30.12.2010
Carte de voeux
Je vous souhaite, à tous et à toutes, une excellente année 2011, c’est-à-dire :
Une année qui serait une sorte de temps mort, une suspension sinon un arrêt total, de la courbe obstinément déclinante des intelligences, sensibilités et honnêtetés humaines,
Une année où vous ne trébucheriez pas, au moins une fois, sur les écueils de la fourberie forcément posés à un moment donné sur votre chemin,
Une année où sombreraient autour de nous les tyrans de la finance, du mensonge et de la magouille. Ceux qui gouvernent nos vies, bien sûr, mais aussi tous ceux qui, chevauchant une contestation aussi mièvre que spectaculaire, se proposent tout bonnement de venir poser leur sale cul sur les trônes vacants,
Une année de gloire à la fraternité non usurpée, à l’amour passion au fond des grands draps blancs et à l’amitié pure et simple, celle dont la main se pose sur votre épaule et vous réchauffe de partout,
Une année de mise en échec de la stratégie globale de la peur et de l’angoisse par une volonté de vivre aussi primaire qu’efficace,
Une année où des pièces essentielles de votre puzzle seraient retrouvées.
Je vous souhaite tout ça, vraiment - je me le souhaite d’ailleurs à moi-même depuis un demi-siècle - mais ne vous faites pas trop d’illusions quand même.
Pour sincères que soient ces voeux, ils n’en ont pas moins les allures lénifiantes du chant liturgique dont les espérances sans cesse sont remises aux calendes grecques.
Le mieux, je crois, pour rester dans le domaine du raisonnable et du crédible, sans pour autant patauger dans la résignation, est de vous souhaiter une année qui vous épargne les grands malheurs, et si, en prime, survient un coup de bonheur impromptu, alors tout ne sera pas si mal.
Amitiés
Bertrand
10:58 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : littérature |
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28.12.2010
Déclinaison approximative de certains génitifs
- L’amour de la poésie sans la poésie de l’amour est une supercherie de l'esthétisme. Ou, plus exactement, un esthétisme de la supercherie.
- Tenter d'échapper à la bêtise du monde sans se donner les moyens de fuir le monde de la bêtise me paraît relever d'un redoutable mythe de Sisyphe
- Misère de la fatuité et fatuité de la misère : Les vies de cadres ont partout en cela les mêmes cadres de vie.
- La déontologie de la politique s’efface toujours devant une certaine politique de la déontologie.
- Le centenaire d’un événement quel qu’il soit est tellement désolant qu’on dirait bien un évènement de centenaires.
- La folie des grandeurs d'un individu est inversement proportionnelle à la grandeur de ses folies.
- Son intelligence des situations renseigne vite sur la situation de l’intelligence d’un quidam
- En période de soubresauts révolutionnaires, le pouvoir réduit toujours la jeunesse d’une théorie à une théorie de la jeunesse
- Le combat de la littérature, fort heureusement, ne s'est jamais limité à une prétendue littérature de combat
- Le monde est vraiment mal fait : La littérature des amoureux fait le plus souvent fuir les amoureux de la littérature
- Le combat contre la pauvreté de l’existence va bien au-delà du combat contre l’existence de la pauvreté
- Le politiquement correct soumet sournoisement le respect des règles aux règles du respect
- Equilibre mondial : Quand la guerre des nerfs se fait nerf de la guerre
- L’athée redoute la fin du voyage, le croyant spécule sur le voyage de la fin
- L’ennui, en amitié comme en amour, naît souvent de cette lâcheté : Quand le sentiment du glas tarde à sonner le glas des sentiments
- Une femme aux cheveux teints de façon outrancière (un homme également mais c'est quand même plus rare) est pathétique en ce qu'elle (ou qu'il) exhibe autant l'inexprimable refus de son déclin que l'inéluctable déclin de son refus
- L'esprit de revanche ne peut jamais animer, au risque de la réduire à zéro, la revanche de l'esprit
- La nostalgie des grands moments n'est pas forcément un grand moment des nostalgies.
- Les fêtes de fin d'année sont d'autant plus insupportables que la fin des fêtes a été depuis belle lurette signifiée à tout le monde.
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