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13.08.2015

Quand les canicules s'emballent...

IMAG1404.jpgMais que fait donc Sirius, alias Canicula, cette petite étoile qui a son coin de ciel à proximité toute relative du soleil ?
Les jours ont beau décliner, elle n'en continue pas moins de se coucher et de se lever en même temps que son auguste voisin et, selon les antiques observateurs du Grand Tout, dont Pline l’Ancien, ce serait bien à ces caprices que nous devrions les périodes torrides.
Y’a plus d’saisons, disaient les vieux, pas si vieux que ça en fait, de mon enfance campagnarde, en tordant savamment la bouche, en haussant les épaules ou, pour les plus entêtés à être persuasifs, en expédiant une chique désappointée au sol.
Ces sympathiques barbares, de quoi donc préjugeaient-ils ? Car ils avaient l’air de tout ce qu’on voudra, sauf de savants prophètes. Ils semblaient bien, certes, avoir une connaissance mi-empirique, mi-atavique, mi-je-ne-sais-trop-quoi, du ciel auquel ils demandaient sans cesse -
sans pour autant pousser la supplique jusqu’à s'aller agenouiller - d’arroser ou bien de sécher leurs sillons, mais  je crois bien que leurs prévisions se résumaient à exprimer leurs désirs et besoins du moment.
Ils étaient des situationnistes, en fait, les vieux de mes jeunes jours.
En tout cas, ils ignoraient totalement l’approche tragiquement scientiste du monde, avec, servies tous les soirs sur un plateau, des nappes d’air en couleur qui circulent, des rouges pour les chaudes, des bleues pour les froides, qui rentrent en collision, tournent autour de la bulle d’un anticyclone ou alors, passant insolemment outre, envahissent telle ou telle partie du céleste territoire.
Plutôt que d'écouter la science cathodique à bon marché, ils interrogeraient  Sirius, mes Pline l’Ancien qui crachaient par terre.
Car les arbres se dessèchent, les champs sont jaunes, les  feuilles sont mortes, les jours sont dilatés par la touffeur, les jardins se meurent et les paysages implorent clémence.
Et que diraient-ils de ces clowns masqués et costumés qui se réunissent à grand bruit et font montre de s’alarmer du climat qui change ?
Y’a plus d’saisons, qu’ils diraient, et tout serait dit de l'écologie du moment.
Car ils avaient l’art de ne pas renverser les choses, ces barbares-là. De dire ce qu’ils voulaient, ce qu’ils vivaient, sans pour autant emmerder le monde à faire semblant de se préoccuper d’improbables solutions.
Ils savaient ainsi parler aux nuages. Mais pas n’importe quels nuages ! Seulement ceux qui avaient une chance de flotter au-dessus de leurs champs.
En un mot comme en cent,  ils étaient apolitiques. 

13:20 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | Bertrand REDONNET

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