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17.03.2014

Je me pose des questions

NR.JPGQui ne sont pas forcément légitimes, mais le fait est qu'elles sont.
Tenez, ce matin par exemple, je voulais écrire ça :

"Un clown

L'UE ne reconnaîtra pas la "pseudo consultation" en Crimée…
Quand il a dit ça, le galant en mobylette, on aurait dit qu’il venait de découvrir l’eau chaude.
Pourtant… Déjà en 2005, il n’avait pas reconnu la vraie consultation qui sanctionnait négativement le traité européen et, au congrès de Versailles, avait déclaré la susdite consultation nulle et non avenue.
C’est une manie chez lui. Une manie de clown.

Interrogé sur la possible suspension de la vente de navires militaires français de type Mistral à la Russie, il a déclaré que ces sanctions "liées à la coopération militaire" relevaient du "troisième niveau de la sanction". "Nous en sommes au premier", a-t-il relevé.
Ben voyons…
Moi, je serais ukrainien que je ne voudrais pas pour un sou d’un ami pareil ! Genre qui vous caresse la joue droite et qui vous flanque une beigne sur la gauche. Genre qui vous chante la messe de l’apaisement le doigt sur une gâchette…
Tant il est vrai que des millions de dollars paraphés sur un contrat, ça vaut bien tous les Ukrainiens et toutes les Crimées du monde !
Un clown, certes, mais pas désopilant du tout. Un clown tragique."

Je voulais donc écrire ça, mais je ne l’écrirai pas.
Parce que je me pose des questions. Depuis que je publie mes textes sur le drame ukrainien et la fourberie démocrate des Européens, les lecteurs sont très nombreux.
En revanche, peu, très peu de réactions. Aucun débat sur cette exceptionnelle situation qui risque fort de nous tous embarquer sur le pire des radeaux.
Pourquoi ?
Peur de se tromper de camp parce que, cette fois-ci, le chaos n’est plus aux antipodes, sous d’autres cieux que nous ne verrons jamais, mais  bien à notre porte ?
Pourtant, je ne fais allégeance à aucun des protagonistes, même si je dénonce plus facilement ceux d’entre eux qui avancent les plus masqués.
Je ne fais allégeance qu’à l’amitié entre les peuples.
C'est-à-dire à une Idée.

J'ai signé ici un article dans la Nouvelle République du Centre-ouest.

11:42 Publié dans Ukraine | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : littérature, écriture, ukraine |  Facebook | Bertrand REDONNET

Commentaires

Bertrand, ta déception est compréhensible..Tu es si près de l'Ukraine que tu prends notre manque de réactions pour un manque d'intérêt; peur de choisir son camp,dis-tu... en ce qui me concerne et moi seule, je me sens tellement laissée pour compte, je suis sûre qu'aucun politique ne prête la moindre attention à ce que je suis, à ce que je vis; donc comment choisir un camp et pourquoi? envolés ou enterrés les enthousiasmes de mes 18 ans; je ne participerai donc à aucun de ces débats qui ne débouchent sur rien; çà n'engage que moi.

pour info, et c'est bien plus plaisant, je commande ton bouquin

Amitiés

Écrit par : Emery Anne-marie | 17.03.2014

Ah, chère Anne-Marie, cette info dernière me fait bien du plaisir !

Quant au reste, je ne reproche rien, absolument rien à mes lecteurs. On a le droit de ne pas se sentir concerné. Heureusement !
Tu dis aussi : "je suis sûre qu'aucun politique ne prête la moindre attention à ce que je suis, à ce que je vis..."
On en est tous là !
Ce qui, non seulement ne doit pas nous empêcher de prendre la parole, mais au contraire nous inciter à parler.
Bien à Toi

Écrit par : Bertrand | 17.03.2014

Je pense aussi, comme Anne Marie, qu'une telle lassitude s'est installée, devant le désintérêt des politiques pour le peuple, qui ne servent tous que les intérêts "supérieurs" comme ils disent de la haute finance et des élites mondialisées du spectacle, que les gens ont le sentiment que débattre ne sert plus à rien. Les politiques ont tué le débat, comme ils ont tué la démocratie. Ils ont joué l'Etat totalitaire dirigé par des instances supranationales non élues contre la nation diabolisée depuis quarante ans et vidée peu à peu de sa substance, de sa monnaie et de sa souveraineté. Personne n'ose défendre la nation de peur d'avoir l'air lepéniste, et tout le monde a compris que cette Europe est totalitaire et s'y soumet résigné. Dans bien des esprits, la propagande est venue à bout de l'intelligence.
Merci en tout cas de faire entendre votre voix à propos de cette affaire que nous sommes cependant nombreux à suivre, inquiets

Écrit par : solko | 17.03.2014

La preuve que nos politiques se moquent bien de la voix du peuple, c'est quand ils déclarent que le référendum en Crimée est illégal. Je ne vais pas débattre sur ce problème, mais il est clair que ces gens veulent être russes, or on voudrait leur dénier ce droit.

Écrit par : Feuilly | 17.03.2014

Quand je ne commente pas c'est que je n'ai pas assez d'éléments pour comprendre et je préfère éviter de dire des conneries (même si j'en dis plus souvent qu'à mon tour). Là je viens de lire plusieurs articles et voici avec quoi je me sens en phase :

Le droit à l'autodétermination d'un peuple est inviolable. La Crimée a massivement choisi et à ça nous n'avons rien à dire. Ce que l'on peut souhaiter c'est que cela ne déstabilise pas la république ukrainienne dont il serait bon qu'elle reste ouverte à tous ses citoyens, d'origines ukrainienne, russe, tatare, roumaine, hongroise...
Le nouveau pouvoir de Kiev, pro-occidental, pro-otan, qui accepte en son sein des factions nationalistes et d'extrême-droite n'est sans doute pas étranger au vote de crise de la Crimée. J'ai toujours très peur de l'exaltation de l'identité, car elle signifie l'exclusion des autres. Et je crois qu'une nation peut rester souveraine tout en étant riche de sa diversité. La crispation identitaire n'est jamais une bonne solution.

Écrit par : Michèle | 17.03.2014

J'avoue avoir un peu provoqué, mais ça me fait du bien d'entendre votre voix sur ce sujet si grave, Solko et Michèle...Feuilly, quant à lui, s'est souvent exprimé ici.
Je dis "sujet si grave", vous l'aurez compris, grave en soi mais d'autant plus sensible pour moi que la poudrière est à 50 km.
Feuilly, ce référendum fut. On peut discuter mille fois de la situation dans laquelle il s'est déroulé mais faut être gonflés comme seuls des politiques peuvent l'être impunément pour l'incendier de tout leur verbe après avoir reconnu celui du Kosovo qui s'était déroulé dans des conditions bien pires que celui-ci et contre l'avis de la Russie. L'OTAN et les Européens, complices encore une fois, jouait sur un démantèlement de la Serbie. Leur sens de la légalité et de la démocratie est à géométrie on ne peut plus variable.
Donc, entièrement d'accord avec Toi. N'est pas bon pour l'Occident ce qui va à l'encontre de ses vues.

Solko, oui, je comprends. Découragé de prendre parti, découragé de faire entendre sa voix, découragé de librement penser. Nous en sommes là, c'est vrai. L'inutilité de la critique a atteint un point dramatique, jamais atteint, même sous les régimes les plus autoritaires, si l'on excepte Hitler et Staline. La démocratie écoute, fait mine d'entendre et file son chemin préconçu, dicté par des instances qui nous sont aussi éloignées que Mars l'est du soleil. Vous parliez une fois de "dissidence". Je crois que c'est le mot juste. La dissidence n'attend rien, que sa propre fierté d'être dissidence.
Merci de votre réflexion.

Michèle, cette retenue t'honore. Tu as raison pour l'exaltation de l'identité. Mais ce que n'ont pas compris les Ukrainiens de Kiev, de Majdan, dans leur recherche légitime d'identité nationale loin de l'ombre de Moscou, c'est qu'ils jouaient une partie dont l'enjeu leur avait déjà été volé par les Nazis, manipulés par l'Europe et les EU. Le drame ! Le drame de toute révolution dont les aspirations sont canalisées par les stratèges.
La Crimée a voté la Russie.J'espère comme Toi qu'elle saura respecter les minorités qui l'habitent. Ce que je crains c'est que les taupes de l'Occident ne viennent lui saper ses fondements.
Nous n'en sommes qu'aux premières péripéties d'un drame qui va s'éterniser. je le crains.
Merci d'être venue.

Écrit par : Bertrand | 18.03.2014

Ah ça fait plaisir ! Oui, le Kosovo est Serbe !

Écrit par : Alfonse | 18.03.2014

Oui, le Kosovo était même le berceau de la culture serbe

Écrit par : Bertrand | 19.03.2014

salut bertrand

j'avoue qu'il est très facile de se méprendre, de prendre parti pour les occidentaux, ça parait tellement évident ...
alors merci de nous ouvrir les yeux

d'autres les ouvrent également semble-t-il :

http://www.causeur.fr/ukraine-svoboda-olivier-berruyer,26689
http://www.les-crises.fr/ukraine-oaodvd-7/
.

Écrit par : jacky | 19.03.2014

Bonjour Jacky et merci pour ces liens très édifiants.
J'espère que les lecteurs de l' Exil en prendront connaissance.

Écrit par : Bertrand | 19.03.2014

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