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16.06.2017

L'éphémère est éternel

P9180047.JPGLe vent passe qui fait des roulades sur les couleurs du monde.
Hier, tout était blanc et des glaces pendaient tels des moignons d’infirmes aux branches des grands arbres.
Aujourd’hui, tout est vert et les feuillages fredonnent…
Qu’est-ce que c’est ?
Quoi donc ?
Ce sifflement limpide comme les notes du cristal, là-bas, dans les bouleaux rivés aux ombres des lisières.
Ce sifflement ? Ma Belle, c’est le loriot, d’une branche tropicale venu.
Le vent passe… L’écoutes-tu ? L’entends-tu ?
Il passe comme passera l’oiseau. Qui demain, sans un adieu, repartira vers ses terres d’Afrique,  ses soleils de sable et ses poussières d'étoiles.
Les frondaisons d’où il pavoise aujourd’hui jauniront alors, deviendront roussâtres et, rejoignant le sol pour mourir et pourrir, abandonneront la branche à sa nudité, la livreront aux bises et la livreront aux morsures.
Tout deviendra blanc et les glaces pendront tels des moignons d’infirmes aux branches  des grands arbres.
Pour combien de temps encore ?
Quoi, pour combien de temps encore ?
Pour combien de temps encore passera le vent ?
Pour combien de temps encore fera-t-il des roulades sur les couleurs du monde ?
Pour notre temps, ma Belle. C’est tout.
Et c’est cela, l’éternité. Ce Tout.  Un mouvement. Un recommencement surgi de la mort et...

Image : Białowieża

18:03 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : littérature, écriture |  Facebook | Bertrand REDONNET

Commentaires

Quand on prend conscience de l'Eternel, on quitte justement l'éphémère, qui est une conscience dégradée (ou en pointillé de l'Eternel - d'où le sentiment de "passer" dès qu'on la reperd).
Pour moi, seul l'Eternel existe, mais notre conscience n'est pas assez ouverte et notre coeur pas assez aimant ou charitable... en tout cas, plutôt qu'un retour (réincarnation) , je prie pour une élévation (résurrection) ... Car je crois que les deux sont compatibles, en fonction des états de conscience qu'on a de l'Eternel, justement. Et que les deux (éphémère et éternel) s'ils relèvent de l'appréhension d'une même réalité que les hommes ont souvent associée à Dieu, ne relèvent pas du même état de conscience. Ce qui est sûr, c'est que l'Eternel ne se donnera jamais entièrement à connaître sur terre ou règne la mort, et que c'est la raison pour laquelle j'essaie de m'améliorer pour n'avoir pas à y revenir souvent..
Amitiés

Écrit par : solko | 17.06.2017

C'est quelque chose l'écriture !
Ton texte, Bertrand, est à renverser des montagnes.

Écrit par : Michèle | 17.06.2017

Les imbéciles et les matérialistes purs - qui sont souvent les mêmes - sont persuadés que la matière est seule créatrice de réels.
Ils veulent tout voir et ne voient que leur bout de nez.
On se demande bien dès lors où ils vont chercher leurs émotions, s'ils en ont. Le labyrinthe de leurs pensées contradictoires, s'ils en ont aussi !
J'appelle ici "éternel" cette longue, très longue succession de choses et de sentiments semblables et éphémères depuis que l'homme est l'homme : l'Amour, la haine, le plaisir, la peur, la laideur, la beauté etc..
Parce que ce qui est "avant" ou "après" l'homme participe de la fiction, du non-réel, pour ma sensibilté d'athée non matérialiste.
Et je comprends dès lors que "mon éternel", qui a un début et aura donc une fin, ne supporte pas la comparaison sémantique, confronté au "tien".
Les deux n'en sont pas moins une même recherche de l'absolu, par-delà les contingences premières, Toi au coeur de l'absolu, moi au coeur d'un échantillon, soit le relatif..
Amitiés itou


Chère Michèle, si je pouvais bousculer les montagnes par le verbe, Roland dirait que je suis un "usurpateur"...
Je le chambre, évidemment:))

Écrit par : Bertrand | 18.06.2017

repartira vers ses terres d’Afrique, ses soleils de sable et ses poussières d'étoiles.

Voilà que tu deviens poète ! :))

Oui, les saisons passent et le loriot aussi trépasse, tout comme nous, un jour. Mais il restera cette beauté entrevue oui. C'est un athée mystique qui te le dit.

Écrit par : Feuilly | 19.06.2017

"Deviens ce que tu es" enseignait le philosophe :))

Écrit par : Bertrand | 19.06.2017

FRED continue encore longtemps à ecrire comme cela! c'est du bonheur! le loriot du bois des Vendes te salue! Chaunay, Senillé,Blanzay,36°c ,à l"ombre du figuier cet aprés_midi.!

Écrit par : didier gilbert | 20.06.2017

36 degrés à Chaunay ? Putain, que fait le garde-champêtre ?!:))
Bien content d'avoir tes petits clins d'oeil de temps en temps, mon vieux Gilbert !

Écrit par : Bertrand | 20.06.2017

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