vit en Pologne et en zlotys. Fi, donc, des calculs relatifs au cours des monnaies : la facture s’élevait dans l’absolu à 2500 zlotys. Une fortune, soit deux fois le SMIG polonais !
C’est comme si un Français avait reçu une facture de 2800 euros !
De plein fouet fut frappé droit au cœur le velléitaire plaignant !
Il n’avait seulement pas cent zlotys en poche et, tant pis, merde de merde, qu’il les garde les toiles et le fric, ce salaud, qu’il aille en enfer et ce monde est vraiment encore plus pourri que je ne l’imaginais.  Je laisse tomber !
Sage résolution. La colère est parfois bonne conseillère.
Las ! Las ! Las ! C’est là que je suis intervenu, croyant bien faire car voyant bien à quel point mon ami était dépité d’avoir à abandonner ses œuvres aux mains d’un salopard…
Je le regrette beaucoup aujourd’hui.

« Mais, que j’écrivis à Florent, il existe quelque part dans tout ce merdier, ce qu’on appelle l’Aide juridictionnelle avec un grand A, une aide pour les pauvres comme nous-autres qui leur permet de se défendre s’ils sont soudain victimes – plus que d’habitude et de façon plus flagrante encore - d’une escroquerie… C’est l’Etat, le bon Samaritain, qui paye l’avocat et les frais … Fais-en la demande. Avec tes revenus plus qu’aléatoires, ils te l’accorderont à tous les coups. »

Une juridiction de proximité (un peu comme la démocratie de Ségolène Royal), une aide pour les pauvres gens,  que demande le peuple ?
M’inondant de remerciements, Florent repris donc le combat et fit un pas de plus, par ma faute, vers la déprime, en téléchargeant effectivement sur internet un dossier de demande d’aide juridictionnelle…
Ce sera très rapide, lui avait entre temps assuré, quoique sur un ton beaucoup moins enthousiaste et urbain que précédemment, délaissant bizarrement le nous solidaire et complice pour un vous plus distant, Maître Fortune, mis au courant de la démarche.
Nous étions, notez  bien, lecteurs, fin août de l’année dernière.

Affaire à suivre...

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04.07.2014

Réquisitoire - 1 -

Ensuring-Justice-for-Victims-and-discredit.jpgEn portant à votre connaissance l’histoire malencontreuse advenue à un ami, je veux dénoncer avec force ce poncif érigé en dogme républicain : l’indépendance de la justice.
Mais comprenons-nous bien ! Je veux dénoncer cette indépendance non pas par rapport aux pouvoirs exécutif et législatif - règle sacro-sainte de la séparation, qui, si elle était effectivement de mise, serait un gage réel d’une saine démocratie - mais pour son indépendance totale, jusqu’au mépris du seigneur pour son paysan, par rapport à ceux dont elle a en charge de régler les intérêts conflictuels : les citoyens.
Il manque assurément à cette institution séculaire des comités de citoyens qui, sans pour autant avoir droit de regard sur les instructions en cours, les enquêtes, les tenants et les aboutissants d’une affaire appelée à être plaidée, veilleraient à ce que les tribunaux et tous ceux qui en vivent et gravitent autour, notamment les avocats chafouins, fassent leur métier proprement, en respectant les justiciables plutôt qu’en les traitant comme des sous-merdes et des ignorants.
Cette histoire lamentable est une illustration de ce que la justice ne «souffre pas tant d’un manque de moyens» comme l’affirme avec facilité La Garde des Sceaux, ramenant tout, en bon serviteur d’une République décadente, à une histoire de gros sous, mais bien d’une impéritie, d’un incommensurable orgueil et d’une fourberie époustouflante de ceux qui œuvrent en son sein.
Cette justice est un électron libre, un monstre froid qui n’a de comptes, semble-t-il, à rendre à personne.
Bref, un Etat dans l’Etat qu’il faudra bien un jour que les hommes de bonne volonté retrouvant leur dignité se décident à juger, voire à condamner, à la faveur de ce mouvement de perpétuel boomerang dont se nourrit l’Histoire.

Mon ami s’appelle Florent.
Je l’ai rencontré il y a trois ans. Il habite la Pologne, à deux cent cinquante kilomètres au sud de chez moi.
Le fait d’être tous les deux Français sur une même terre étrangère nous a évidemment rapprochés au début… Mais pour forger une amitié, il faut avoir autre chose à échanger qu’une carte de nationalité.
Florent est un ami pour une foule de raisons.
Je passe là-dessus. Là n’est pas mon propos. Suffit de savoir ceci : l’eussé-je rencontré en Poitou-Charentes qu’il eût été pareillement mon ami.

Il y a un an environ, fin juillet, nous avons passé deux jours ensemble. Chez lui. Il faisait une chaleur épouvantable et nous sortions très peu, quoique son environnement, sauvage et montagneux, soit propice à la balade et à la rêverie contemplative.
Florent, d’ailleurs, le peint avec bonheur, cet environnement, car il a un talent certain pour la peinture, art de l’histoire duquel il est un parfait érudit. Il m’en apprend beaucoup et il est intarissable sur le sujet.
Nous ne sortions pas beaucoup, donc, et mon ami d’ordinaire si disert, était d’humeur plutôt morose. Pas désagréable pour un sou, non, mais plus silencieux que de coutume, comme préoccupé.
Tant que je finis par lui demander s’il avait des ennuis, auquel cas je pourrais peut-être lui donner un coup de main, dans la limite de mes maigres possibilités.
Florent hésita longtemps avant de me confier, avec beaucoup de précautions et en tournant la cuillère autour du pot, comme s’il avait honte ou comme s’il avait l’impression de se mettre à poils, qu’il avait vendu trois toiles à un individu, un périgourdin comme lui, que celui-ci lui avait demandé de lui octroyer la possibilité de payer en trois fois, qu’il lui avait établi un échéancier signé d’un avocat et lui avait fait un premier versement de 3000 euros lors de la livraison.
Mais le terme de la deuxième échéance, également de 3000 euros, était passé et rien n’était venu.
Or, Florent est un homme sans le sou, un homme sans budget fixe, un pauvre qui s'en fout de l'être mais qui comptait cette fois-ci sur son argent pour partir à l'automne respirer un peu l’air du pays dans son Périgord natal, et, même, faire quelques travaux dans sa charmante petite maison. De bois, comme la mienne.
Sur mon insistance, il me montra cet échéancier, effectivement établi par un avocat de Périgueux, Maitre Bartaclay :
8000 euros payables en trois fois, soit 3000 en juillet 2012, 3000 en juillet 2o13 et le solde de 2000 en juillet 2014.

Mais, contacté, le débiteur, avait proprement envoyé promener mon ami. Manifestement, Florent s’était fait entuber de 5000 euros et il n’avait plus que ses yeux pour pleurer n’ayant, lui, signé aucun papier, pas même un certificat de vente.
Du Florent tout craché, absolument ignorant des us et coutumes de la vente à crédit, peut-être même de la vente tout court et, surtout, artiste assez naïf pour être tombé dans un panneau aussi grossier.
Ce dont je suis incapable de le blâmer...

Affaire à suivre...

14:11 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : justice, écriture, littérature, politique |  Facebook | Bertrand REDONNET

03.07.2014

Renart et Chats fourrés

220px-Antoine_Portail.jpgLa sympathie que m’inspire Nicolas Sarkozy n’a à peu près d’égale que celle que m’inspire une épine plantée dans mon talon.
Mais l’honnêteté de ceux qui ont décidé de lui faire rendre gorge m’inspire, elle, que du dégoût.
Sarkozy a une qualité que les autres n’ont pas : il ment mal. Il ment comme un bonimenteur de foire, comme un camelot.
Les autres, en face, mentent avec plus de brio. C’est la raison pour laquelle ce sont eux, plus que l'évident bonimenteur, qui méritent d’être partout dénoncés.
Sauf évidemment pour les petits soldats de plomb socialistes pour lesquels un chat n'est un chat que lorsque cela les arrange. C'est-à-dire chaque fois qu'il s'agit de valider une contre-vérité.

Commençons par écouter une seconde un gars du Syndicat de la Magistrature :

« […] un juge, même syndiqué, n'en est pas moins impartial 

  " L’ancien chef de l’état fait l'amalgame entre la critique par un syndicat, personne morale, d'une politique menée et l'action d'un magistrat directeur d'enquête, dans le cadre de ses fonctions "

Diantre ! Mais qui est donc ce magistral magistrat ? Quel est cet homme ? Qui est ce surhomme ? Quel est ce funambule de génie ? Qui est cet être immatériel, coupé en deux, dichotomique, sans âme ?  De quelle galaxie miraculeuse a t-il été débarqué chez nous-autres ?

Je me souviens plaisamment de certains collègues de l’administration qui, sans doute accablés par l’inconfort  de leur conduite au bureau, disaient :
-         Je ne suis pas du tout comme ça chez moi.
Et moi de leur dire inlassablement :
-         Vous êtes vous dès lors demandé à quels moments de votre vie vous étiez le plus authentique ? Le plus chez Vous, dans votre peau ?  Côté cour ou côté jardin ?
Car un homme est un homme, entier, un Lui indissociable d’un Je, à moins qu’il ne soit un parfait schizophrène.

Alors, Messieurs du Syndicat de la Magistrature, faites votre office, faites-le comme vous voulez, salement ou proprement, mais de grâce ne rajoutez pas à la pollution délétère de notre triste époque la pollution ridicule d’une impossible, d’une inconcevable philosophie pour qui sait peu ou prou ce que veut dire le mot humain.

Je le connais bien votre métier. Souvent je me suis frotté à votre rugueuse hermine.
Et, très récemment, un ami, un grand ami, peut-être le seul qui me reste sous les étoiles de ce monde, m’a fait le récit écrit et affligé d’une mésaventure rocambolesque qui vient de lui advenir après qu'il eut commis la monumentale erreur d’aller vous demander conseil pour une broutille.

Cet ami que vous avez bafoué, méprisé, m’a permis, se disant mal à l’aise dans l’écriture publique,  de reproduire ici son histoire.
Je le ferai
à partir de demain d'ici quelques jours, en trois ou quatre épisodes.
Parce qu’elle mérite d’être livrée  à la publicité
par le menu, son histoire.
Elle vaut, à mes yeux, bien plus que toutes  les professions de foi, les déclarations, l’énoncé des grands principes et surtout, chose que vous connaissez à merveille,  tous les effets de manche…
Elle me navre bien plus que les démêlés de Sarkozy avec vous qui vous emmêlez les pinceaux.
C’est de la vie, de l’empirisme pur, qui, sans appel, vous dénonce et vous accuse, Vous et tous ceux qui autour de vous gravitent en jonglant avec les mots de la  loi...

14:00 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : politique, justice, écriture |  Facebook | Bertrand REDONNET

09.06.2014

Le papillon de nuit

france_affiche_lepen_1974.jpgUn monde d’imbéciles déprimés gouverné par des imbéciles heureux qui se prennent pour de fines intelligences et qui en parodient plus ou moins bien le langage, ne peut que s’enfoncer de plus en plus dans l’erreur dès qu’il fait mine de  comprendre quoi que ce soit de son destin et des petits épiphénomènes politiques qui en balisent le chemin.
C’est une évidence pour moi, qui ne suis pourtant pas plus intelligent ni plus fin qu’un autre, mais qui possède peut-être l’inappréciable avantage de ne se sentir concerné que par un essentiel : la course du soleil autour de ma maison, le bonheur immédiat de ceux (celles) qui partagent avec moi la fuite du temps, l’écriture et le faible écho que peuvent me renvoyer mes quelques livres.

Ainsi, je rigole ce matin de la cacophonie autour d’un énième dérapage minutieusement contrôlé du sieur Le Pen. Les bien-pensants portent plainte, ils ne savent guère faire que ça, s’aller moucher à la pèlerine, les politiques les plus corrompus lèvent les bras au ciel et tordent la bouche dans un ensemble harmonieux et avec une moue imitant parfaitement l’indignation (un fourbe est toujours content de tomber sur plus fourbe que lui, ça le dédouane aux yeux du monde de sa propre duplicité), et tout ça pourquoi ? Pour du vent.
La fausse conscience parle à voix haute, jusqu’à s’égosiller, dans un tumulte masquant totalement la réalité des uns et des autres.
Car le vieux chef d’extrême-droite, lui, suit sa stratégie déclinante, celle qui a toujours été la sienne, c’est-à-dire qu’il cherche, comme il l’a toujours cherché, à éloigner son parti du risque d’accession au pouvoir que lui font courir ceux à qui il en a confié la direction.
Je reprendrai donc ici quelques éléments que j’avais déjà publiés en avril 2012 sur l’histoire récente de l’extrême droite française, éléments que confirment les nouvelles élucubrations de Le Pen autant que l’opposition dont est obligée de faire montre sa fille devant les susdites élucubrations.
Entre le vieillard et ses enfants, la guerre est ouverte et les autres imbéciles heureux qui font mine de s'offusquer ne comprennent rien à rien des enjeux de cette guerre.

Il faut donc d’abord comprendre l’histoire de l’extrême-droite en France depuis les années 60, savoir d’où elle vient et ses objectifs, avant de se lancer dans tout commentaire qualitatif sur ses succès électoraux depuis 1986, dont le dernier aurait eu lieu aux européennes du 25 mai, sous les yeux effarouchés des démocrates frileux et ceux triomphants des nostalgiques atrabilaires des Camelots du roi.
Le Front national est né d’un mouvement que nous connaissions bien lors de nos affrontements de jeunesse sur les campus des années 70, Ordre Nouveau. Ce groupuscule violent, - mais pas plus que nous autres situés à l’autre bout de la galaxie de l'idéologie révolutionnaire, bien au-delà du PCF, du PS et des lénifiants trotskystes- souvent armé de barres de fer et autres frondes, se distinguait d’abord par le courage convaincu dont faisaient montre ses membres, n’hésitant pas à trois ou quatre seulement - je m’en souviens très bien - pour venir provoquer de leurs saluts nazis des assemblées entières où grouillaient des centaines et des centaines de gauchistes de tous bords, certains brandissant le drapeau rouge du stalinisme à la Mao ou du trotskysme emberlificoté, d’autres le drapeau noir du romantisme anarchiste, d’autres le drapeau noir et rouge de l’anarcho-syndicalisme espagnol, et d’autres encore, sans drapeau mais le verbe haut et fier de la théorie situationniste aux lèvres.
Ma sympathie, sinon mon appartenance, allait à ces derniers.
Disons que c’est dans leurs maigres mais fort joyeux rangs, que je comptais quelques valeureux amis,  gardés pendant des décennies.
Plus tard, la frénésie des A.G s’étant apaisée et le souffle de la révolte perdant de son enthousiasme, chacun est devenu apparemment ce qu’il était essentiellement. La plupart laissèrent donc en route leurs fougues pour finir au PCF ou, pour les plus malins, au parti socialiste, d’autres, au contraire, continuèrent la bataille en apaches isolés, avec coups reçus, défaites cuisantes, enfermements psychiatriques ou cellulaires à la clef, marginalisations et, aussi, quelques victoires non spectaculaires engrangées.
De ces victoires de l’ombre qui permettent de rester debout.

Mais revenons aux assemblées post-soixante-huitardes : quand tout ce beau monde s’est dissous, le combat d’Ordre Nouveau, lui, semblait du même coup devoir finir, faute de combattants à combattre. Dans la pensée de ses quelques dirigeants, le moment était donc venu de sortir des caves de la subversion pour venir affronter le monde sur son propre terrain, celui de la politique.
Ainsi ces dirigeants se mirent-ils en devoir de partir à la pêche au notable fascisant capable de leur assurer une aura et une sorte de légitimité sur la scène politique.
Alain Robert et François Brigneau, chefs d’Ordre Nouveau, repérèrent alors un certain Jean-Marie Le Pen, un poujadiste violent, un sacré tribun, un ancien député de la IVe république qui avait abandonné son mandat pour partir combattre en Algérie. Un para qui était revenu de ce combat honteux avec une réputation de tortionnaire et de brutalité.
Tout cela faisait bien l’affaire des jeunes idéologues d’Ordre Nouveau. Leur intention était d’en faire un homme de paille, une potiche, un drapeau, et d’accéder ainsi à la voix publique sous son couvert. Quitte à le jeter par la suite comme un vieux chiffon.
Mais c’était bien mal connaître le bonhomme et ils firent ainsi rentrer un puissant renard dans leur maigre poulailler. Le Pen dira d’ailleurs plus tard : cela ne m’intéressait pas du tout de parader à la tête d’un groupe de jeunes gens énervés.
Son ambition était alors de fonder un grand parti à la droite de la droite.
L'homme était un pragmatique. 
Il phagocytera ainsi tout le monde, après que le gouvernement eut commis l'erreur d'interdire en même temps la Ligue communiste révolutionnaire et Ordre Nouveau pour leurs violents affrontements, bénis par le stratège Le Pen, à la Mutualité en 1973.

L’auteur du premier programme du Front National est alors un jeune loup : Gérard Longuet, plus tard compromis dans des affaires de haute corruption… Dans cette mouvance de jeunes fascistes, venue d’Ordre Nouveau et du mouvement Occident, on trouve aussi un certain Patrick Devedjian. Que du beau monde, donc.
D’autres cadres sont recrutés au FN et je vous laisse apprécier leur honorable  pedigree :
- Victor Barthélémy, engagé volontaire chez les SS,
- François Gauchet, collaborateur qui reprochait à  Pétain d’être trop mou quant aux directives données par Hitler,
- Léon Gautier, ancien milicien, grand chasseur de résistants,
- François Duprat, néo-nazi activiste, assassiné par on ne sait toujours pas qui et dont le FN fera un martyr…

La suite, vous la connaissez. L’ascension du Front National, Le Pen médiatisé éructant ses fantasmes sur la place publique. Ça, il le doit essentiellement à Mitterrand qui, encore plus fin que lui dans l’art de la perversion politique, répond favorablement à sa demande écrite d’être admis sur les plateaux de télévision au même titre que les autres leaders politiques. Le Président socialiste compte sur la montée de l’extrême droite (dont il connaît bien tous les mécanismes et pour cause) pour faire exploser son opposition officielle, la droite parlementaire. La machine est enclenchée. Le Pen fait de l’audience, les médias le considèrent donc comme un excellent client, bien juteux pour leur tirelire et lui offrent régulièrement leurs plateaux.
L’ogre est sorti de sa caverne et crache sur le soleil pâlot de la démocratie désastreuse.

Le même Mitterrand ouvre au Front National les portes du Palais Bourbon avec son bricolage de proportionnelle en 1986 et c’est là que la machine fascisante commence à s’enrayer.
Elle ne s’enraye pas dans la défaite, mais bien dans le succès. Vitrolles, Orange, des mairies sont conquises. Jeune loup montant, Maigret, enthousiaste, s’écrie alors devant le chef : "Nous sommes prêts ! Nous sommes à deux doigts de prendre le pouvoir !"
La vérité toute crue tombe alors des lèvres de Le Pen lui-même, glaçant les espoirs de ses cadres qui n’ont encore rien compris : Dieu nous en garde !
La douche glacée est jetée sur l'ambition chauffée à blanc.
Le Pen ne désire pas le pouvoir, ne l’a jamais désiré. Il s’y perdrait. Ce qu’il veut, c’est conduire son parti, le gérer comme on gère une grosse PME, en chef incontestable, et qu'il  pèse dans le paysage, qu'il soit incontournable, qu'il fasse et défasse des rois, pollue tout le débat qui n’en a pourtant pas besoin tant il est déjà délétère, le pervertisse et l’accable, et que chacun de ces saltimbanques démocrates soit contraint et forcé de se positionner par rapport à lui.
Et toute l'histoire récente lui donne raison. Les susdits saltimbanques n'ayant plus rien à sauver que des apparences s'évertuent chacun dans son coin à se définir comme le plus sincère anti-Le Pen du moment.
On sait pourtant depuis la nuit des temps ce que valent les identités construites sur leur contraire : du vent.
Sur le cadavre en cours de décomposition de ce que les politiques continuent d’appeler arbitrairement la République, sur cette espèce de Directoire mouillé jusqu’au cou par les scandales et les malversations de tout ordre, Le Pen veut être le ver qui grouille et se repaît à son aise.
Il ne veut surtout pas être la chair de ce cadavre-là !
Sa victoire est alors totale quand Chirac, piteux, lui demande une entrevue entre les deux tours de l’élection présidentielle de 1988.
Mitterrand, lui,  est aux anges : les loups se prennent à la gorge et, lui, d’un œil plus apaisé que jamais, fait mine de veiller à la tranquillité républicaine d’un troupeau d’imbéciles.
Mais le grand victorieux est in fine Le Pen. D’une intelligence redoutable et d’un talent politique remarquable, il a tout compris du spectacle et s’est attribué, à l'intérieur de ce spectacle, le rôle qu’il a toujours voulu y jouer. Étant certain que ses outrances ne seraient jamais applicables dans un programme de pouvoir, il en est d'autant plus fort pour les défendre avec la hargne que l'on sait, maniant en même temps, avec brio, la contradiction et la provocation verbale. Chaque scrutin est donc pour lui une victoire en ce qu'il frôle de très près la ligne entre opposition battue et élection réussie, en prenant toujours grand soin de ne pas franchir cette ligne qui l'enverrait tout nu devant la nation et l'obligerait à mettre en pratique l'impraticable.
Qui le priverait, donc, de la parole. C'est dans l'outrance qu'il est crédible. Le raisonnable en ferait un homme politique du commun.
Sur cette lisière subtile de l'échec
réussi en permanence est l'avenir, la survie, de son personnage politique. Et là seulement. 
Tel le papillon de nuit dans l'expérience constante des limites, Le Pen frôle la lumière le 21 avril 2002, sûr de lui, certain qu'il ne s'y brûlera pas les ailes, sachant reculer au moment précis où il le faudra pour assurer sa survie.

Las ! Las ! Las !
Voilà que sa fille, à laquelle il a confié la poursuite de l'œuvre de toute une vie, a des ambitions tout autres : elle veut du pouvoir, elle veut le pouvoir et être reconnue comme une dame politique honorable.
Pour ce faire, il lui faut à tout prix changer le destin de la statue façonnée par Pygmalion-père.
Le Pen le voit bien et il sait que dans cette voie-là, après quelques succès prometteurs dus à l’impéritie des vrais-faux démocrates, le bateau qu’il a construit de ses mains court au naufrage. Parce que tout parti qui accède au pouvoir est promis à sa chute et à sa désagrégation.
Alors, de temps en temps, il tâche de rectifier le tir, il tâche de remettre le navire à flots, sur le bon cap, et il lâche le pet à peine foireux d'un éternel antisémitisme primaire.
La fille héritière s’oppose aussitôt, scandalisée qu’on vienne
ainsi souiller le costume qu’elle a eu tant de mal à rendre à peu près présentable. Elle traite dès lors le vieux chef de «ringard» qui commet des fautes.
Lequel vieux chef rétorque aussitôt que les fautes viennent de ceux qui prennent les patins des adversaires qu’ils prétendent combattre : on ne s’oppose pas à la démocratie avec un discours de démocrate !
La guerre est donc déclarée. Une guerre intestine entre deux conceptions de l’extrême droite, l'une du siècle passé, l'autre bien contemporainement politique.
De ce conflit qu'ils n'entrevoient qu'à peine se nourrissent tous les autres insectes du clan politique, pour telles ou telles raisons de basse stratégie et qui ne sont, bien évidemment, jamais celles publiquement déclarées.

14:14 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : histoire, politique, écriture |  Facebook | Bertrand REDONNET

07.04.2014

Devinettte pas facile...

staline_reference.jpg« Imprédictibles, ces coups d'éclat contraignent les services de renseignement à déminer le danger en multipliant les cyber-patrouilles. Des groupes d'enquête spécialisés explorent blogs, pages Facebook ou messages sur Twitter. Prévoir nous oblige à des investigations plus poussées, concède un officier. Par mots-clés, nous tentons de cibler des profils à risque et des mots d'ordre, mais cela reste aléatoire.»

Ah, lecteur lointain, doux et paisible lecteur, toi qui, tout comme moi sans doute, regardes s’agiter le monde dans ses ébats et ses débats de plus en plus liberticides, qui te dis peut-être que nous avons, nous-autres, cette chance historique, acquise de haute lutte, de vivre sous des cieux éclairés où fleurissent les fleurs toujours nouvelles des démocraties apaisées, de quel pays indigne parle donc ce petit paragraphe édifiant, prélevé dans la presse ?
De la Tunisie ? De l’Ukraine ? De la Russie de Poutine ? De la Chine ? De l’Inde ? Du Pakistan ? De la Corée du Nord ? De l’Afghanistan ? De l’Irak ? De la Lybie ?

Allez, encore un petit effort… Oui, oui, c'est ça... Tu brûles, lecteur !

09:30 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : littérature, écriture, politique |  Facebook | Bertrand REDONNET

05.04.2014

Stéphane Beau : un texte témoin

Ce texte me touche particulièrement par sa force de renversement. L’ami Stéphane nous montre en effet comment l’idéologie dogmatique, sectaire, totalitaire, de la gauche bien-pensante - toutes fausses tendances confondues, même jusqu'à ses extrêmes - peut nous acculer à prendre des positions jugées par elle réactionnaires alors qu’elles ne sont que des tentatives pour rétablir le bon sens, l'honnête sens, du réel.
Il a raison, Stéphane, même s'il ne s'en ouvre pas expressément : Zemmour dit moins de conneries et de saloperies que Bernard-Henri Lévy. Une femme du peuple, de droite mais de bon sens, qui se situe naturellement sur un pied d'égalité avec son compagnon, qui n'a nul besoin pour ce faire que des grenouilles-prêtresses suivies des enfants de choeur de la pensée convenable lui servent la messe, qui aime son compagnon, qui aime qu’on la respecte et qui veut aimer l’amour et la vie, énonce moins de dégueulasseries que Vallaud-Belkacem, baptisée à la tambouille PS, version "ambitions démesurées".
Les idéologues de la contre-vérité érigée en humanisme ont détruit tous les repères afin que ses sujets errent désormais sans boussole sur l’océan des infâmes solitudes.
On parle de dérive droitière. J’ai un sourire amer, crispé. La nausée du dégoût : c’est exactement à ce prétexte que Staline fit torturer et fusiller tous les communistes et anarchistes de la première heure !
La pensée socialiste est le dernier stade du pourrissement du stalinisme et l'homme libre se situe par-delà ses discours autorisés. Par-delà aussi les ignominies droitières et les manœuvres répugnantes de la pensée de gauche. L'homme libre est dissident. A l'écart. En-dehors.
Il se doit ainsi d'être fier de toutes les insultes dont le couvre la horde miaulante des salopards !

  Le bon côté de la barrière

jardin_vagabond_grille.jpg

Ma mise en accusation du dogme féminisme, que ce soit sur ce blog ou dans mon livre sur les Hommes en souffrance a, je le vois bien, posé quelques problèmes même à ceux qui me connaissent et qui me lisent habituellement. Car critiquer le féminisme aujourd'hui, dans l'esprit de beaucoup c'est, sur le plan politique et idéologique, prendre place du mauvais côté de la barrière. Mais comme ces lecteurs-là savent à qui ils ont affaire, ils ont généralement assez bien compris ce que je voulais dire. Par contre, ceux qui ne me connaissent pas ou mal, ont globalement porté sur mon travail des jugements sans appel (et légers en termes d'argumentation, ceci dit en passant...) : « risible », « masculiniste », d'une « bêtise crasse », « réactionnaire », « misogyne »... aucun rachat possible.

Je mentirais en disant que cela ne me touche pas, ne me trouble pas, ne me questionne pas. Car comme le fait très justement remarquer Philippe Ayraud dans la recension qu'il a consacrée à mon livre, je reste persuadé que je porte clairement le cœur à gauche, parfois même très à gauche, depuis toujours. Avec tout le pack psychologique et idéologique – pas toujours conscient – qui va avec : la certitude d'être du « bon » côté de l'histoire, celui des faibles, des opprimés, d’être dans le camp de la justice et du bien général. Bref, d'être un « gentil ».
Et là, brusquement, en m'en prenant au féminisme, considéré par beaucoup comme étant un des plus nobles combats de la gauche contemporaine, je me retrouve non seulement à m'opposer à celles et ceux qui me sont habituellement les plus proches et du même coup à partager certaines convictions avec ceux que j'avais toujours tenus comme étant indubitablement mes adversaires : penseurs de « droite » voire d’extrême droite, cathos, traditionalistes bornés...

Alors forcément, je me suis posé la question – et je me la repose encore régulièrement – suis-je en train de déconner ? Me suis-je trompé de route ? Quelque part, j'aimerais bien, cela simplifierait nettement les choses pour moi. Mais j'ai beau retourner le problème dans tous les sens, et même si cela m'embête, j'en reviens toujours à la même conclusion : le féminisme, tel qu'il se développe actuellement est une idéologie dangereuse qui ne pourra rien produire de bon sur du long terme. Et aujourd'hui, oui, hélas, face à ce dogmatisme froid, aveugle, fermé au dialogue et aux débats, c'est chez les penseurs « réactionnaires », de droite, hostiles à la gauche, que l'on trouve parfois les réflexions et les critiques les plus intelligentes dans le sens où elles nous invitent à de réels questionnements.
Qui sont les responsables de cet état de fait ? Ceux qui, comme moi, essayent d'y voir clair, de comprendre, ou ceux qui ont transformé le féminisme en en bloc compact, inattaquable, indiscutable ? Dans un article paru dans le n°1 de la nouvelle fournée de l'Idiot international (1er avril 2014), Stéphane Legrand s'en prend par exemple à la « dérive droitière » de Michel Onfray qui a, dans un article de son site internet, dit sa prise de distance avec l'idéologie du genre. Dérive droitière. Qu'est-ce que cela veut dire ? Je ne suis pas un grand fan d'Onfray dont j'ai déjà pu dire le peu de bien que je pensais à plusieurs reprises. Mais pourquoi parler ici de dérive droitière ? Je reste persuadé que l'on peut être très critique (dans le sens constructif du terme) vis-à-vis de l'idéologie du genre et rester de gauche. Car si dérive il y a, ne peut-on pas l'imputer plus justement à ces gardiens du temple de ce que Jean-Pierre Le Goff nomme assez justement le « Gauchisme culturel » qui, en fermant la porte à tous débats, laisse les clés de l'intelligence à la disposition de leurs adversaires ?
Et parmi ces adversaires, s'il y en a de parfaitement abjects et lamentables, on en trouve aussi de brillants. C'est pour ça qu'aujourd'hui, hélas, c'est chez les « réacs » qu'il faut peut-être aller rechercher ces clés de la résistance au nivellement du monde, des humains et des idées ; chez les râleurs, les énervés, les infréquentables, Nietzsche, Georges Palante, Léon Bloy, Léon Daudet, Barrès, ou, plus proches de nous Cioran, Philippe Murray, Alain de Benoist, Michel Maffesoli... Autant de penseurs qui, même s'ils peuvent parfois emprunter des routes discutables, même si on peut parfois se retrouver en complet désaccord avec eux, ont au moins ce mérite de n'avoir jamais eu peur de mettre les pieds dans le plat et d'appeler un chat un chat.

Il faudra donc que je m'habitue à être un réactionnaire. Cela ne devrait pas me poser trop de problèmes car, après tout, réagir à l'évolution du monde actuel ne me semble pas être criminel. Résister aux surenchères de la société de consommation, aux méfaits du libéralisme économique, à la destruction de l'équilibre écologique, lutter contre la transformation et l'uniformisation des humains modelés pour n'être plus que des consommateurs décérébrés, voilà des combats qui me parlent. Et être de gauche aujourd'hui, être écolo, être hostile au modèle capitaliste, c'est quelque part être réactionnaire justement, c'est espérer que l'humanité donne un petit coup de frein à son évolution et revienne à un peu de bon sens, quitte à revenir sur ses pas dans certains domaines. Être de gauche, c'est affirmer son amour des humains, certes, mais surtout de leurs différences, de leurs cultures, de leurs parcours, de leurs spécificités, de leur intégrité. Être de gauche, c'est regretter qu'aujourd'hui les ouvriers ne soient plus fiers d'être ouvriers, que les agriculteurs ne soient plus fiers d'être agriculteurs, que les femmes ne soient plus fières d'être des femmes, que tous et toutes n'aient plus qu'une seule ambition : ressembler à un modèle unique qui mange pareil, s'habille pareil, pense pareil, fantasme pareil, lit les mêmes livres, voit les mêmes films, achète ses meubles dans les mêmes boutiques... Être de gauche, c'est refuser que les hommes et les femmes ne soient plus que des corps soumis à des normes hygiénistes de plus en plus totalitaires...

Être de gauche aujourd'hui ce n'est plus voter socialiste ; être de gauche c'est accepter d'être réactionnaire, au sens noble du terme. C'est lutter contre tous les mouvements sociétaux dogmatiques susceptibles d’entraîner le monde à sa perte. Et parmi ces mouvements, il y a le féminisme. Aujourd'hui, le critiquer me rejette du mauvais côté de la barrière, comme je l'ai dit. Mais ce n'est pas définitif, je le pressens. Nous en reparlerons dans cinq, dix ou vingt ans. Les côtés de la barrière s'inverseront forcément et le bon sens retrouvera ses droits.

Stéphane Beau

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24.03.2014

Illusions

1795756_10151969869723235_1640376065_n.pngUn homme vit aussi d’illusions. C’est là son voyage dans la stratosphère, sa projection dans les ailleurs, et seuls les imbéciles, les pragmatiques, les menteurs et les salauds (qui sont souvent les mêmes) prétendent ne pas avoir d’illusions. En confondant, d’ailleurs, excusez-moi du peu, « illusions » et « espoirs », car même le désespéré a des illusions, ne serait-ce que la pire d'entre toutes : celle de croire que la mort sera plus vivable que la vie.
Ainsi suis-je également un imbécile, un pragmatique, un menteur et un salaud quand je dis à qui veut bien l’entendre que je ne me fais aucune illusion sur la capacité (voire la volonté) de la politique à changer une part du monde et à la rendre un peu meilleure.
C’est faux. Tout homme, s’il n’est un fou brasseur de néant, qui se mêle de la critique du monde, à quel que niveau que ce soit, se fait forcément des illusions. Il espère que sa critique, si peu entendue qu’elle soit, si infime soit-elle, contribuera à réparer des erreurs, lever des malentendus, mettre au grand jour des injustices, dénoncer des crimes, prévenir des catastrophes, que sais-je encore ?
Que cette critique n’atteigne que très rarement son but n’est pas, hélas, très important. Le vital est dans l’illusion. Dans le prisme déformant que crée le rapport au monde car ce prisme déformant a ses racines dans les profondeurs, non pas de l’idéologie – qui n’est somme toute que la mise en scène masquée du « moi », le tuyau social de son expression– mais de l’être que l’on est.

Ces quelques lignes pour te dire, lecteur, combien j‘ai été bouleversé, jusqu’à la nausée, par l’attitude politique de Hollande et de l’Europe entière dans le drame ukrainien. Bouleversé non pas dans mes convictions politiques, qui ne sont ni convaincues ni guère convaincantes, mais dans ma conception, mon ressenti plutôt,  de l’honnêteté et de l’intelligence humaines.
Bouleversé en profondeur. Remué. Tétanisé même.
C’est donc bien que je me faisais encore des illusions en dépit de tout mon mépris pour les grands de ce monde qui, comme se plaît à le dire l’exergue de ce blog, ne sont grands que parce que nous sommes à genoux.
Je ne vais pas, une fois encore, décrire la situation. Reste qu'un gouvernement insurrectionnel qui compte dans ses rangs des nazis déclarés, est reçu à bras ouverts dans les palais républicains de toute l'Europe. Pire : à peine les morts de Maïdan (dont on ne sait toujours pas avec certitude par qui ils ont été tués) sont-ils refroidis que cette Europe signe un bout de papier de coopération avec ce gouvernement. Tout en jetant sur la Russie l’opprobre et l’indignation des gens bien, blancs comme neige, non-violents, démocrates et jamais délinquants.
La nausée, te dis-je, lecteur. Et si Toi, tu ne l’as pas encore eue, cette nausée, je me fais encore l’illusion de te contaminer par ces quelques paragraphes. J’irais même jusqu’à dire que si tu es en bonne santé, tu devrais tout de suite te sentir malade. De honte.
Et je rigole de colère ce matin quand j’entends ces Français socialisto-républicains s’indigner de ce que quelques frontistes-nationaux ont gagné (ou sont en passe de gagner) des élections municipales alors que leur lamentable chef, leur tartuffe de chef, caresse dans le dos les héritiers de Bandera et les thuriféraires de la division SS Halychyna.
Peut-on, dans ce cas-là, éprouver autre chose que le dégoût ? Me le diras-tu ? Si les tueurs de Maïdan s’étaient revendiqués de Nestor Makhno plutôt que de Bandera est-ce que l’Europe leur aurait fait ainsi les yeux doux ? Est-ce que l'onctueux Hollande miaulerait ainsi ses phrases convenues sur l'intégrité du territoire ukrainien ? Cet homme a le génie de faire en sorte qu'une vérité éculée qui sort de sa bouche sonne tout de suite comme un misérable mensonge.
Il est là, mon malaise. Dans mon (notre) impuissance à relever le défi de l’odieuse stratégie des calculateurs.
Il est aussi dans le fait de n’avoir pas été assez fort pour trouver dans mon propre bonheur d’exister, dans mon plaisir à vivre avec des gens que j’aime,
loin des brouhahas, dans un village désert de la frontière européenne ; dans la satisfaction aussi de publier un nouveau livre, la force d’éviter les haut-le-cœur du désarroi.

Mon illusion ? Elle est désormais cruelle : que tous ceux qui ont joué avec les ordures se réveillent bientôt dans une poubelle.

Illustration dénichée je ne sais où par Jagoda

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05.07.2013

Nouvelles réjouissantes d'un monde qui ne l'est pas moins

P7210060kkk.JPGC’est simple comme bonjour, encore que bonjour ne soit pas si simple, parfois. Mais oyez plutôt :
Vous avez un copain qui vous suit partout, qui lit votre courrier en cachette, qui fouille dans votre frigo quand vous avez le dos tourné, qui se cache sous votre lit pour voir et entendre ce qui s’y passe.
Ou ce qui ne s’y passe pas, le cas échéant.
Et vous avez soudain un autre type, un inconnu celui-là, vous ne savez pas trop d’où il sort, ce mec, qui vous aborde un beau matin, vous met la main sur l’épaule et qui vous siffle : hé, imbécile, fais gaffe, ton soi-disant copain, il surveille tout ce que tu fais et entend tout ce que tu dis… Mais le type, après avoir dit ça, bêtement, comme un âne, sans en mesurer les conséquences, vous demande, pour prix du service qu’il croit vous avoir rendu, s’il peut rester à dîner parce qu’il est tard, qu’il fait déjà nuit et qu’il est ennuyé maintenant car on lui veut des crasses terribles pour vous avoir affranchi.
Et vous, pourtant connu pour votre droit-de-l’hommisme ostensiblement affiché sur votre boîte aux lettres, vous ouvrez tout grand la porte et vous le flanquez dehors avec perte et fracas.
Solutions. Vous êtes : soit un pur salaud, soit un cinglé qui adore être écouté et vu, soit vous n’avez rien dans le pantalon et votre copain indiscret est tellement costaud que vous craignez de recevoir une dérouille si vous osez faire montre de votre indignation, soit vous lui devez beaucoup d’argent et vous ne pouvez pas vous permettre de vous fâcher avec lui, même s’il vous fait les pires saloperies dans le dos.
Bref, vous êtes une pute. Mais pas de celles qui annoncent sincèrement la couleur et en font métier. Non, non … Une de ces putes sournoises, avides de cinq à sept, de p'tits avantages et de pouvoir.
Ou alors, si la solution n’est pas dans ces quelques alternatives, elle est peut-être dans cette dernière : tout ça, c’est du pipeau pour amuser la galerie et qui poursuit d’occultes desseins. A n'en pas douter, malpropres.

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Je crois que c’est papa Sigmund - ou un de ses fils spirituels - qui disait aux parents à propos de l’éducation de leurs enfants : faites ce que vous voulez, de toute façon, ce que vous ferez sera mal.
Remis en cause, il voulait dire.
Hé bien le corrézien fait roi, le pauvre, me fait beaucoup penser à papa Sigmund et son lapidaire conseil. Quoi qu’il fasse, sa marmaille fait la gueule. Elle dit de lui qu’il est mou comme une chique, velléitaire, qu’il ne voit pas plus loin que le bout de son appendice nasal, qu’avec lui on ne sait jamais où c’est-y qu’on va aller en vacances et même si on va y aller. Bon, bon, bon…. Mais tout d’un coup, le mou frappe du poing sur la table et ordonne à un de ses garnements d’aller se laver les mains avant de se mettre à ladite table.
Et vlan ! V’la toute la famille scandalisée qui crie au despotisme, à l’autorité malsaine, au connard, et qui lui lance des pierres et qui se mutine et tout et tout et tout.
Effrayé, le pauvre se retire dans sa chambre et se demande finalement s’il ne ferait pas mieux de confier tout ça à l’assistance publique.

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Un gars fait sa pub en faisant payer ses affiches et ses clips vidéo aux voisins. Pris la main dans le sac et sommé de rembourser les susdits voisins, il demande à ses potes de faire la manche car, lui,  il est raide comme un passe-lacet.
Aussitôt fait, aussitôt dit. Plus de 300 000 couillons sont prêts à mettre la main au porte-monnaie. Gageons que les «mancheurs» vont ramasser bien plus que prévu et se payer des gueuletons à faire pâlir d'outre-tombe Rabelais lui-même !
Pendant ce temps-là, les adversaires du gars indélicat - parce qu’il en a beaucoup - font le trottoir.
Des qui font la manche, d’autres le trottoir.
Dormez, paisibles chaumines, le monde est entre des mains sérieuses !

10:47 Publié dans Critique et contestation | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : littérature, écriture, politique |  Facebook | Bertrand REDONNET

25.05.2013

Les idiots qui nous gouvernent

On en serait mort de rire, on se taperait sur les cuisses, si on ignorait que cette femme, aux dents plus longues et plus acérées que celles du loup, fut aussi ministre du... budget !
Hé ben, ça fait peur ! En même temps ça rassure : ils ne sont grands que parce que, vraiment, nous sommes à genoux !
Suffirait de prendre la peine de se lever un peu pour qu'ils s'aplatissent aussitôt et la ferment enfin.

10:00 Publié dans Critique et contestation | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique, écriture, littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

17.04.2013

Coup de gueule

politique,littératureJ’invitais récemment quelqu’un, qui se reconnaîtra s’il passe dans les parages et avec lequel je ne suis pas toujours d’accord, loin s'en faut, à mettre plus ou moins en berne son aversion à l’égard des gouvernants actuels de France, pour se consacrer plutôt à la fiction romanesque ou (et) à l’écriture plus personnelle, domaines où il déploie talent.
Faites ce que je dis, pas ce que je fais, c’est bien connu. Car c’est un conseil que je ne suivrai pas aujourd’hui.
Je pars en vrilles, comme dit si bien notre ami Otto, chaque fois que je lis les actualités de mon pays. Vais finir par ne plus les lire.
Donc, avez-vous déjà fréquenté des délinquants ? De près ? Voire, en avez-vous apprécié, en camarades ?
Si vous avez fait tout ça, vous savez sans doute qu’un délinquant qui s’y connaît en matière de subversion autrement que pour voler des poules ou des mobylettes, quand les roussins en viennent à lui mettre le grappin dessus, s’il est intelligent et s’il n’est pas une vile balance, fera mine de faire amende honorable et tentera d’embarquer les chats fourrés sur des pistes pourries. Pour faire tout ça, il avouera une ou deux malversations, en plus de celle pour laquelle il est consigné au poste, sans qu’on ne lui demande rien. Comme s’il se déballonnait. Il donnera aussi de menues preuves, au compte-gouttes,  de ce qu’il avance.
Un peu plus tard, devant le juge d’instruction, il refera son cinéma, embarquant aussi le magistrat sur des trucs qui n’ont surtout rien à voir avec ce qu’il veut protéger.
Il donnera sa porte en pâture pour sauver sa maison.
S’il est pris avec du sucre, il avouera aussi avoir volé de la farine, mais il cachera l’essentiel du gâteau qu’il est en train de mijoter.
Et surtout, s’il a de l’honneur, il prendra soin de n’indiquer aucune piste qui pourrait mener à un aide-cuisinier.
Ainsi je dis que les ministres de la France, emmenés par leur chef cuisinier, sont des délinquants expérimentés, mais qu’en  revanche, ils n’ont pas un brin d’honneur.
Je dis aussi que ceux qui les ont précédés étaient de la même meute - tout comme ceux qu'on n'a jamais vus les armes à la main mais qui font semblant de vouloir prendre le guidon -  et que les hurlements qu’ils poussent aujourd’hui sous la lune ne sont destinés qu’à planquer les proies qu’ils se sont offerts sous le manteau. La fourrure ? Oui. Voir Copé : un loup dominant sur le déclin. Et qui fait allusion à Maximilien en déclarant que la République s'est historiquement construite grâce aux avocats.
Du diable, sans doute...
Et je dis enfin que pour cette République et ses Français, tout ça, c’est du pain bénit. Après tout, ce sont eux qui leur donnent régulièrement les clefs du coffre-fort.
Qu’ont-ils donc à crier au scandale ? Moi, si je fais rentrer tous les soirs un renard dans mon poulailler, je ne vais quand même pas me scandaliser de ce qu'il mange mes poules !
Pour terminer - ça vaut le coup de regarder jusqu'au bout, ça n'est pas  long - un exercice de pure mauvaise foi, à moins que ce ne soit une redoutable manifestation de la bêtise la plus accomplie. Ecoutez, comme elle dit :



Hé ben moi je dis que lorsque l'on confie les destinées d'une République à des gens pareils, soit il n'y a pas plus de République que d'orangers sur le sol irlandais, soit la République des avocats c'est un cloaque nauséabond.
CQFD.

10:42 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : politique, littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

22.03.2013

La République du scandale permanent

littérature, écriture, politiqueLes bras nous en tomberaient si nous ne savions pas, et ce, hélas, depuis bien trop longtemps et à nos dépens, que la République était devenue la République des rois Pétaud ; cette même République initiée il y a plus de deux siècles, d’abord par le peuple de Paris avant d'être récupérée par les névrosés de la Veuve, Robespierre, Danton, Saint-Just et autres sanguinaires ayant la lourde charge historique de faire triompher la bourgeoisie.
Et si le peuple de France du XXIe siècle savait encore compter, il comptabiliserait tous les représentants qu’il a eu la bêtise d’élire depuis quarante ans - pour faire court - et qui se sont avérés n’être que des voyous de haut vol.
Les derniers en date, donc, un Cahuzac et un Sarkozy... Un qui s’occupait des sous que vous n’avez pas, que vous n’aurez jamais, un capable de faire vos fonds de tiroir, qui avait toutes les clefs du coffre-fort national en déroute, qui était le plus haut lieutenant financier de la République auto-déclarée exemplaire, et l’autre qui a tenu toutes les destinées du pays pendant cinq ans avec l'arrogance hautaine du parfait menteur ! Un qui se met une poire de côté pour la soif en Suisse et l’autre qui attaque les vieilles dames ! C’est pourtant pas du menu fretin, ça, peuple de France ! C’est ton élite. Peut-être même ton miroir !
- Comment ? Que dites-vous ? Présumés innocents ? Oui, oui, bien sûr… Mais veuillez tout de même prendre note de ce que je ne suis pas de leur clique et ne suis donc pas tenu de chanter leur messe… Bien sûr, qu’ils sont innocents ! Dans leur logique. Pourquoi ce présumé ? Ils sont innocents, tous, toutes, parce que, comme les chats de gouttière, ils retombent toujours sur leurs pattes. Quelle blague ! Ils sont statutairement innocents.
Je vais vous dire sans ambages, dans le creux de l’oreille : je les ai déjà affrontés, ces cocos-là ! Pas eux, mais leurs frères. Avec des tas de copains, d’amis, de rigolos de mon acabit. Et on a tous tâté de la paille avant qu’un juge n’ait eu le temps de se prononcer sur notre culpabilité ou sur notre innocence. En vingt minutes, chacun a été jugé capable des faits et hop, à l’ombre ! Pourquoi ? Pour préserver l'ordre public. Salauds !
Leur présomption d’innocence, qu’ils brandissent tous comme un drapeau de la vertu républicaine,  je la connais par cœur : elle est faite pour les coupables ! Un écran de fumée... Fouillez donc les prisons, braves gens, croquants bien-pensants et autres beaux parleurs du cirque médiatique ! Fouillez-les et demandez aux milliers de détenus qui croupissent en détention préventive où est leur présomption d’innocence ?
Dans la tinette, au fond de la cellule, qu’ils vous diront. Pour préserver l'ordre public.
Car voyez plutôt : ils sont quasiment pris la main dans le sac, mais ils peuvent néanmoins être innocents, les Cahuzac et les Sarkozy. Hé, Sarkozy, qu’est-ce que t’en as fait de la présomption d’innocence pour les lascars que t‘as foutus en taule quand t’avais ton cul au pinacle ? Et ceux que t’as fiché terroristes parce qu’ils avaient pété un ou deux câbles sur une ligne SNCF, hein ?

Vous verrez qu’ils finiront plus blancs que neige, les deux derniers présumés innocents. Pour préserver le désordre public. L’éclat de la blancheur dépendra cependant de la somme de fric qu’ils auront mis  dans l’affaire et du talent du baveux qui va s’évertuer à faire disparaître sous le nez d’un juge, tel un prestidigitateur, et le sac et la main. Regardez Pasqua, Chirac, et tous les autres… Libres comme pinsons printaniers, les lascars ! Un petit peu coupables, certes, oh, pas beaucoup, un peu, juste pour faire le mariolle, et, in fine, innocents. Tenez, l’autre pointu, là, le gros du FMI, son tas d’or a même réussi à faire tout disparaître, la femme et la pipe ! N’importe lequel citoyen lambda aurait pourtant écopé à sa place de 15 ans de cabane ! Et tu continues, citoyen, à leur faire allégeance ? Mais c’est toi, Peuple de France, de Montaigne et de Voltaire, qu’est vraiment un innocent ! Un innocent aux mains vides. Comme ta tête. Et ils le savent, bien, allez, que tu l’es. Depuis le temps que tu leur en fournis obséquieusement les preuves !
Si le dégoût n’avait pas, comme toute chose, ses limites, on vomirait devant les déclarations de gauche, de droite, du centre et de partout… Les uns font "chuttt, innocent"… Les autres, les Pitbulls du droit, les gardiens du temple, qui se mettent à déclarer que c’est le juge qui est un bandit… Va se retrouver en taule, le juge !  C’est pas Gentil, ça ?
Car un autre malfaiteur, un second couteau du nom de Guaino- ça fait très Borsalino and Co, en plus -  Guaino, donc, de déclarer comme qui rigole : Cette décision (vis-à-vis de Sarkozy) est irresponsable, elle n'a pas tenu compte des conséquences qu'elle pouvait avoir sur l'image du pays, de la République, de nos institutions. Comprenez-le bien, ce malfrat-là : c’est parce qu’il étale l’image de leurs magouilles au grand jour que ce juge est à clouer au pilori. Sans vergogne, le Guano ! Heu, le Guiano…. Pouvait pas étouffer un peu l’affaire ce con de juge, non ?
Aux urnes, Citoyen ? Non, t’as mieux à faire. Beaucoup mieux à faire… Casse-leur la gueule ! Mais t’as depuis trop longtemps le ventre trop rond pour ça et le cerveau trop imbibé par les postillons de la propagande et du mensonge.
Et puis, je m’en fous de toi et de ton destin de crétin !
Je ne suis plus citoyen. Depuis très longtemps… Trop eu peur de te ressembler.
Populiste ? Ha, ha, ha ! Encore un mot re-manufacturé dans la bouche des voyous qui te musellent : Tout ce qui s’oppose à leurs saloperies est désormais populiste, démagogie, parce que notre politique, c’est d’abord de la magouille officielle. Et vlan ! CQFD.
Allez, salut, assez perdu de temps à brasser la boue.
Mort aux vaches et vive l’anarchie, comme dit l’poète !

24.01.2013

Marions les ! Marions les !

littérature, politique, écritureEn introduction de mon véritable propos, j’en remets une petite couche sur ce qui fait bander les socialistes - qui ont sans doute grand besoin de stimuli pour ce faire - depuis leur avènement au pouvoir et aux forceps.
Il faut tout d'abord dire que ces socialistes-là ne l’étant nullement dans les faits se voient contraints de l’être dans les idées. Le mariage homosexuel est donc une idée qui présente pour l’épicerie socialiste l’avantage incomparable de briller telle une enseigne hautement progressiste, voire révolutionnaire. C’est l’abolition de la peine de mort de Mitterrand, qui, elle, était vraiment une sortie du Moyen-âge par le haut de la loi.
Une idée révolutionnaire qui arrive à se frayer un chemin pour rentrer jusque dans la tête des imbéciles, forcément, cesse de l’être au risque qu’explosent ces têtes. Et alors que le véritable courage, la révolution des mœurs, consisterait à abolir cette infâme procédure d’Etat civil qui renferme l’amour et la jouissance des caresses dans un carcan de droits et de devoirs, ces cons-là proclament l’enfermement pour tous et surtout pour ceux qui jusqu’alors s’aimaient différemment.
Si, depuis plus de quarante ans que nous jetons un regard critique sur la politique et sur l’évolution du monde, nous n’étions aguerris intellectuellement aux tours de passe-passe des pouvoirs capables de vendre une merde pour une orange bien parfumée, les bras nous en tomberaient. Ils ne nous en tombent pas. Nous sommes presque amusés de les voir mentir par gesticulations, comme des gosses de récréation pris la main dans le sac.
Ce qui nous amuse moins, quand même, c’est cette jeune femme joliment court vêtue, au minois de poupée Barbie, qui, elle, porte-parole de surcroît de tout un magma d’indécisions, prétend rayer de la carte des trottoirs de France toutes les putains et abolir une fois pour toutes le plus vieux métier du monde. Décidément, les socialistes n’arrivant pas à faire la pige au grand capital et aux diktats de la finance - si tant est qu’ils en aient eu l’intention ailleurs que dans leurs fiches publicitaires -, impuissants qu’ils sont à juguler la misère et l’ennui des gens, sont très préoccupés de ce qui se passe dans les profondeurs de leurs pantalons et de comment leurs administrés ont le plaisir de vivre leur plaisir !
Je n’aimerais pas faire l’amour avec une socialiste ! J’aurais bien trop peur de commettre une faute punissable!
Car on croît rêver ! Bientôt, le pauvre bougre esseulé dans une ville sans âme et sans humains à qui tendre la main, en plein désarroi d’humanité et qui ira acheter l’illusion d’une demi-heure de tendresse dans les bras d’une professionnelle, sera un délinquant aux yeux de la prude ministre et devra répondre de son intempestive bandaison devant un chat fourré somnolent, le coude négligemment appuyé sur un code pénal.
Elle se fout du monde, hein ? Est-ce que par hasard ces filles ne lui rendraient pas une image négative, pas propre pour un sou d’elle-même parvenue au pinacle du spectacle politique à peine sortie de l’œuf et n’ayant jusqu’alors rien prouver sinon un certain talent à grenouiller dans les coulisses, au point qu’elle veuille les supprimer du champ social ? Ça n’est pas impossible, après tout. Supprimez mon image, vous supprimerez mon fait !
Misère !
Et comment vendre cette bouillie à un électorat béat ? C’est fort simple, en se faisant, en bonne  socialiste de l’amalgame, l’avocat de la veuve et de l’orphelin : les putains sont toutes des filles tombées dans le ruisseau et sous la coupe d’immondes proxénètes qui les exploitent, les battent et tirent profit d’un infect commerce.
Si le fait existe, madame, c’est que vous n’arrivez pas à faire respecter la loi et que, conséquemment, vous n’avez rien à faire là et surtout vous êtes incompétente pour prétendre en pondre de nouvelles, lois. Car le proxénétisme - délinquance effectivement abjecte - est interdit et fortement puni par la justice.
Mais vous ne connaissez absolument rien,
sinon ce que vous savez de vous-même, aux filles que vous voulez supprimer et vous jetez le bébé avec l'eau du bain. Et celles qui exercent leur petit métier de marchandes de plaisirs éphémères vous envoient certainement, avec toute l’éloquence populaire dont elles font parfois montre, les cinq lettres.
Mais soyons rassurés, nous autres, les méchants et les pervers. Les filles de joie existeront bien après que cette ministre de la feinte pudeur aura disparu du champ magnétique des mascarades et compromissions politiques.
Elle ne sera passée par ici, somme toute, que pour se couvrir de ridicule aux frais de la République.
Et gageons dès à présent que si les filles produisaient au fisc des déclarations en bonne et due forme, avec factures détaillées et nature des prestations fournies, le missionnaire à 5,5 % de TVA, par exemple, la fellation et la levrette à 20%, le cunnilingus et la sodomie, produits de luxe, taxés à 33%, madame la toute jeune ministre laisserait tomber le masque, mettrait sa morale dans sa poche et se retrouverait la première proxénète du royaume.



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22.11.2012

Rigolade à pas cher

littérature, politiqueJe pense que Copon et Fillé ne sont pas des grands sensibles aux messages historiques : organiser un scrutin le 18 brumaire aurait dû leur inspirer la crainte d’un coup fourré.
Qui ne manqua pas d’arriver.
Mais bon, moi ce que j’en dis c’est que le linge sale se lave en famille, même si là, il s’agirait plutôt d’oripeaux crasseux et qu’il faudra pour arriver au blanc, une grande famille… Au moins jusqu’au troisième degré.

Blague à part, ce qui est quand même déroutant pour l’esprit quand on prend un peu de recul,  - oh, pas beaucoup,  juste un ou deux millimètres ! - c’est de considérer que ce sont ces apôtres-là, à peine plus adultes que des mômes de CM1 et en tout cas beaucoup moins honnêtes que bon nombre de voyous croupissant dans des cellules, qui veulent monter au pinacle, diriger un pays, donner la leçon citoyenne et redresser le tout à coups de lois.
Qu’ils apprennent donc d’abord à redresser le peu de tête qui leur reste. Ça devrait les occuper un moment !
Et là n’est pas le spectacle exclusif des bandits situés sur ma droite ! A Reims en 2008, le champagne n’avait pas coulé à flots non plus et les mêmes tripotages malsains avaient bien eu lieu, semble-t-il,  derrière le sacro-saint rideau des burnes des urnes.
Misère ! Comment ne pas en rire, vieux camarade qui fut mon ami, si nous ne voulons pas avoir à en pleurer ?
En fait, je dis ça comme ça, je semble m’en affliger comme un honnête homme que je ne suis pas forcément, mais, dans le fond, ça me réjouit fortement, toute cette dépravation. Ça me réjouit parce que c’est quand même un plaisir - je vous laisse en apprécier la qualité - que de voir des gens qui ne vous inspirent que mépris et colère, se rouler dans la boue comme des gorets dans leur lisier ! Je ne serais pas très à l’’aise avec mon sentiment du monde - un sentiment qui m’est apparu dès lors que j’eus trois poils sous le menton - si ces pourceaux s’avéraient avec le temps être des seigneurs de la probité, des magnanimes, des hommes d'esprit et de bien.
J’en ferais une bobinette ! Obligé de me remettre en cause de fond en comble et je n’ai plus trop le temps de faire ce grand ménage !
Alors, messieurs, continuez donc à vous ébrouer dans la fange et à donner joliment du groin. Pendant ce temps-là, au moins, vous ne ferez pas de grosses bêtises et ne souillerez que vos costumes !
Et puis, je le répète, c’est quand même pour le libertaire, l’alcoolique, le réprouvé, le sans foi ni lieu, un sacré cadeau.
Las ! Las ! Las ! Depuis le temps qu’il y a des hommes et qui vous regardent, peu sont venus pour en tirer la leçon qui s’impose!

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16.11.2012

Chassé-croisé

index.jpgLe plus illustre de mes compatriotes - pour l’heure et, si j'en crois la rumeur, pour cinq ans, - est cet après-midi en visite à Varsovie.
Alors, évidemment, par un vilain et coupable réflexe franchouillard, je me suis laissé aller à lire son programme. Voir, par exemple, s’il avait prévu de pousser 200 km à l’est, jusqu’à la frontière, pour venir prendre un thé à la maison. Mais non, je n’ai rien vu de tel. Son service com. est vraiment en dessous de tout !
En revanche, j’ai lu :
« Parmi eux (ceux qui l’accompagnent, NDLR) figureront les dirigeants d'EDF, Henri Proglio, et d'Areva, Luc Oursel. L'industrie française est sur les rangs pour la construction d'une centrale nucléaire dans un pays qui n'en compte encore aucune.
Il sera aussi question de la modernisation des forces armées et notamment de la marine de guerre polonaise. Le groupe de construction navale de défense français DCNS sera également du voyage.»
Hé ben, mes aïeux, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne s’agit pas là d’une visite de courtoisie ! Le VRP a fourré dans sa besace tout un attirail de marchandises à fourguer, et non des moindres, de l’atome, des armes et des navires !
Quand on parle de paix, le cul sur des canons *, chantait le bon poète sétois.

Questions de com-pé-ti-ti-vi-té, tout ça ! Voilà le maître mot, le passe-partout ouvrant les portes de la paix sociale. Mais à prononcer lentement, en arrondissant l'orifice buccal jusqu'à ce qu'il prenne la configuration d'un joli petit cul de poule. Si vous n'y arrivez pas, prenez modèle sur Merkel, là, en haut ; voyez comme elle le fait bien, même en allemand ! Et voyez comme François est attentif à la leçon !
Histoire, donc, de relever le niveau des entreprises françaises, de relancer l’économie, de briser la dette en endettant au passage les rusés Polacks qui ne le sont pas encore jusqu'à l'asphyxie, d’augmenter un chouilla les salaires à l’aube de 2017,  de récupérer la note AAA peut-être, et,
avec tout ça, de tenter une périlleuse réélection.
Et Varsovie dans tout ça ? Ben, personne n’en parle. Enfin, j’espère que le bon François ne commettra pas la bourde de l'autre excité qui, de passage lui aussi en Pologne pour vendre je ne sais quoi, avait déclaré, paraît-il  : vous êtes le seul pays auquel on n’a pas réussi à faire la guerre !
Qu’en termes galants ces choses-là furent dites ! Charmant ! Il avait un sens de la dialectique apaisée, ce gars-là !
Un pays qui n’en compte aucune, qu’il dit le journaliste, en parlant des centrales nucléaires… Comme s’il s’agissait là d’une épouvantable carence qu’il faudrait pallier en vitesse. Veulent nous balancer leurs merdes, les voyous ! Je comprends mieux que François n’ait pas invité Cécile à venir faire un p’tit tour romantique sur les remparts de Varsovie. Fait pas chaud, en plus…
Bon, ceci dit, à propos de centrales nucléaires, c’est vrai qu’il n’y en a pas en Pologne. On marche au charbon ici, comme au bon vieux temps de la Révolution industrielle. Mais les Russes, tout près, dans l'enclave de Kaliningrad, en ont une et les Lituaniens aussi, un peu plus au nord. Alors… En cas de pétard, les effluves mortelles ne font certainement pas longer sagement les frontières, comme entre la France et l’Allemagne, en 1986 !  

Pendant ce temps-là, tiens, je lis aussi que la môme Merkel, elle, est chez Poutine. "Pour y parler des droits de l’homme." Non ? Si ! Incroyable ! Elle enseignerait la musique à un cochon, la brave chancelière ! Elle ne recule vraiment devant rien. C’est le gars qui vient d’écoper de quatre ans de camp pour avoir manifesté dans la rue contre Poutine qui doit être béat d’admiration !
Non, tout ça, ça sent le pipeau. La rigide chancelière a sans doute, elle aussi, dans son cartable quelques prospectus alléchants à montrer à Moscou.
Un à Varsovie, l’autre à Moscou, donc. Le redressement de l’Europe est entre les mains du couple franco-allemand, citoyens !
Bon allez, je m'en vais prendre un thé chez moué, puisqu'il ne veut pas s'aventurer jusques là, ce monsieur.

A lundi !

* Le Vieux normand

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04.10.2012

Histoire de dire

combat.jpgQuelque cinq mois après l’avènement du sieur Hollande à la tête de la République française, il y a vraiment de quoi se fendre la pipe jusqu’aux deux oreilles en lisant (en parcourant d’un œil désinvolte plutôt) ce que braillent de-ci, de-là, ses thuriféraires d’une mauvaise foi à vous couper le souffle, comme ce que jappent ses détracteurs les plus acrimonieux, pas de meilleure foi pour un sou.
Le pauvre homme, qui soigne pourtant avec beaucoup de précision son image poupine, glabre, d’homme débonnaire et serein, doit s’allonger tous les soirs  sur ses oreillers de soie auprès de sa journaliste préférée, enfouir son nez dans la dentelle subtilement parfumée d’une épaule à moitié nue, poser sa main potelée sur un sein palpitant d’ambition d’émotion contenue et soupirer, essoufflé, une vieille réminiscence de ses années de collège :
Mais que diable sommes-nous venus faire dans cette galère, chérie ?
Juste un mot, tiens, en passant, à propos de cette compagne qui s’évertue - avec plus ou moins de bonheur - à les faire couler, les mots. Elle déclare à qui ne sait plus entendre qu’il lui faut bien continuer à travailler parce qu’elle a des enfants à charge, elle ! Et comment ferait-elle pour les nourrir, ces enfants, hein, si elle quittait son emploi ? Benêts que vous êtes, vous n’y aviez pas pensé à ça ! Egoïstes, va ! Méchants drôles ! Anarchistes !
Comme on n’a ni le droit, ni les moyens de lui foutre des baffes, ne nous reste plus qu’à rire de consternation devant cette déclaration ahurissante de populisme. On a presque honte pour elle.
J’imagine qu’on a dû essuyer une larme dans les chaumières smicardes !  Dans celles qui ont été virées de leur gagne-pain, celles où «les enfants encore à charge» promènent leurs yeux inquiets sous la chandelle des tristes soirées, on a dû froncer le sourcil. Peut-être même serrer le poing. Enfin, espérons-le… Sans trop y croire quand même.
Bref, laissons donc la première dame papoter comme la dernière des mégères. On s’en fout après tout.
Comme on s’en fout que Hollande soit un bonhomme à la droite de la gauche qui vise le centre, coincé par la finance et le grand capital qui ne lui laissent comme champ d’exercice de sa compétence annoncée que la rubrique émotionnelle des faits divers, aussi dramatique soit-elle, comme à Grenoble.
Ou alors comme celle d’accrocher un pin’s rutilant au revers du veston de Paul McCartney. En voilà bien une affaire !
Ce qui me fait rire, donc, dans tout ça, c’est l’inintelligence crasse et fondamentale des deux camps : celui qui le soutient et celui qui le démolit. C’est l’éternel recommencement des fausses opinions, l’éternelle antienne des cervelles vidées de leur substance, l’éternelle fausse guerre des gens qui ont renoncé à la pensée.
Le camp qui le soutient y va à grands coups de déclarations chaque seconde démenties par le réel.  Des professions de mauvaise foi épaisses comme des écrans de fumée.  Du révisionnisme historique en temps réel. Je dirais presque : faut l’faire !
Celui qui le démolit (et qui vient de se vautrer cinq ans durant dans les palais de la République sans n’avoir fait avancer d’un pouce le schmilblick des imbranlables contradictions sociales) lui reproche tantôt d’être un homme de gauche, tantôt d’être un homme de droite. C’est-à-dire d’être tantôt un gars qui fait ce pour quoi il a été élu, tantôt un traître, un usurpateur.
Qu’on lui reproche d’être de gauche, ça, je le comprends un tout petit peu. Il n’est pas plus de gauche que mon pouce droit, mais bon, il y a plus de cinquante ans en politique que l’étiquette du pot est plus vraie que le contenu ! Je veux dire, pour ce pot de gauche là, une étiquette étriquée, malsaine, abusive.
Mais qu’on lui reproche d’être de droite quand on est à droite, là, j’y perds ma boussole.
Un ennemi qui passe à l’ennemi n’en devient-il pas un ami ? Curieux déni de dialectique, ma foi !
Bref, dans ce camp-là on reproche au bonhomme d’être là. Et c’est tout. Dans l’autre, on est content qu’il soit là, mais on ne sait pas trop pourquoi il est là.
C’est aussi con que ça.

Moi, je m’en fous. Surtout d’ici. J’étais viscéralement content, et je l’ai dit sans ambages, de voir un voyou-valet de la finance, arrogant et teigneux en plus, foutre les voiles et mon contentement a duré l’espace d’une journée peut-être. Contentement puéril, mesquin, j’en conviens, et qui me valut d’être taxé d’homme de gauche. En matière d’idées qui n’en sont pas, c’est vraiment con, les gens, quand ils ne voient que d’un œil ! On dirait qu’ils s’évertuent à regarder avec celui qui leur manque.
Tout cela donnerait presque envie de prendre tous les camps en amicale compassion, avec cette peine humaine qu’on a parfois devant les déficients, s’il ne s’agissait, en fait, du saccage systématique de la vie des gens, de leur bonheur d’exister, de leur intelligence, de leur réduction pure et simple à des objets imbéciles.
Décervelés.
Mais, je le répète, ce que j’en dis, hein, c’est histoire de dire. Tant que Mac Mahon ne reviendra pas fusiller le peuple de Paris, je n’aurai aucune émotion à voir Pierre, Paul ou Jacques s’installer un moment sur le trône de la bouffonnerie démocrate.

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24.05.2012

Le sentiment politique - 2 -

littérature,politiqueDans un texte ici-même, je prétendais en substance, il y a de cela quelque temps, que l’expression politique était d’abord un sentiment.
Un bagage archéologique pointant le monde sous tel ou tel angle plus qu’une résultante de la raison, des idées de justice ou d’injustice, d’égalité ou d’inégalité, toutes notions fort manichéennes et justifications a posteriori du sentiment politique.
L'approche critique des superstructures autoritaires qui chapeautent nos vies et organisent le lien social de ces vies, est une vision somme toute intime où les arguments pour la justifier sont, forcément, toujours de mauvaise foi, faussement intellectuelles, car on n’explique pas l’intime en ce qu'on ne le maîtrise pas par le cérébral.
Au pire, on le justifie par un discours qui, pourtant, lui est totalement étranger.
Pour cette raison, je me suis toujours montré prudent et ai tenté de ne pas être catalogué ni à gauche, ni à droite ni au centre. De ces trois concepts de la réification politique de l'individu, je tente de me tenir à l’écart. Je tente de m’en tenir à l’écart parce qu’ils sont les éléments «superstructuraux», spectaculaires et séparés de la réalité de ce que j’appelle le sentiment politique. Ils sont représentations. Image inversée. Clefs pour ouvrir des portes ouvrant sur un monde qui ne concerne ni mon sentiment ni ma joie d’exister.
Mais le lien social, dont sont parties intégrantes la parole et l’écriture, exige parfois que le sentiment déferle. Inexplicable par le menu autant qu’inexpliqué, il est alors aussitôt renfermé, réduit à une de ces représentations. Il s’agit donc, pour les besoins d’une clarté qui restera obscure, de ne pas ajouter à l’imprécision la trahison d’une fausse représentation, d’ajouter à l’image une image encore plus déroutante.
Le sentiment que je porte en moi est, historiquement, représenté à gauche, sans être pour autant de gauche. La différence est fondamentale et seuls les imbéciles, les pauvres d’esprit et les intrigants du "confusionnisme intéressé" déclareront ne pas comprendre cette différence.
Il est à gauche s’il doit être - historiquement  j’insiste - lu dans une parole et une pratique sociales, de Spartacus à Louise Michel jusqu’aux en-dehors d’aujourd’hui, en passant par Guy Debord, Raoul Vaneigem et tous les individus que j’ai pu rencontrer et aimer, ou dont je fus aimé. Il est dans mon histoire.
Ce sentiment commande une certaine pratique du monde. Pratique individuelle, sans compromission avec la pratique de ceux qui portent en eux un sentiment - une archéologie - contraire. Ce n’est pas là courage idéologique ou autre engagement à la gomme, c’est là incompatibilité totale. Au niveau du ressenti.
De par la nature archéologique du sentiment, les changements radicaux de discours, les apostasies, sont donc l’apanage des êtres les plus trompeurs en ce que ces êtres, à un moment ou à un autre, avant ou après, ont forcément falsifié leur rapport authentique  au monde, leurs rapports aux autres et le rapport à eux-mêmes.
Ont fait mentir, bon gré mal gré, leur constitution par une représentation plus fausse encore que la représentation pourtant déjà spectaculaire.
Il est d'ailleurs  impossible de savoir - mais le savent-ils eux mêmes ? -  si c'est avant ou après l'apostasie qu'ils ont renié cette constitution.
Ce qui ajoute encore à l'équivoque de leur existence.

09:48 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : littérature, politique |  Facebook | Bertrand REDONNET

25.04.2012

L'extrême-droite en France : une pantomine au service de tous

le_pen_sarkozy.jpgA mon sens, il faut d’abord comprendre l’histoire de l’extrême-droite en France depuis les années 60, savoir d’où elle vient et les objectifs qu’elle poursuit, avant de se lancer dans tout commentaire qualitatif sur ses succès électoraux depuis 1986, dont le dernier aurait eu lieu dimanche 22 avril, sous les yeux effarouchés des démocrates frileux et ceux triomphants des nostalgiques atrabilaires des Camelots du roi.
Le Front national est né d’un mouvement que nous connaissions bien lors de nos affrontements de jeunesse sur les campus des années 70, Ordre Nouveau. Ce groupuscule violent, - mais pas plus que nous autres situés à l’autre bout de la galaxie de l'idéologie révolutionnaire, bien au-delà du PCF, du PS et même des lénifiants trotskystes- souvent armé de barres de fer et autres frondes, se distinguait d’abord par le courage convaincu dont faisaient montre ses membres, n’hésitant pas à trois ou quatre seulement - je m’en souviens très bien - pour venir provoquer de leurs saluts nazis des assemblées entières où grouillaient des centaines et des centaines de gauchistes de tout bord, certains brandissant le drapeau rouge du stalinisme à la Mao ou du trotskysme emberlificoté, d’autres le drapeau noir du romantisme anarchiste, d’autres le drapeau noir et rouge de l’anarcho-syndicalisme espagnol, et d’autres encore, sans drapeau mais le verbe acerbe de la théorie situationniste aux lèvres ; ma sympathie, sinon mon appartenance, allant à ces derniers.
Disons que c’est dans leurs maigres mais fort joyeux rangs, que je comptais quelques valeureux amis, que j'ai gardés pendant des décennies.
Plus tard, la frénésie des A.G s’étant apaisée et le souffle de la révolte perdant de son enthousiasme, chacun est devenu apparemment ce qu’il était essentiellement. La plupart laissèrent en route leurs fougues pour finir au PCF ou, dans le pire des cas, au parti socialiste, d’autres, au contraire, continuèrent la bataille en apaches isolés, avec coups reçus, défaites cuisantes, enfermements psychiatriques ou cellulaires à la clef, marginalisations et, aussi, quelques victoires non spectaculaires engrangées.
De ces victoires de l’ombre qui permettent de rester propre et debout. Même avec soixante printemps au compteur. Victoire essentielle, également, pour n’avoir jamais cédé un pouce de soi-même à l’organisation de la non-vie. Victoire et, forcément, défaite totale sur le plan de la réussite sociale, cela irait sans dire si certains phraseurs-bloggueurs d’aujourd’hui, peinardement installés dans le coton du salariat systémique et dont, peut-être, les seules luttes vaillantes ont été menées en vue de l'obtention de promotions internes, n’avaient pas la prétention de venir nous donner la leçon.

Mais revenons aux assemblées post-soixante-huitardes : quand tout ce beau monde s’est dissous, le combat d’Ordre Nouveau, lui, semblait devoir finir faute de combattants. Dans la pensée de ses quelques dirigeants, le moment était donc venu de sortir des caves de la subversion pour venir affronter le monde sur son propre terrain, celui de la politique.
Ainsi ces dirigeants partirent-ils à la pêche au notable fascisant, capable de leur assurer une aura et une sorte de légitimité sur la scène politique.
Alain Robert et François Brigneau, chefs d’Ordre Nouveau, repèrent alors un certain Jean-Marie Le Pen. Un poujadiste, un ancien député de la IVe république qui a abandonné son mandat pour partir combattre en Algérie. Un para qui est revenu de ce combat honteux avec une réputation de tortionnaire et de brutalité. Tout cela fait bien leur affaire. Leur intention est d’en faire un homme de paille, une potiche, un drapeau, et d’accéder ainsi à la voix publique sous son couvert.
C’était mal connaître le bonhomme. De son propre aveu : cela ne m’intéressait pas de parader à la tête d’un groupe de jeunes gens énervés.
Son ambition est de fonder un grand parti à la droite de la droite. L'homme est un pragmatique et il phagocytera tout le monde, après que le gouvernement eut interdit en même temps la Ligue communiste révolutionnaire et Ordre Nouveau pour leurs affrontements, bénis par le stratège Le Pen,  à la Mutualité en 1973.

L’auteur du premier programme du Front National est alors un jeune loup, aujourd’hui ministre de Sarkozy, ministre de la défense, excusez-moi du peu : Gérard Longuet, plus tard compromis dans des affaires de haute corruption… Dans cette mouvance de jeunes fascistes, venue d’Ordre Nouveau et du mouvement Occident, on trouve aussi un certain…Patrick Devedjian. Que du beau monde, donc, autour du Président républicain !
D’autres cadres sont recrutés au FN et je vous laisse apprécier leur honorable  pedigree :
- Victor Barthélémy, engagé volontaire chez les SS,

- François Gauchet, collaborateur qui reprochait à  Pétain d’être trop mou quant aux directives données par Hitler,
- Léon Gautier, ancien milicien, grand chasseur de résistants,
- François Duprat, néo-nazi activiste, assassiné par on ne sait toujours pas qui et dont le FN fera un martyr…

La suite, on la connaît. L’ascension du Front National, Le Pen médiatisé éructant ses fantasmes sur la place publique. Ça, il le doit essentiellement à Mitterrand qui, encore plus fin que lui dans l’art de la perversion politique, répond favorablement à sa demande écrite d’être admis sur les plateaux de télévision au même titre que les autres leaders politiques. Le Président dit socialiste compte sur la montée de l’extrême droite (dont il connaît tous les mécanismes, et pour cause) pour faire exploser son opposition officielle, la droite parlementaire. La machine est enclenchée. Le Pen fait de l’audience, les médias le considèrent donc comme un excellent client, bien juteux pour leur tirelire et lui offrent régulièrement leurs plateaux.
L’ogre est sorti de sa caverne et crache sur le soleil pâlot de la démocratie désastreuse.

Le même Mitterrand ouvre au Front National les portes du Palais Bourbon avec son bricolage de proportionnelle en 1986 et c’est là que la machine fasciste commence à s’enrayer. Elle ne s’enraye pas dans la défaite, mais bien dans le succès. Vitrolles, Orange, des mairies sont conquises. Maigret, enthousiaste, s’écrie alors devant le chef : "Nous sommes prêts ! Nous sommes à deux doigts de prendre le pouvoir !"
Ce à quoi, flegmatique, Le Pen répondra : "Dieu nous en garde !"
Le rideau tombe douloureusement sur l'ambition chauffée à blanc des jeunes cadres du FN : Le Pen ne désire pas le pouvoir, ne l’a jamais désiré. Il s’y perdrait. Ce qu’il veut, c’est conduire son parti, le gérer comme on gère une PME, en chef incontestable, et qu'il  pèse dans le paysage, qu'il soit incontournable, qu'il fasse et défasse des rois, pollue tout le débat républicain, le pervertisse et l’accable, que chacun de ces saltimbanques démocrates soit contraint et forcé de se positionner par rapport à lui.
Sa victoire est alors totale quand Chirac, piteux, lui demande une entrevue entre les deux tours de l’élection présidentielle de 1988. Mitterrand est aux anges : les loups se prennent à la gorge et, lui, d’un œil plus apaisé que jamais, fait mine de veiller à la tranquillité républicaine d’un troupeau d’imbéciles.
Mais le grand victorieux est in fine Le Pen. D’une intelligence redoutable et d’un talent politique remarquable, il a tout compris du spectacle et s’est attribué, à l'intérieur de ce spectacle, le rôle qu’il a toujours voulu y jouer. Etant certain que ses outrances ne seraient jamais applicables dans un programme de pouvoir, il en est d'autant plus fort pour les défendre avec la conviction que l'on sait, maniant en même temps la contradiction et la provocation verbale. Chaque scrutin est donc pour lui une victoire en ce qu'il frôle de très près la ligne entre opposition battue et élection réussie, en prenant toujours grand soin de ne pas franchir cette ligne qui l'enverrait tout nu devant la nation et l'obligerait à mettre en pratique l'impraticable. Qui le priverait, donc, de la parole.
Sur cette lisière subtile de l'échec réussi est l'avenir, la survie, de son personnage politique. Et là seulement.

Alors la question qui se pose aujourd’hui : Marine Le Pen est-elle dans la stratégie de son père ou dans celle de Maigret ?
Je serais tenté de dire qu’elle est dans la stratégie de son père. Celui-ci ne lui a pas donné les clefs d’une boutique construite de si haute lutte sans promesses résolues faites sur l’avenir. Il lui a donné les clefs de la pérennité, et, dans ce cas, la France entière est manipulée, 18 pour cent de ses électeurs votent pour l’ambition d’une dynastie de bouffons qui ne veut surtout pas les représenter, la France est pervertie dans son fonctionnement, elle assiste à un ballet répugnant dont les citoyens sont les instruments décoratifs, ballet auquel se prêtent avec complaisance et profit tous les acteurs de la vie politique.
Au premier rang desquels sont les deux rescapés du premier round de la farce tragique, mi-élus, mi-nommés par les tout-puissants sondages.

12:46 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : littérature, politique |  Facebook | Bertrand REDONNET