23.01.2010
Les mots de l'écho, l'écho des mots...
Quand on écrit les pieds au chaud, qu’on a le ventre plein, que les lendemains, ma foi, sans être des promesses d’Eldorado, au moins s’envisagent avec l’essentiel de la survie satisfait, on peut se permettre d’être sévère avec le monde.
On peut en interpréter l’adversité. En faire littérature.
On peut même se pencher sur son propre style, le message étant filtré par la réflexion poétique inhérente à tout art.
Couteau émoussé. Dérisoire. Fautif.
Car il est loin, le monde. On peut dès lors le tarabuster tels des enfants qui taquineraient une bête féroce enfermée derrière les barreaux d'une cage de cirque.
Les tourments et les souffrances ne s’offrent à la littérature que lorsqu’ils ont été dépassés, vaincus, et cette littérature n'est en cela, pour moi, qu'une étoile morte qui renvoie encore sa lumière, par le truchement des lois espace/temps/vitesse.
Directement vécu et image transmise sont irrémédiablement antinomiques.
L’écriture n’a pas d’objet sous les feux d’une tempête.
Aux prises avec la brutalité d’un climat et n’ayant pas les moyens matériels de l’affronter, j’essaie de corriger les épreuves de mon livre, écrit dans le calme et la sérénité, sur les climats, leurs intempérances et leurs douceurs, sur les bonheurs ou les âpretés de la machine ronde.
Impossible pour l'heure.
Sujet trop présent, qui colle à la page.
Comme le capitaine d'un navire en perdition et qui se mettrait en devoir d’écrire un sonnet sur la catastrophe.
L’écriture n’est pas un cri du réel...
Elle n'en est que l’écho.
Un écho peut-il renvoyer exactement ce que disait un cri ?
11:30 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : littérature |
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20.01.2010
Un monde de fous au service des fous
Quand Pujadas, le sourire enfariné, ouvre sa poubelle en annonçant : La France sous des températures polaires alors qu'il fait - 4 à Paris, qu'il y a 5 cm de neige par ci par là, il oublie une chose fondamentale, le pauvre bougre : il oublie qu'il est, avec l'enchaînement des individus au même caisson audiovisuel relayé par Internet, en plus, visible et entendu de partout dans le monde. Le jocrisse ne croit peut-être s'adresser qu'aux beaux quartiers de Paris, allez savoir !
Que ce bouffon du pouvoir truque des reportages parlant de l'Iran sur des images de l'Honduras, ma foi, ça finit par passer sans trop de bobo tant la falsification a fait jurisprudence, tous les voyous de la parole spectaculaire de la planète en faisant autant. La stratégie politique de la panique permanente de l'individu et de la démoralisation universelle a maintenant trouvé ses marques et maîtrise parfaitement ses moyens. Les gens n'ont qu'à balancer leur poubelle à la poubelle. Après tout, les tribuns pervers ne sont entendus que par des oreilles complices de les écouter.
Là, pour les effets d'annonce météo, c'est un mail privé qui me le dit, goguenard, et je vérifie....
En Europe centrale, sous la neige et la glace depuis le 15 décembre, où il fait encore en-dessous de moins vingt, où ça va descendre encore, peut-être jusqu'à moins trente ce week-end, où les particuliers sont aux prises avec une lutte quotidienne, harassante, pour se déplacer, chauffer leur maison, envoyer les enfants à l'école, ne pas tomber malades, où les communes, les régions, l'état dépensent des sommes astronomiques pour essayer d'assurer le minimum sur les voies publiques, quand on entend ça, on se demande à quelle communauté on a fait allégeance en entrant dans l'Europe.
On dit que de telles annonces ne peuvent être que l'œuvre d'un fou isolé.
On se trompe lourdement, bien sûr...Pujadas n'est pas un fou isolé. Il est la marionnette, l'employé servile, d'un système qui n'est même plus capable d'annoncer la météo sans dire un mensonge, une énormité, un truc qui se vend, un truc qui fait peur, un truc de misérable comédien.
Bon sang, que la terre, les saisons et tous les paysages seraient beaux à vivre s'il n'y avait le sempiternel tintamarre de tous ces perfides salopards acteurs !
Et le temps passe, inexorable, jusqu'à la fin des horizons. Nous sommes des individus vaincus et nous mourrons dans des agonies de perdants pour avoir passé le plus clair de notre temps à tenter de résister au lieu de nous laisser porter par le bonheur et la chance d'exister.
09:41 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : littérature |
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