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18.03.2010

Classique contemporain

ane.jpgSerais-je un égaré ? Un obsolète ? Un décalé de la lecture ? Un poussiéreux de l'intellect ?  Un lycéen demeuré demeuré demeuré contre vents et marées ?
C'est fort possible, tout ça.
Plaisantes interrogations qui se sont imposées quand, mettant un peu plus de désordre que de coutume dans ma bibliothèque -
en  jetant par endroits et par la fenêtre un regard sur la neige qui recouvre encore les halliers tout près - j'ai fait le constat de ce que j'avais lu, (relu, rassurez-vous, et, concernant certains livres, au moins pour la troisième fois) disons, à peu près, au cours de l'année qui vient de s'écouler.
Oyez plutôt comment ça fleure bon le passéiste :
Michelet et son histoire de la Révolution française, Le Grand Meaulnes, Splendeurs et misères des courtisanes, les Paysans, Lamiel, Manon Lescaut, Colomba, Jacquou le Croquant, Bouvard et Pécuchet, Boule de suif, Madame Bovary....
Je suis à peu près certain que j'en oublie quelques-uns, du même tonneau...
Et puis, évidemment, des visites régulières chez Mallarmé, Villon, Baudelaire, Rimbaud et Maupassant.
Hé ben, me suis-je murmuré, si la chaîne du livre est en crise parce que les gens ne lisent plus assez, tu y es  un peu pour quelque chose, mon bonhomme : Tu ne lis que des morts !
Ce qui peut quand même paraître contradictoire et pas très généreux de la part d'un homme qui  «  vend sa pensée et qui veut être auteur
Mais quel plaisir ! Non pas qu'ils soient morts, ces gens-là, mais de relire tous ces grands livres. Lire pour ce qui concerne «  Lamiel » de Stendhal ( livre inachevé, parfois à l'état d'ébauche), « Jacquou le Croquant »,  qui n'est pas un grand livre, et le volumineux Michelet, qui tient du chef-d’œuvre.
Quel plaisir parce qu'il y a sans doute autant de lectures d'une oeuvre  véritable qu'il y a de saisons dans la vie d'un homme. Ou d'une femme, il va sans dire. Et que sans doute, ces saisons ont besoin comme d'un goût d'éternité.
J'ai même dans la tête de relire, pour la troisième fois, Guerre et paix...Lu d'ici, de la frontière biélorussse, je suis certain que ce sera encore une découverte.

Je me suis tout de même offert quelques heureuses incursions dans le présent... Riches heures de Jean-Louis Kuffer, Stasiuk, son Corbeau blanc et Fado, le premier roman de Stéphane Beau, le Coffret, Atelier 62 de Martine Sonnet, le manuscrit d'un ami du net...Quelques autres aussi, sans doute...
Mais quand même...Quand même...
Trois raisons peut-être à mes épouvantables archaïsmes  : J'ai toujours été plus ou moins classique - un classique révolté, c'est pas facile à porter-, je suis loin des librairies françaises, je suis d'une autre latitude, et, surtout, je lis tous les jours sur le net, de l'excellent, du bon, du passable et du très mauvais.
Et ça, c'est du contemporain en live.

Mais quand même, que je répète.

Parce que j'ai un livre qui sort en librairie jeudi prochain et si tout le monde attend que j'aie passé le clavier à gauche pour le lire...
Bref...

Image d'un contemporain : Philip Seelen

12:16 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

Commentaires

Vous un égaréobsolète ?
C'est comme la fourmi de dix-huit mètres,
ça n'existe pas,
ça n'existe pas.
Et jeudi prochain ton "Géographiques" ?
Ah mais ça, c'est réjouistique.

Tarde l'avoir dans les mains celui-là.

Écrit par : Michèle | 18.03.2010

Joli mot que tu mixes là : un égaréobsolète..Tout de suite ça m'évoque, j'sais pas pourquoi, un rapace exotique, avec des plumes rousses mordorées, un bec jaune, des yeux flamboyants. C'est un égaréobsolète...

J'attends moi-même de recevoir bientôt, ça ne saurait tarder, "le bébé" Géographiques...
Paraît qu'il est beau, m'ont dit ceux qui l'ont vu naître...

Écrit par : Bertrand | 19.03.2010

Ces auteurs sont morts certes, leur corps est enterré mais c'est leur voix qui compte, vous le savez bien. Et c'est aussi ce plaisir sidérant de découvrir que des êtres éloignés dans le temps (mais aussi dans leurs origines : culturelles, sociales,...) nous sont proches qui fait la beauté de la littérature (et de l'art en général). Si vous étiez obsolète, cela signifierait qu'ils le sont eux-mêmes. C'est justement parce que nous ne voulons pas être des égarés que nous poursuivons ce voyage nécessaire vers eux. Voyage immobile et lent, certes, pour une époque "qui bouge et papillonne". Peu importe. J'ai l'habitude de dire que quand je lis Proust, je retourne à la maison. Et la littérature, aussi ancienne soit-elle, ce n'est pas que des mots mais des "endroits", une géographie tout à soi, comme aurait dit Montaigne.
Bien à vous.

Écrit par : nauher | 19.03.2010

"un égaré ? Un obsolète ? Un décalé de la lecture ? Un poussiéreux de l'intellect ? Un lycéen demeuré demeuré demeuré contre vents et marées"...
Oui, oui : c'est bien cela ce que nous sommes, en nos demeures de mots, demeurés...

Écrit par : un ami du net | 19.03.2010

C'est vrai, Nauher, relire ces monuments, c'est retourner vers soi, à la maison...Avant que nos mots ne soient ceux de l'exil...
Mais je vous rassure - si besoin en était - je me plais bien en la compagnie de ces morts-là, et ne me considère point suranné pour autant, en dépit de mes boutades.
Le poète ci-dessus disait en rigolant : "Ceux qui me reprochent mes archaïsmes, sont les mêmes qui courent les brocantes à la recherche des vieilles lampes."

Ami du net : Oui, c'est bien à vous que je faisais allusion....Restons demeurés car c'est bien pour ça, aussi, que nous sommes et demeurons amis.
Amicalement à vous deux

Écrit par : Bertrand | 19.03.2010

Disons plutôt zozobsolète !

Écrit par : stephane | 19.03.2010

Les commentaires sont fermés.