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mardi, 29 janvier 2008
Maupassant
« C’était un de ses hommes politiques à plusieurs faces, sans convictions, sans grands moyens, sans audace et sans connaissances sérieuses, avocat de province, joli homme de chef-lieu, gardant un équilibre de finaud entre tous les partis extrêmes, sorte de jésuite républicain et de champignon libéral de nature douteuse, comme il en pousse par centaines sur le fumier populaire du suffrage universel.
Son machiavélisme de village le faisait passer pour fort parmi ses collègues, parmi tous les déclassés et les avortés dont on fait des députés...»
« Bel-Ami » - Maupassant - Le livre de poche - Page 215

Pour être un lecteur assidu de Maupassant, je ne crois pas pour autant qu’il fut un visionnaire.
Ce qui me désole au plus haut point.
Il eût en effet mieux valu.
Car si tel avait été le cas, le portrait dressé ici de ce génial trait de plume, aussi finement aiguisé que l’est une arme de précision, au moins serait à sa place en notre temps, dramatiquement, mais à sa place tout de même ; dans un mouvement entrevu des choses et par l’écrivain annoncé.
Mais Maupassant était un observateur redoutable de son temps. Ce qui en fait en même temps, à son insu et à notre grand dam, un observateur du nôtre.
Nous n’avons donc pas bougé d’un pouce, pas d’un millimètre, pas même de l’épaisseur d’un poil de mon cul, depuis « Bel ami », depuis 1885, voilà maintenant cent vingt deux ans !
La peinture féroce de Maupassant, mot pour mot, virgule pour virgule, point par point, est en effet d’une affligeante actualité.
Et pourtant voyez encore pavoiser autour des mandats, ces bourgeois surannés au ventre replet, aux petits rots porcins d’après grande bouffe et à la tête pleine d’insignifiances désastreuses, les mêmes nullités politiques et les mêmes électeurs bêlants prêts à leur faire allégeance, celui-ci de la main droite, celui-là de la main gauche, cet autre encore des deux mains.
Décidément, depuis le temps qu’il y a des hommes et qui lisent Maupassant, peu sont venus pour en tirer profit.
Son machiavélisme de village le faisait passer pour fort parmi ses collègues, parmi tous les déclassés et les avortés dont on fait des députés...»
« Bel-Ami » - Maupassant - Le livre de poche - Page 215

Pour être un lecteur assidu de Maupassant, je ne crois pas pour autant qu’il fut un visionnaire.
Ce qui me désole au plus haut point.
Il eût en effet mieux valu.
Car si tel avait été le cas, le portrait dressé ici de ce génial trait de plume, aussi finement aiguisé que l’est une arme de précision, au moins serait à sa place en notre temps, dramatiquement, mais à sa place tout de même ; dans un mouvement entrevu des choses et par l’écrivain annoncé.
Mais Maupassant était un observateur redoutable de son temps. Ce qui en fait en même temps, à son insu et à notre grand dam, un observateur du nôtre.
Nous n’avons donc pas bougé d’un pouce, pas d’un millimètre, pas même de l’épaisseur d’un poil de mon cul, depuis « Bel ami », depuis 1885, voilà maintenant cent vingt deux ans !
La peinture féroce de Maupassant, mot pour mot, virgule pour virgule, point par point, est en effet d’une affligeante actualité.
Et pourtant voyez encore pavoiser autour des mandats, ces bourgeois surannés au ventre replet, aux petits rots porcins d’après grande bouffe et à la tête pleine d’insignifiances désastreuses, les mêmes nullités politiques et les mêmes électeurs bêlants prêts à leur faire allégeance, celui-ci de la main droite, celui-là de la main gauche, cet autre encore des deux mains.
Décidément, depuis le temps qu’il y a des hommes et qui lisent Maupassant, peu sont venus pour en tirer profit.
12:49 Publié dans Critique et contestation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : litterature



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