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mercredi, 28 mai 2008
Le livre numérique, cinq recommandations
Préambules
1 - Répondant à une invitation de François Bon, autant par amitié que par conviction personnelle, je tiens à préciser sur ce blog (tiens, un p’tit livre numérique ?) un trait fondamental et récurrent de son propos. A savoir que les gens lancés dans l’aventure du livre numérique, aventure dans laquelle François fait figure de pionnier, ne demandent rien dans l’urgence en suggérant des pistes.
Ils honorent l’aimable invitation qui leur a été faite de s’exprimer sur leurs pratiques et leurs enjeux, non pas pour éclairer leur propre chemin dont ils savent bien qu’il est pavé de multiples inconnues et se débroussaille au jour le jour, mais bien pour éclairer, en l'état actuel de leur expérimentation, la réflexion de ceux qui entrevoient la nécessité qui bientôt s'imposera à eux de leur emboîter le pas.
- soit illégale et menace sa sécurité et, partant, celle des citoyens,
- soit qu’elle mette ou risque de mettre en difficultés un secteur important de l’économie,
- soit qu’elle est entrée en contradiction avec une autre pratique fortement ancrée dans la société et demande à être présentée dans ses tenants et ses aboutissants afin que, le cas échéant, le législateur résolve la contradiction en fixant un champ d’application, un modus vivendi, à chacune de ces pratiques.
La mission de concertation sur le livre numérique confiée à Bruno Patino par Christine Albanel, ministre de la culture, me semble appartenir à ce dernier cas de figure, quoique ma première recommandation ci-dessous y appose un bémol d’importance.
1 - En finir avec le raisonnement en termes de contradiction : Le livre numérique ne rentre pas en conflit mais prolonge une pratique culturelle en l’adaptant, in facto, à son époque. Ce prolongement est né d’une observation des comportements et, partant, de la prise en compte d’une aspiration citoyenne. Le livre numérique ne combat donc pas les secteurs de l’édition et de la librairie : Il vole à leur secours.
2 – Par conséquent, donner à la publication numérique le statut de livre et de production artistique à part entière en adaptant ledit statut aux nouvelles pratiques,
3 – Faire donc évoluer du même coup les droits et devoirs dans les relations contractuelles entre l’auteur et ses éditeurs (droits d’auteur, longévité des droits acquis, exploitations diverses de l’œuvre etc…)
4 – Au niveau de l’éducation, commencer à élargir les notions de nécessité et de plaisir de la lecture en ne les associant plus, forcément, à l’usage d’un manuel. Bref, mettre à jour le concept et le réel en rendant apparent ce qui est déjà essentiel dans la pratique quasi quotidienne de l’enfant.
5 – Encourager – sans qu’il ne soit, forcément là encore, question de gros sous - l’auteur et l’éditeur à investir les deux possibilités complémentaires qui leur sont offertes d’exercer leur art et qu’exige désormais d’eux une demande grandissante de leur public.
Ces encouragements se situent au niveau de la reconnaissance établie et de la publicité, au sens premier de ce terme.
11:22 Publié dans Acompte d'auteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature



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