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20.02.2012

Mes deux textes chez Publie.net

En téléchargement gratuit

   Lecteurs de L’Exil des mots, je vous offre avec plaisir de télécharger gratuitement en fichiers PDF, les deux textes : Chez Bonclou et autres Toponymes, ainsi que Polska B dzisiaj, respectivement publiés par Publie.net en mars 2008 et octobre 2009 pour la vente desquels François Bon refuse de procéder au versement des droits d'auteur.
Je précise que cette initiative n'avait, au départ, aucun lien avec les démêlés de Bon et Gallimard, ni surtout avec la foule des commentaires et articles de vierges effarouchées qui s'en est suivie. Mon initiative date de vendredi,  elle avait été mise en ligne dès vendredi, et, comme le savent mes lecteurs depuis maintenant quatre ans, je suis absent du net et présent sur terre, tous les week-end.

J'ai ce matin lu quelques commentaires, dont ceux de la foule des moutons de Panurge à propos de cette affaire... Je me marre bien  : l'indicible Bon, qui n'honore ni sa parole ni les termes de ses contrats - avec la lâche complicité de ses auteurs et de ses abonnés - et dont l'inavouable but est de monter "une grosse boîte" à la hauteur de sa mégalomanie, se voit mis en demeure par plus malin et plus vorace que lui. Il faut savoir que Bon est distribué par Amazon pour savoir à quel "militant de la littérature autrement" on a à faire.
Dans tous ces postillons amphigouriques, pas grand monde, si ce n'est ici, pour oser parler en vérité : c'est là le combat de deux commerçants, dont un assume avec brio son essence de commerçant et l'autre la dissimule misérablement !
Qu'ils aillent se faire foutre et je suis fier, quant à moi, dans mon petit coin, d'avoir été un précurseur dans la dénonciation publique - voir ci-contre la catégorie "Publie.net, une étrange coopérative - de ce qu'il convient d'appeler "un mensonge permanent." Peut-être même une escroquerie.
Vous me direz, oui, mais quel rapport avec ce conflit sur une traduction ? Je questionnerais alors : Nous tient-on pour aussi cons que ça pour essayer de nous faire avaler que Bon n'était pas au courant de la législation en vigueur sur les droits d'auteur d'un texte aussi célèbre que "Le vieil homme et la mer" ? 
Mais il est vrai qu'il a déjà déclaré : "Les droits d'auteur sont obsolètes".
Dans la bouche d'un éditeur, même virtuel, ça fait assez félon quand même. Genre qui annonce" si les faits disent le contraire de ce que je dis, modifions les faits".
Le rapport est donc dans la tromperie.Toujours la tromperie...

Un dernier point. Bon annonce qu'il a foutu cent cinquante six livres, collection de luxe La Pléiade, à la benne à ordures...Quel geste magnanime !  Le geste d'un fou, oui. D'un goret au groin désabusé. Que ne les a-t-il offerts, ces beaux livres, à des gens qui n'ont pas les moyens de se payer des Pléiade ? Que ne les a-t-il offerts à une bibliothèque de quartier, lui le "coopérateur ", l'homme de gôche ?
Il n'y a pas pensé ?

Moi, je n'ai pas détruit mes fichiers, suite à mon conflit avec lui : je vous les offre !
Cliquez donc sur les couvertures, en marge gauche.

Et bonne lecture à tous !

littérature

 littérature

 

 

 

 

 

 

 

21.09.2011

"Même à publie.net on frôle passage à structure avec salaires"

monnaie-singes-L-1.jpegC'est ce que déclare l'Abbé François Bon dans un de ses commentaires à ses propres conneries, parce que je ne sais qui a osé s'opposer par des affichettes assez virulentes à ses dogmes numériques.
Des affichettes qui disent e.gnoble et e.mmonde.
Il ne manque pas de culot, l'ex-stalinien ! Il ne paye même pas ses auteurs, même pas en monnaie de singe, il n'envoie jamais le moindre relevé, il me doit toujours 75 euros et il pleurnichait, misérable, dans un mail rendu public, (voir les commentaires, ici), à propos de mes 13 téléchargements
pour deux livres en trois ans  :
"Très représentatif de nos limites.
Suis vraiment désolé.
Sais pas du tout si je vais continuer ni comment, on a tenté de faire le maximum.."

Et toute une cour béate, aveugle, lamentable de pusillanimité, caquetante et fientante, qui le suit dans ses mensonges et fourberies sinueuses.
Qu'ils cr.... !
Ignoble ? Oui !
Mais, comme dit un proverbe polonais,  Le mensonge a de courtes jambes...
Surveille tes arrières, forban !


14:19 Publié dans Publie.net : une étrange coopérative | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

24.08.2011

L’inénarrable François Bon

littérature …jusqu’au ridicule.
J’avais, cet hiver ou cet automne, me souviens plus, participer avec l’inénarrable susnommé, aux vases communicants et j’avais écrit, chez lui, un texte sur différents auteurs Polonais, dont Stasiuk et surtout Ignacy Karpowicz.
Je voulais relire ce texte que je n’ai pas conservé. Je clique sur le lien dans le texte qu’il m’avait laissé en échange….Bernique ! Le vindicatif
mesquin l’a supprimé.
C'est décidément une manie chez lui : le Nettoyeur fou. Et ce n’est plus une polémique entre un auteur n’ayant réclamé qu’un bout de ses maigres droits et un pseudo-éditeur filou. C’est de l’acharnement psychopathe. De la méchanceté misérable. Puérile.
Car qu’est-ce qu’un texte sur Karpowicz avait à voir avec notre  brouille ? Et quand je lis sur les pages Google que ce type passe pour "un chercheur et animateur de l’internet littéraire"  (excusez-moi du peu), c’est en dire assez long sur la qualité et la fiabilité des informations qui circulent sur internet.  Quelle honteuse mascarade !
Je suis en froid, pour une bagatelle, avec Feuilly, par exemple…Ce que je regrette. Est-ce que j’aurais eu l’imbécillité de supprimer le texte qu’il nous offrit sur Potocki, par exemple, à l'occasion de ces mêmes vases communicants ? Non. L’idée ne m’a même jamais effleuré. Par respect de ce qui fut et par respect pour le texte qu’on écrit quand les climats sont à la fraternité.
En privé, juste pour emmerder « cet animateur de l’internet littéraire » (pfft), je l’ai relancé pour mes pauvres 75 euros dont il se vantait, comme une vierge effarouchée, de vouloir s’acquitter.
Le gars est silencieux, muet comme un carpillon…La parole vaut l'homme ou l'homme vaut rien, dit la sagesse populaire.
Et je sais bien qu’il me jouera d’autres tours, allez ! Dans l'ombre. Je sais où il me discréditera. Qu’il aille au diable ! Je n’en dis pas plus pour ne pas me retrouver avec un procès au cul.
Mais que chacun juge, par ce nouveau geste de vandale indigne (après celui de la suppression de mes deux livres) de la grandeur, de la crédibilité et de l'intelligence de cet inénarrable bouffon !
Même pas en colère. Trop content d’être débarrassé de tout lien avec ce petit monde de l’usurpation consentie.

 

13:17 Publié dans Publie.net : une étrange coopérative | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

09.08.2011

Lettre à un ami - 4 -

littératureCher Gustave,

Te remercie d’avoir abordé la question de ma position vis-à-vis du livre numérique, ce qui va me permettre, te l’exposant sans ambages, de clarifier pour moi-même certaines choses, que je n’avais pas forcément vues dans le feu de l’action.
C’est donc de mon expérience particulière dont je vais te parler, plus que du livre numérique en général, dont je me fous aujourd’hui comme d’une cerise.
Qui ne change pas d’idée n’en a pas, c’est bien connu, à plus  forte raison quand la réalité est venue démentir certaines orientations et convictions que l'on tenait pour bien fondées.

 Quand je suis arrivé en Pologne en 2005,  j’ai tout de suite ouvert un premier blog, L’Exil volontaire, en septembre exactement, qui s’est transformé en juillet 2007 en l’actuel Exil des mots. C’étaient là mes premières expériences d’écriture numérique.
Lassé d’accumuler manuscrits et notes dans mes tiroirs - comme beaucoup d’autres - j’ai forcément été séduit par ce nouveau mode d’autoédition, immédiat, directement lisible, directement critiqué.
C’est sur ces entrefaites-là et dans cette disposition d’esprit-là que je suis entré en contact avec François Bon, que je connaissais auparavant, et qui m’encouragea gentiment  à rester présent sur ce terrain-là car, je cite, c’est là que tout se passera dans les années à venir.
Il disait à peu près vrai, car il disait une réalité qui, depuis, n’a fait qu’aller s‘amplifiant : le phénomène blogs et sites, répondant à  une demande, à un besoin, est devenu
une pratique sociale de masse, envahissant la toile des velléités de chacun en matière d’écriture. J’ai donc tout naturellement applaudi des deux pattes quand le susdit François Bon a décidé de créer Publie.net en janvier 2008 et  j’y ai participé avec enthousiasme dès le début.
J’y ai cru parce que l’édition traditionnelle me semblait une pratique en perte de vitesse et de crédibilité. Tous les arguments, parmi lesquels la fameuse et vertigineuse rotation des livres en librairie, ont été donnés. Tu les sais aussi bien que moi et je n’ai donc pas besoin de revenir là-dessus. L’émergence de l’édition numérique semblait être un remède, sinon la panacée, à tout ce qu’on peut rencontrer d’embûches, d’incertain, de non-dits, de non-faits quand on publie un livre.
D’autant que cette nouvelle forme d'édition était portée par un gars connu et en qui j’avais toute confiance.
Publie.net proposait aussi une transparence coopérative exemplaire, allant même jusqu’à promettre que chaque auteur pourrait suivre les téléchargements de ses œuvres, via un système qui reste encore à inventer. Je me souviens qu’il disait : trouvez un éditeur capable de vous offrir un tel confort !
Il est gonflé, le bonhomme !
Et puis les années ont passé…Jamais un écho. Jamais un traître relevé des ventes, jamais la moindre nouvelle. Pas de droits d’auteurs, bien entendu, ceux-ci étant pourtant régulièrement claironnés être versés à hauteur de 50 pour cent.
50 pour cent de zéro, ça fait toujours zéro.

J’ai rongé mon frein. Pas pour les droits d’auteur. Personne ne vit de ça, personne ne les réclame pour améliorer sa condition. Si on les réclame, c’est qu’on veut savoir si on est lu ou pas. Ce qui, édition traditionnelle ou numérique, est quand même le droit fondamental d’un auteur. La première reconnaissance d’un travail effectué en commun.
J’ai rongé mon frein et plus je le rongeais, plus je voyais bien que l’édition numérique naissait exactement avec les mêmes travers que toute autre forme d'édition. Sans la compensation d’avoir un vrai livre effectivement publié, vivant et distribué, cependant.
Ce Publie.net s’est donc avéré être le Guillot-sycophante de la fable, déguisé en berger et gardien du bon droit pour mieux avaler les brebis. La chute a été d’autant plus dure pour moi que l’illusion avait été forte.
Et ce qui m’a indigné fortement dans cette histoire, c’est le silence des agneaux. Le silence de ceux et celles qui publient chez Publie.net ou qui gravitent autour, qui se taisent, qui  font les malins et les malines, qui ânonnent bêtement (pardon pour la tautologie) qu’ils participent à une aventure révolutionnaire alors qu’ils participent en pleine conscience à un truc vieux comme le vieux monde : l’enculage de mouches et la spoliation pure et simple pratiquée par un cheffaillon sur des ouailles infantilisées et crédules.
D’ailleurs, tiens, te souviens-tu comme François Bon m’a emmerdé, réclamant mon numéro de compte bancaire, faisant l’offusqué, la vierge effarouchée, se disant pressé d’en finir et de régler sa dette de 75 euros ? Oui ? Tu te souviens ? Hé ben,  il y a plus de deux mois de cela et à ce jour, il ne s’en est point acquitté, de sa dette. Quel faux-cul, ce type !

Et puis il y a aussi ceci, cher Gustave : à Paris, j’ai rencontré un monsieur qui lisait tout de l’Exil des mots. Un monsieur que je ne connaissais pas, que je n’avais jamais vu, qui ne laisse jamais de commentaire, qui lit beaucoup, et qui a lu, entre autres, Polska B dzisiaj, dont il m'a fait grand compliment…Et bien je trouve drôle, statistiquement, que, par hasard, dans une librairie, dans une grande, très grande ville, je tombe inopinément sur un des 10 lecteurs qui a acheté Polska B dzisiaj ! J'ai vraiment de la chance, ne trouves-tu pas ? N’en reste plus que neuf, selon les chiffres de François Bon !
Hum…Hum…Tu vois ce que je veux dire…

Alors, chat échaudé craignant l’eau froide, je laisse désormais les « numéristes » à leurs illusions et leurs divers mensonges.
Je n’aurais pas été, en tout cas, partie prenante dans la conspiration du silence. Je me suis fait pas mal d’adversaires et me suis attiré pas mal d’inimitiés. On n’attaque pas un apparatchik patelin du net sans casser des pots. Qu’importe !
L’avenir me donnera sans doute raison. Le livre numérique viendra dans un avenir dont je me garderai bien de dire désormais s'il est proche ou lointain. Mais il ne viendra pas par ces chemins détournés et rusés qu'emprunte Publie.net.
Je terminerai sur une boutade
: mon divorce d'avec l'édition numérique façon Publie.net est donc une affaire personnelle, mais une affaire qui ne devrait pas, si les gens avaient des oreilles et autre chose de conséquent un peu plus bas, n'engager que moi.

Porte-toi bien, cher Gustave.

B

24.06.2011

Le Sauveur est parmi nous !

imbécile.gifVoici ce que déclamait récemment à Poitiers le patron de Publie.net, dans un spectacle au titre résolument alarmiste : Formes d'une guerre.

« Moi, je placarde sur la ville la menace où elle est : mais ce n’est pas moi qui l’énonce, moi je constate, moi j’avertis. Quarante fois que je me place dans la cour et dis : - Méfiance.  Que je dis : Eveil !  Que je dis : - Rassemblement ! Mais ils sont à regarder leurs images, ils sont dans leurs alvéoles, devant les écrans en bleu gris des ordinateurs qui luisent, devant les éclats rouges des images qui bougent : on ne regarde plus que la nuit fournie, on ne regarde plus la nuit nôtre  (…) »

Passons sur les quatre « Moi » fournis en trois lignes ! Moi, je… Difficile de faire pire en fait d’hypertrophie de l’ego. Une petite déprime, peut-être ?
Et pour le reste, on croit rêver ! Si, si, c’est bien lui, le Publie.net, le numériquologue acharné, le facebookien prolixe, déchaîné, le pourfendeur des livres, qu’il assimile -  avec un petit zeste de situationnisme rance  -  au vieux monde.

Il nous et vous prend pour des cons, non ?

Allez, allez, au jardin ! Aux campagnes jolies ! Aux phrases et aux mots aussi simples que nos vies !
Laissons définitivement là ces apprentis sorciers, ces braconniers qui agitent leur modernité comme d'autres leur miroir aux alouettes!

13:37 Publié dans Publie.net : une étrange coopérative | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

21.06.2011

Publie.net : des lecteurs parlent.

Réponse ouverte d'une lectrice de Publie.net  à Monsieur Bon.

littératureDécidément en écrivant à votre auteur qu'il peut consulter les comptes de Publie.net à son gré, vous manquez de perspicacité et persévérez dans la déconsidération. Vous avez obligation par contrat de lui remettre les comptes. Je cite le contrat : « Un relevé individuel récapitulatif de ses œuvres et des montants dus sera adressé à l’Auteur par Publie.net au plus tard dans les trois mois suivant la date d'arrêté des comptes et dans le même délai le règlement des sommes lui revenant.»
Vous vous abstenez et lui rappelez gentiment qu'il peut procéder à vérifier vos comptes en vertu de la clause de votre contrat : « L'Auteur aura la faculté de faire procéder à son gré et à ses frais, personnellement ou par un mandataire de son choix, à une vérification des comptes de Publie.net relatifs à sa rémunération des années antérieures à l'année en cours. Cette faculté est soumise à notification préalable par lettre recommandée avec accusé de réception et préavis de 30 jours et s'exercera dans les locaux de Publie.net où l'auteur ou son mandataire pourra se faire remettre toute pièces utiles à cet effet.»
En somme, vous vous dédouanez de vos obligations contractuelles en renvoyant l'auteur aux modalités de contrôle, alors que c'est vous qui êtes déficient et que l'auteur n'a jamais demandé à vous contrôler, mais vous a demandé les états de vente de SES publications. En le renvoyant dans ses buts pour qu'il vienne vous rendre visite à ses frais, vous offrez à la communauté de vos lecteurs une piètre image de cette coopérative expérimentale dont on lit chez vous qu'elle se veut être le fruit d'un travail en commun et d'un partage.
Non, Monsieur Bon, nous ne vous suivrons pas dans votre démarche malhonnête qui vise à transformer votre auteur en homme méfiant qui voudrait contrôler vos comptes. Alors qu'il a réclamé SES comptes, et non LES comptes, et en plus, jamais remis en question le nombre de téléchargements de ses livres.
Non, Monsieur Bon, nous ne vous suivrons pas dans votre pratique du partage où le sens de la répartition laisse place à la fragmentation des accès aux données.

ArD

 *

On aimerait que Monsieur Bon, dont on sait avec quelle générosité il fustige tous les acteurs du livre quand ils ne relèvent pas de son schéma numérique, apporte sa contradiction éclairée à ce témoignage. Mais faut pas trop rêver…
Et il y a, par ailleurs,  cet avis d’Yves Letort, alias Le Tenancier, qui sait de quoi il parle quand il parle de livres. Sa contribution me fait mesurer encore plus l’autorité revancharde, indigne, du  patron de l’E.U.R.L. Publie.net (ne nous faites plus rire jaune avec le mot coopérative) qui supprima  mes livres sans que cela ne lui fût expressément demandé.
D’un autre côté, satisfaction tout de même car il n’y aura désormais plus de victimes des apparences mais bien des complices à part entière d'une évidence devenue essentielle.

*

littératureLorsqu'un éditeur élimine un auteur de son catalogue, on sait que le mal est réparable puisqu’il reste les ouvrages réfugiés dans les bibliothèques des particuliers qui se sont procuré les livres. Il reste une trace : le labeur de l'auteur, le travail du maquettiste, celui de l'imprimeur, parce que tous ce beau monde, théoriquement, y est pour quelque chose également. Le livre a une seconde vie. Et s'il ne reste que 5 exemplaires survivants, c'est assez. Il en a suffi de moins pour Maldoror.
Ici, Bertrand, on a supprimé un livre d'un catalogue électronique dont on peut supposer que les quelques fichiers survivants sont difficilement partageables et seulement dans la sphère de relations des détenteurs (alors que, se retrouvant d'occasion et réel, le livre revient au monde pour cette deuxième vie, justement), si du reste, il est possible de le partager, à cause de verrous numériques possibles. Cette élimination de la liste du catalogue, c'est purement et simplement l’annihilation du texte. La trace est effacée presque irrémédiablement. C'est-à-dire que, dirigeant le fichier vers la poubelle votre texte est nié par celui-là même qui devait en assurer la pérennité et le défendre.
Ce que nous sommes contraints d'appeler "un livre" de par son peu de résistance à la destruction est devenu par le procédé de la virtualisation, un produit à obsolescence rapide. Ce n'est plus la création du texte qui est devenue importante mais bien sa destination comme un bien dématérialisé, un élément embryonnaire d'un profilage économique impitoyable qui arrive masqué et convivial, devrais-je dire "associatif" ?

Yves Letort

Images : Philip Seelen

16.06.2011

A propos de l'insoutenable médiocrité morale des auteurs de chez qui vous savez et d'ailleurs...

littératurelittératureDans le texte précédent j'ai cité comme émanant d'une voix amie le jugement fort avisé que voici :
C'est la démonstration d'autres petites choses, que nous imaginons tous sans peine : beaucoup sont prêts à pas mal de silences, d'arrangements, pour "en être" ; être d'une fratrie dont on voudrait hériter du prestige supposé, "être" d'une maison d'édition dont on compte sur son taulier pour être populairement contagieux, et surtout : ne pas perdre le peu d'entrée qu'on suppose précieuse dans un monde qu'on suppose important.

Or, la susdite voix amie me fait savoir que cette appréciation ne vient pas d'elle, même si elle adhère complètement au propos. Elle  citait une tierce personne, dans un autre débat, mais bien à propos de mes déboires éditoriaux.
Je vous prie donc de m'excuser et, tenez, puisque vous êtes là, je vous prie aussi de vous recueillir un instant - pas de souci, je ne le répèterai pas et personne ne vous voit - sur la mémoire de deux livres assassinés sans procès digne de ce nom, sinon celui de Moscou.
Mais les livres sont comme les peuples : on peut détruire leur terre, pas leur âme. Forcément alors, ils renaîtront de leurs cendres, mes li
vres.
Et à bien meilleure enseigne.

15.06.2011

En guise de synthèse ouverte

littératureAvec les trois textes ci-dessous - Auteurs balancez donc donc un coup de pied dans la fourmilière !, Publie.net : un kolkhoze dans la pure tradition stalinienne, et Désillusions numériques, analyse succincte (…) - j’ai mis les pieds dans le plat que voulait, et veut sans doute toujours, servir une certaine pratique de l’édition coopérative, qui n’en a que le nom.
Je rappelle d’ailleurs qu’une coopérative est une personne morale, juridique, avec des statuts bien particuliers et qu’il ne suffit pas de se claironner coopérative pour en être une.
J’ai donc mis sur la place publique des pratiques peu ragoûtantes, qui sont les pratiques de la majorité des éditeurs, mais qui sont encore plus scandaleuses venant d’une boîte innovante, qui, jusqu’alors, n’a fonctionné que par effets d’annonces sur la dénonciation de ces pratiques :
- Non respect des engagements contractuels quand il y a contrat, ce qui n’est pas toujours le cas,
- Aucune transparence sur ce qui se lit ou ne se lit pas au catalogue, en dépit des promesses faites au début,
- Aucun relevé annuel des droits acquis,
- Aucun versement des droits après trois ans de mise en ligne.

J’ai grillé pas mal d’énergie dans cette dénonciation et il m’en a coûté du côté de l’affectif. J’ai mis l’accent aussi sur la naïveté - pour ne pas être trop méchant aujourd'hui - des auteurs qui, croyant avoir trouvé sous l’aile protectrice d’un chef, le sentier qui les mènerait à la reconnaissance de leur talent, réel ou supposé, se taisent et se font complices de la malhonnêteté. Suivez le bras du guide ! Ce qui serait bien plus éloquent sous la forme plaisante de la contrepèterie.
« C'est la démonstration d'autres petites choses, que nous imaginons tous sans peine : beaucoup sont prêts à pas mal de silences, d'arrangements, pour "en être" ; être d'une fratrie dont on voudrait hériter du prestige supposé, "être" d'une maison d'édition dont on compte sur son taulier pour être populairement contagieux, et surtout : ne pas perdre le peu d'entrée qu'on suppose précieuse dans un monde qu'on suppose important. », dixit une voix amie.
C’est à eux, à eux seuls, ces auteurs, de reprendre leur dignité et de lever le poing. C’est à eux et à eux seuls de mettre fin à leur participation à une tromperie générale, tromperie qui s’exerce sur eux-mêmes, sur les lecteurs et sur l’ensemble de la sphère éditoriale. J’étais de ces auteurs. J’ai dit. Satisfaction à pouvoir me raser désormais sans rougir tous les matins, devant ma glace. Si je n’en tire que cette satisfaction-là, elle n’en est pas moins très importante.

Je remercie tous les commentateurs qui ont apporté leur contribution sous mes trois textes. Il apparaît dès lors que ce que j’ai dit avait besoin d’être dit : "ce qui était essentiel est devenu apparent". J’exclus de mes remerciements une commentatrice qui s’est faite complice de l’escroquerie en voulant chercher midi à quatorze heures et excuser l’inqualifiable comportement de Bon, qui, dans les heures ou minutes qui ont suivi mon premier texte, a supprimé mes livres, au mépris, encore une fois, de ses engagements contractuels, pourtant longs d’une dizaine de pages et rédigés par Monsieur Olivier Cazenave, Président du Centre du livre et de la lecture en  Poitou-Charentes.
Je répète ici ce que j’ai déjà dit à Bon dans les commentaires : il n’a répondu à aucun de ces commentaires où il est pourtant directement mis en cause. Il n’a montré le bout de son museau que pour celui qui lui était favorable.
Je crois que c’est en dire assez long et qu’il est temps pour moi de passer à autre chose.

Je remercie également les personnes qui m’ont contacté en privé pour me dire leur soutien. Je dis soutien, pour faire court. Toutes ces personnes disent d’une seule  voix, et sans se  connaître entre elles : Nous nous en doutions. Merci d’avoir éclairci.
Oui, je les remercie. Ces mails m’ont fait du bien. Mais je regrette vivement que ces voix n’aient pas voulu s’exprimer publiquement. Preuve que l’omerta n’est pas une invention de mon esprit. Preuve que des gens ont peur de se voir mis au rebut par toute une petite tribu de chefaillons, dictant sa loi sous des apparences débonnaires.
Ces preuves, je les détiens. Elles sont des témoignages privés. En aucun cas, sous aucune injonction, sous aucune menace, je ne les divulguerai. Par respect de la parole donnée, quant au silence demandé.
Même si je le regrette énormément.

Mes trois textes ont été écrits sous l'impulsion d'une juste colère : j’ai perdu en même temps quelqu’un que je comptais parmi mes amis et l’illusion d’un autrement de l’édition.
Ces textes sont donc mal écrits et bourrés de coquilles.
Certains techniciens du langage sans paroles, certains fouineurs de la virgule, certains qui doivent dire Je t’aime à leur maîtresse en s’efforçant de chanter juste, m’en ont fait le reproche, arguant du fait que le mal-dit desservait mon argumentaire.
Je les comprends. Je ne leur en tiens évidemment aucune rigueur, et ce, d’autant plus facilement que je ne les connais pas. Mais un mutin, un révolté, un indigné, un dont on vient d’escroquer en même temps la confiance et l’amitié, souffre d’abord. Le style est dans son sang et s’il se trouve dans son auditoire des gens pour qui l’exclamation est faite d’émotion, ce qu’il dit mal saura être bien entendu.
La guerre se passe des fioritures du style. Que ces techniciens de la parole ouvrent préalablement un de mes livres ! Ce qu'ils n'ont à l'évidence pas fait !

L’espoir maintenant est dans mon travail d’écriture et mes prochaines publications. Il est aussi dans la conviction que le temps me donnera raison envers et contre tous les courtisans de l’éphémère présent.
Dans le combat pour les causes qui me semblent justes, « j’aurai porté mon maillon de la chaîne éternelle. »

Illustration : Philip Seelen

16:32 Publié dans Publie.net : une étrange coopérative | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

13.06.2011

Publie net : un kolkhoze dans la pure tradition stalinienne

littératureAprès trois ans de silence sur l’état des téléchargements et autres, il a fallu deux heures tout au plus à François Bon pour me rayer de son catalogue.
J’en déduis, avec un certain contentement, que le bonhomme patelin est quand même très réactif quand il le veut et qu’il sait trancher d’un seul coup d’un seul le nœud gordien devant une situation qui l’embarrasse.
Une question  de trop ? Dehors, la racaille !
Je constate également la modernité progressiste, profondément humaine, du numérique par rapport au papier. Un coup de clic, hop, le livre n'existe plus.
Le Temps qu'il fait, lui, est quand même diablement plus honnête : il n'a pas proposé de jeter mes livres à la poubelle !
Quel fut donc mon crime pour être ainsi exclu du Kolkhoze ?

Mais que je dise préalablement, afin de n’être point lu dans l’amer, que je suis très satisfait de ne plus appartenir à cet amalgame sectaire et  silencieux, abusivement dénommé coopérative d’auteurs de littérature contemporaine au numérique.
Je pousserai même l’insolence à en remercier le patron...Le gérant, le directeur, le créateur, comme vous voulez.

Mon crime fut d’abord d’avoir réclamé - oui, réclamé, les mesquins vous mettant toujours dans une situation de mesquinerie - le droit de savoir le nombre de téléchargements effectués sur mes deux ouvrages : Chez Bonclou et Polska B dzisiaj.

Si quelqu’un trouve ma démarche illégitime, qu’il m'explique. Que je ne crève pas idiot.
Résultats : 5 pour l’un, 10 pour l’autre.
Le couac…Le couac, pour deux raisons :
- La première, c’est que je pourrais établir- il me faudrait leur autorisation et je ne l’aurai pas car la loi du silence est plus forte que ma grande gueule - une liste de quinze personnes, au moins, qui ont téléchargé Chez Bonclou en 2008.
- La seconde, c’est que, ne s’agirait-il là que d’une légère erreur de calcul, une distraction passagère  du gestionnaire débordé, quand un auteur se voit annoncer qu’il a vendu 5 livres en trois ans (Chez Bonclou), s’il lui reste un peu de jugeote sous les cheveux, il est quand même soumis à  une  terrible remise en question de son  savoir-faire ou de celui de son éditeur.

Le deuxième acte de mon crime de lèse-majesté fut d’avoir publié un texte qui remet en question la pratique similaire de deux de mes éditeurs, dont lui.
Mais, avant cette publication, François Bon, devançant le conflit, m’avait proposé de retirer mes ouvrages de son merdier, alors que je lui demandais s'il voyait un inconvénient à ce que je publie mes médiocres chiffres sur L'Exil... Le sommelier avait senti que le pinard était en train de virer vinaigre.
J'avais répondu : "fais ce que tu veux, je m'en fous !
"
Je vous laisse apprécier la logique démocratique de cet établissement : une coopérative d'où le coopérant est exclu s’il pose la moindre question après trois ans de silence.
J’imagine une coopérative vinicole où le vigneron est prié d’aller jeter son vin au ruisseau parce qu’il a demandé le nombre d’hectolitres qu’il avait fournis !
Il est donc temps de démasquer ce fonctionnement autoritaire, sournois, de l’entreprise Publie.net et de ramener le mot coopératif à sa juste noblesse.
A mon avis, tout silence a désormais  valeur de complicité frauduleuse. Et ça n’est pas très reluisant. Car ce silence fausse complètement les données de la parité et de la justice entre tous les éditeurs de littérature et les écrivains. Un auteur qui, par son silence, laisse croire qu’il perçoit la moitié du prix de vente de ses livres alors qu’il reçoit en fait peau de balle et balai de crin, est un voyou qui sape les autres auteurs et les  petits éditeurs traditionnels qui, eux, proposent 10 pour cent, bien peu, certes, mais qui les donnent réellement.
Comme est un voyou de la place publique, un auteur qui laisse son éditeur ( traditionnel) , lui bouffer la laine sur le dos, remettant le soin à des emmerdeurs de mon acabit de se griller pour eux.
Je l'ai déjà dit : la littérature est affaire d'hommes libres face au monde. Pas d'esclaves corrompus ! Que peut-il y avoir d'intéressant à lire un esclave qui tait son esclavage ?

Je n’invente rien. Je rends public un vécu.  D’ailleurs, l'escouade silencieuse des auteurs de Publie.net le sait  bien. Et moi, je sais les risques qui peuvent sanctionner ma franchise : se fâcher avec François Bon, c’est se fâcher avec tout le petit peuple qui gravite autour, au sein duquel peuple sont des gens éminemment sympathiques, pourtant.

Je n’avais pas, au départ, l’envie de me brouiller  avec François Bon. J'éprouvais pour lui du respect. Je l’ai croisé dans la cour du lycée, au tout début du bal. Mon objectif premier était de dénoncer clairement les choses telles qu’elles  faussent les rapports entre éditeurs et auteurs, rapports auxquels participe Publie.net, bien plus gravement encore que les autres éditeurs, puisque son fondateur les dénonce sans arrêt sur son site.
Pour mieux les pratiquer dans l’ombre.
Presque un  pompier pyromane.
Mais les réactions d’épicier du tenancier de cette boutique, m’ont déterminé à dire ce que je dis ici. Réactions humiliantes : le bonhomme me propose soudain 75 euros, comme à un clochard qui passerait par là et qui réclamerait sa soupe ! Il me somme de lui donner un  RIB et, fier, hautain, soudain étrangement scrupuleux, crie qu'il veut s'acquitter de sa dette.
Misérable. Pitoyable, tout ça.
Fasse que ma révolte l’incite désormais à plus de respect pour ses auteurs et plus de justice dans sa conception de ce qu’est véritablement  une coopérative !
Elle n'aura, alors, pas été vaine.

Une autre vie maintenant, bien meilleure, bien plus belle, attend Chez Bonclou et Polska B Dzisiaj.

Il y a, dans toute rupture, aussi pénible soit-elle, l’étincelle de nouveaux espoirs et le point de mire de nouveaux horizons.
D’autant que, dans mon cas, l’étincelle comme l’horizon étaient antérieurs à la révolte.

Désillusions numériques, analyse succincte et résolutions anciennement nouvelles

littératureC’est donc un virage à 180 degrés que j’effectue dans mes choix et sympathies, relativement à l’édition numérique. Un virage amorcé grâce, ou à cause de,  l’expérience. Un virage empirique. Un virage qui ne se serait pas négocié de sitôt peut-être, si la route tracée n’avait pas été parsemée d’embûches.
Ayant, dans deux textes polémiques, dit ce que j’avais à dire et dénoncé ce qu’il me semblait
juste – et qui me le semble toujours jusqu’à ce que quelqu’un vienne me prouver le contraire avec autre chose que des arguties courtisanes– de dénoncer (trois ans sans la moindre information sur les téléchargements de mes livres, trois ans sans le moindre état des ventes au mépris d’un  champ contractuel préalablement ouvert, et trois ans sans un traître centime de droits éventuellement acquis),  il est nécessaire maintenant pour moi de tirer de la mésaventure les réflexions générales.

Le virage à 180 degrés effectué a d’abord un nom : Publie.net. Ce qui est d’une importance capitale car peut-être ne faut-il pas dès lors jeter le bébé avec l’eau souillée du bain. Sans doute cela ne remet-il pas en cause l’édition numérique dans sa totalité. Peut-être se trouvera t-il bientôt un ou des éditeurs numériques conscients de leur métier et vraiment au service des auteurs de littérature et des lecteurs.
Publie.net, rendons-en grâce à l’histoire, n’a pas le monopole de la modernité dans le domaine. Le numérique a certainement des atouts dans sa poche. Suffit simplement qu’il ne coupe pas une couleur de laquelle il conserve l’as dans sa manche pour remporter le dernier pli. Voire la mise du tapis.
Ces atouts-maîtres ont été maintes fois rabâchés par rapport à l’édition traditionnelle (plus large éventail de publication car moins de risques engagés financièrement sur un ouvrage, rotation de plus en plus rapide dans les librairies évitée, pratique sociale de la lecture numérique de plus en plus dense et cætera.)
Pour Publie.net, le vers était déjà dans la pomme. Je ne le vois que maintenant, après avoir mordu dans le fruit. Car si ces avantages avaient été déterminants dans les choix, s’ils avaient suffi à convaincre lecteurs et auteurs de s’engouffrer sous son aile protectrice, alors il n’eût pas été nécessaire de répéter à l’envi que les prix du livre numérique étaient cassés en trois par rapport au livre traditionnel, il n’eût pas été nécessaire d’appâter les auteurs avec des 50 pour cent de droits, même si cet appât n’a pas été déterminant dans le choix de ces auteurs. D’autant, je le répète, qu’il s’agissait d’un leurre. D’une cuillère aux reflets argentés dans les tourbillons d’une cascade soit-disant innovante.
D’autres éditeurs viendront, donc, dans la pratique numérique, mus par une respectable éthique. C’est inévitable.


Cependant, dans ma courte, juste, rageuse, mais bien tardive bataille pour le respect de l’esprit coopératif claironné chez Publie.net, les réactions des deux protagonistes ont mis à l’évidence les inconvénients, voire les leurres désastreux, de la publication numérique. Là encore, des éditeurs, des auteurs et des lecteurs d’un autre esprit, d’une autre génération, trouveront sans doute les moyens d’y remédier.
Car en partant du postulat selon lequel les chiffres de vente annoncés n’aient pas été ceux d’un poker menteur, il faut constater deux choses :
- soit mes ouvrages sont d’un intérêt médiocre - ce qui remettrait fondamentalement en cause mes prétentions à écrire -  et, ou, la connaissance de l’éditeur  relativement à la littérature de qualité digne d'être publiée est nulle, cette dernière éventualité étant à exclure au vu de l’œuvre que ce dernier a déjà derrière lui, deux éventualités, donc, fondamentalement antinomiques,
- soit la pratique sociale de la lecture ne s’opère en fait que sur le journal, les mails, les blogs à textes rapides, les cours de la bourse, les promotions de la Redoute, les clubs de rencontre, la connaissance encyclopédique telle que chez Wikipédia et tutti quanti, et alors la présence de la littérature sur internet est encore un vœu pieux.


Une autre contradiction, grave, très grave pour la réputation et la fiabilité du numérique et mise au jour par le conflit, est de taille à faire frémir : c'est la rapidité avec laquelle l’éditeur peut d’un seul coup de clic, supprimer votre ouvrage, sur simple interprétation d’une phrase courte, coléreuse, pas forcément juste, j’en conviens.
Mes deux ouvrages ont disparu dans l’heure qui a suivi cette phrase : "Adieu illusion numérique !" Plus  encore : sur mauvaise interprétation de ma part d’une douteuse allégorie assimilant un projet d’édition à un nouveau champ de bataille.
On le voit : ceci relève de tout, sauf du sérieux et de l'honnêteté. Et ceux qui, à l'instar d'une commentatrice,  donnent justification à ce genre de pratique n’ont vraiment rien à faire ni sur internet, ni dans l’édition, ni même dans les débats-conflits entre les différents acteurs sociaux de la littérature. Qu'ils aillent flagorner ailleurs, loin d'ici !
Cette pratique, pour moi, souligne la dramatique fragilité du livre numérique, épée à double tranchant à manier avec précaution. Et souligne aussi l’incontestable supériorité du livre traditionnel : les autodafés ne sont en effet plus de mise !


François Bon dit " tout mon travail ne méritait pas l'insulte". Certes. Mais, lui qui est aussi écrivain, a-t-il eu l'intelligence ou l'honnêteté de penser que toutes les heures, les doutes, les angoisses dont un  livre est fait, ne méritent pas de partir en fumée en une seconde ? Non. Il n'y a pas pensé !  Parce qu'il n'est plus un écrivain mais exclusivement un  marchand !

Et me revient en mémoire la phrase désabusée d’un auteur ami à l’époque, qui, venant de publier un livre numérique refusé par d’autres éditeurs  sous une forme traditionnelle (livre de grande qualité littéraire pourtant ): " Encore un livre virtuel !"
Je m’étais inscrit en faux.
Comme un âne. Cet auteur-là avait diablement raison et voyait bien mieux et bien plus loin que moi.
Mes prochains livres seront donc résolument couchés sur du vrai papier et confiés aux soins  de vrais éditeurs.
Gageons qu'ils seront lus à plus de 5 exemplaires en trois ans et qu'un blabla enjôleur ne les embourbera  pas  dans l'impasse !
Vous pourrez aussi les lire avec vos seuls  yeux. Pas besoin de suivre une formation aux nouvelles, toujours plus nouvelles et accablantes technologies de l'illusion numérique en littérature.

Illustration : une curiosité de la nature relevée par mézigue il y a quelques jours : un sorbier a élu domicile à trois mètres du sol, sur la fourche d'un peuplier géant. Sa vie sera courte.

 

 

Suis pressé. Merci et excuses aux commentateurs des textes précédents.Répondrai bientôt.

 

10:56 Publié dans Publie.net : une étrange coopérative | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

AUTEURS, BALANCEZ DONC UN COUP DE PIED DANS LA FOURMILIERE !

arton337.jpgIl y a un moment, il y a toujours eu un moment, dans toutes les activités humaines, où le respect de soi-même commande qu’on dise : NON !
Je dis donc NON ! à deux éditeurs avec lesquels j’ai travaillé ces dernières années.
L’un fait de beaux livres traditionnels et publie de l’excellente littérature, l’autre fait de beaux fichiers numériques.
Je ne me lancerai pas ici dans des diatribes ad hominem : j’ai eu avec ces deux hommes des relations agréables. Disons que leur façon de traiter les auteurs m’est quand même apparue, à la longue, comme étant fort cavalière.

Ils ne sont pas, hélas, dans leur manière d’agir, de grands originaux. Ils sont les seconds couteaux d’une société littéraire aux mains de grands falsificateurs. Car j’ai profité de mon absence d’ici pour contacter pas mal d’écrivains et, ma foi, le traitement du silence, de l’opacité, du tout petit chiffre et de la pleurnicherie permanente qui m’a été réservé, ne leur a pas été épargné. Ce qui, croyez-le bien, ne m’a pas fait plaisir, mais affligé encore plus.
J’avais, il y a déjà quelque temps, de vive-voix, entendu un écrivain, pourtant maintes fois publié, dire ceci : On ne va  pas réclamer des droits d’auteur, voire même des contrats, aux éditeurs. Déjà, qu’ils nous publient !
Et la femme du susdit écrivain de renchérir que oui, c’est sûr !
J’en avais eu le cul par terre, moué !
Et ce rôle inversé, ce rôle qui déshonore la littérature, cette prostitution de salon, cette prostitution pour la bonne cause, il s’est avéré que beaucoup d’écrivains, des, pourtant, qui fanfaronnent sur leur blog, sur leur site et dans leurs livres, la pratiquent régulièrement. Dans les couloirs obscurs de « T’as vu, j’ai publié un bouquin ? »
Alors, merde ! Quitte à ne plus trouver le moindre éditeur sur la place, je dis, haut et fort sur Hautefort  : Merde !
Au moins, je ne crèverai pas complice d’un lâche non-sens.

Certes, l’édition est en crise, la librairie, le livre et tout le bastringue. Ne vais pas me lancer dans une analyse que je ne maîtrise pas et d’autres font ça mieux que moi. Ne font que ça, même, pour justifier toutes sortes de louvoiements. Mais cette crise, n’est pas une crise de la lecture et de l’écriture. On a peut-être jamais autant lu ni autant jamais écrit ! Elle est une crise de prises de pouvoir diverses et de parts de marché que se disputent les grandes maisons d’édition dans la jungle du libéralisme sauvage, les petites et les moyennes besognant à ramasser les miettes... Les moyennes, elles, n’ont rien trouvé de mieux à faire, pour tenir la barre et ne pas réduire à néant leur marge, que de spolier leurs auteurs.
Qui ne demandaient pas mieux, d’ailleurs.

En fait, quand vous signez un contrat chez un éditeur, c’est un contrat à compte d’auteurs que vous signez  : c’est vous qui payez la facture de la fabrication de votre bouquin  avec les 300 premiers exemplaires vendus non porteurs de droits pour votre pomme…Circulez !
En numérique, c’est une autre histoire : vous ne savez jamais rien. Sinon, pour ce qui me concerne et sur ma demande, quelques exemplaires vendus en trois ans …Si c’est là la bonne voie, salut ! Je préfère suivre d’autres pistes. Adieu numérique illusoire !

Mais les éditeurs, ceux de mon expérience, ne sont pas entièrement coupables : car c’est quand même effaré que je me suis aperçu que caquetaient et gloussaient autour d’eux toute une cour d’inconscients, de têtes de péronnelles, de courtisans et de courtisanes leur ouvrant les portes et leur déroulant le tapis. Presque de la gouroutisation…Vous seriez des sots, messieurs, de ne pas traiter ces sots comme des sots ! Quand un âne braie comme ça, c’est qu’il veut un brin de paille dans le cul. A quoi bon lui servir de l’avoine et de l’eau sous le museau ?

En 1979, vous voyez que ça n’est pas d’hier, je téléphonais, depuis la poste de Mauzé-sur-le-Mignon, à un éditeur parisien qui avait chez lui un de mes manuscrits (non publié en France mais traduit en espagnol, dans ce pays où il n’y en avait pas un sur mille mais qu’il en  existait pourtant) et la première question que m’avait posée la nana à l’autre bout du fil, avait été :
-Vous êtes enseignant ?
Parce que fut une époque où il n’y avait que les enseignants qui écrivaient…. Ou presque…Et puis ce furent les cadres et puis les ingénieurs…. Tous des gens du salariat de  vol moyen et qui, ma foi, n’avaient strictement rien à foutre de quelques centaines de francs de droits d’auteur par an.
Ça a commencé comme ça. Avec des corniauds qui n’ont pas compris et qui ne comprendront peut-être jamais que les droits d’auteur, l’écriture avec contrat, ce n’est pas pour bouffer, s’enrichir ou faire le beau, mais que c’est la reconnaissance fraternelle d’un travail fourni et d’une collaboration amicale autour d’un ouvrage artistique.
Un éditeur qui ne prend même pas la peine de dire à l’auteur ce qu’il vend comme livres, numériques ou papier, on s’en fout, qui ne le paie pas, qui ne rédige pas de contrats, prend son auteur pour une  merde qui n’a qu’à la fermer, du moment qu’il a été édité !
Et tout le monde est content.
Moi, pas. Parce que je ne suis ni enseignant, ni ingénieur, ni même salarié de quoi que ce soit, ni éditeur et qu’à peine écrivain.
Je ne suis chef que de ma soupe. Mais elle vaut de l’or, ma soupe ! Et je sais que, jusqu'à preuve du contraire, la littérature, c'est fait par des écrivains.

Foin donc de tous ces obscurs, souvent de gôche, hé, de gôche, et qui, en coulisses, pipent tous les dés du jeu social de la littérature !
Et respect, toujours, respect intégral pour les petits éditeurs pas révolutionnaires à l’affiche, tels qu’Antidata et bien d‘autres, mais qui, avec leur petite échine, supportent encore le poids de l’honnêteté et de la camaraderie. Sans faire de bruit, sans aller faire les fanfarons à France culture, sans s’en prendre à tout le monde dès qu’on leur oppose une velléité de penser autrement qu’eux !

Je dis donc Non  à ce foutoir ! Et comme je suis têtu, comme écrire est mon allègre volonté et mon inextinguible plaisir, j’ai de beaux  projets sur la planche.
Et puis, un dernier mot, écrivains, vous qui pensez, parfois, avec vos têtes de poètes à la ramasse : comment voulez-vous être beaux, crédibles, intelligents, vrais et libres dans ce que vous racontez du monde sur vos pages, quand, en coulisses, dans l’ombre duveteuse de vos silences, vous courbez la tête, tels des manants besogneux sous les fourches caudines de maîtres qui ne sont maîtres que par la vertu de vos non-dits !

Affaire à suivre très bientôt…Joyeusement, allègrement.