« Ministère de la rééducation nationale : Réformes de la grammaire et du vocabulaire | Page d'accueil | Brassens et Villon »

dimanche, 15 juin 2008

Un homme, une écriture

Brassens ne voulait pas chanter. Sa passion s'appelait écriture. S'estimant médiocre chanteur, il se destinait alors à écrire pour les autres.

La vache enragée, il l'a bouffée des années et des années, uniquement penché sur ses manuscrits et ses notes, Impasse Florimont, ne se nourrisant que de pâtes et de conserves, pas un sou en poche.

 - Nous avions peur qu'il ne devienne un gangster, confie Pierre Onteniente.

Et quand il s'est présenté à Patachou pour qu'on lui chante ses poèmes, celle-ci n'a pu que dire :

- Mais enfin, qui voulez qui chante ça, à part vous ? 

Alors, force lui fut bien...On connaît la suite.

Fallet eut cette incomparable phrase dans le Canard enchaîné d'avril 1954, je crois : " Ce gars-là gratte les cordes de sa guitare comme on secoue les grilles d'une prison.

Que faisons-nous d'autre avec nos mots ?

Il faudrait lire Brassens. Pas seulement le jouer ou l'écouter. Ce poème par exemple. Ecriture délicieusement surranée et subtilement trempée dans l'encrier de Villon. Du grand, du très grand art.

 

- " Il aurait aimé te connaître" m'a dit un jour Emile Miramont, alias Corne d'Aurochs, son ami d'enfance.

 Et moi alors !

Je  suis un orphelin.

Dans ce monde de la vulgarité prétentieuse, il me manque terriblement, le Cygne de Sète.

On a les poètes du temps jadis qu'on peut... 


 

 

 

 

 

 

Commentaires

Merci pour tout ça, pour cet extrait, pour ce que vous dites de très sensible sur Brassens. J'ignorais l'anecdote Patachou, ainsi que le mot de Fallet. Oui, bien sûr, leçon d'écriture.

Ecrit par : Marc | vendredi, 13 juin 2008

Bien sûr, que nous sommes orphelins ! Et le pire c'est qu'il est parti si vite que nous n'avons meme pas eu le temps de le lui dire. On le croyait immortel, non? J'aime cette passion contenue dans l'article ci-dessus, ainsi que dans tout ce que vous écrivez et qui touche au moustachu de Sète. Nous sommes du meme tonneau.

Ecrit par : Lisecc | mardi, 05 août 2008

Les commentaires sont fermés.