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vendredi, 15 février 2008
Grand père
De mon grand père, j'ai lu les témoignages insignifiants d’une des plus grandes tueries que l’humanité ne se soit jamais offerte.Mais peut-être le pépé alors tout gamin aimait-il simplement écrire, des choses vénielles, des petites anecdotes superficielles, pour le plaisir d’écrire et de promener sa plume sur une page.
Je mesurai le schisme abyssal qui sépare la monstruosité de l’histoire de ses propres acteurs et témoins. Je rendis les lettres, décontenancé. J’aimais mieux écouter mon instituteur et suivre le bout de sa grosse règle de bois, qui décrivait sur la carte hexagonale, en haut à droite, les endroits où des hommes comme mon grand-père s’étaient éventrés sans retenue.
Les grands drames sont ainsi faits que c’est toujours ceux qui ne les ont pas vécus qui en parlent le mieux. Mais il est vrai aussi que raconter la guerre, cela fait partie de l’art d’être un instituteur. On peut relater d’indicibles atrocités sur la même partition que celle des bijoux, des cailloux et des hiboux ou sur celle, tout aussi guillerette, de la table de sept.
Mon grand-père, lui, ce n’était pas son métier de faire la guerre, personne ne lui avait appris comment on faisait la guerre, comment on tuait des hommes et surtout pourquoi.
Le comble, nous raconta ma mère un soir de vague à l’âme et de mélancolie, c’est que tout son village, un village de femmes et de vieillards, des anciens de Sedan, chacun et chacune ayant un disparu à pleurer, martela pendant des années et des années qu’il avait eu de la chance.
15:43 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : litterature
Quand le pouvoir goupille avec le goupillon
"Et jamais je n'ai dit que l'instituteur était inférieur au curé, au rabbin ou à l'imam pour transmettre des valeurs. Mais ce dont ils témoignent n'est tout simplement pas la même chose. Le premier témoigne d'une morale laïque, faite d'honnêteté, de tolérance, de respect. Que ne dirait-on pas d'ailleurs si l'instituteur s'autorisait à témoigner d'une morale religieuse ? Le second témoigne d'une transcendance dont la crédibilité est d'autant plus forte qu'elle se décline dans une certaine radicalité de vie.."
Voyons voir.....L'honnêteté, la tolérance et le respect ne sont pas des valeurs transcendantes ?
Bon, d'accord, mais - excusez-moi d'être emmerdant, Monsieur - le laic, lui, dont la vie n'est point radicale, sa crédibilité est donc moindre ?
Et vous, vous êtes catho, je crois...Je veux dire, "je pense"...Parce qu'avec vous, le verbe "croire" on sait pas où ça peut mener...
Alors, donc, vous êtes catho ? Attention à votre radicalité de vie alors . Vous vous dirigez tout droit en enfer, diantre !
2- A Rome, transcendé sans doute par la proximité de célestes chuchotements, le premier cardinal de France - toujours sans le génie politique - avait déclaré :
"Dans la transmission et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur"
Ca, c'est bien vrai.
Parce que l'instituteur, il arrive - pas souvent mais ça arrive des fois - qu'il soit de gauche. Et ça, c'est très, très mal....
Mais vous devriez quand même, au moins une petite fois, lire Nietzsche : " Ce qui est fait par amour est toujours fait par-delà le bien et le mal..." Vous verrez, ça se lit assez facilement. Si c'est bien traduit, bien sûr.
3- Et puis, se lâchant complètement, le cardinal avait assèné d'éblouissantes contre-vérités, parmi lesquelles une perle à vous couper le souffle :
"Le drame du XXème siècle n'est pas né d'un excès de l'idée de Dieu, mais de sa redoutable absence."
Parce que s'il y avait eu excès, il n'y aurait pas eu de drames ? Relisez l'histoire, Monsieur, et tenez cette fois-ci votre livre dans le bon sens, bon sang d'bon sang!
Et puis, Monsieur le Président de la raie publique, (pas le poisson comme chez Bobby Lapointe, mais l'indicible raie), je n'ai pas remarqué, distrait que je suis, que Dieu s'était beaucoup absenté ...
Vous avez parlé aussi des Nazis qui avaient voulu créer un monde sans Dieu ? Savez-vous seulement que la boucle de leur ceinturon portait l'inscription : " GOTT MIT UNS " ?
ATTENTION ! Ce qui n'assimile en rien les religieux aux Nazis, (parenthèse prudente au cas où l'un de vos chiens de garde ensoutané me lirait et vous conseillerait de porter plainte.) Ca se fait beaucoup en ce moment, de porter plainte, dans votre radical entourage.
Allez, je vais me coucher, tenez, et je me demande si je dois rire, pleurer de dépit ou bouffer mon chapeau devant tant de confusionnisme intéressé et face à l'irresponsabilité des 53 pour cent de gaulois crétins qui vous ont donné l'micro !
15:20 Publié dans Critique et contestation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : litterature
vendredi, 08 février 2008
C'est le réglement !
Un bus de 50 places où s'entassaient 80 marmots, assis, debout, couchés.......
Il s'est trouvé une place de sardine contre la porte qui tremblait de froid.
Il ne s'est réveillé vraiment qu'au son de la voix de la maîtresse qui enseignait le respect des règles qui président au bon fonctionnement de l'école.
L'enfant a cligné des yeux...

12:32 Publié dans Critique et contestation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : litterature
vendredi, 01 février 2008
Scandale sur un titre
Comme j’ai aimé ces concerts. ! Nous sommes venus deux années de suite.
Puis nous entrions. Les vitres ruisselaient de buée. Nous serrions des mains et nous nous préparions à jouer.
Ce soir-là, un petit gars un peu bedonnant, la mine poupine et le cheveu bien cranté, est venu nous saluer et nous présenter sa jolie petite femme. Il devait l’aimer, sa femme, parce que tout de suite il s’est mis à faire le fanfaron avec « les artistes ».
- Ah, quel plaisir ! On va entendre du Brassens ! J’les connais toutes. Toutes ! Ca fait quarante ans que j’l’écoute, moi, le gars Brassens …
Sa petite femme acquiesçait et buvait des yeux son petit bonhomme de mari au ventre discrètement replet.
Dominique est alors subitement monté sur la scène, il a récupéré sa grosse bible, les œuvres complètes, il a ouvert l’ouvrage vers la fin puis, étalant le livre sous le nez du couple médusé, à la page « S’faire enculer » :
- Et celle-là, vous la connaissez ?
La petite dame a rougi jusqu’aux deux oreilles, qu’elle avait d’ailleurs joliment duveteuses, mais elle a ri en même temps. D’un petit rire polisson, à peine étouffé.
Le petit ventre a froncé les sourcils, il a fait semblant de regarder la partition d'un air savant sans s’attacher au titre et, grand seigneur :
- Non, celle-là, j’la connais pas.
Pas méchant pour un sou, Dominique. Un taquin.
Je l’ai vu après, au cours d'une pause, prendre un pot avec ce couple sympathique.
13:45 Publié dans Brassens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : litterature


