UA-53771746-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14.03.2014

Impérities ou immondes calculs ?

reuters.jpgLe ministre russe des affaires étrangères, Lavrov, porte-parole de Poutine-Bonaparte, s’étonne avec juste raison de ce que son homologue français, Laurent Fabius, affirme sans vergogne sur France Inter que le gouvernement insurrectionnel de Kiev n’est pas un gouvernement d’extrême-droite. Bien à droite, admet le rusé Fabius, mais pas à l’extrême-droite  quand même.
On est en droit de se demander où, dans sa stratégie de brouilleur de cartes déjà biseautées, Fabius classe ce gouvernement dans lequel officient trois membres de Svoboda, parti nationaliste, xénophobe, résolument et ostensiblement – brassards croix gammée arborés sans vergogne -  antisémite. Très légèrement à gauche d’Hitler, sans doute. François Copé, dans les «fabiuseries» diplomatiques et eu égard à l’idéologie de ceux qui ont pris le pouvoir en Ukraine, est un anarchiste partisan de la démocratie directe et du partage social. Marine Le Pen, quant à elle, comme chacun ne saurait à présent l’ignorer, est une dangereuse trotskiste !
Si ce n’était à ce point dramatique d’entendre des embrouilles pareilles, si ce n’était pas par ces discours irresponsables ou pervers qu’un nouveau cataclysme guerrier risque de nous trancher la tête, le fou rire nous ferait mal au ventre…
Fabius est un menteur. D’ailleurs Lavrov lui rappelle qu’en octobre 2013 le parlement européen déclarait à propos de Svoboda "que ce parti allait à l'encontre des valeurs fondamentales de l'Union européenne".
Alors qu’est-ce qui a changé en cinq mois, Monsieur le digne diplomate français ? Le parti nazi ukrainien ou les valeurs européennes ? Hum... La question mériterait plus ample examen.
Et Lavrov d’ajouter : « Désormais, on arrive à une situation où les dirigeants de Svoboda, parmi lesquels une figure aussi odieuse qu'Oleg Tiagnibok, sont devenus en Occident des personnalités tout à fait respectables ».
Vous avez bien entendu :
Oleg Tiagnibok. L’Europe a donc bel et bien vendu son âme au diable mais c’est pour nous qu’elle ouvre les portes de l’enfer. Car connaissez-vous bien cet Oleg Tiagnibok ?
Pour plus de rapidité, je pique quelques éléments dans Wikipédia et je jette à la face de Fabius, Hollande, et de tous les soi-disant démocrates européens les lignes suivantes : « Parti Svoboda. Son dirigeant est Oleg Tiagnibok. En automne 2011, le parti avait organisé un défilé contre l'arrivée massive de juifs hassidiques, qui effectuent chaque année en Ukraine un pèlerinage sur la tombe d'un célèbre rabbin.
De même, l’organisation a souvent été pointée du doigt pour la glorification du passé collaborationniste d'une partie du peuple ukrainien avec l'Allemagne nazie et pour avoir organisé la commémoration en 2013 du 70e anniversaire de la création de la division SS Halychyna, qui a combattu dans les rangs hitlériens.»
Est-ce assez  clair ? Fabius sait-il lire ?
Rappelons aussi que les pires fauves, plus redoutables que leurs maîtres SS allemands, fauves parmi les fauves ayant égorgé, pendu et torturé à Sobibor, Majdanek et dans le ghetto de Varsovie étaient ukrainiens et que certains nationalistes se réclament aujourd'hui de cette glorieuse descendance !

 Ce n’est donc pas tant de Poutine – même si ses intentions n’ont rien d’angélique - qu’il faut avoir peur aujourd’hui, mais de ces politiques européens qui, par suivisme à l'égard de la volonté américaine de détruire une fois pour toutes la Russie géopolitiquement gênante, ont fait allégeance aux pires nazis que compte encore sous son ciel le vieux continent.

Et maintenant ?

1 - Dimanche, en Crimée, jour du référendum (duquel on peut effectivement douter de la légitimité), sera la journée de tous les dangers. Des provocations sont à craindre et si cette journée se termine par un bain de sang, il faudra que les citoyens européens réfléchissent pour une fois dans le bon sens et se demandent à qui profite le crime.
A tout le monde sauf à Poutine, ça tombe sous le sens le plus élémentaire.

2 – Tout se passe dans l’ordre. La Crimée verse du côté russe et n’est reconnue au plan international  que par elle. S’en suivra une longue déstabilisation, économique et politique, de toute la région.

3 –L’Ukraine amputée de sa province méridionale, blessée, versera dans le chaos des rancœurs intestines, dans les règlements de compte, et, partant, dans le nationalisme le plus intransigeant et le plus rétrograde.  Elle se tournera vers l’Ouest. Avec un œil gourmand, revanchard, sur les territoires polonais les plus proches, comme le montre une carte de l'Ukraine récemment revue et corrigée par les nationalistes.

4 – La Pologne, par russophobie historique et culturelle, s’est pourtant jetée à corps perdu dans les bras de l’Occident. Le chef de sa diplomatie, Sikorski, a traité publiquement Poutine « de rapace dont l’appétit grandit en mangeant». Avouez que dans la bouche d'un diplomate ayant en charge de calmer les esprits, ces propos sont pour le moins curieux !
Moscou ne lui pardonnera pas le camouflet. Et bien d'autres choses encore...
Les nationalistes ukrainiens, quant à eux, la haïssent… Les deux partis nationalistes, dont Svoboda, se sont déjà illustrés par des propos violemment polonophobes.
La Pologne donc, en fonçant tête baissée dans le brouillard américano-européen, n'a retenu aucune leçon de sa situation géographique et culturelle de pays tampon entre l’Est et l’Ouest, situation qui lui a valu pourtant d'essuyer au centuple toutes les grandes catastrophes du XXe siècle !
Des jours noirs l’attendent.
Je le crains.
Car une fois que Poutine, l’Oncle Sam, l’Allemagne, Londres et Paris - parce qu'ils n'ont que cette solution de compromis pour éviter le troisième cataclysme - se seront tendu la main par-dessus sa tête, ils ne se fâcheront pas une deuxième fois pour les beaux yeux de Varsovie.

En espérant, encore une fois, me lourdement tromper. Par amour pour mon pays d'accueil et amitiés pour tous les peuples de la terre.

Bon week-end à tous cependant !


Photo : Thomas Peter - Reuters

11:38 Publié dans Ukraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, ukraine, littérature, écriture |  Facebook | Bertrand REDONNET

Les commentaires sont fermés.