21.11.2008
De la radicalisation du pouvoir
Photo AFP

J'en reste pantois. Amer, fondamentalement écoeuré...
Les temps sont venus où le pouvoir euphorique ne connaît donc plus les limites qu'impose la décence démocratique et citoyenne.
Les matins bruns sont bien là et les jours s'annoncent difficiles.
Il faut absolument lire ici.
Un amical salut à Olivier Ertzscheid - que je ne connais pas - d'avoir passé le relais.
Afin que les flics de la surveille ne perdent pas trop leur temps en vaines élucubrations et ne gaspillent pas outre mesure et à leur sale besogne les deniers du contribuable, je déclare ne pas être un leader d'opinion, n'avoir aucun étudiant où élève sous ma tutelle intellectuelle et n'avoir que très peu de goût pour la constitution de réseaux, considérant que les rebellions les moins organisées sont les plus explosives et ont une chance supplémentaire d'échapper à la frénésie paranoiaque de vos chiens de meute.
En plus, j'habite pas en France...
Blogueurs à vos claviers citoyens ! Qu'ils en chopent le tournis !
11:14 Publié dans Critique et contestation | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : littérature |
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19.11.2008
Considérations non intempestives (5)
1 - Les pommes sont les fruits de la discorde, les poires ceux de l’ordre libéral.
2 - Les seuls gens avec lesquels je ne me suis jamais disputé sont ceux à qui je n’ai jamais adressé la parole, ni même le moindre écrit. Ces derniers étant de très loin les plus nombreux, j’en déduis que je dois avoir un très bon caractère. Ce dont je me félicite.
3 - La fourberie consiste à ne dire vraiment ce qu’on pense que lorsqu’on ne pense vraiment rien.
4 - Par association d’idées : Ségolène Royal a des ambitions à sa hauteur. Elle mesure 1m 60 à tout casser.
5 - Par association d’idées encore : Ségolène Royal s’est félicitée de la réincarcération de Jean Marc Rouillan qui vient pourtant de subir 22 années d’incarcération dans les geôles de cette République à la sauce Carla Bruni. Emus jusqu’aux larmes par tant de clairvoyance et d’humanité, les militants s’apprêtent à lui donner le guidon.
Et moi j’voudrais tous les voir crever, étouffés par la bêtise et la méchanceté.
6 - Par association d’idées toujours : Sarkozy est un goujat. Pas une lettre de remerciements à Ségolène Royal après tout ce qu’elle fait pour lui. Du dévouement qui frise l’abnégation pourtant.
7 - Des nouvelles enfin humaines et rassurantes sur le front de la crise financière : Strauss Khan a sauté, en levrette et en chaussettes paraît-il, une soubrette du FMI. Les contribuables espèrent de tout cœur que l’orgasme fut lumineux et s’en retournent à leur occupation favorite : renflouer les banques.
8 - Des nouvelles aussi de l’Ossétie du Sud. Les chars russes sont restés bloqués sur son territoire. Panne d’essence explique Sarkozy, Président de l’Europe.
9 - Un écrivain qui s'ennuie peut-il écrire autre chose que des choses ennuyeuses ?
10 - N'ayant plus rien à faire en France sinon refuser ostensiblement de saluer la dernière des premières dames, Simone Veil vient de décorer en Pologne "les femmes entreprenantes." Outre que l'adjectif-gérondif prête à risible confusion et serait de nature à mettre en doute l'intégrité morale des décorées, je crains le pire pour l'avenir de la Pologne si elle venait à tomber aux mains desdites femmes.
11 - Pris au piège de leur étymologie, les philosophes avouent enfin : Nous sommes des pervers, des déviants et des délinquants sexuels. Car comment, sinon, aimer la vérité ? Il n’y a en effet pas plus lâche, pas plus bas, pas plus trivial, pas plus mesquin et pas plus monstrueux que la vérité d’une âme humaine.
12 - Je le sais mieux aussi bien que vous : j'en ai une.
08:54 Publié dans Considérations non intempestives | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : littérature |
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17.11.2008
Pierwsza Zima w Polsce
En septembre, l’air était presque bleu déjà. Les matins brumeux frissonnaient et les grands bohémiens du ciel des étés moribonds, en chemin inverse du mien, s’enfuyaient à tire-d’aile, quittant la place alors que j’y venais.
Les oiseaux, eux, ils connaissent la terre.
Ils savent lire le soleil et le sens dans lequel il faut tourner.
Octobre avait embrasé la forêt et novembre une à une éteint ses lumières.
Tout petits, des flocons égarés avaient batifolé de-ci, de-là, timidement, comme des éclaireurs et sans jamais toucher le sol. Ils avaient saupoudré les toits et ils étaient repartis très vite vers le ciel.
J’avais dit que c’était déjà l’hiver.
On m’avait étrangement souri.
Puis le vent s’était levé. Un vent sec qui sentait comme la désolation de steppes lointaines. La terre s’était durcie sous sa morsure et par milliers cette fois-ci, les flocons étaient revenus à l'assaut. Chaque jour. Le souffle rageur venu de l’est devant lui les poussait.
Ils avaient tout étouffé de blanc. Des routes où je m’étais perdu, des chemins sur lesquels j’avais marché jusqu'aux genoux, des champs, des forêts et les lacs que j’avais embrassés de mon regard inquiet.
Les rivières s’étaient arrêtées.
Décembre s’était endormi sous cette couette duveteuse, paisiblement, bien au chaud, vers moins dix degrés, parfois moins quatorze.
J’avais dit que c’était un grand hiver et que chez moi le journal de vingt heures aurait déjà sonné le tocsin.
Les médias océaniques sont toujours pris de logorrhées nerveuses quand il fait froid, surtout si c’est l’hiver. S’il fait trop chaud l’été, ils s’emballent aussi. Il n’y a guère qu’au printemps, quand il ne fait strictement rien du tout, qu’ils ne s’alarment pas du temps qu’il fait. Ils ont souvent raison chez moi. Ils savent que l’évidence climatique nourrit le chroniqueur.
On avait beaucoup ri. A moins dix, m’avait-t-on dit, goguenards, c’est encore l’automne. J’avais bien ri…
Jaune, je crois.
Janvier sans crier gare avait alors pétrifié le monde. Même les bruits avaient soudain cessé de remuer.
A moins vingt, je m’étais demandé comment j’allais faire pour respirer.
A moins vingt cinq, les poils de mon appendice nasal avaient gelé et j’avais pensé que c’était foutu, que c’était même plus la peine d’essayer de respirer.
A moins trente, je m’étais dicrètement inquiété, l’air de rien, s’il y avait un SAMU dans le coin, pas trop loin.
A moins trente deux, je m’étais dit merde, j’ai oublié de déserrer le frein à main, je m’étais allongé et je m’étais demandé si j’avais bien fait d’être agnostique toute ma vie.
On s’était esclaffé sans retenue aucune. D’accord, d'accord, il faisait froid, mais enfin, c’était l’hiver, non ?…
Je m’étais esclaffé aussi, enfin, un peu…Un tout petit peu…Je ne suis pas même certain que l’on m’ait entendu...
La température était brusquement remontée en février. De 24 degrés.
J’avais eu presque chaud. J’avais ressorti mes tee-shirts et j’avais eu envie d’une violette posée sur la barbe verte d’un talus solitaire.
Bon, me direz-vous, tu t’en es tiré, mais il faisait encore moins huit !
Et alors, c’était le printemps, non ?
« Elle n‘est pas belle, la Terre ? Les hommes ont tort qui prétendent la connaître, la terre. Vraiment, » que j’avais écrit à mon ami, un musicien, guitariste, resté sur les sables blancs de Charente-Maritime, à regarder en face de lui l’île de Ré, la Blanche.
14:54 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : littérature |
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