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06.05.2017

La fin de la politique

politique,écritureDepuis quelques années déjà une chose me turlupinait et me mettait même parfois mal à l’aise.
Pour dérangeant que cela puisse en effet paraître j’étais bien forcé d'admettre qu'il existe de fortes similitudes entre ce qu'on appelle l’extrême droite et l’extrême gauche.
La raison en est évidente puisque ces deux tranches de l’échiquier idéologique ont - dans le discours tout du moins -  un ennemi commun, soit le libéralisme mondialisé.
Celui-ci en effet fait l’unanimité contre lui par son iniquité, son nivellement des consciences sur les valeurs de l’argent, la suprématie accordée à la haute finance et aux sacro-saints marchés présentés comme les clefs de la croissance, de l’emploi et, in fine, du bonheur, la magouille légalisée à grande échelle et le saccage éhonté de la planète.
Il n’a cependant rien à braire des critiques politiques, tous les aspects, moraux et intellectuels, de la vie des individus ayant été depuis longtemps colonisés par son idéologie pragmatique, du berceau jusqu’au cercueil.

Pour ce qui nous concerne géo-politiquement parlant, ce libéralisme a aussi un cadre, un nom, un cheval de bataille, aussi bien identifié pour «l’extrême droite» de Le Pen que pour «l‘extrême gauche» de Mélenchon : l’Europe.
L’Europe, servante appliquée des Etats-Unis et qu’on se propose de réorienter savamment vers l’incontestable humanisme de Vladimir Poutine…
Les « programmes » sont donc à peu près les mêmes pour ces faux extrêmes mais on ne va pas ici entrer dans le détail, car ça fait des mois, voire des années, qu’on vous en rebat les oreilles de leur « programme commun » à la con.
Similitudes, donc, disions nous.

Mais Marine Le Pen a enfin clarifié les choses, bien malgré elle sans doute, lors de son face à face avec le libéral Macron…  Sa gouaille "de vendeuse de poissons", ses ricanements de bécasse grossière, sa méchanceté suintant sous chaque mot prononcé, ses insinuations, ses manœuvres en-dessous de la ceinture, ses manipulations langagières, son ignorance des sujets dont elle avait à débattre, ses mensonges assénés comme autant d‘incontournables vérités, sa bêtise toute contente d'elle-même, ses approximations et ses raccourcis abrutissants, tout ça appartient bel et bien à l’extrême droite et même qu’à l’extrême droite ! C’est sa marque de fabrique, reconnaissable partout dans le monde et partout dans l’histoire, de Mussolini à Staline en passant par tous les autres.
Je ne suis pas du tout mélenchoniste. Pas pour un sou. Mais j’affirme ici que vous n’entendrez jamais Mélenchon user de procédés aussi abjects face à un adversaire, quel qu'il soit.
Elle est là, la différence. Fondamentale. Et ce n'est pas qu'une différence de forme. Le contenu commande le procédé.
L’intelligence et la "chance"de Macron, sur le point d’être consacré au pinacle, est sans doute d‘avoir été au bon endroit au bon moment  et d'avoir compris avant tout le monde que la fin de la politique avait été sifflée au profit, soit de la gestion, soit de l'affrontement violent, tout comme la fin de l’idée au profit de la contingence, de fait ou fabriquée…
Mais, sur le chemin que lui ont tracé ceux qui  ont besoin de sa représentation pour faire perdurer le monde en l’état, il faut qu’il s’attende à marcher de temps en temps, souvent même, sur les cadavres en putréfaction de la vieille pensée politique des XIXe et XXe siècles.
Comme ce fut le cas au cours de cette lamentable confrontation.

 

17:54 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : politique, écriture |  Facebook | Bertrand REDONNET

Commentaires

Je ne pense pas qu'il y ait de similitudes entre les extrêmes politiques. L'extrême-droite n'est pas contre la finance mondialisée, au contraire. L'extrême-droite est raciste, xénophobe. C'est, comme tu le dis, sa marque de fabrique.

Quant à la fin de la politique, on peut dire qu'on y est. Sa collusion avec la finance est maintenant au grand jour. Un bloc politique, (une classe élitaire, je ne sais pas comment il faut dire ça) détient tout. Elle est loin l'idée d'une VIe République.
Mais il y a un 3e tour avec les législatives. Pas question de baisser les bras. Cessons d'attendre un homme providentiel, soyons des millions à dire NON.

Écrit par : Michèle | 17.05.2017

Chère Michèle,

Je ne suis même pas certain de ce 3eme tour puisqu'il devrait, sauf surprise énoooorme, repasser les plats à ceux qui sont déjà servis...

Écrit par : Bertrand | 17.05.2017

La balle est dans le camp des boiteux que nous sommes... Mais il y a un tel asservissement, une telle addiction à la consommation bête et méchante (pour ceux qui ont encore quelques sous) que je ne suis pas sûre qu'on soit foutu de secouer le joug...
Tu as sans doute raison mon cher Bertrand. J'm'en va quand même à la votation le jour dit (avant, campagne et meetings :)

Écrit par : Michèle | 17.05.2017

La confusion règne et la victoire - bien éphémère et bien dérisoire - appartient à ceux et celles qui savent vendre cette confusion comme autant de clarté jetée sur le vieux monde...
Michelet - tiens, tiens, ça ressemble à Michèle:)) - parle de la souffrance et de la bêtise des époques quand elles sont déjà mortes mais se refusent à quitter la scène. Il parle de l'époque de Louis XI, où le moyen-âge est mort depuis longtemps mais est toujours là, comme un lourd cadavre pesant sur les moeurs et sur les gens et sur a politique, jusqu'à la renaissance.
C'est là que nous sommes. Sur du vieux bois mort, pourri, mais qui refuse de disparaître complètement.
Nous sommes en pleine scolastique où l'esprit divague, démontre des âneries, s'échine sur des absurdités et cherche à prouver des évidences.

Écrit par : Bertrand | 17.05.2017

Très bonne analyse Bertrand sur la fin de la politique. La fin d'un monde, la fin des idéologies.
Qu'en sortira-t-il ?
Nul ne peut le dire...
Pour ma part je ne peux m'empêcher d'avoir une grande curiosité vis-à-vis de ce qui va se produire.

Écrit par : Rosa | 20.05.2017

Bonsoir Rosa,

Cela fait plaisir car ça faisait une paille que vous ne vous étiez manifestée sur "L'Exil des mots".
Ce qui va se produire ? A mon avis, rien du tout, comme d'hab. Entre les béats et les alarmistes, garder raison consiste à dire : Rien à signaler, au suivant !
Bien à Vous

Écrit par : Bertrand | 21.05.2017

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