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07.07.2016

Imbéciles !

un-ane-talentueux.jpgLe monde est ceci ou le monde est cela. Il est à notre goût ou à notre dégoût.
Cela dépend des moments et de l’odeur du brouhaha qu’on nous en distille.
Mais qu’est-ce que c’est que le monde, en fait, à part la perception que nous en avons par le biais des gens que nous sommes appelés à rencontrer ou, le plus souvent, à éviter ?
Le monde, c’est chacun d’entre nous. Du moins, ça devrait être ça.  Parce que dans ce qu’on appelle communément, « le monde », il n’y a plus rien à y foutre depuis belle lurette.
Ni du côté des imbéciles, qui sont légion dans toutes les mailles du canevas social, ni du côté de ceux qui ne sont pas des imbéciles mais qui s’empressent néanmoins de le devenir en clamant partout que le monde est rempli d’imbéciles. Hormis eux, bien entendu...
Les hors-monde.
C’est comme ça que je les appelle dans ma tête. Les hors-monde.
Ils sont aussi ennuyeux, parfois plus même, que tous les imbéciles qu’ils s’appliquent à dénoncer. On ne sait d’où d’ailleurs, on ne sait jamais depuis quelle chaire, depuis quelle cathedra, ils parlent puisqu’ils sont hors de.
Dehors à l’envers.
Moi, Redonnet, pourtant, je ne me prends pas pour un imbécile. Comme tous les imbéciles du monde, notez bien. Car avez-vous déjà entendu ou vu un imbécile qui se réclamait imbécile ?
C’est cela, la grande subtilité de la bêtise humaine : ne rien voir de soi-même. Alors c’est un vrai labyrinthe intellectuel et moral, le monde dont je vous parlais plus haut, et plus j’entends de gens ne pas s'y prendre pour des imbéciles, plus je me dis qu’ils le sont sans aucun doute.
Sans quoi, ils ne s’évertueraient pas, ils ne s’useraient pas la santé, à vouloir prouver qu’ils ne sont pas de ce tonneau-là.

Tenez, pour rire sérieusement, mais entre nous, hein ? Entre gens intelligents, quoi… J’entendais l’autre jour le gars Onfray déplorer - en substance - qu’on vivait vraiment une époque lamentable parce que tout le monde avait désormais la possibilité de prendre la parole avec des blogs, des sites, des livres à la noix, et, ce faisant,  les plus imbéciles d’entre nous faisaient passer, publiaient, leurs dires imbéciles comme étant les propos de l’intelligence même!  Un drame !
Je suis d’accord avec lui. "Avec un soupçon de réserve toutefois" :
Les philosophes, ou ceux qui font profession d’en être, devraient enfin se taire, la fermer, la boucler, depuis le temps qu’ils palabrent, donnent des leçons, exposent les résultats de leurs sombres cogitations sans qu’aucun effet probant, jamais, ne se fasse sentir sur l’évolution qualitative des consciences.
Un philosophe qui fait le constat qu’il est entouré d’imbéciles devrait commencer par se dire, s’il n’en était lui-même un fieffé, qu’il ne sert strictement à rien dans la Cité. Que sa parole fait tourner des moulins qui n’ont pas de grain à moudre. Un phraseur du vide.
Tout comme les politiques ; ceux-là, depuis longtemps, devraient avoir cessé de faire de la politique !

Dans cette pagaille, voyez-vous, je ne puis plus entendre ou lire un quidam qui fait mine de dire des choses sensées. Je soupçonne à tous les coups un imbécile en train de torturer son identité d’âne bâté.
Alors je ne cause plus guère et j’écoute de moins en moins ce qu'on voudrait me dire. Mon univers se résume à deux chères personnes, parfois trois ou quatre, et je me dis que dans cette solitude j’ai enfin touché le fond des sommets.
Parfois, je cause à mes poules aussi.
Ça évite toutes les postures. C’est con comme tout une poule, mais ça a l‘avantage sublime de n’avoir aucun moyen à sa disposition pour prétendre le contraire.

 

22:29 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : écriture, littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

Commentaires

Tes textes sont toujours un régal :)

Je trouve qu'il y a heureusement beaucoup de gens très chouettes mais curieusement, hormis ceux que j'aime, c'est le plus souvent ceux à qui je n'ai pas immédiatement affaire...

Prétention ? misanthropie ? Les deux sûrement...

Écrit par : Michèle | 15.07.2016

C'est ce que je me dis souvent aussi, chère Michèle...
Ou alors que je ne suis pas très malin pour rencontrer les gens.

Écrit par : Bertrand | 16.07.2016

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