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16.10.2018

Marathon rouge sang

IMG_2674.jpgC’était en décembre 2016. L’air était sombre et l’hiver sous la neige déjà s’éternisait.
Je venais d’affronter une épreuve des plus sévères, sans doute la pire de ma vie. Je n’avais d’ailleurs pas encore franchi tous les obstacles dressés devant moi et une grande partie de la confiance que j’avais eue jusqu’alors, quoique très confusément, en mon étoile, venait de sombrer…
Depuis, j’ai repris le dessus. Du poil de la bête, comme on dit. Un peu, beaucoup même… En  apparence, tout du moins. La cicatrice à l’intérieur n’est pas tout à fait muette encore.
Elle reste une menace. Tapie dans l’ombre de mes doutes.
Mais laissons cela ;  c’était donc en décembre 2016.

Je venais également d’achever la rédaction de La pomme ne tombe pas loin du Pommier. J’étais tombé amoureux de mes personnages, ils me manquaient. J’essayais alors, tant bien que mal, d’aborder cette phase de relecture, que tout romancier connaît bien ; temps des corrections, des reformulations, du recul.
Un ami de France, Philippe Paillaud, rencontré jadis en Deux-Sèvres sous les ors conjoints de la Préfecture et du Conseil général de l'époque, avec lequel j'avais entretenu une complicité goguenarde mais que je n’avais revu qu'une seule fois depuis mon départ en Pologne - au cours d'une lecture publique de Zozo, chômeur éperdu -  m’écrivit alors pour me faire part du projet qu’il mûrissait d’écrire un roman policier ; un roman noir plus exactement.
Il me demandait si je pouvais l'accompagner, le conseiller, le corriger, le soutenir.
Faire plaisir à un vieil ami est toujours un plaisir, surtout dans ce domaine.
Je lui posai des questions, lui fit repréciser la teneur de son projet, formulai mes exigences de qualité et lui donnai mon accord.

Ce fut alors le début d’échanges quotidiens, par mails et WhatsApp. Echanges amicaux, de travail, d'écriture, de réflexions décalées sur le vaste monde et son bordel, de rigolades itou et, parfois, frisant le sarcasme et l’engueulade, de saillies aigres douces parce qu’il est, le copain, hélas, presque aussi soupe au lait que mézigue… Je dis  presque. Car il ne faut rien exagérer.
L'honnêteté, d'ailleurs, me commande de noter ici que Philippe sut me prouver sa gratitude en me rendant quelques bons et loyaux services.
Deux ans, donc, la tête dans le guidon, jusqu'à ce que Loïc Jouaud, éditeur de mon dernier Opus, ait le bon goût de trouver le résultat à son goût.
Le livre sortira donc le samedi 20 octobre...

Il vous prendra d’abord par la main dans les allées du Jardin du Luxembourg pour suivre un affriolant petit popotin courant son jogging crépusculaire et soudain… patatras !  Puis il vous emmènera sur les sables de l’Algérie, à la sale époque des tortionnaires de l’armée française, puis au Chili, dans une époque également nauséabonde, celle de Pinochet, avant de vous ramener à Paris, sur les marathons de France, notamment celui du Médoc.
Vous marcherez à chaque fois dans les pas d’un tueur fou, vous regarderez autour de vous, fouillerez les pages pour savoir qui tue et pourquoi et vous ne verrez rien…
Jusqu’au dernier chapitre, bien sûr.
Le livre est bon, alerte, bien construit, rapide et puis… Mais non !

Lisez plutôt et revenez vite m’en parler.

18:50 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, écriture |  Facebook | Bertrand REDONNET

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