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23.11.2012

451 : " la querelle des modernes et des modernes "

 littérature

Le collectif  susnommé - dont je rappelle plaisamment que le nom n’indique pas le nombre de signataires (qui dépasse les 500), mais fait référence au livre de Ray Bradbury - vient de publier à 2000 exemplaires une brochure de 40 pages, laquelle est également téléchargeable ici, en version PDF.
Il s’agit d’un document de préparation aux journées des 12 et 13 janvier prochains,  à la Parole errante, à Montreuil.
Cette brochure répond aux critiques qui ont été formulées depuis le lancement de l’Appel et sa publication dans le Monde du 12 septembre, avec rectificatif amusé de quelques erreurs commises et propres aux grands médias quand ils relaient un message, ne visant le plus souvent que les noms qui leur sont connus. Histoire de rester en famille peut-être...
Les grands médias ignorent la signification du mot collectif. De ce point de vue là, donc, nihil novi
sub sole.

Je n’ai pas encore lu la totalité du document que j'ai reçu seulement ce matin. Je l'ai néanmoins parcouru en diagonale et j'ai eu ainsi un aperçu des commentaires - tous plus affligeants les uns que les autres - que l’Appel des 451 a pu susciter de-ci de-là et que la brochure a réunis sous le chapitre Pot pourri des commentaires.

Chers lecteurs de L’exil des mots, je vous souhaite bonne lecture de cette brochure. Je vous donnerai la totalité de mon sentiment après ma propre lecture et, le cas échéant, si les objectifs et la stratégie mise en place pour les atteindre sont à mon goût, la nature exact de mon engagement aux côtés du collectif.

Bon week-end à toutes et à tous.

09:46 Publié dans Appel des 451 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

22.11.2012

Rigolade à pas cher

littérature, politiqueJe pense que Copon et Fillé ne sont pas des grands sensibles aux messages historiques : organiser un scrutin le 18 brumaire aurait dû leur inspirer la crainte d’un coup fourré.
Qui ne manqua pas d’arriver.
Mais bon, moi ce que j’en dis c’est que le linge sale se lave en famille, même si là, il s’agirait plutôt d’oripeaux crasseux et qu’il faudra pour arriver au blanc, une grande famille… Au moins jusqu’au troisième degré.

Blague à part, ce qui est quand même déroutant pour l’esprit quand on prend un peu de recul,  - oh, pas beaucoup,  juste un ou deux millimètres ! - c’est de considérer que ce sont ces apôtres-là, à peine plus adultes que des mômes de CM1 et en tout cas beaucoup moins honnêtes que bon nombre de voyous croupissant dans des cellules, qui veulent monter au pinacle, diriger un pays, donner la leçon citoyenne et redresser le tout à coups de lois.
Qu’ils apprennent donc d’abord à redresser le peu de tête qui leur reste. Ça devrait les occuper un moment !
Et là n’est pas le spectacle exclusif des bandits situés sur ma droite ! A Reims en 2008, le champagne n’avait pas coulé à flots non plus et les mêmes tripotages malsains avaient bien eu lieu, semble-t-il,  derrière le sacro-saint rideau des burnes des urnes.
Misère ! Comment ne pas en rire, vieux camarade qui fut mon ami, si nous ne voulons pas avoir à en pleurer ?
En fait, je dis ça comme ça, je semble m’en affliger comme un honnête homme que je ne suis pas forcément, mais, dans le fond, ça me réjouit fortement, toute cette dépravation. Ça me réjouit parce que c’est quand même un plaisir - je vous laisse en apprécier la qualité - que de voir des gens qui ne vous inspirent que mépris et colère, se rouler dans la boue comme des gorets dans leur lisier ! Je ne serais pas très à l’’aise avec mon sentiment du monde - un sentiment qui m’est apparu dès lors que j’eus trois poils sous le menton - si ces pourceaux s’avéraient avec le temps être des seigneurs de la probité, des magnanimes, des hommes d'esprit et de bien.
J’en ferais une bobinette ! Obligé de me remettre en cause de fond en comble et je n’ai plus trop le temps de faire ce grand ménage !
Alors, messieurs, continuez donc à vous ébrouer dans la fange et à donner joliment du groin. Pendant ce temps-là, au moins, vous ne ferez pas de grosses bêtises et ne souillerez que vos costumes !
Et puis, je le répète, c’est quand même pour le libertaire, l’alcoolique, le réprouvé, le sans foi ni lieu, un sacré cadeau.
Las ! Las ! Las ! Depuis le temps qu’il y a des hommes et qui vous regardent, peu sont venus pour en tirer la leçon qui s’impose!

12:51 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, politique |  Facebook | Bertrand REDONNET

20.11.2012

La leçon

new-enjoy-english-anglais-5eme-manuel-de-l.jpgC’est la nuit. Une nuit pressée de tomber ; nuit de novembre qui baisse ses rideaux dès quinze heures. Des brouillards silencieux enveloppent le village.
C’est l’heure des leçons.
- Tu me fais réciter mon anglais ?
Je pose mon livre, un peu agacé. Non pas par la gamine, mais par le livre. En mémoire de la forêt, de Charles T. Powers. Agréable à lire, certes, mais traits outrageusement forcés sur la campagne polonaise, communiste et forcément
alcoolique. Presque du Zola. Quelques inepties aussi, comme ce gars arrêté près de Varsovie avec du porc clandestinement abattu dans le coffre de sa voiture. Arrêté sur l’autoroute, dit le livre. Ouais, dans un pays exsangue qui devait en compter une trentaine de kilomètres, vers Cracovie.
Mais ce n’est pas le sujet. Je vous reparlerai de ce livre que je viens de poser, agacé.

- O.K. C’est quoi au juste?
- Des bouts de phrases qu’il faut savoir traduire.
- Ah ? Curieuse pédagogie, ma foi ! Fais voir…
- Tu me les dis tout haut et je traduis. Il y aura un contrôle demain. Oral.
- Ah ? Bon.  J’y vais : Have you ever played tennis ?
- Est-ce que tu as déjà joué au tennis ?
- Oui, mais faut que tu le dises en polonais.
- Pourquoi donc ?
- Parce que, demain, si tu traduis en français à ta prof, elle va faire la tête. Et je suis poli.
- Mais, à elle, je répondrai en polonais.
- Réponds-moi en polonais, donc, pour être bien dans la situation.
- D’accord.
- I’ve never eaten spinach.
- C’est bête comme tout, ces phrases, tu ne trouves pas ?
- Si, un peu. Mais ça n’est pas le problème. Alors ? I’ve never eaten spinach.
- Je n’ai jamais mangé d’épinards.
- C’est du polonais, ça ?
- Ecoute, j’y arrive pas. Je te traduis en français parce que tu es français ; la prof est polonaise, je lui traduirai en polonais et tout le monde sera content.
- Bon. Comme tu le sens…

C’est exactement ça : comme tu le sens. Sentir la langue de l’autre et s'y couler.
Et la sienne alors, de langue ? Admiratif devant ce jonglage spontané en trois langues de la part d'un enfant.
Savoir sans problème choisir la musique de l’interlocuteur, ça me sidère toujours, moi le bien médiocre linguiste.
 

15:43 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET