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24.06.2016

Good bye, Mr. Chips !!!

unnamed.jpgMaintenant que le peuple britannique a exprimé sa volonté de sortir de l’Europe, les déclarations sont toutes les mêmes pour ceux qui s’en affligent d’un côté, et toutes les mêmes pour ceux qui s'en réjouissent, de l’autre.
Les premiers font mine d’avoir triste mine ; les seconds font semblant d’exulter et de crier victoire. On se demande bien pourquoi puisqu’on ne leur a strictement rien demandé, et surtout pas leur avis.
Ni aux uns ni aux autres, d’ailleurs.
Il est à remarquer que les souverainistes, les pro-peuples décideurs, ont été les premiers à vouloir s’immiscer dans un débat qui, en vertu de leur loyales et pures morales politiques, ne les concernait absolument pas puisque la question référendaire était posée à  un peuple auquel ils n’appartiennent pas.
Il est aussi à noter le trait tragi-comique de Hollande quand il déclare, main sur le cœur, que la décision britannique est souveraine, alors qu’il a lui-même, avec ses petits copains de droite, participé au viol collectif  du vote de son propre peuple, pourtant signifié sans ambages le 29 mai 2005.
Dont acte pour ces deux mensonges de l’un et l’autre camp. C'est bonnet blanc et blanc bonnet...

La vérité est simple, pourtant, me semble-t-il. Très simple, trop simple pour les valets de la finance et des grands marchés qui nous gouvernent et qui occupent toutes les cases de l’échiquier politique : l’Europe se disloque non pas parce qu’elle est une mauvaise idée, un projet farfelu,  mais parce qu’elle est une idée - la plus grande et la plus lumineuse de l’après-guerre - qui a été bafouée, trahie, foulée aux pieds par tous les susdits valets, du présent comme du passé, et par tous les pleurnicheurs et les grandes gueules de la jubilation d’aujourd’hui.
Surtout en France où ce vote britannique est désormais mis à profit et sert de cheval de bataille - cheval boiteux s’il en est - pour la période électorale qui s’ouvre ! Dans ce pucier désordonné, cacophonique, vieilli, chacun essaie de tirer la couverture à lui, en pensant et disant mieux que les autres, plus justement et plus honnêtement.
L’onde de choc une fois passée, soyez cependant certains que tous ces braves gens se retrousseront les manches pour refaire exactement ce qui a été fait jusqu’alors sur le volet européen, c’est-à-dire qu’ils s’appliqueront à pervertir l’idée des nations et des citoyens européens unis par une histoire commune et par la volonté d’un destin, non pas commun (quelle idiotie !), mais fraternel.
L’Europe est constituée de peuples que l’Histoire a semés et qui ont grandi dans un sillon creusé par elle. Cette Histoire est celle d’une culture à la fois diversifiée parce que dispersée sous différents climats, mais en même temps très fédérative parce qu’elle repose sur un socle commun : l’Histoire de la chrétienté, n’en déplaise aux imbéciles qui confondent culture historique et religion, et vice-versa. N’en déplaise du même coup, donc, à ceux qui moralisent les origines de leur culture en fonction de leur idéologie et prédispositions du présent.
Si l’Europe – qui n’est qu’un concept du charabia politique si elle n’est pas  l’expression d’une volonté des peuples – s’était donc attachée à la sauvegarde de sa culture, de sa mentalité, de ses éléments constitutifs pour faire briller ses identités et pour faire en même temps  le bonheur de ses peuples, elle eût été une belle Europe, pleine de sens.
Le sens initial de son projet.
Mais elle s’est surtout attachée à se mettre à genoux devant les marchés mondiaux et, ce faisant, à intervenir partout où elle n’avait pas compétences pour le faire, dans des mondes différents, autres,  auxquels elle a voulu dicter sa loi, voire les spolier.
Ces mondes meurtris par elle et ses alliés ont alors déferlé sur ses rivages et ce sont eux, par la menace, réelle ou fantasmée, qu’ils brandissent de lui dicter bientôt leurs façons, qui la  font aujourd’hui  se diviser et refuser le destin commun qu’elle s’était promis.
Retour de manivelle qui n’a son origine que dans l’impéritie, la perfidie et les visions à court terme des politiques.

Quant à ceux qui prônent purement et simplement la fin du projet européen au profit de l’identité suprême du pays, prenons bien garde : Ce pays serait alors tellement souverain qu’il nous écraserait de son ridicule absolu.
Surtout vous, nous, la piétaille…

Illustration transmise par l'ami Feuilly

Commentaires

Rien à ajouter...

Écrit par : Michèle | 24.06.2016

En un mot : il manque une Europe culturelle et sociale, qui concernerait vraiment la population.

Écrit par : Feuilly | 25.06.2016

Chère Michèle, le fait est assez rare pour mériter d'être souligné:)))
Ne le prends pas en mauvaise part ; je te taquine....

Feuilly, en un mot, oui, mais quel mot ! Il remplirait des milliers de pages, ce mot !

Écrit par : Bertrand | 25.06.2016

Ah là, tu m'obliges à ajouter :)

Chaque jour qui passe, c'est comme si une colère grandissait en moi. Je ne cesse de sentir cette colère monter. Et je ne sais plus vivre une réunion, un temps de travail, sans cette protestation. Je ne comprends pas pourquoi chacun reste si calme devant tant d'injustice, d'absurdité...

Écrit par : Michèle | 25.06.2016

Le monde va mal et le monde, ce sont d'abord des gens.
Il y a une espèse d'anesthésiant anti-douleur distillé depuis trente ans au moins et qui fonctionne encore... Les réveils seront brutaux, forcément...
Enfin, c'est ce que je pense. Brièvement dit.

Écrit par : Bertrand | 25.06.2016

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