24.04.2010
Quand les mots servent le rire et l'absurde...
...ils sont aussi littérature .
09:00 Publié dans Musique et poésie | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : litttérature |
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23.04.2010
Dialogue de sourds

« C'est ici un livre de bonne foi, lecteur. Il t'avertit, dès le seuil, que je ne m'y suis proposé d'autres fins que familiales et personnelles. Je n'y ai nul souci de ton intérêt ou de ma gloire : je n'ai pas assez de force pour concevoir un tel dessein : j'ai destiné ce livre à la commodité personnelle de mes parents et de mes amis, afin que...» blablabla blabla...
Michel Montaigne
Les Essais

«Je ne connais qu'un écrivain que, sous le rapport de la probité, je place au rang de Schopenhauer et même plus : Montaigne.
Qu'un tel homme ait écrit, vraiment le plaisir de vivre sur cette terre a été augmenté...C'est à son côté que j'irais me ranger s'il fallait réaliser la tâche de s'acclimater sur cette terre.»
Frédéric Nietzsche
Le gai savoir
« Doit y avoir une erreur quelque part.... »
Bertrand Redonnet
09:48 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : littérature |
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22.04.2010
Contes et légendes de Podlachie - 4 -

La légende des âmes
La solitude de l'âme, chantée par les poètes et, plus trivialement, auscultée par les mécaniciens de la psychanalyse et de la psychiatrie, ne serait en fait, si j'en crois les mots de cette légende, que le résultat d'une grossière erreur de calcul.
Mais oyez plutôt...
Quand le grand manitou créa le monde, il créa d'abord des âmes, puis des individus censés bientôt en porter chacun une.
Hélas, au moment de la distribution, il s'aperçut qu'il s'était, dans sa frénésie créatrice et tout parfait qu'il fût, fourvoyé et avait en son céleste atelier conçu deux fois plus d'hommes et de femmes qu'il n'avait façonné d'âmes.
Le problème était ardu. En supprimer ? Allons, allons, soyons sérieux...Un créateur sacré, ça crée. Ça ne supprime pas. L'élimination pure et simple est d'essence humaine, pas divine.
Mais foin des entourloupettes ! Comment résoudre la délicate équation ?
Cependant qu'il réfléchissait, se traitant in petto de gars de rin et de fichu distrait, le grand manitou avisa son glaive d'or incrusté de diamants, négligemment posé là, à ses côtés, sur un nimbostratus des plus moelleux.
Oui, je vous sens un peu dubitatifs(ves), là. Pourquoi un dieu posséderait-il un glaive ? Pour quoi faire ? Un dieu belliqueux ? Irascible ? Paranoïaque ?
Je n'en sais rien. Je vous raconte tel que j'ai entendu raconter et je n'ai jamais vu de dieu de ma vie...Disons que ça lui servait d'ornement. Il y a bien des gens qui ont chez eux de vieilles lampes de chevet du 18ème (siècle pas arrondissement) et des lampions dernier cri pour économiser l'énergie, un ordinateur, un téléphone portable...Pour quoi faire une lampe de chevet style Directoire, hein ?
Bon...les goûts et les couleurs...
Mais foin encore une fois des entourloupettes ! On cause, on cause et on ne s'occupe pas de l'ardu problème du grand manitou..
Le glaive, donc...Voilà l'instrument qui tranchera la question. Ultima ratio deorum.
Le grand manitou, brandissant son glaive qui ne lui servait à rien sinon à décorer ses nuages, coupa donc les âmes en deux et en distribua une moitié aux hommes et l'autre moitié aux femmes. Puis, se frottant les mains et bienheureux de s'être si facilement tiré d'embarras, il se reposa longtemps en ses sphères éthérées.
Là, c'est moi qui suis dubitatif . Je verrais plutôt une pagaille énorme, un brouhaha inextricable, une ruée, une foire d'empoigne, une bousculade, certains et certaines emportant une âme entière et les autres, bernique, étant condamnés à ne pas en avoir, ce qui, convenons-en, expliquerait pas mal les déboires futurs de l'humanité...
Mais, tout agréable que me soit cette interprétation, ça n'est pas comme cela qu'il en advint et il faut dire les légendes telles qu'elles nous ont été transmises. Non mais, des fois !
Chacun s'en fut donc avec sa moitié d'âme et n'eut désormais de cesse qu'il n'ait retrouvé de par le vaste monde, l'autre moitié, l'âme sœur....
Bonheur à ceux et celles qui ont eu de la chance - ou du flair - et qui réussirent à recoller les deux morceaux, réalisant ainsi l'harmonie parfaite, les autres étant voués à une perpétuelle quête, à la solitude et à la mélancolie.
Mais comme les âmes étaient, au départ, toutes ressemblantes et, partant, les moitiés itou, que d'erreurs, que de vilaines surprises, que de méprises et..... que de vaisselle cassée dans les chaumières !
Image : Philip Seelen
08:00 Publié dans Contes et légendes de Podlachie | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : littérature |
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20.04.2010
Vitrine
Depuis mes lointaines contrées, ayant pour l'heure peu d'échos de "Géographiques" - mais il est bien tôt et comme me disait François Bon qui en sait quelque chose, "quand on est auteur, apprendre la patience" - c'est avec grand plaisir et sans fatuité aucune que je rends publique cette amicale et délicate attention de Martine Sonnet, qui m'adresse la photo, joliment faite, de la librairie Tschann, boulevard du Montparnasse, où le livre est en vitrine.
Je me dis que si il y a un passant sur dix mille qui le lit, il sera vite épuisé.
Mais un sur dix mille, en littérature, ça tient de l'incorrigible utopie....

10:17 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : littérature |
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19.04.2010
Mais fermez-la donc un peu !
J'avais plus ou moins décidé de rester muet sur les événements tragiques qui ont frappé ces derniers temps la Pologne.
Pour une foule de raisons personnelles, la première étant que ce sont là des événements dus au hasard et que, tout à une écoute consciencieuse du monde que nous prétendons être, les embrouilles a posteriori de sa mise en scène font que nous ne comprenons pas grand chose à ces salades, en Pologne comme partout ailleurs.
Gardons-nous bien de vouloir faire les doctes analystes si nous voulons en même temps nous garder de dire des conneries.
Mon premier sentiment a été évidemment l'affliction, d'un point de vue strictement humain, sans que cette affliction n'ait pour objet plus précis « les têtes d'affiche » disparues dans la catastrophe. La mort est partout épouvantable. Elle l'est d'autant plus quand elle prend un caractère collectif, qu'elle frappe des symboles ou des quidams.
J'avais donc plus ou moins décidé de rester muet sur ces événements, qui ne sont les effets ni d'une stratégie, ni d'une morale, ni d'une idéologie. La somme d'inepties et d'ignorances que je lis cependant, sur eux et sur ce pays en général, m'oblige quand même à en dire un mot de révolte.
Je lis, par exemple, dans le Figaro pour ne citer que lui, que Kaczyński représentait la Pologne profonde....
Et que représentent donc en France - le pays que je connais le moins mal - Sarkozy, Royal, Bayrou, Cohn Bendit, Le Pen, les plus chéris du suffrage universel de la donneuse de leçons ?
La France des Lumières peut-être ?
Que Kaczyński ait été un président réactionnaire, obscur dans sa tête et qu'il ait donné à l'extérieur une image peu reluisante de la Pologne, personne ne vous a attendus, surtout ici, pour le savoir...Chirac ne donnait pas non plus de la patrie de Voltaire et de Rimbaud une image des plus futées....
La Pologne profonde, je la connais un peu.
En son sein sont des hommes et des femmes qui ne sont ni homophobes, ni nationalistes, ni partisans de la peine de mort, ni grenouilles de bénitier, ni brutaux, ni actionnaires de Radio Marya.
Bref, avant de noyer un pays dans une potion gluante et globale, pensez un peu, messieurs-dames du journalisme de masse, que si la Pologne existe enfin, c'est qu'il y a des Polonais qui n'entrent pas dans vos tiroirs de folliculaires.
Commencez donc par balayer devant votre porte.
Ça devrait vous occuper un moment...
Photo Wikipédia : Maria Skłodowska (Marie Curie)
10:31 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : littérature |
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