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mercredi, 17 octobre 2007

François Bon

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Je tiens François Bon pour un auteur majeur de notre époque, époque qui, lorsque l’heure sera venue de parler d’elle-même aux autres temps, empruntera parmi d’autres la voix laissée par l’écrivain.

Sans doute retiendra t-elle aussi le service incomparable  rendue à la littérature par ce pionnier de l’expérience littéraire internet, quand elle voudra faire savoir comment sa littérature a négocié le difficile virage entre la stricte imprimerie et l’écran numérique.

Au cas où je serais  lu de façon partiale, j’indique que François Bon n’est pas un ami personnel, que nous ne nous sommes croisés qu’une seule fois sur le terrain du livre - dans une Deauville en proie aux colères d’Eole- et que si nous avons fréquenté les bancs d’un même lycée, là-bas dans la Vienne, ce fut sans nous y rencontrer, lui petit seconde et moi déjà grand terminale tout occupé à me laisser pousser trois poils de barbe pour ressembler au Che et délaissant Zola et Stendhal pour un certain Lénine..

Ces nécessaires digressions étant faites, je veux dire que pour quiconque veut savoir la place de l’écrivain,  une place de chair et de vie, dans cet inextricable fouillis libéral de nos sociétés, la lecture de ce texte est incontournable.

Un grand  texte, tout de sincérité et de sensibilité, plus qu’il n’y paraîtrait de prime abord.

L’analyse partielle qui en a été faite ici par Benjamin Renaud est à lire également.

 François Bon nous indique au début qu’il a toujours ressenti problème avec une certaine lenteur à répondre spontanément à des contradicteurs. Ce qui me remet en mémoire cette anecdote de Jean-Jacques Rousseau traversant Genève sous les quolibets sans trouver le moindre mot à opposer et qui, beaucoup plus loin, beaucoup plus tard, beaucoup plus haut marchant dans la montagne, découvrit enfin les réparties justes et cinglantes qu’il aurait dû faire là-bas, en bas, dans la cité des horlogers.

 

* Photo d'automne n'ayant rien à voir avec le texte, petite route polonaise à la frontière bielorusse

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