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27.06.2014

L'aveu

imagedeguerre_accueil.jpgUn scandale secoue les superstructures politiques de la Pologne.
Des individus aux responsabilités énormes - soit  le directeur de la banque centrale, le ministre de l’intérieur et le chef de la diplomatie - ont en effet été piégés par des indélicats qui ont enregistré leurs conversations privées dans de grands restaurants de Varsovie.
Le moyen utilisé est crapuleux. Crapuleux comme le fut, en France, les mises sous écoute de Sarkozy - à l’égard duquel je ne puis pourtant pas être soupçonné de nourrir quelque sympathie - et la publication de ses conversations peu amènes.
Hélas, je le dis avec l’écœurement le plus sincère, dans un monde scrupuleusement crapuleux, seuls les moyens crapuleux permettent d’identifier ça et là des brins de vérité surnageant dans un océan de falsifications.
Tout ça est à vomir, tout ça relève d’une humanité qui a perdu le sens de toute mesure et de tout contrôle réel de son propre destin.

La sphère politique polonaise est donc en émoi.
Comme le serait un voleur en train de commettre quelque larcin et pris la main dans le sac.
Je passe sur tout ce qui s’est dit dans ces conversations privées. Les contradictions intestines des États m’indiffèrent.
Ce qui me fait bondir, ce sont les dires du chef de la diplomatie polonaise, le sieur Sikorski, celui-là même qui conduisit la délégation de trois diplomates européens à Kiev, dont le matois Fabius, un soir de février alors que les snipers tiraient sur la foule et que les cadavres se multipliaient à Maïdan.
Dans l’ambiance feutrée d’un salon pour VIP, Sikorski affirme en substance que la Pologne va se fâcher avec la Russie, peut-être même avec l’Allemagne et la France, parce qu’elle se croit protégée par les Américains alors que ce n’est là qu’une illusion et que cette sécurité promise par l’Outre-Atlantique ne repose sur rien…
On n’en croit pas ses oreilles car c’est exactement ce que nous pensons et disons, nous, tout petit, tout minuscule et sans voix, être méprisé des grands de ce monde, depuis le début de la guerre civile en Ukraine.
Et ce que ce diplomate, brillant, d’une intelligence hors du commun, ne peut pas dire publiquement, au risque même que son silence fasse basculer le monde dans le chaos nourri du sang de milliers et de milliers de pauvres gens, l’homme privé, redevenu par le fait sincère, humain, moral, le confie.
Stupeur jusqu’au silence tétanisé…
Je réécrirai simplement une phrase que je publiai ici même le 14 mars dernier dans un texte intitulé Impérities ou immondes calculs  ? :

«  […] Car une fois que Poutine, l’Oncle Sam, l’Allemagne, Londres et Paris - parce qu'ils n'ont que cette solution de compromis pour éviter le troisième cataclysme - se seront tendu la main par-dessus sa tête (de la Pologne), ils ne se fâcheront pas une deuxième fois pour les beaux yeux de Varsovie. »

Monsieur Sikorski lirait-il L’Exil des mots ? J’en doute fort…

J’accuse donc :

Avec la  guerre civile  dans  l’est de l’Ukraine, l’Europe a montré, à qui veut bien avoir le courage de le voir, son vrai visage.
Son masque publicitaire et fondateur qui est de garantir au vieux continent, maintes fois dévasté par les guerres les plus meurtrières de l’Histoire, paix et fraternité, est tombé.
Il n’y aura désormais plus que les menteurs intéressés à la confusion des genres pour tâcher de lui recoller tant bien que mal ce loup lénifiant sur le nez.

J’accuse l’Europe d’être, avec son allié étasunien, l’instigatrice première de tous les troubles qui ravagent l’Ukraine depuis novembre 2013 et d’être le bras armé  responsable de tous les hommes tombés sous les canonnades dans le Donbass.
C’est elle, et elle seule, qui, depuis le 7 février 2010, depuis l’élection de Ianoukovitch à la Présidence de la République ukrainienne, manœuvre en taupe pour saper l’État ukrainien et le faire discrètement entrer dans son giron, non pas politique, mais économique.
Politiquement, structurellement, l’Europe n’a plus les moyens d’un élargissement. C’est donc en impérialiste qu’elle cherche à déborder ses frontières et à usurper de nouveaux marchés.
Ses intérêts peu ragoûtants coïncident historiquement avec ceux des États-Unis, soucieux d’isoler et d’affaiblir la Russie, seul pays au monde capable de s’opposer avec une chance de succès à la destruction programmée à plus ou moins long terme de l’Iran.
Entre autres.
L’échiquier est en place.
Et on peut voir, sur cet échiquier dramatique, danser comme un grotesque bouffon, le Président français ânonnant toutes les vilénies guerrières d’Obama et de l’OTAN.
D’ailleurs lisez bien et décodez : Plus Poutine tâche de se montrer conciliant, fait annuler par le Sénat l’autorisation d’intervenir militairement en Ukraine, retire ses troupes de la frontière orientale, se dit prêt à discuter avec le nouveau milliardaire-président, déclare souhaiter que le fragile cessez-le-feu soit pérenne, plus Obama hausse le ton, menace de nouvelles sanctions, comme s’il voyait un gros poisson pris dans ses nasses en train de lui échapper.
Et Hollande répète comme un vil laquais…
Quelle honte !

D’ailleurs, lisez et décodez encore : le sang déjà versé n’est pas séché, tous les jours des hommes tombent encore mortellement dans le Donbass et pendant ce temps-là, frénétique, anxieuse, l’Europe s’empresse de faire signer sur un coin de table un accord de partenariat à Kiev.
Un accord signé d'une plume trempée dans le sang frais.
Honte éternelle à cette Europe-là !
Car qui cherche l’affrontement ? Qui cherche la guerre ? Qui court avec envie après le désastre ?
Allons, allons, écoutez soigneusement monsieur Sikorski en ses conversations frauduleusement captées : il en sait bien plus long que Vous et moi sur la question...

11:54 Publié dans Ukraine | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : écriture, ukraine, politique |  Facebook | Bertrand REDONNET

Commentaires

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Il faut voir la mine réjouie de Barroso

Écrit par : Feuilly | 28.06.2014

Oui... Et quand on sait que, justement, c'est pour avoir refusé de signer cet accord, que Ianoukovitch a été "renversé", on sait aussi du même coup qui étaient les instigateurs de l'insurrection et qui armaient les insurgés.
Sitôt leur crime commis, les sournois comploteurs sont venus toucher leur rançon....
J'espère que l'Histoire retiendra de ces politiciens européens ce qu'elle a retenu des grands salopards.
ET quand tu penses, que dans le même temps, cette Europe prépare en douce le traité transatlantique, qui, dans quelques années,à n'en pas douter, sera donc élargi à l'Ukraine, tu as à peu près toutes les clefs pour comprendre la crise ukrainienne.

Vous avez dit Poutine ? Comment ça Poutine ? Un fou, un agresseur, un violent, un nostalgique de l'Union soviétique... Ben voyons....
J'espère aussi, même si je ne suis plus là pour le voir, que les journalistes de tout poil seront un jour jugés pour leur participation massive au vaste mensonge, en Ukraine, comme en Syrie, comme partout où l'Europe et les EU magouillent pour leur hégémonie.

Il nous reste " La grotte de l'hermite"

Écrit par : Bertrand | 28.06.2014

Quant au luxembourgeois fédéraliste qui prend la tête de l'UE, rien de bon à en attendre non plus.
L'élargissement fut la ruse du fédéralisme, et le fédéralisme est devenu celle de l'impérialisme. Un impérialisme qui sévit aussi de l'intérieur dans le champ sociétal, qui nivelle, aplanit, détruit, abrutit... Mieux valait l'Europe des nations, assimilée suite à des amalgames dans l'esprit de la plupart des gens désormais à une Europe "guerrière",comme si l'organisation en nations devait fatalement déboucher sur la violence, ce qui relève de la propagande et de la falsification historique.

Écrit par : solko | 28.06.2014

En attendant, Solko, on ne peut plus dire que l'Union européenne défend la paix. Le seul point positif qui était à son actif me semble obsolète. La rivalité entre pays est simplement remplacée par une rivalité entre blocs continentaux.

Écrit par : Feuilly | 28.06.2014

L'Europe aurait pu être une belle et grande idée.
Trop belle et trop grande pour les hommes de ce siècle

Écrit par : Bertrand | 28.06.2014

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