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20.09.2016

Justice et justiciables

857804-prodlibe-portrait.jpgPiégé par un journaliste, Jean Marc Rouillan a écopé d’un an de prison ferme après avoir passé 25 ans de sa vie dans les geôles de l’État de droit !
Un an de plus pour un mot malheureux, dont il s’est expliqué et qu’il a qualifié  lui-même de « pas très malin.»
Mais dans un monde inversé, le mot coûte plus cher que la chose, l’allusion est plus punissable que le fait.
Cahuzac, lui, n’a rien dit de mal. Et l’État lui en sait gré. Il n’a commis que quelques broutilles, un misérable voleur de poules !
Pensez donc : il a détourné des millions, menti, volé, escroqué et, en plus, il avait pour haute charge ministérielle de poursuivre les fraudeurs. Il était le premier flic de France en matière de fraude fiscale.
L’État de droit, reconnaissant en lui un de ses frères, a demandé trois ans, du bout des lèvres.
Trois ans qu’il ne fera pas, soyez-en certains. Appel, cour de cassation pour vice de forme et autres subtilités ; et même si, par mégarde, il devait assumer sa condamnation, il ferait tout au plus un an et demi, remise de peine, bonne conduite, repentir et balablabla…
Rouillan eût-il ainsi accumulé des millions à la barbe du fisc qu'il aurait pris vingt ans ! C'est sûr...

Qui se sent donc aujourd’hui si peu de respect pour lui-même au point de respecter un tel État et sa justice indépendante ?
Indépendante de l’idée que tout honnête homme doit se faire de la justice, oui, là, on est bien d’accord.

09:47 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : politique, écriture, justice |  Facebook | Bertrand REDONNET

Commentaires

« Piégé », vraiment ?

Écrit par : Le Tenancier | 21.09.2016

Vaillant Tenancier, salut à Vous !

"Piégé" sous-entend le plus souvent, effectivement, une intention volontaire, la préméditation d'un guet-apens, en un mot comme en cent, une ruse de salopard...
Mais on peut être piégé - cela vous est certainement arrivé comme ça m'est arrivé - par la bêtise, l'imprudence ou l'inconséquence.
JMR a été piégé par quelqu'un qui n'a pas mesuré ce qu'il lui faisait encourir en transcrivant son propos, qui n'a pas eu l'intelligence de passer outre comme on le fait toujours pour un propos annexe.
Pas d'accord ?

Écrit par : bertrand | 21.09.2016

Ne le prenez pas mal, Bertrand, mais quand on se déclare "piégé" par une émission de radio et lorsque l'on on possède un certain kilométrage en matière de dialectique révolutionnaire, cela ne signifie qu'une chose pour l'honneur de l'impétrant : il est gâteux. Certes, je ne suis pas non plus adepte de l'emprisonnement. Mais il serait bien alors que l'avant-garde éclairée du prolétariat la mette un peu en veilleuse.
Quant à reprocher aux animateurs de l'avoir "mouillé" en retranscrivant ses propos, je me permets quelques secondes de stupeur. Que je sache une émission de radio n'est pas un bulletin confidentiel. Transcription ou pas, des propos ont été tenus. Libre à tous, ensuite d'y adhérer. D'ailleurs la question n'a pas l'air de se poser à cet endroit mais bel et bien dans le fait que cela a été commis à "l'insu de son plein gré". Ce serait drôle s'il n'y avait une incarcération au bout. Et question "mouiller" quelqu'un, il faut se poser la question des personnes encore impliquées par les propos de Rouillan. Je me demande ce que pensent ses anciens compagnons de route de l'épisode...
On ne vas pas se fâcher pour ça, mon cher Bertrand, mais pas plus que je n'ai été tenté idéologiquement par AD, comme quelques compagnons dans les années 80, je m'impliquerai plus avant dans un sens ou un autre sur cela. Votre billet m'intriguait simplement parce qu'il faisait part soit d'une naïveté étonnante, soit d'un gâtisme, soit d'un calcul pervers de la part de Rouillan. Je parlais d'honneur tout à l'heure à propos de son gâtisme. Peut-être ne s'agit-il ni de l'un ni de l'autre.

Écrit par : Le Tenancier | 21.09.2016

Bien sûr que nous n’allons pas nous fâcher pour cela, cher tenancier. Mais le fait que vous y fassiez allusion par deux fois me porte à penser que vous êtes quelque peu énervé :))
Ce que je serai le premier à ne pas vous reprocher.
Soyons donc clairs :
- Je n’ai jamais dit et je ne dirai jamais que les propos reprochés à Jean Marc Rouillan sont anodins. J’ai dit et je maintiens : ils ne sont que des propos. Stupides, certes, mais des propos. Si on devait emprisonner tous les gens qui disent des conneries, il ne resterait plus grand monde en liberté pour les écouter.
- Je ne dirai jamais que tuer des gens, même mes pires ennemis, est un acte courageux parce que donner volontairement la mort est d’abord un acte dégoûtant. C’est peut-être même l’acte le plus lâche qu’un homme puisse commettre.
- Vous voyez donc, si besoin en était, que je n’ai jamais adhéré à cette forme de « violence révolutionnaire » mise en pratique par AD dans les années 80.
Mon propos était autant centré sur Rouillan que sur Cahuzac, les deux délits confrontés mettant en scène une disproportion des peines demandées, l’une extrapolée, l’autre très indulgente.
Si je devais reprendre une vieille formule usée jusqu’à la corde, je dirais tout simplement : justice de classe.
C’est cela qui me fout les nerfs, le reste, pour tout vous dire franchement, je m’en bats un peu les couilles.
Je remets aujourd’hui en ligne, grâce à Vous, ou à cause de Vous que j’aime bien, un vieux texte « La violence historique ».
Vous l’avez déjà lu. Mais j’ai envie de le remettre afin qu’aucune confusion ne perdure.
Bien à Vous.

Écrit par : bertrand | 22.09.2016

Mon cher Bertrand,

On est jamais plus près de l'engueulade que lorsque l'on est proche au point de vue des idées. Comme nous avons vous et moi la tête près du bonnet, en plus, j'avais toutes les raisons de prendre des précautions.
Je me rends à vos idées, bien sûr. J'ajouterai seulement une objection : s'il est deux poids deux mesures entre un Cahuzac et un Rouillan, cette différence est abyssale entre ces deux-là et le mec enchristé sans comité de soutien, pour un délit de "droit commun". Ce gars-là aurait plus tendance à me préoccuper, en définitive...
Amicalement.

Écrit par : Le Tenancier | 22.09.2016

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