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02.04.2010

Consultations mars

139 visites par jour, 1045 visiteurs uniques dans le mois, 330 pages consultées au quotidien pour, respectivement, 148, 1139 et 358 en février.

Recul de la fréquentation, donc, à n'en pas douter.

Cordialement à tous et toutes.


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08:18 Publié dans Statistiques | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | Bertrand REDONNET

31.03.2010

Erreurs d'aiguillage : attention un bonhomme peut en cacher un autre !

paray-trains_20060426_192350.jpgSi on n'a vraiment rien à faire, mais alors là vraiment rien, que l'après-midi s'étire comme un long et noir corbillard, qu'on s'ennuie terriblement devant son ordinateur, qu'il pleut, qu'il fait froid ou qu'il vente et qu'on ne peut décemment pas batifoler au jardin, qu'on est peut-être fâché avec sa compagne ou son compagnon, que sais-je encore, alors il peut arriver, je dis bien "il peut", qu'on tape sur Google «Bertrand Redonnet.»
Rien de grave là-dedans.
On trouvera alors des mots en leur exil, des commentaires sur tiers-livre ou d'autres sites amis, on trouvera Publie.net, Chez Bonclou, Polska B dzisiaj, Zozo éperdument chômeur, des critiques de ces trois livres, Brassens et son érudition et... tout récemment, Géographiques, la critique de Nauher, mais très loin, très loin.
On en est déjà à la page je ne sais plus combien.

Si, en revanche, comme je l'ai fait - oui, je l'ai fait, misérable Narcisse qui voulais voir si ce « Géographiques » trouvait quelque écho sur des sites que je ne connais pas - on affine sa recherche par « Redonnet Géographiques », là on s'y perd un peu. Normal. Il est un peu tôt.
On trouve quand même Nauher en première page et ça m'a bien fait plaisir.
Soit-dit en passant, il y a un site de vente directe, je ne sais plus lequel, et c'est bien parce que je ne veux point lui faire du tort, qui classe mon livre dans « Dictionnaires, atlas, voyages... »
Glups !
Vont être contents les gens qui vont l'acheter sans lire la quatrième, si ça existe, des gens comme ça.
Toute proportion gardée, ça me rappelle ce film où je n'avais rien compris mais à la séance duquel un ami cinéphile m'avait traîné en me tirant par la manche, à Paris : « L'angoisse du gardien de but avant le penalty ».
Au fur et à mesure que défilaient les images et que lambinait un ésotérique scénario, la salle se vidait avec des brouhahas sourds et des mouvements d'humeur non contrôlés...Il n'y avait pas un traître mot de football dans ce merdier et nous nous sommes retrouvés, mon ami et moi,  à deux dans cette salle !
Mais revenons à nos moutons.
Ce que je voulais dire, c'est qu'avec "Redonnet Géographiques" on trouve surtout ça, et  que ça ne m'a pas fait rigoler du tout, du tout, du tout...
C'est quand même pas de pot, un Bertrand Redonnet qui s'occupe (ou s'occupait ) du trafic de drogue, justement en Pologne !
Et c'est comme ça, ma foi, qu'on ramasse un coup ou une balle perdue...

Donc, pas d'affolement. Je tenais à vous prévenir qu'en 2001, je n'avais pas encore mis les pieds en Pologne...Au cas où, par  un après-midi gris, avec du vent, de la pluie, et une brouille (que j'espère passagère) avec votre compagne ou compagnon, vous auriez cette idée saugrenue et qui ne sert à rien.
Me rappelle quand François Bon, victime d'une fâcheuse homonymie, avait été élu en 2008, photo à l'appui, au Conseil général de Vendée.
Il avait été content, le p'tit père François,  promu en conseiller général  !

Il avait bougonné dur....

Moi, ça m'avait bien fait rire, cette histoire. Parce que François Bon, l'autre, le vrai conseiller général, c'était mon supérieur hiérarchique à Niort. On était devenu des copains et, en venant à parler  de littérature et de François, l'autre, le vrai écrivain,  il m'avait raconté que déjà, attaché culturel à l'ambassade de France en Norvège, une belle dame était venue un jour le féliciter pour son livre. Je ne sais plus lequel.

C'est à lui que j'avais dit un jour : Putain, t'es sympa, t'es pas bête, t'es pas méchant, qu'est-ce que tu fous à droite ?

12:13 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

30.03.2010

Géographiques : critique

Géographiques__.jpg

Une première critique
formulée ici.

Je crois qu'un auteur est content de la critique lorsqu'il reconnaît, sous la plume de l'autre, la lecture de sa lecture du monde.

Merci à vous, Nauher.

12:13 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

29.03.2010

C'était au bord de la Vistule...

PA010114.JPGHier, c’était au bord de la Vistule, j’ai rencontré une femme.
Le fleuve était gris et roulait des flots ombrageux.
Je m’étais assis sur les berges en hauteur et je le voyais en contrebas, très large. Il musardait  sur des plages de sable et des arbres se penchaient qui noyaient leurs bras maigres dans les eaux, entre lui et moi.
Il y avait là des tourbillons d’écume.
Le fleuve préparait son entrée dans Varsovie, à une vingtaine de kilomètres derrière des dunes boisées. Je le regardais qui s'enfuyait et je pensais à la Sirène Sawa, sortie de ses profondeurs pour fonder la ville.

Je n’ai pas  vu arriver la femme.

Elle était assise à mes côtés et, elle aussi,  regardait fixement les mélancolies du fleuve. Peut-être même était-elle là avant moi.
Je n’en sais plus rien à présent. Qui, d’elle ou de moi, avait choisi le premier de venir s’asseoir ici, si loin de tout, au bord de la Vistule ?
Elle tourna lentement son visage vers moi. Je sursautai et poussai un cri.
Car elle était vieille, immensément vieille, en même temps que d’une effroyable beauté. L'éclat d'une intelligence et d'une jeunesse exquises dansait dans ses vieux yeux et le contraste entre la peau telle un palimpseste  mille fois raturé et la jeunesse presque vierge du regard était terrifiant.
Elle souriait aussi. Je n’avais jamais vu de sourire avec autant de sérénité inscrite au bord des lèvres.

- Je t’ai fait peur. Voilà des années et des années que tu cours dans mon sillage et je t'ai fait peur. Fallait pourtant bien que je finisse par venir m’asseoir à tes côtés.

A quoi rêves-tu donc ici, au bord de ce grand fleuve ? Les mots te manquent et tu ne sais dire le monde que par des émotions agitées que semble préfigurer cette eau qui s'enfuit.
Tu ne perds pas ton temps. Les mots qui manquent sont toujours les mots essentiels. Tu ne les ramasseras qu’au bord des fleuves que tu as imaginés, qu’au long des chemins où tu as cru marcher, sur des grèves en furie que tu n'as jamais vues, sous les forêts les plus sombres qui soient et que tu as fuies.
Tu ne les écriras jamais, ces mots. Sitôt cueillis, ils t’échapperont. Tu écriras des mots qui leur ressemblent.  Quand  tu  veux écrire l’homme et son monde, écris d’abord leur absence.
Il faut me croire. Car je suis une vieille créature qui ne vit que par les mots. Mon destin et mon rôle interrogent tous les mots. Mais les mots qui m’interrogent sont morts-nés.
Mes enfants alors se disputent tous le droit de parler en mon nom, parce qu'aucun d'entre eux ne me veut encore adulte. Adulte moi, eux seraient morts.

Car je suis perverse. Tous ceux qui me consacrent leurs mots pensent trouver en moi un refuge d’élection quand c’est moi qui suis nourrie de leur sang. Et je suis éternelle et pourtant meurs souvent. Je meurs chaque fois qu'un poète se prosterne à mes jupes, chaque fois qu'il travestit ses mots et trahit son voyage à seule fin de me plaire.
Je suis vieille. Tu le vois.  Aussi vieille que le premier cri du premier être pensant.
Regarde encore le fleuve et les nuages qui baignent sur son eau. Je suis aussi ces nuages. Tu ne me trouveras que dans un monde reflété.
Il faut, pour parvenir jusqu'à moi, savoir lâcher la proie pour l'ombre.
- Mais qui êtes-vous, madame, pour me tant dire et pour parler ma langue, si loin d'où je viens ?
- Qui je suis ?  Mais je viens de le dire. Ne m’as-tu jamais vue auparavant ? Regarde-moi bien...
- ......
- Oui, peut-être. Il me semble à présent....Quel est ton nom, madame ?
- Les tiens m'appellent Littérature.

 

Texte publié en octobre 2008

12:49 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET