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02.10.2010

Cadeau pour Hortefeux et sa clique


"Preuve peut-être bien de votre inexistence...."

10:41 Publié dans Brassens, Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : littérature, musique |  Facebook | Bertrand REDONNET

30.09.2010

Les vols d'Air-France

Vautours2K.jpgMon interlocuteur en Poitou-Charentes est un camarade à l’esprit fraternel. Il s’est débrouillé vite fait pour déjouer le préavis de grève…
Mais à quel prix !
Un esprit fraternel, ça n’est pas forcément programmé pour négocier avec des vautours.
Air-France lui a donc revendu plein pot des billets réservés depuis 8 mois, billets avec pourtant option de changement moyennant  50 euros par tête de pipe  !
C’est-à-dire qu’ils ont fourgué deux fois le même vol, dont un qui  risque fort  de rester cloué au sol !
Et voilà comment la finance fait ses choux gras sur le dos des grévistes. Car, enfin, je suis un cas. Mais pas un cas isolé sans doute.
Et combien de fois ce genre de pratiques mafieuses se répète-t-il !
Un p’tit voyou de la lande agirait de la sorte pour deux grammes d’herbe qu’il serait livré sur-le-champ à la vindicte hargneuse des magistrats républicains !
Il paraît que la grogne monte en Europe...Hier Bruxelles, Paris, Varsovie, Barcelone...
Qu'elle monte !  Qu'elle monte !  Il y a du ménage à faire, du beau linge à passer par les fenêtres  !
Pour les billets SNCF, je me charge de la négociation, qui risque d’être fort houleuse.

Après les vols d’Air France, les déraillements de la SNCF, à n'en pas douter.

 

10:32 Publié dans Critique et contestation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

29.09.2010

Une situation singulière

P4250026.JPGComme dans tous les pays de l’ex-bloc de l'Est, le passage à ce qu’on a appellé gentiment « l’économie de marché », pour ne pas avoir à dire « le sook du libéralisme sauvage », ne s’est pas fait ici sans douleur.
Je connais un village dont le boulanger avait fait faillitte en une seule nuit au cours de laquelle les taux d’intérêts bancaires avaient été majorés de plus de 1000 pour cent ! Avant de faire sa valise au petit matin, le boulanger dépité avait inscrit en grosses lettres vindicatives sur le mur de son établissement   « POMNIK DEMOKRACJI !", monument de la démocratie !
Vingt ans après, le sarcasme est intact et depuis la petite route qui serpente à travers la forêt, la colère de l’artisan est encore très lisibe.

Faut décrypter. Cette inscription est une éloquence de l’histoire.
On ne fait pas d’omelette sans casser les oeufs, n’est-il pas ?

Je vous dis tout ça parce que, des fois, ce passage à la vente forcée ne me semble pas partout complètement acquis dans les têtes et c'est ainsi que je m'étais retrouvé, il y a un an ou deux, dans une situation assez cocasse.
Ma maison est tout en bois. Il me fallait la peindre avant les rigueurs de l’hiver. Le menuisier avait été catégorique et il avait établi une ordonnance avec la quantité exacte et le nom de la peinture  à utiliser. La meilleure. La plus chère aussi, diablement chère même, mais en contrepartie qui protège de tout : de la neige, des terribles gels, de la pluie, du vent, du soleil, des champignons, des bestioles xylophages dont toute la forêt alentour est infestée.
Je m'étais donc rendu, fort de l’avis d’un spécialiste, dans un grand magasin de peinture et j’avais montré fièrement ce que je voulais.

Le vendeur responsable, homme affable et grisonnant, s’était moqué. Pourquoi celle-là ? C’est la plus chère !
Oui, mais c’est la meilleure !
Oh vous, vous  regardez trop la télévision ! Vous vous faites avoir par la télévision !
J’ai pas la télévision.
Alors, des gens qui l'ont vous ont abusé. Parce que cette peinture, vous savez pourquoi elle a du succès ?
Ma foi non. Peut-être parce qu'elle est bonne...
Ah, ah, ah... Bonne ! Vous pensez ! C'est  parce que ses fabricants ont un budget publicitaire énorme et que tous les soirs ils assomment les benêts avec leurs boniments ! Faut pas croire, c’est de la vraie  merde, cette marque !

Je suis pantois. Je remballe mon ordonnance...
Je désigne alors une autre peinture, moins chère. Ça vaut pas grand chose, ça non plus, affirme  le sympathique grisonnant.
Bon, l’autre, alors, là, plus haut...Non, non, c’est du sous-produit, un mélange, ça vaut rien. Dans un an à peine, il vous faudrait tout refaire...
Je suis de plus en plus déconfit...
Bon, alors pas de peinture mais un produit spécial, là, que je vois avec un chalet de montagne bien joli sur l’étiquette. C’est bon ça ?
Alors ça, cher monsieur, vendre ça, c’est vraiment se moquer du monde ! Non, autant badigeonner votre bicoque avec de l’eau de source !
Je suis atterré.
Il n’y a plus qu’une seule marque. Je montre timidement.
Surtout pas ! C’est bourré de poisons, cette saloperie ! Sûr que vous feriez crever les parasites, mais vous en même temps.
Alors ?
Alors rien du tout.

Le vendeur avait fait son devoir. Il avait dit ce qu'il avait à dire. Déjà il m'avait quitté et se précipitait au secours d'un autre acheteur qui, lui, voulait du vernis pour ses clôtures.
J'avais observé le manège d'assez loin et constaté que tout ce que voulait acheter ce nouveau chaland en fait de vernis, ça valait pas une queue de cerise selon le petit grisonnant.

J'étais donc sorti bredouille et décontenancé.
Inquiet aussi pour l’avenir de ma maison.
Et je m'étais dit que c'était là un gars honnête, ou parano, ou je ne sais quoi, mais en tout cas un gars qui n’avait pas bien compris  que le monde était devenu un vaste tiroir-caisse.
Un monde où il n'y aurait bientôt plus de place pour lui.

14:00 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

27.09.2010

Bingo !

Avions-stationnés-Gillot.JPGJe devais prendre un vol Air-France en octobre, puis, à partir de Roissy, rejoindre pépère mon cher Poitou-Charentes en  TGV.
Je ne reviens pas souvent en France. La dernière fois, c’était en avril 2009 !
Mais j’ai pris toutes mes précautions.  Je suis un homme attentif à ses brèves incartades sur le sol de la mère-patrie : J’ai donc tous mes billets réservés, dûment payés, depuis le 22 février.
Huit mois à l’avance, que je m’y suis pris, pour être sûr de revoir la  mer, mes frères,  un ou deux copains et mon Zozo mis en lecture-spectacle.
Hé ben, bingo ! Ce jour-là, grève…Me voilà comme un con avec mes billets soigneusement rangés depuis le début de l’année dans un gros livre, les œuvres complètes d’Apollinaire, exactement !
C’est assez  dire si j’y tenais à ces billets !

Je ne vais pas vous chanter les sempiternelles jérémiades anti-grévistes du consommateur de base pris en otage…Non… Non…On sait bien que  les syndicats ont raison, les manifestants itou et que c’est dégueulasse de vouloir faire travailler les gens jusqu’à avoir un pied dans la tombe. On sait bien aussi que les syndicats vont faire reculer le législateur, que tout ça va s’arranger ; iIs sont résolument contre cette loi, les syndicats !
Je le sais bien : Je faisais déjà la grève contre Juppé, puis contre la loi Fillon, alors ministre des Affaires sociales sous Raffarin, c’est-à-dire ministre ayant en charge de briser menu les acquis sociaux… Quatre jours que j’ai fait la grève, la dernière fois...On était mobilisé à fond ! Sur 1200 employés que comptait mon administration, on était cinq ou six à la faire…Y’avait  même un gars de FO qui ne la faisait pas toute, la grève. A cause des sous, voyez-vous…
Mais j’suis bien content d’avoir fait cette  grève : Fillon, il a reculé…D’un poil de cul pour faire un bond en avant de dix mètres !
Comme il va reculer, là, c’est sûr…d’un millimètre pour foutre tout le monde dans la merde jusqu’à 67 ans.
Et ils le savent  bien,  les ténors grassement payés des syndicats….Ils le savent bien…Si cela ne se passe pas comme je dis là, je leur ferai, ici même, des excuses publiques.
Bref, me voilà dans l’incertitude complète  pour un voyage que j’ai prévu depuis huit mois et tout ça, pour rien, en plus…Si ça devait servir à ce que les gens arrêtent de travailler à 60 balais et même avant, je serais prêt à sacrifier mes visites en France jusqu’à la Saint-Glinglin. Peut-être même jusqu’au dernier soupir et je le dis sans ironie aucune.
C’est ça,  qui me fout en rogne…L’inutilité complète. Et mon manque de bol, aussi…Parce que je leur ai quand même donné huit mois et sur ces 240 jours, ils choisissent le mien pour faire grève ! On est parano, des fois, on se demande pourquoi…

Parce j’essaie bien de changer les billets, mais ils ne veulent pas, les malins…Oh, c’est  pas sûr, on peut pas dire à l’avance, ce n’est pas de notre faute, faut venir à l’embarquement ….Et si l’avion i vole pas ?  On trouvera un vol….Et la correspondance à Paris ? Ah, ça, c’est pas notre problème…Bon, ce doit être le mien alors…De toute façon,  s’il n’y a pas d’avion,  y’aura des sacs de couchage, au moins, que j’ai envie de demander ? Je serais seul que je m’en foutrais. Mais il y a une gamine aussi…
On s’arrangera pour vous trouver un vol, ne vous inquiétez pas…
On s’arrangera, j’aime bien l’expression…Et à l’autre bout, démerde-toi !
Surtout qu’à l’autre bout, c’est la  SNCF qui prend le relais et la SNCF,  celui qui s’en méfie ne perd pas son temps…Dernièrement, un groupe de Polonais n’a pas pu avoir son avion parce que le train avait plus de deux heures de retard ! Cloués à Paris, les Polonais ! Ils ont dû prendre un bus grandes lignes ; 36 heures de route, à leurs frais…
La SNCF rembourse ? Sans doute que non parce que le retard était dû à un vol de câbles, que ce n’était pas son fait à elle et que…Mais oui, mais c’est quand son fait à elle ? Quand un désespéré ou une, choisit de se jeter sous le convoi,  elle n’y est pour rien non plus.  Quand un arbre tombe, qu’un grand animal s’échoue sur les rails, qu’un automobiliste grille le passage à niveau, que la météo est vraiment trop mauvaise (formation de blocs de glace sur les câbles), elle n’y est pour rien non plus…Elle ne  prend pas beaucoup de risques, l’entreprise modèle !
Les Polonais, ils sont revenus un peu éberlués par les façons de faire à la Française….

Alors, venir échanger, sans frais,  des billets parce que les camarades sont en grève, non, ça, c’est  de l’utopie. Du culot même !
Les syndicats, eux, pendant ce temps-là,  ils comptent leurs ouailles ; ils donnent un coup de peinture fraîche à une légitimité qui  en avait bien besoin…
Et la clique au pouvoir n’en a rien à foutre de tout ça ; un jour par ci, un jour par là…Bof, ça fait désordre mais les meubles seront sauvés…Pour lui faire lâcher  l’os qu’elle tient dans sa gueule, il n’y aurait qu’une bonne grève insurrectionnelle, illimitée et coordonnée, tiens ! Mais ça, syndicats, politiques de tous bords et patronat en ont une telle peur bleue - et c'est bien là le consensus et le modus vivendi de tous ces apôtres -  que c’est pas demain la veille que vous danserez la Carmagnole de la victoire,  camarades empêcheurs de rentrer au pays en rond ! 

13:28 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : littérature, politique, parti socialiste |  Facebook | Bertrand REDONNET

Le livre de Michel Houellebecq

P9240007.JPGS'il n’y a que trois façons d'écrire un livre - une bonne, une moyenne et une mauvaise - il  y a sans doute bien des façons de le lire. Parce que c’est « je » qui lit.  Un « je » censé être unique, donc multiple, et souverain.
Ceci dit surtout pour  un livre nouveau assez vierge de toute critique sérieuse, les ovations de bon aloi et les dénigrements systématiques - les oppositions par principe - ne rentrant évidemment pas dans le cadre d’une critique sérieuse.
De toute façon, je ne lis que très rarement les critiques d’un ouvrage :
« Bien avant l’écriture, on lisait. On décryptait alors le vol des oiseaux, la course des planètes, les signes avant-coureurs d’une saison, l’empreinte de l’animal, la couleur des pierres, les étranges avatars de la lune, la peinture sur la roche et la couleur des nuages. On lisait donc les choses et les êtres vivants dans leur confrontation directe au monde.
Avec l’écriture, nous sommes passés à la lecture indirecte. La lecture de la lecture de l’autre. Permettez cette petite digression : je ne lis jamais les critiques d’un livre. Se plonger dans la lecture de la lecture de la lecture d’un quidam m’est harassant. On finit par ne plus savoir ce qu’on lit et de quel monde on est parti. On tourne en rond, comme à peu près tout ici bas, et le propre d’un  rond, c’est de finir où ça a commencé, n’est-ce pas ? »

Géographiques - TQF -

Pour bien d’autres livres autres que les nouveautés, disons les baroudeurs, ceux qui ont essuyé des années, voire des siècles de lecture, on est plus ou moins enclin à les aborder avec un bagage dans la tête.
« Je » lit, mais quelque part imprégné d’un « nous » et d’un«  eux » plus ou moins confus.
Parfois aussi, pour les classiques, me revient en mémoire des bribes de très vieilles appréciations de mon prof de français, au lycée, excellent prof qui nous fit en même temps aimer Balzac, Villon et Stendhal, et que nous avions affublé  d’un auguste sobriquet, « Cicéron ».
C’est donc tout à fait par hasard que j’ai lu « La carte et le territoire » de Michel Houellebecq. De  lui, je n’avais lu qu’un recueil de poèmes que m’avait offert jadis Denis Montebello et, comme à peu près tout le monde, quelques années plus tard, Les particules élémentaires.
Depuis, je n’avais pas prêté attention à l’écrivain, franchement même rebuté par sa popularité, ses frasques convenues de misanthrope convenu et, plus dernièrement, ses imbécilités avec le penseur décervelé, Henry Levy. Tellement penseur, celui-là,  qu’à chaque fois qu’il se mêle d’intervenir sur un évènement dramatique du monde, il a tout faux et devient recordman au bout de deux ou trois de ses  interventions du nombre d’erreurs et de contre-vérités exprimables dans un laps de temps minimum.
Mais laissons  le philosophe à ses tristes performances et revenons au livre de Houellebecq.

Je disais que le hasard avait voulu que je le lise. Ça n’est pas tout à fait exact, puisque ce  hasard, je l'avais provoqué.
J'avais remarqué dans les notes de lecture de Jean-Louis Kuffer une certaine insistance à vouloir dire ce livre et je m’en étais un peu agacé. Je lui  en avais fait part dans un commentaire, puis, dans l’après-midi, occupé à rentrer mon bois de chauffage à la brouette - dans  un de ces instants où l'on pense à tout, sauf à ce que l'on est en train de faire - je m'étais dit que si un gars de la trempe de l’écrivain suisse, un bon camarade en plus, tenait absolument à faire figurer Houellebecq dans ses Riches Heures, c'est qu'il  devait y avoir matière à bonne lecture.
Sur ces entrefaites-là, Dorota, alors en France, m’appelle et me dit qu’elle est en train de fouiner dans une librairie.  Elle me demande de lui dire un titre, pour me faire un cadeau, bien sûr. Spontanément je dis «  La carte et le territoire », puisque c’était à la sortie de ce livre que j’étais en train de cogiter en brouettant mon bois.
Voilà pour l’histoire de mon achat et pour tenter, bien vainement et sans importance aucune, de me dissocier des 200 000 autres qui, apparemment, ont eu le même réflexe que moi.
A la différence près que, eux, certainement, sont des Houellebecquephiles fins et  avertis.

J’ai lu le livre sur un Week-end. Avec beaucoup de plaisir.
J’y ai trouvé un auteur attachant, oscillant toujours entre la dérision, le sordide, le dramatique, l'humour noir et la désespérance. J’y ai surtout trouvé, lu plus exactement, une quête pathétique de l’élément humain dans un monde résolument  tordu.
Et j’y ai lu cette tragédie du XXIème siècle - amorcée à la fin du siècle précédent et finement énoncée en son temps par Debord - dans laquelle la représentation de la vie a complètement supplanté  la vie, au point de devenir cette vie elle-même.
Un monde où le faux, l'image, le rendu, l'apparence, la mise en scène, tiennent lieu de vérités tangibles, définitives, en dehors desquelles nulle existence n'est possible.
Bref, un monde où la "carte est plus intéressante que le territoire" et qui, fatalement, en l'absence de toute présence véritablement humaine, est voué à l'engloutissement végétal.

08:37 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET