mercredi, 17 décembre 2008

Franche répartie

Le colonel Bigeard à Brassens :

- Et vous, Brassens, vous aimez votre patrie ?

Brassens :

- Je n'aime pas ma patrie. En revanche, j'aime beaucoup la France.

 

 

vendredi, 05 décembre 2008

Quand le désespoir est beauté par force de poésie

 

mercredi, 12 novembre 2008

Rue Réaumur

Chanson écrite vers 2001, retrouvée par hasard en tentant de ranger divers papiers jetés pêle-mêle dans un carton -  Musique : Lam, Mi 7, Lam, Rém, Sol 7, Do.....Mim....Lam..etc.
Y'a guère plus simple.

 

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Un soir d’intempérie
Les rues de La Rochelle
Etaient noires de pluie
Et pas une donzelle
Ne battait le pavé
De son talon usé.
Le vent rasait les murs
De la rue Réaumur

Devant un p’tit bistrot
Délabré, mal famé
Chantait un vieux poivrot
Sur l’mode improvisé
Une espèce de romance
Qui parlait de l‘enfance.
Le vent rasait les murs
De la rue Réaumur.

Son soulier défoncé
Titubait au ruisseau :
« Même que j‘ai voyagé
Jadis j’étais mat’lot
Mon père a fait de moi
Le pauvre hère que voilà,
Pour m’avoir trop nourri
De sa philosophie.

Les roses de mon berceau
Etaient bardées d’épines
Il disait qu’cétait beau
De vivre de rapines,
Que de violer les lois
Ecrites pour le bourgeois,
C’était faire le bien
Pour les pauvres et les chiens !

J’ai suivi son chemin
De Damas en prison
Et c’est pas pour demain
Qu’jaurai plus mes haillons.
Que c’est triste de vivre
J’crois qu’jai lu tous les livres
Déférence gardée
Pour  Stéphane  Mallarmé. »

Mais bientôt il hurlait
Les mots de sa chanson
Plus qu’il ne les chantait,
C’était vraie déraison.
Alertés par le bruit
De ces cris  dans la  nuit
Surgirent des pandores
Pour le prendre à bras l’corps.

Ils furent accueillis
Par une volée d’injures.
Soudain le vieux débris
Perdant toute mesure
Planta son grand couteau
Dans le ventre du plus gros
Qui mourut aussitôt
Le nez au caniveau.


Quelques années passées
J‘appris dans les journaux
Qu’on avait condamné
Sa tête  à l’échafaud.
On y disait à tort
Qu’il n’avait point d’remords
D’avoir donné la mort
A ce bougre d’ pandore.

Car moi qui l’ai connu,
Je n’vous dirai pas où,
Lui qui avait tant lu
Il n’était pas voyou
Terminant sa chanson
Même de piètre  façon
Jamais n’aurait commis
C‘pourquoi on l'a occis !

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mardi, 23 septembre 2008

Notes pour flagorneurs de tous poils même quand ne savent pas qu'ils en sont...

Par Gutasve Nadaud, Brassens et......le jeune artiste qui n'a toujours pas de tête mais, cette fois-ci, quatre mains

Un roi d'Espagne ou bien de France, avait un cor, un cor au pied.
C'était au pied gauche , je pense, il boitait à faire pitié.
Les courtisans, espèce adroite, s'appliquèrent à l'imiter,
Et qui de gauche, qui de droite, ils apprirent tous à boiter.


On vit bientôt le bénéfice que cette mode rapportait,
Et, de l'antichambre à l'office, tout le monde, boitait, boitait.
Un jour, un seigneur de province, oubliant son nouveau métier,
Vint à passer devant le prince, ferme et droit comme un peuplier.


Tout le monde se mit à rire, excepté le roi, qui tout bas,
Murmura:«Monsieur, qu'est-ce à dire ? je vois que vous ne boitez pas.»
«Sir, quelle erreur est la vôtre ! je suis criblé de cors, voyez:
Si je marche plus droit qu'un autre, c'est que je boite des deux pieds.

mardi, 16 septembre 2008

La musique ça se conjugue au présent

A l'époque de la publication de mon bouquin sur Brassens, je recevais beaucoup de courrier. Par la poste.

Un Monsieur québecois et médecin de son état m'avait ainsi fait parvenir une longue missive dans laquelle il me disait s'être acheté à Paris la même guitare que Brassens, chez le fameux luthier Jacques Favino, et qu'il s'évertuait à jouer exactement, au centième de mesure près, comme le bon Maître.

J'avais répondu - gentiment - que je n'en voyais ni l'utilité, ni le plaisir qu'on pouvait en tirer. Que l'éternité d'une oeuvre résidait précisément dans sa relecture subjective, affective, sensible, adaptée à soi.

Récemment j'ai découvert ça. Et c'est simple et c'est beau et c'est juste.

Contacté, l'artiste m'a donné l'autorisation de publier ici sa vidéo.

Oui, la musique, ça se conjugue vraiment  au présent.

Quand on prend sa guitare, il n'y a pas de concordances des tons au passé, sinon décomposé.


lundi, 02 juin 2008

Murs

portes de fer
qui s’ouvrent et puis qui claquent
promesses
longtemps déjouées
inscrites aux primes étoiles
des voies
lactées
pas de surprise
c’est bien là
comme si j’étais
venu déjà

les chiens vont toujours au chenil
des odeurs rances
libertés égorgées
pas de crabes
sournois sur les coursives
et pas peureux sur les non-dits
carrés
Infects camemberts où s’agacent
les mouches d’air putrifié
qui dansent aux
bruits des voix qui
elles
hurlent
la douleur et les ordres
bourdons de radio et de silences vaincus
d’autobus au dehors
sur le faubourg ancien
coule le Clain
à des siècles de là
à trois nuages bleus
dans la lumière
striée d'ombres parallèles
et enfin post coma
des gestes de survie
l’autre enfermement là-bas
celui des autres
tout droit
il tourne en rond
l’espoir derrière les murs
cicatrices cousues
cicatrices quand même
et les rues qui défilent
les passants qui s’faufilent
entre la peur d’crever
et l'angoisse de vivre
les gardiens sont dehors
les gardiens sont dehors
ils sont dehors
et
gueulent
gueulent
ils gueulent
de plus en plus fort
et de plus en plus loin
rouges
comme le sang qu'on pissait
sur des tinettes immondes
ils gueulent
dans le vide sans fond
d'un océan où baigne
à perdre pied
l'absurdité des solitudes
et j'ai ma tête de soixante ans
bientôt
inscrite au firmament
enfin je te connais
homme sans loi ni foi
mon frère 

mardi, 20 mai 2008

Sans la musique, la vie serait une erreur - Nietzsche

J'aime vraiment le jeu de Gary Moore.

Sa façon un peu inquiète de se retourner vers les musiciens, de lever le doigt juste avant d'entamer le solo et aussi, époustouflant, la dextérité du phrasé quand il revient au micro.  Les doigts à la vitesse de la lumière.

Et puis, écoutez vraiment jusqu'au bout : L'impro, abandon du thème principal, du moins son prolongement en sauts de gammes...L'artiste emporté par son art. Osmose . La guitare comme  organe et  protubérance visible de l'émotion du langage.

Un grand. 

J'aime vraiment et je mets ça en littérature, n'en déplaise aux puristes, (la pureté étant souvent l'arbre cache-sexe d'une forêt de médiocrité) parce que cette sensation d'une totalité, d'un bonheur fugace, elle submerge aussi et parfois l'écrivain.

Quand ça veut rire.