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jeudi, 29 mai 2008
Changer la modestie en fierté et inversement
Ce blog peut se targuer, bon an mal an, d'être lu par 750 visiteurs par jour, heu, par mois, excusez-moi.
Mais de ce joli petit bilan, il me faut retrancher le fouinage des robots, le trifouillage de ceux que ça n’intéresse pas, les farfouillages des mal orientés du mot-clef, les vagabondages de l’ennui et autres clics de la clique indécise … etc et etc.
Disons cent cinquante lecteurs par mois, alors.
J’entends d’ici aller bon train les commentaires de ceux qui font leurs statistiques à l’envers et je vois bien les mines se griser. Certaines, même, font une moue un peu convenue de compassion.
C’est pas beaucoup, mon gars !
Et ben si, c’est beaucoup, mon gars !
Mais de ce joli petit bilan, il me faut retrancher le fouinage des robots, le trifouillage de ceux que ça n’intéresse pas, les farfouillages des mal orientés du mot-clef, les vagabondages de l’ennui et autres clics de la clique indécise … etc et etc.
Disons cent cinquante lecteurs par mois, alors.
J’entends d’ici aller bon train les commentaires de ceux qui font leurs statistiques à l’envers et je vois bien les mines se griser. Certaines, même, font une moue un peu convenue de compassion.
C’est pas beaucoup, mon gars !
Et ben si, c’est beaucoup, mon gars !
D’abord, parce que j’ai pris soin de retrancher 600 visiteurs et que j’ai donc gommé l’illusion d’optique, l’erreur de parallaxe. Vous devriez le faire aussi. A peu près dans les mêmes proportions.
Ensuite parce que je suis un illustre inconnu et vous en connaissez beaucoup, vous, des illustres inconnus qui sont réellement lus 5 fois par jour, quand bien même s’agirait-il toujours des mêmes visiteurs ?
Il y a une foule de livres qui sont passés sous les fourches caudines, en l’occurrence le pilon, sans jamais n’avoir vécu ça et leurs auteurs abusifs et abusés n’en signent pas moins leur carte de visite d’un« Machin-truc, écrivain » qui n’épate plus qu’eux-mêmes.
Ecrits vains, passez moi le poncif, serait mieux adapté. Comme poète à seize heures. A la débauche, quoi.
Et puisque j'en suis aux considérations quantitatives, j'ai envie d'exagérer le propos avec des chiffres pourtant vrais (comme les politiques) : j'ai mis vingt ans pour trouver un éditeur qui accueille mon livre sur Brassens. J'ai été lu à 2000 exemplaires. C'est pas mal, hein ?
Mais ça fait quand même que 0, 25 lecteur par jour, cette affaire !
Tout ça pour te dire, à toi que j’ai retenu dans mon escarcelle des 5 quotidiens, que le texte numérique ne se porte pas si mal. Parce que, en plus, je ne suis pas le seul illustre inconnu à n’être lu que 5 fois par jour. On est beaucoup et dans ce beaucoup, il y en a qui sont lus plus, sans doute.
Et si tu ajoutes à ça les connus qui, eux, sont lus plus de 500 fois par jour, mais qui sont quand même nettement moins nombreux, ça donne des multiplications intéressantes.
Intéressantes pour nous tous bien sûr. Mais comme c’est gratuit, toute cette effervescence, ça passe gentiment sous le nez du marché qui va commencer à le faire, le nez.
De l’écriture au noir, si tu veux.
Alors...
Alors Eric Besson, secrétaire d’état au développement de l’économie numérique vient de lancer ses assises du numérique. Il s’agit, avoue l’Etat par la voix de son chef pourtant de moins en moins crédible, de faire de la France une puissance numérique. Paraîtrait qu’elle est en retard et seulement 14ème dans ce domaine au niveau mondial. Beaucoup moins bien que dans le nucléaire.
Il y aura, à ces assises, 27 groupes de travail.
Gageons que, même si le déploiement de l’esprit constitue leur dix millième priorité, même si la littérature doit représenter dans leur vision de la richesse ce que représente un grain de sable sur une plage de l'île d'Oléron côté grand large, il y sera à un moment donné question, implicitement ou explicitement, du marché du livre.
Plus du marché que du livre, on est bien d’accord, mais c’est à nous qui écrivons régulièrement dans le noir et au noir de récupérer les récupérateurs.
Si tu vois ce que je veux dire.
Pour une littérature et donc une lecture vraiment numérisées. Qui ne soient pas divorcées du monde.
Plus du marché que du livre, on est bien d’accord, mais c’est à nous qui écrivons régulièrement dans le noir et au noir de récupérer les récupérateurs.
Si tu vois ce que je veux dire.
Pour une littérature et donc une lecture vraiment numérisées. Qui ne soient pas divorcées du monde.
De peu louables intentions donnent parfois des résultats qui le sont fort.
15:10 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature



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