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04.12.2018

Du jaune et des gilets

IMG-20181125-WA0000.jpgA force de voir le destin lui benoitement sourire, le sieur Macron, ci-devant Président de la République de France, s’est sans doute cru invincible.
Et c’est bien le pire qui puisse arriver à un homme quand il prétend à quelque esprit : perdre le contact avec la semelle de ses chaussures. Il se fait, en quelque sorte, l’astrologue de la fable qui tombe sottement dans le puits pour avoir eu trop longtemps le nez levé sur la trajectoire des étoiles.
Résumons très prosaïquement : il (Macron, pas l’astrologue) fouille dans la poche des petits vieux et des derniers prolétaires, fait leurs fonds de tiroir, leur pique leur monnaie, augmente les produits dont tout le monde a besoin, gèle les salaires et les pensions, assomme le citoyen avec les taxes et, en même temps, de l’autre main, distribue ses largesses aux plus riches.
Comment peut-il dès lors s’étonner que ça pète ?
D’ailleurs s’en étonne-t-il ? Peut-être avait-il fait le pari sournois que les gens, abrutis par les incohérences et les reculades de ses prédécesseurs, allaient tout simplement obtempérer et accuser la fatalité des temps.
Pari raté et Paris s’enflamme. Il revenait en effet à Emmanuel Macron de pousser encore un peu plus loin le bouchon jeté depuis longtemps par quarante ans de falsification politique et il l’a poussé, l’idiot, jusqu’au point de rupture.
Il est désormais trop tard, je pense, pour ramener tout le monde à la sérénité, car chacun a compris la férocité de l’injustice et, surtout, chacun a compris que s’il n’avait pas élevé la voix, hé bien, on aurait fini par lui manger le peu de laine qui lui restait sur le dos.
A posteriori, la colère, l’envie d’en découdre et les ressentiments se sont donc décuplés.

J’entends de-ci de-là les crétins habituels évoquer mai 68… Ce sont pourtant deux séquences historiques qui n’ont strictement rien à voir entre elles et qui sont même diamétralement opposées dans leur genèse.
En mai 68, il y avait moins de 600 000 chômeurs dans toute la France ! Les gens vivaient bien, personne – ou pas grand monde - n’avait à souffrir de l’exigüité des salaires et des revenus. Personne ne dansait devant le buffet ! L’explosion eut lieu non pas pour la survie et les exigences du nécessaire, mais pour une jouissance, intellectuelle et physique, encore plus grande de la vie. Ce qui explique, en partie, et sa brièveté factuelle et la longueur de son onde de choc dans les esprits.
La révolte d’aujourd’hui est, elle, brute de pomme, c’est  la révolte autour du pain. Le cri du ventre. Et ça, ça ne se calme pas avec des bonbons et des friandises.
Le raz de marée, débridé, va donc maintenant tenter de tout balayer sur son passage, jusqu’à satiété. Le ventre plein l’homme peut discuter, chantait un vieux cantique libertaire, et même si ce mouvement est tout sauf d’inspiration libertaire, il s’agit bien de cela.
J’espère qu’il n’oubliera pas d’engloutir aussi les salauds opportunises qui, depuis le début, soufflent sur les braises, appellent aux urnes, non pas pour plus de justice à l’égard du peuple, mais pour qu’on élise leur petite personne crapuleuse en lieu et place des actuels dirigeants !

Et puis, si, de cette insurrection, naissent un jour des hommes nouveaux, des citoyens libres et généreux, ils n’oublieront pas qu’ils doivent l’organisation de leur victoire aux réseaux sociaux, que c’est là qu’ils se sont rencontrés et qu’ils ont fédéré leur courroux.
Quand les temps alors se seront apaisés et qu’à leur tour ils voudront légiférer sur le dos courbé des gens, ils sauront donc comment faire pour museler les grognes et les cantonner dans les chaumières.
Et franchement, ça m’amuse par anticipation tant je vois les pseudo-intellos, pseudo-écrivains, pseudo-penseurs de réalité frelatée, pseudo-tout et pseudo-rien, bomber le torse, applaudir au soulèvement sans savoir qu’ils sont, les jocrisses, en train de saboter le canevas où se brode leur dernière illusion d’exister !

Car toute révolution, une fois accomplie, se met à table et commence par bouffer ses enfants.

18:44 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : écriture, politique |  Facebook | Bertrand REDONNET

Commentaires

Je vois que tu as pris conscience de la colère profonde qui anime ce mouvement et qui dépasse de loin la taxe sur les carburants que certains avaient mis en avant au début.

Il est certain qu'Internet a joué un rôle majeur dans ce soulèvement. Il est en effet à craindre que des lois liberticides suivront.

Écrit par : Feuilly | 05.12.2018

Je ne vois pas ce que tu veux dire : j'ai toujours eu conscience de la colère...
Il me semble que je ne t'ai parlé que du versant politique de cette colère...Ce que je maintiens...

Écrit par : Bertrand | 05.12.2018

Les "gilets jaunes" veulent tout tout de suite, entend-on dans les médias. Au sens propre, ils attendent en effet de "l'Emmanuel" une épiphanie et une multiplication des pains. Sauf qu'il est évidemment incapable de la leur apporter vu les intérets qu'il défend et le peu de lucidité qui est sienne. Alors ils lui aménagent un chemin de croix. Il est des symboles avec lequels, pourtant, on ne joue pas. J'entends encore ce macron qui a détourné toute cette rhétorique chrétienne ("en marche") expliquer par ailleurs que "la culture française n'existe pas" et qu'il est le "maître des horloges". La France où l'on se dit partout "à Dieu" "pardon" ou "merci" est une vieille société chrétienne laïcisé par des cyniques depuis un bon siècle et détournée de son histoire par eux. Ce peuple qui ne sait plus qu'il est chrétien patauge dans le libéralisme et les valeurs maçonniques dont l'abreuvent ses élites. Cela dit, tu as raison : comme ces élites ne sont pas chrétiennes, le peuple se fera évidemment bananer, car lui non plus n'est pas innocent et a le plus souvent sombré dans un athéisme si intolérant - l'histoire l'aura prouvé - que finalement seuls le divertissement et le spectacle sortiront indemnes de l'aventure : ils n'auront plus que ça pour toute nourriture, malheureusement. Le serpent se mord la queue, enserrant ceux qui sont dans ses anneaux. En attendant, si la France tombe dans la guerre civile manifeste (car elle est déjà dedans en réalité), c'est fondamentalement à cause de la haine du Christ de ses élites et du mensonge fait par elles à sa population.
Un chrétien véritable n'est pas là pour précher un amour limité à l'humanisme déicide des Lumières et la tolérance vertueuse de la morale pervertie. Il attend le retour du véritable "Emmanuel". Ce dernier, qui sait qu'il doit tout au Père parce que l'obéissance heureuse n'est pas soumission mais filiation, y compris donc l'être et la respiration, commence par apprendre à son peuple à prier, et non à consommer, à aimer Dieu et pas des idoles, à respecter la Création et pas à préserver l'environnement... Alors l'épiphanie devient possible, mais la France infidèle et prise dans l'étau de sa constitution maçonnique en est loin, hélas. Nous en sommes là.

Écrit par : solko | 05.12.2018

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