07.11.2013
Le mythe décisif
Albert Camus aurait eu cent ans aujourd’hui même.
Cet anniversaire fictif m’inspire cette pensée apparemment absurde et tout à fait personnelle :
L’esprit humain patauge dans l’erreur et la confusion parce que depuis des siècles et des siècles les hommes qui croient en dieu et l'honorent le font d’aussi grotesque façon que ceux qui le rejettent et le conspuent.

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04.11.2013
L'éducateur éduqué
Elle dit comme ça, en refermant son cahier :
- On a fini les chapitres sur la Préhistoire. Lundi, on va commencer à étudier l’Antiquité.
Ça m’intéresse, ça. Je suis tout ouïe.
- Et qu’est-ce qui différencie les deux périodes ?
- L’art.
Je hoche dubitativement du chef en pinçant le bec, un peu à la manière sérieuse et suffisante du professeur qui engage l'élève à développer son propos :
- J’aurais dit l’écriture, plutôt...
- Pffft ! C’est parce que tu écris, qu’elle moque.
- Pas du tout. Car dis-donc, on ne vous a pas parlé de Lascaux au cours de tes leçons sur la Préhistoire ?
- Si. De Lascaux et des grottes d’Altamira en Espagne. Du Mexique aussi.
- Et ce n’était pas de l’art, ça ?
- Pas vraiment.
J'ouvre des yeux scandalisés.
Ce que voyant, elle enfonce joliment le clou.
- Parce que ce n'est qu'à partir de l’Antiquité que les hommes ont commencé à faire consciemment, volontairement, de l’art. C’est comme ça qu’on sépare la Préhistoire de l’Antiquité.
- Ah bon ?
- Dans la Préhistoire, les hommes n’avaient pas conscience d’être des artistes. C’est nous, de très loin, qui appelons cela de l’art, mais pour eux, ça n’en était pas. Ils faisaient ça pour autre chose. Regarde Lascaux, justement : que des animaux. De la nourriture, quoi.
- Et l‘art c’est quoi, alors ?
- C’est faire de l’art pour le plaisir et la beauté de l’art.
Je réfléchis. Ce n’est pas bête du tout, ça…
Et je me demande tout à coup si je n’ai pas un début de réponse à une question qui me turlupine depuis toujours. Comment des hommes qui n’avaient pas de liens entre eux, qui n’étaient fédérés ni par un langage, ni par une religion, ni par un Etat, ni par une idéologie, ni par une autorité quelconque, pouvaient-ils peindre à peu près les mêmes choses, en Dordogne, au Mexique et en Espagne ?
Parce qu’ils étaient fédérés par la nécessité primaire ? Par le langage de la survie ? Par les exigences universelles du ventre ?
C’est toute la définition de l‘art que remet en cause ce satané cahier d’histoire !
L'art, ce serait d'abord une intention.
Dira-t-on, par exemple, dans quelque 20 000 ans - s’il est encore debout - que le viaduc de Millau qui enjambe la vallée du Tarn, c’était de l’art ?
Alors qu‘il s’agissait de faire circuler plus rapidement les marchandises entre Clermont-Ferrand et Béziers.
Un investissement. Ni plus, ni moins.
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