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19.02.2014

Ukraine : l'échiquier dangereux

politique, littérature, écriture, Galia Ackerman, historienne spécialiste de l’Ukraine, déclarait cette nuit  sur une radio française : Ce soir, ce n’est pas la révolution, c’est la contre-révolution.
Les troupes antiémeutes ont en effet donné l'assaut. Plus de 25 morts. Kiev plonge dans le sang et le chaos.
On accuse ouvertement Moscou d’être à l’origine de cette contre-offensive gouvernementale. Certes, les forces antiémeutes ukrainiennes n’avaient ni l'expérience, ni les moyens d’un tel déploiement de stratégie et de brutalité. Sans quoi Kiev ne serait pas occupé et bloqué depuis 3 mois…
Ça tombe sous le sens.
Mais, jamais, dans la bouche d’aucun journaliste, d’aucun spécialiste, d’aucun témoin, d’aucun commentateur, d'aucun irresponsable politique (dont le belliqueux Hollande et sa porte-bonne-parole) n’est dévoilée la présence d'autres protagonistes venus de l'extérieur, sur ce qu’il convient, hélas, mille fois hélas, d’appeler
désormais le champ de bataille ukrainien.
Les forces ukrainiennes n’avaient pas les moyens de conduire la contre-offensive. Je le répète. Mais les manifestants avaient-ils les moyens, même par milliers qu’ils sont, d’opposer une telle résistance à un régime aussi fort depuis un trimestre maintenant et de bloquer le cœur de la capitale tout comme une partie du pays ?
Les morts de part et d’autre ont, pour beaucoup, été tués par balles. Si on sait, bien évidemment, qui arme les troupes d’assaut pourquoi ne dit-on pas un mot, pas un seul,  sur l’origine de l’armement des opposants ?
"Ils ne sont pas armés", dit la presse occidentale. Des journalistes ont pourtant été tués par balles, notamment un journaliste russophone. Et pas par les troupes d'assaut...

Le véritable affrontement a donc un autre nom géopolitique et les deux armées en présence à Kiev ont pour chef d’Etat major respectif une identité autre que celle qu'on nous annonce.
Leur aide de camp : L’Europe pour l’un, Viktor Ianoukovitch pour l’autre…
Le seul commentaire politique intelligent, réaliste, me semble venir aujourd'hui de Donald Tusk, premier ministre polonais, qui sait de quoi il parle, les nationalistes ukrainiens ayant établi une carte de leur pays, valable en cas de victoire de leur camp, qui annexerait purement et simplement trois powiats (départements) polonais : «Varsovie dit sa crainte de voir éclater une guerre civile dans ce pays divisé entre les régions de l'est et du sud russophones et celles de l'ouest nationaliste.»
Tel est également mon sentiment. C’est cette division historique, géopolitique, culturelle, inaccessible à un européen de l’ouest, qu’utilisent ceux qui tirent les véritables ficelles de l’insurrection, dont les buts avoués seraient pourtant légitimes s'ils étaient déterminants : un retour à la constitution de 2004.

Si telle est réellement la distribution des cartes, le continent européen est, une nouvelle fois, au bord du gouffre, les belligérants venant de faire franchir le Rubicon à leurs troupes.
En souhaitant encore une fois  et de tout mon être me lourdement tromper.
En attendant, Kiev brûle… Comme a brûlé Damas. Sur le même schéma d’une identification fallacieuse des véritables forces en présence et des véritables enjeux à plus ou moins long terme.

13:56 Publié dans Ukraine | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : politique, littérature, écriture |  Facebook | Bertrand REDONNET

Commentaires

Merci de ce billet. Ici, personne en effet idée de ce qui se passe. J'ai entendu pendant un quart d'heure parler le faux mou Fabius puis la sotte Guigou, en partance pour l'Ukraine, chargée de je ne sais quelle mission. Inquiétant, en effet.

Écrit par : solko | 19.02.2014

Merci de nous éclairer,Bertrand; ici on est dans la confusion la plus totale,si on se contente des radios, la désinformation, comme d'hab; et on imagine parfaitement la préoccupation sinon l'angoisse de ceux qui sont voisins, comme toi; peut-être aurais-je tendance à faire confiance aux intelligences puisque là ne vient pas se greffer de fanatisme religieux; dis moi si je suis dans l'erreur; amitiés

Écrit par : Emery Anne-Marie | 19.02.2014

Le monde est en sang partout (Egypte, Syrie, Ukraine, Mali, Centrafrique, RDC, etc.). Cela finira mal (pour nous,évidemment).

Écrit par : Feuilly | 19.02.2014

J'habite a 40 Km de l'Ukraine et à 18 de la Biélorussie. Bien qu'aucune incidence ne se fasse pour l'heure ressentir en Pologne, bien sûr que la proximité géographique fait que...
Solko, oui, désastreux ces déclarations fourre-tout des politiques.
Et le monde vibre partout sur la sinistre musique des armes. L'interrogation est légitime : comment tout cela finira-t-il ?
On peut faire part de ses appréhensions, certes, mais nul ne sait à fond les contradictions en présence et en profondeur, partout...
Les historiens auront du grain à moudre.

Écrit par : Bertrand | 20.02.2014

Bertrand, je te lis avec beaucoup d'attention.

Écrit par : Michèle | 21.02.2014

Merci, Michèle

Écrit par : Bertrand | 21.02.2014

Les commentaires sont fermés.