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21.09.2015

Macron, le corbeau rose

IMAG1795.jpgAux temps jadis, les farouches Normands chevauchant l’écume des mers, embarquaient des corbeaux à bord de leurs drakkars, à dessein d’en faire des éclaireurs.
Ils en libéraient en effet un de temps en temps, en pleine mer, et, s’il revenait, cela signifiait alors qu’il n’y avait pas de terre toute proche.
Si, au contraire, l’oiseau faussait compagnie à ses geôliers et ne reparaissait plus, c’est bien qu’il avait retrouvé son élément, une terre où reposer ses ailes et amuser son bec.
Les redoutables conquérants poussaient alors sur les flots leurs chants sauvages avec plus d’enthousiasme encore, en même temps qu’ils secouaient plus énergiquement la rame dans la direction précise où le noir éclaireur avait disparu. Et gare aux riverains qui n’avaient pas su lire – comment l’auraient-ils pu, les pauvres bougres !? - l’arrivée dans leur ciel du sinistre messager !
Aussi beau et ingénieux que j’aie toujours pu considérer le procédé, parce qu’il se servait des éléments primaires de la planète et de l’instinct, parce qu’il supposait aussi une connaissance superbe, panthéiste, du monde,  je n’ai pu m’empêcher, ces jours-ci, de le repenser en termes d’une vilaine allégorie, à la fois amusée et dégoûtée,  à propos de toute autre chose, pas beau du tout, mais tout aussi ingénieux avec, en plus, une bonne dose de perfidie et d’esprit de manipulation dont nos conquérants danois et norvégiens, tout féroces barbares qu’ils aient été, étaient complètement dépourvus.

Les gens qui sont actuellement aux manettes de la République de France n’ont évidemment rien à voir avec l’intrépide courage des Vikings auxquels ils ressemblent à peu près autant qu’une de mes poules peut ressembler à un Tyrannosaure, mais ils n’en utilisent pas moins, eux-aussi, des corbeaux qui s’en vont croassant sur la houle médiatique,  à seule fin de sonder les réactions de la populace et de choisir, peut-être, enfin, une direction où faire naviguer leur triste «gouvernance».
Leur corbeau de prédilection aurait pu, selon les sources de la vieille langue germanique, s’appeler Bertrand, le corbeau intelligent, tant il l'est, intelligent et fin, cet oiseau-là !
Mais il s’appelle Emmanuel, dieu avec nous… ce qui, ma foi, n'est pas plus mal.
Dès lors, pour tout esprit encore quelque peu en éveil, il est inconcevable qu’un messager aussi dégourdi commette régulièrement des bourdes primaires et, surtout, manifestement à contre-courant de la navigation annoncée, comme s'il s'évertuait à faire chavirer la frêle embarcation-  les 35 heures, le statut des fonctionnaires, le SMIG, toutes notions chères à l’idéologie de ses capitaines - sans qu’il ne soit en service commandé, sans qu’il ne porte en son bec simulant l’imprudence une parole qui lui a été confiée, pour qu’il la distribue,  et que n’osent mettre franchement sur le tapis ses insidieux et pleutres capitaines.
Ainsi, notre oiseau lâche-t-il régulièrement sa petite bévue libérale de changement de cap et s’ensuivent automatiquement les réactions, outrées ou consentantes, de l’équipage tout entier. Les chefs de bord prennent alors, à bon marché et sur son dos consentant, la mesure de l’opinion sur ces sujets tabous et font mine effarouchée de vouloir faire taire l’oiseau de malheur.
Mais l’idée est lancée, elle est dans l’air, elle est rumeur et personne ne pourra dire, quand viendra le moment de lui donner corps, qu’elle n’a jamais été évoquée !
Emmanuel est donc un porteur de patates chaudes.
Jusqu’à l'inéluctable naufrage, il va sans dire. Car là où veulent accoster ces pâles et timorés barbares, il n’y a plus âme qui vive ni richesses à spolier.

12:04 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : écriture, politique, littérature |  Facebook | Bertrand REDONNET

Commentaires

Peut-être. Mais c'est remarquablement bien exprimé

Écrit par : Pierre | 22.09.2015

Alors, il me reste à vous remercier, cher Monsieur :))

Écrit par : Bertrand | 22.09.2015

Les commentaires sont fermés.