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26.01.2012

Solitudes d'abord

littératureLa brume est blanche et meurt figée aux noirs moignons des arbres.
Dernière extrémité sauvage qui se penche sur le vide
tel que sur un miroir.
Au-dessus, l'azur n'existe plus. Il est rêve incertain. L'azur est translucide, bleu et rose, mais bleu et rose diaphanes, tel un tissu onirique, telle une pensée inachevée et qui lutterait avec du néant...
Mes yeux ont faim d'un monde nouveau ; yeux qui ont froid, qui s'accrochent plus loin, qui ont déjà vu cette colère de la mort et cette inquiétude des horizons glacés.
Voir plus loin que la glace des horizons.
Qu'est-ce là bas sur le coin des champs qui s'émeut ?  Mais qu'est-ce donc ? Me le direz-vous enfin ? Un mirage humain ? Oui, ça doit être un mirage humain. C'est assez sombre et vague pour être un mirage humain. C'est toujours sombre, les mirages humains. C'est toujours nu aussi, avec un sexe de deux façons, mais aux balbutiements
universels tendus vers un absolu dérisoire.
Les yeux verront. C'est leur savoir de voir... Et le mirage n'était que fumée de charbon. Des hommes brandissent au bout de leurs faisceaux incandescents des boulets rouges pour réchauffer l'azur, faire reculer un peu les spectres qui hantent leur avenir transi. Des spectres humanistes que seul le feu peut renvoyer aux territoires des ombres. Les humanistes sont les premiers adversaires des hommes nus. Ils ne bredouillent qu'aux chaudes saisons. Ils bredouillent de l'insignifiance, de la gratuité. Les humanistes sont les amis des hommes quand nul n'a besoin de leur humanité.
Les autres, les hommes seuls et debout, soufflent sur l'azur et le font translucide.
Marcher.
Enjamber les glaces et les neiges, ne pas tomber
surtout et vaincre la forêt. C'est dans ses entrailles touffues, que rôdent la vraie mort et ses séductions malignes. La forêt est un temple où les ténèbres sont autels. La plainte de la plaine sous les pas gelés, solidifiés par des couteaux tombés du ciel, ne pas l'écouter. Contourner la forêt.
Je suis certain d'avoir entendu la lune frigorifiée comme une épée qui se balançait au dessus de ma tête.

13:22 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

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