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01.07.2017

L'essentiel

photo_1323903595353-2-0.jpgVous n’avez certes pas fait le tour de la terre, mais vous avez peut-être fait le tour de l’essentiel : car nous sommes tous des bateaux qui nous inventons des ancrages, des ports d’attache, des sémaphores  et  des capitaines.
D’ailleurs, foin des ailleurs !
Et faire le tour du monde, qu’est-ce que cela signifie ? C’est un langage de voyageur, une vision de l’esprit. Voyager, c’est s’arrêter un peu plus loin qu’un autre et voilà tout.
Nous sommes donc des bateaux victimes des caps orgueilleux de l'illusion et ballotés par les vents de la plus sage des résignations.
Tout le contraire des bateaux ivres et des jonques sans rameurs voguant sur des fleuves inconnus. Nous prenons le large, certes, mais par le côté le plus étroit possible de la vague.
Aussi avez-vous constaté, avec une amère délectation, qu’il suffisait de le prendre, ce  large, pour supprimer aussitôt les plages et les rochers.
Les indispensables compagnons de votre "avant" ont agité leurs mouchoirs un moment, tant que votre voile sur le dos tout rond du voyage paraissait encore un peu, puis, n’ayant plus que la vacuité des horizons à offrir à  leurs yeux, ils ont rangé leurs petits chiffons, tourné le dos et cheminé vers le déclin d'un "nous".
Le silence vous a englouti. Comme l’écume le grain de sable. Comme le jour l’étoile des firmaments.
Vous en avez été dépité, vous y avez pensé beaucoup, puis, à votre tour, n’ayant plus que la vacuité des hommes à offrir à votre cœur, vous avez soupiré d’aise et planté là votre libre voyage.
Le choix des solitudes incendie forcément  le poids des habitudes.
Normal : les choix sont toujours moins lourds à porter que les poids.
Vous êtes, en fait, revenu à un point  de départ.  Celui d’avant qu’on s’élance, la barbe naissante et l'esprit et le corps ingénus,  à l’assaut des grands sentiments.
Vous avez de toutes les messes sonné le glas pour parvenir à l'essentiel.
Enfin... c’est du moins ce que vous pensiez.
Avant de comprendre que l’essentiel était multiple, géant et toujours en mouvement.

17:47 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : littérature, écriture |  Facebook | Bertrand REDONNET

Commentaires

Oui, l'essentiel... On ne le découvre souvent que lorsqu'il est trop tard...

Écrit par : Feuilly | 02.07.2017

Il n'est jamais trop tard, tant qu'on est vivant :) Je parle de la prise de conscience. Pour la réalisation c'est une autre paire de manches...

Quant au texte, comme d'habitude, il est de haute volée.

Écrit par : Michèle | 02.07.2017

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