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12.05.2014

Ecce homo

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Je veux dire quelques lignes lointaines pour cet homme.
Cet homme que je ne verrai jamais, que je ne croiserai jamais, duquel je n’entendrai jamais un mot…
Un homme modeste. Un gars du commun des communs.
Et sur le visage de cet homme modeste, de ce villageois des environs de Slaviansk,  tout l’effroi, tout le dégoût et tout le désespoir du marin qui fait soudain naufrage.
Est-il séparatiste pro-russe ? Est-il pour Kiev et l’unité de son pays ?
Que lui importe à présent ! Que lui importe la couleur du drapeau sous lequel le canon veut le faire se coucher !
Ce matin, on a démoli sa maison ; une maison qu’il avait payée de sa sueur, de sa patience et de ses espoirs d'homme besogneux.
On a fait s’effondrer son toit, on a criblé ses murs de balles…
Toute une vie qui sombre dans la folie. Des repères qui volent en éclats.
Combien sont-ils ainsi ?
Des gens de peu, des miséreux, des simples, des nous, qui, en ce moment, se trouvent pris en otages par l’implacable  marche de l’histoire ?
Cet homme me fait peine. Beaucoup.
Europe et tes magouilles, Amérique et tes insatiables
appétits, Poutine et tes rêves de grandeur, voyez cet homme !

Nous aurons traversé des milliers d’années d’histoire pour en être encore à ce regard  foudroyé par l'absurde.

Image AFP

13:54 Publié dans Ukraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, écriture, ukraine |  Facebook | Bertrand REDONNET

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